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Full text of "Traité d'art héraldique indiquant l'origine et l'évolution des armoiries, les divers éléments qui les composent, leurs différences dans les principaux pays, les règles du blason et leur application, les institutions héraldiques, etc. avec figures explicatives suivi d'un dictionnaire analytique des termes du blason et d'une bibliographie d'ouvrages à consulter"

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TRAITE D'ART HERALDIQUE. 



JUSTIFICATION DU TIRAGE. 



CET OUVRAGE 

A ÉTÉ TIRÉ A MILLE EXEMPLAIRES 

DONT CINQUANTE SUR PAPIER VERGÉ 

NUMÉROTÉS ET SIGNÉS PAR l'aUTEUR. 






TRAITE 

D'ART HÉRALDIQUE 

INDIQUANT l'origine ET e'ÉVOEUTION DES ARMOIRIES, 

LES DIVERS ÉLÉMENTS QUI LES COMPOSE^T^ 

LEURS DIFFÉRENCES DANS LES PRINCIPAU,X~^PAYS, 

LES RÈGLES DU BLASON ET LEUR APPLICATION, 

LES INSTITUTIONS HÉRALDIQUES, ETC. 

AVEC FIGURES EXPLICATIVES 

SUIVI d'un DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BI.ASON 
ET d'une BIBLIOGRAPHIE d'oUVRAGES À CONSULTER. 

PAR 

VICTOR MORIN, LL. D. 

Président de la Société Historique de Montréal 

et de son Collège Héraldique. 

Vice-président de !a Société d'Archéologie et de Numismatique de Montréal. 

Membre de la Société Royale du Canada, etc. 




A lor armes vont la ci ois acousant 
Por ce sera l'un l'autre conoisant. 
(/.a Chanson d'Aspiemonl) 



MONTRÉAL 

LIBRAIRIE BEAUCHEMIN LIMITÉE 
79, RUE SAINT -JACQUES, 79 

MCMXIX. 



Droits d'auteur réservés 

par Victor Morin, au Gouvernemeut du Canada. 

1919 



7 



DEDIE 
A 

LA RACE CANADIENNE-FRANÇAISE 

EN SOUVENIR 
DE SES FIÈRES ORIGINES. 



c^ 



TRAITE D'ART HERALDIQUE. 



INTRODUCTION 



Né à l'époque des Croisades, l'art héraldique a grandi sous la 
Renaissance et atteint son plein épanouissement au XVIIe siècle, 
grâce à la fascination que l'engouement guerrier de cette époque 
et les splendeurs des cours exerçaient alors sur les esprits. 

De nombreux ouvrages firent connaître cette science nouvelle; 
des ordonnances royales en réglèrent les principes et l'applica- 
tion; des charges importantes furent créées pour en contrôler 
l'opération; en un mot, le blason prit une place marquante dans 
le rouage administratif de l'Etat jusqu'au moment où la roture, 
exaspérée des dénis de justice dont elle était victime depuis des 
siècles, crut pouvoir niveler toutes les classes sociales sous la 
guillotine. 



10 TRAITÉ d'art héraldique 

On put croire en France à ce moment {|ue la science héraldique 
sombrerait en même temps que la noblesse, ou du moins qu'elle 
serait reléguée dans le domaine de l'archéologie, mais cette im- 
pression fut de courte durée- Les parvenus qui se portèrent ac- 
quéreurs des domaines de familles ne martelèrent pas toutes les 
armoiries qui ornaient les portes des châteaux; quelques-uns ne 
rougirent même pas de se les approprier quand les dynasties des 
anciens possesseurs furent éteintes dans le sang. La noblesse 
authentique éprouva naturellement du mépris pour ces usurpa- 
teurs, mais comme le temps est un grand guérisseur et l'adver- 
sité une grande niveleuse, les plus fafouches aristocrates, qui 
avaient trouvé le pain de l'exil amer, en vinrent à remiser leurs 
répugnances devant la nécessité de "redorer leurs blasons"; ils 
légitimèrent même en certains cas ces usurpations en mêlant leur 
"sang bleu" aux globules rouges d'une plèbe enrichie. 

D'un autre côté, lorsque le roturier eut ainsi forcé les portes 
des forteresses féodales qui lui étaient fermées depuis si long- 
temps, il oublia ses maximes égalitaires et ne tarda pas à adorer 
ce qu'il avait brûlé; il devint le plus jaloux défenseur de l'insti- 
tution qu'il avait conquise. Napoléon, qui avait l'ambition d'éclip- 
ser les jours fastueux dn Roi-Soleil, ne manqua pas de rétablir 
les dignités et les titres en leur conservant tout le lustre d'autre- 
fois ; le blason prit dès lors un essor tout nouveau qui s'est 



INTRODUCTION 11 

continué naturellement sous la Restauration et que le rétablisse- 
ment de la république n'a pas complètement ralenti. 

L'Angleterre, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, et 
la plupart des autres pays de l'Europe n'ont pas connu ces com- 
motions politiques, ou du moins les révolutions n'y ont duré que 
peu de temps ; aussi la science héraldique s'y est-elle développée 
presque sans interruption. 

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si l'on retrouve aujourd'hui 
dans l'armoriai des familles nobles, et même dans celui des ano- 
blis de date récente, le langage archaïque des paladins et des trou- 
badours du AIoyen-Age, comme on trouve parfois dans un vieux . 
livre d'heures le parfum d'une fleur qui s'y est séchée. 

La langue héraldique s'est en effet conservée dans toute sa 
pureté primitive depuis les jours épiques des tournois et des 
chevauchées en Terre-Sainte. Les expressions qu'elle emploie 
ne laissent pas de nous déconcerter tout d'abord, mais dès qu'on 
s'est quelque peu familiarisé avec ses termes étranges, on ne 
tarde pas à s'éprendre inconsciemment d'une science qui nous 
reporte aux temps héroïques. Aussi le blason évocjuc-t-il encore 
l'idée de la noblesse et de la chevalerie malgré les vicissitudes 
qu'il a traversées. 

C'est à cette origine honorable que Sainte-Marthe fait allusion 
dans son Ode sur l'histoire de France, lorsqu'il dit : 



12 TRAITÉ d'art héraldique 

I 

" De là sont venus les escus, 
Les armes qu'ores on voit peintes, 
Armes qui jadis furent teintes. 
Dans le sang des Princes vaincus. 
De là les crys et les devises, 
Le métail avec les couleurs 
Dont curieux en mille guises. 
Ils pnt blasonné leurs valeurs." 

Nous saluons aujourd'hui même l'aurore d'une ère nouvelle 
avec la fin d'un cauchemar qui a duré plus de quatre ans; les 
commotions profondes qui suivront la victoire de la démocratie 
sur le despotisme auront-elles pour efïet de mettre en discrédit 
la science de la noblesse? Nous ne le croyons pas, car au seul 
point de vue historique, et même en dépit du nivellement social 
le plus absolu, l'étude du blason revêtira toujours un puissant 
attrait. 

Au Canada, nous comptons nombre de familles qui descendent 
de la vieille noblesse française; de fait, les grands noms de l'his- 
toire de France ont été liés si intimement à la fondation et au 
développement de notre colonie qu'un écrivain a pu dire avec 
raison qu'en lisant l'histoire du Canada on croirait parcourir un 
armoriai de France- Et pourtant, les ouvrages qui traitent de la 
science héraldique sont si peu nombreux dans nos bibliothèques, 



INTRODUCTION 13 

les données les plus, élémentaires de cet art quasi mystérieux sont 
si peu répandues parmi nous, que ceux-là mêmes qui ont recueilli 
les armoiries des familles dont ils descendent seraient souvent 
embarrassés de les décrire. 

Ajoutons à cela que les ouvrages des maîtres héraldistes, prin- 
cipalement les anciens qui sont les plus importants, semblent 
écrits pour ceux qui connaissent déjà les principes du blason, et 
faute d'explications préliminaires, le novice qui cherche à en 
pénétrer les secrets se laisse bientôt rebuter par des dissertations 
dont on a négligé de lui établir les prémisses. 

C'est pourquoi nous avons cru faire' œuvre utile en écrivant 
les pages suivantes. Espérons qu'elles atteindront le double but 
que nous avons en vue : celui d'initier rapidement le profane aux 
secrets d'une science qui menace de tomber dans l'oubli et celui 
d'inspirer aux héritiers des grands noms de notre histoire un 
culte encore plus fervent de la mémoire des ancêtres. 

Montréal, ii novembre 1918. 

(Date de la fin de la guerre mondiale.) 



-O0O- 



PREMIERE PARTIE — HISTORIQUE 



CHAPITRE I. 
ORIGINE ET EVOLUTION DES ARMOIRIES. 



L'origine des armoiries est très ancienne; certains auteurs à 
l'imagination ardente les font même remonter au berceau de l'hu- 
manité. C'est ainsi que Favin attril)ue l'idée du blason aux lils 
de Seth et de Caïn qui, pour se distinguer les uns des autres, 
adoptèrent comme emblèmes personnels des plantes, des animaux 
ou des instruments d'art mécaniques. 

D'autres auteurs, invoquant le Livre des Nombres où il est dit 
que le peui)le d'Israël campait par tribus distinguées au moyen 
de leurs enseignes et drapeaux, ont cherché à reconstituer ces em- 
blèmes en s'appuyant sur divers passages des livres sacrés ; ainsi 
la tribu de Juda aurait eu pour symbole un lion, parce que Jacob 



]r> TRAITÉ d'art HÉRAI^DIQUE 

dit : "Catulus leonis Juda" ; celle de Zabulon, une ancre; celle d'Is- 
sachar, un âne; celle de Dan, un serpent; celle de Gad, un guer- 
rier ; celle de Siméon, une épée ; celle d' Asser, des tourteaux ; celle 
de Nephtali, un cerf ; celle d'Ephraim, une tête de taureau ; celle 
de Manassès, des cornes de rhinocéros; celle de Ruben, des man- 
dragores; et celle de Benjamin, un loup. De même, Alexandre le 
Grand accorda des emblèmes à certains de ses capitaines qui 
s'étaient signalés et défendit au reste de ses sujets de les porter 
sans autorisation. 

S'il était permis de donner à ces signes rudimentaires le nom 
d'armoiries, il faudrait conclure à l'universalité de la science 
héraldique dès les origines du monde, et admettre que les nations 
indigènes d'Amérique,d'Afrique et des autres continents possé- 
daient la connaissance du blason en plein état de barbarie, puis- 
que leurs tribus se distinguaient également les unes des autres 
par des emblèmes pris dans la nature. 

Il ne faut cependant pas confondre ces symboles primitifs 
avec l'art héraldique, qui constitue une véritable science astreinte 
à des règles immuables et dont la connaissance exige une étude 
longue et approfondie. Il existe autant de différence entre les 
deux qu'entre le vagissement d'un enfant et une page de Bossuet. 

De même qu'une langue ne se crée pas tout d'une pièce, mais 
nu' elle se forme plutôt graduellement, par la réunion de nom- 



ORIGINE ET ÉVOLUTION DES ARMOIRIES 17 

breux éléments, pour s'affiner ensuite par l'usage et soumettre 
enfin sa maîtrise à des règles uniformes qui en font un tout har- 
monieux, ainsi en est-il de l'origine du blason auquel on ne peut 
assigner une date déterminée, mais qui s'est développé et per- 
fectionné insensiblement du Xe au XlVe siècle. 

Les avis des auteurs sont partagés sur les causes qui ont dé- 
terminé l'usage des armoiries, les uns l'attribuant en premier 
lieu aux pas d'armes et tournois, et les autres aux croisades. 
Lorsqu'on dit en effet d'une famille noble que ses parchemins 
remontent aux croisades, on croit avoir énoncé les plus anciens 
titres de noblesse qu'il soit possible d'invoquer; il existe cepen- 
dant une noblesse encore plus ancienne, c'est celle c|ui est dite' 
"de race", parce qu'elle remonte à une époque si lointaine qu'on 
n'a pu en retracer l'origine. 

L'opinion qui fait remonter aux tournois le premier usage des 
armoiries est la plus plausible ; les croisades, qui sont postérieures 
en date, ne firent que confirmer cet usage, soumirent les armoi- 
ries à des règles invariables et les rendirent héréditaires. Les 
auteurs européens placent naturellement dans leurs pays respec- 
tifs le berceau de cette antique institution, mais encore ici faut- 
il distinguer entre les bégaiements rudimentaires de cette science 
et son parfait épanouissement. 

Dès le règne de Louis-le-Debonnaire, il y eut en France des jou- 



18 Traité d'art héraldique 

tes regardées à bon droit comme les préludes des tournois dont les 
règles furent établies par Geoffroy de Preuilly, mort en 1066. 
On s'accorde cependant à reporter au tournoi donné à Gottingen, 
en 934, par Henri l'Oiseleur, duc de Saxe et plus tard empereur, 
le plus ancien usage des armoiries, car on y vit les chevaliers 
revêtus de pièces d'étoffes disposées de diverses manières en for- 
me de bandes, de pals, de croix, de sautoirs, etc., suivant les règles 
établies par la suite pour la disposition des figures héraldiques, 
et l'un des plus célèbres héraldistes de France, le Père Ménes- 
trier, déclare impartialement dans sa Mctiwdc du Blason publiée 
en 1689, que '" Henry l'Oiseleur qui régla les tournois en Allema- 
gne, fut l'occasion de ces marques d'honneur qui sont d'un usage 
plus ancien chez les Allemans qu'en tout le reste de l'Europe ''. 

Veut-on savoir de quelle manière se réglaient ces tournois qui 
passionnèrent l'ardeur des chevaliers au point qu'il fallut les in- 
terdire à la suite de la mort accidentelle de Henri H, frappé à 
l'œil d'un éclat de lance en joutant contre le comte de Montgomerv 
en 1559? Un épisode de la vie de Bavard, le "chevalier sans 
])eur et sans reproche ", va nous l'apprendre. 

Bavard étant allé rendre visite, à Carignan, à la duchesse douai- 
rière de Savoie dont il avait été page, rencontra à la cour de 
cette princesse madame de Fluxas qu'il avait autrefois espérer* 
d'épouser, et pour rendre hommage à ces dames, il invita les 



ORIGINE KT ÉVOLUTION DES ARMOIRIES 19 

gentilshommes en garnison dans les villes voisines à prendre part 
à un tournoi en leur envoyant porter par un héraut d'armes le 
défi suivant : 

" Pierre de Bayard, gentilhomme an service du roi de 
" France, fait à savoir qu'an troisième dimanche de ce mois, 
" // donnera un tournoi sur la place de Carignan en llion- 
" nciir de madame Blanche et des autres dames de la con- 
" iréc, et que pour prix, il délivrera un manchon de sa dame 
" auquel est suspendu un ruhi-s de l'estimation de deux cents 
" ducats à celui qui sera trouvé avoir le mieux fait à trois 
*' coups de lance et à douze coups d'épée ". 

En même temps, Bayard faisait attacher son écu (d'azur au 
chef d'argent chargé d'un lion de gueides issant) à un arbre sur 
la place destinée au tournoi, tandis qu'un clerc installé tout au- 
près était chargé d'écrire les noms de ceux qui viendraient ou qui 
enverraient déclarer qu'ils acceptaient le combat. 

Lorsque le jour fixé arriva, une grande affiuence de noblesse 
et de peuple se pressa sur les estrades qui avaient été dressées 
autour de la lice ; vingt-cinq gentilhommes s'étaient fait inscrire 
comme assaillants. A' mesure que les chevaliers "assaillants" 
arrivaient, ils allaient en caracolant toucher du fer de leur lance 
l'écu des chevaliers "tenants " avec cjui ils voulaient combattre. 



20 TRAITÉ d'art héraldique 

Lorsque chacun eut ainsi choisi son adversaire, les barrières s'ou- 
vrirent, les trompettes sonnèrent et cinq chevaliers s'avancèrent 
lentement dans l'arène, pendant que les tenants, sortant chacun 
de son pavillon, montaient sur leurs destriers, Bayard à leur tête, 
et entraient dans la lice pour lutter individuellement contre les 
chevaliers qui avaient touché leurs boucliers. (Cf. Eysenbach, 
Histoire du Blason). 

D'ailleurs, l'étymologie même du mot " blason " fait remon- 
ter son origine aux joutes et pas d'armes, et confirme en même 
temps l'origine germanicjue qui lui est attribuée plus haut, car 
on s'accorde à faire dériver ce mot du verbe allemand blascn qui 
signifie " sonner du cor ", et qui se rapporte à la pratique en 
usage dans les tournois. Il fallait en effet prouver ses titres de 
noblesse pour être admis à jouter, et lorsque le chevalier se pré- 
sentait à la barrière pour solliciter son admission, il appelait les 
hérauts d'armes en sonnant du cor et leur faisait vérifier ses 
titres de noblesse, après quoi ceux-ci annonçaient son admission 
en sonnant du cor à leur tour et en décrivant à haute voix ses 
armoiries. 

Parfois cependant on plaçait un heurtoir ou une cloche à la 
barrière de la lice pour annoncer l'arrivée des assaillants; les 
chroniques des pas d'aniics et les chansons de geste nous en four- 
nissent des exemples. Qu'il me soit permis de citer à ce sujet la 



ORIGINE liT ÉVOLUTION DES ARMOIRIES 21 

chronique d'Olivier de la Marche décrivant l'arrivée du sire de 
Ravestain au pas d'armes de l'Arbre d'Or sur la grande place 
de Bruges : 

"A l'opposite des dames, du côté des grandes Halles, fut l'Ar- 
" bre d'Or planté, qui fut un moult beau pin tout doré d'or ex- 
" cepté les feuilles .... Le sire de Ravestain, environ six heures, 
" arriva à la porte de l'Arbre d'Or, et son poursuivant nommé 
" Ravestain, la cotte d'armes vestue, heurta deux fois d'un mar- 
" teau doré à dicte porte; et tantôt lui fust la porte ouverte, et 
" vint Arbre d'Or le poursuivant, ayant une cotte d'armes blan- 
" che à grans arbres d'or ; et estait accompagné du capitaine des 
" archers, de messire le Bastard et de six de ses archers qui des- 
" fendoyent l'entrée- Le dict Arbre d'Or dit au poursuivant : "No- 
" ble officier d'armes, que demandez-vous?'' et le poursuivant 
" lui répondit : "A cette porte est arrivé haut et puissant seigneur, 
" messire Adolf de Clèves, seigneur de Ravestain, lequel est ici 
"venu pour accomplir l'aventure de l'Arbre d'Or; il vous pré- 
" sente le blason de ses armes et vous prie qu'ouverture soit faicte 
"et qu'il soit reçu." Le dict Arbre d'Or prit une table où il 
" escrivit le nom du chevalier venant au pas, et puis prit en ses 
" mains, en grande révérence et à genoux, le blason de messire de 
" Ravestain, et l'emporta solennellement jusqu'à l'Arbre d'Or, 
" et en passant par devant les juges, leur montra le dict blason 



22 Tk.AJTÉ d'art HÉRAI.DIQUK 

" et leur dit l'aventure qu'ils avaient trouvée à la porte. Si fut 
" le dit blason mis et attaché à l'Arbre d'Or comme il estoit or- 
" donné, et fut fait savoir au chevalier qui gardoit le pas le nom 
" de celui qui estoit arrivé, pour son emprise fournir." 

Quelle que soit l'origine de cette institution, c'est certainement 
celle qui s'est conservée la plus pure à travers les âges. Ses 
règles sont restées immuables, son langage n'a subi aucune at- 
teinte, et le blasonnement d'une armoirie se fait de la même ma- 
nière aujourd'hui qu'au dixième siècle. Pourrait-on en dire 
autant des langues, des costunies et des usages de notre versatile 
humanité? Aussi les emblèmes qui meublent les écus des ancien- 
nes familles ont-ils conservé les formes grossières que leur ont 
données les premiers peintres héraldiques à une époque où l'art 
était encore dans son enfance. 

L'évolution de cette science à compter de son invention jusqu'à 
son parfait épanouissement peut se résumer ainsi; 
Xe siècle, emploi des signes et des couleurs ; 
Xle " leur assemblage comme symboles et emblèmes; 
Xlle " invention des armoiries parlantes; 
XlIIe " fixité et hérédité des armoiries; 
XI Ve " stabilité soumise à un code héraldique; 
XVe " transmission comme preuve de noblesse ; 
XVIe " apogée de l'usage des armoiries; 
XVIIe " littérature héraldique. 



ORIGINE rr ÉVOLUTION DKS ARMOIRIES 23 

Les armoiries n'étaient autrefois accordées que par le roi, et 
elles constituaient un titre de noblesse pour celui qui en était 
favorisé. Les leudes qui constituaient la plus ancienne noblesse 
française ayant presque tous péri à la bataille de Fontenay, d'au- 
tres chefs francs usurpèrent ou reçurent en don les provinces et 
les châteaux confiés à leur garde, et.c'est de cette seconde noblesse 
française personnelle que sortit la première noblesse française 
héréditaire. 

Dans la noblesse héréditaire, les armoiries sont transmises au 
fils aîné comme la plus précieuse partie de l'héritage, et il les 
transmet à son tour à son fils aîné sans y rien changer, comme 
un signe de suprématie ; ce sont les ''armoiries pleines'', et les 
aînés sont désignés comme "chefs du nom et d'armes". Les 
cadets et même les bâtards, avaient le droit de se servir de l'ar- 
moirie de famille, mais en y apportant un changement pour mar- 
quer leur infériorité; ce changement consistait soit en une nou- 
velle partition, soit en une mutation de figures ou d'émaux, soit 
en retranchant une pièce ou en y ajoutant une autre; c'est ce 
(|u'on nomme une "brisure". Nous verrons au cours de ce traité 
de quelle manière on reconnaissait les préséances des cadets entre 
eux, de même que l'illégitimité, au moyen de ces brisures. 

Parmi les familles nobles, celles qui sont tellement anciennes 



24 TR.'NITÉ d'art héraldique 

qu'on n'en peut retracer l'origine, constituent la " noblesse de 
race ", et celles dont les ancêtres ont été anoblis sont désignées 
sous le nom de " noblesse de naissance ", ce qui indique qu'elles 
étaient autrefois roturières. La noblesse de race n'est donc fon- 
dée que sur la possession, et si le titre apparaissait, il la détrui- 
rait comme telle. Ceux qui n'étaient pas nobles de naissance ne 
pouvaient être anoblis que par le roi. La noblesse se perdait par 
le trafic ou par l'exercice d'une profession mécanique, à l'excep- 
tion du commerce maritime. Les fiefs, quoique héréditaires, ne 
communiquaient pas leur noblesse aux roturiers qui les possé- 
daient. Avant la révolution, il y avait en France environ 7o,ooo 
fiefs ou arrière-fiefs, dont 3,000 étaient titrés; on comptait 4,000 
familles d'ancienne noblesse et 90,000 familles nobles. 

Lorsqu'un noble ou un chevalier avait forfait à l'honneur, on 
''diffamait " ses armoiries, et il transmettait cette tache à ses 
descendants. On taillait la pointe dextre du chef de l'écu d'un 
lâche ; on coupait la pointe de l'écu de celui qui avait tué un pri- 
sonnier de guerre; on peignait deux goussets pairies pleins de 
sable (deux Y noirs), sur les flancs de l'écu du chevalier 
convaincu d'ivrognerie, de faux témoignage ou d'adultère. La 
dégradation d'un chevalier était terrible; on le faisait monter sur 
un échafaud, on y brisait à ses yeux les .pièces de son armure, il 
était recouvert d'un drap mortuaire et l'on récitait sur lui les 



ORIGINE ET ÉVOLUTION DES ARMOIRIES 25 

prières des morts, tandis qu'à l'appel de son nom, le héraut d'ar- 
mes répondait par -trois fois qu'il ignorait ce nom et n'avait de- 
vant lui qu'une "foi mentie''. 

Aujourd'hui, la loi française permet à chacun de s'attribuer 
telles armoiries qu'il lui plaît, à condition qu'elles n'appartiennent 
à personne; dans le cas contraire, une action en usurpation de 
propriété pourrait être intentée. Ce sont les "armoiries de choix", 
elles représentent souvent les insignes de la profession, des em- 
blèmes du caractère de celui qui les adopte ou des allusions à 
des faits remarcjuables de son existence. 

Parfois, elles représentent aussi des emblèmes relatifs à son 
nom, comme celles de la famille Papineau qui portent une colom- 
be (paix), un arbre (pin) et une onde (eau) "Paix-pin-eau" ; on 
les désigne alors sous le nom d'armoiries parlantes. 

En Angleterre et dans les autres pays qui ont conservé avec 
plus de souci les institutions nobiliaires, le port des armoiries 
est soumis à des ordonnances dont la rigidité tend cependant à 
se relâcher. 

Nous consacrerons un chapitre à l'institution des Hérauts et 
Collèges d'Armes à qui sont confiés la garde et le contrôle des 
armoiries. 



DEUXIEME PARTIE - DESCRIPTION. 



CHAPITRE IL 
DEFINITION DES TERMES. 



Ces préliminaires exposés, il importe d'établir la valeur des 
expressions qui reviennent le plus fréc^uemment au cours de cette 
étude en en donnant les définitions. 

Le Père Ménestrier, qui est une des meilleures autorités en art 
héraldique, définit comme suit les armoiries : "ce sont des mar- 
" ques d'Jionneitr, d'émaux et de figures déteruiinés, autorisées par 
" le Prince pour la distinction des familles ou des Communautés.' 
Cette définition suppose déjà quelque connaissance du sujet qui 
nous occupe et l'éminent héraldiste en justifie les termes en disant 
que : (a) ce sont des marques "d'honneur' et non des "distinc- 
tions", ce qui les distingue des marques des ouvriers ou liourgeois 



28 TRAITÉ d'art héraldique 

à qui les souverains permettent quelquefois d'en porter; (b) 
"d'émaux et figures déterminés", ce qui les distingue des sym- 
boles et emblèmes dont les couleurs sont arbitraires, et (c) elles 
ne sont marques de noblesse qu'autant que le Prince les autorise; 
autrement, elles tombent en roture. 

D'autre part les armes sont l'ensemble des figures qui cou- 
vrent l'écu d'un noble. Elles sont ainsi appelées parce qu'elles fu- 
rent empreintes sur les armes (boucliers, cottes d'armes, cuiras- 
ses, pennons), et qu'elles ont pris leur origine des armes. 

On est porté en matière de blason à confondre parfois les ex- 
pressions "armes" et "afmoiries" ; les armes sont les emblèmes 
ou signes symboliques peints et figures sur Vécu, tandis que les 
armoiries comprennent les armes et tout ce qui les accompagne; 
elles sont V ensemble de Vécu, des figures et de tous les ornements 
extérieurs. 

Le BEASON est Vart de décrire les armoiries. 

L'armoirie est donc un objet corporel, tandis que le blason en 
est la description. C'est un tableau dont le blason est la légende. 

La science héraldique est donc un art en même temps; aussi 
se sert-on de ces deux expressions suivant qu'on a en vue les rè- 
gles du blason ou l'art de composer les armoiries; mais en pra- 
tique on emploie presque indifféremment l'une ou l'autre. 

Les armoiries sont désignées sous des noms divers, suivant 



DÉFINITION DES TERMES 29 

leur origine ou leur caractère particulier. Le vicomte de Magny 
en établit les dififérentes espèces comme suit, dans son ouvrage 
intitulé : La Science du Blason: 

1° . Armoiries propres on de famille. Ce Sont celles qui ap- 
partiennent en propre à une maison et qui servent à la distin- 
guer des autres. Elle se divisent (a) en armoiries parlantes qui 
sont généralement de mauvais goût, comme celles de Saint-Ger- 
main d'Auxerre qui représentent un singe isolé dans l'air et ser- 
rant son dos avec la main, (singe, air, main, dos, serre) ; et (b) 
en armoiries allusives aux lieux, fonctions, actions, sobriquets, 
honneurs, etc. 

2°. Armoiries d'alliance. Celles que les familles ajoutent aux 
leurs pour en augmenter le lustre en indiquant les alliances con- 
tractées. C'est ainsi que l'écu du royaume de Sardaigne réunit 
les armoiries de Jérusalem, de Genève, d'Aoste, de Piedmont et 
de Savoie. 

3^ Armoiries de domaine. Celles qui appartiennent à un 
pays ou fief et que les souverains ou feudataires joignent aux 
leurs pour marquer leur suzeraineté. 

4°. Armoiries de prétention. Celles des royaumes ou fiefs que 
les souverains placent dans leurs armoiries propres pour indi- 
quer leurs prétentions sur ces royaumes, bien qu'ils soient en la 
possession de princes étrangers. C'est ainsi qu'à la suite de leurs 



30 Traité d'art héraldique 

conquêtes en France, les rois d'Angleterre ont gardé jusqu'en 
1801 les fleurs de lis dans leurs armoiries. 

5°. Armoiries des ordres religieux, militaires, sociétés, con- 
fréries, communautés, corporations, etc. Ces expressions en in- 
diquent suffisamment la nature sans qu'il soit l^esoin d'en don- 
ner de plus ample définition. 

6°. Armoiries de patronage. Celles qu'on emprunte aux ar- 
moiries d'un supérieur dont on se reconnaît l'obligé, et qu'on place 
pour cette raison dans la partie la plus honorable de l'écu pour 
marquer le sujétion ou dépendance. Elles sont surtout usitées 
dans les armoiries des cardinaux qui marquaient de cette ma- 
nière leur reconnaissance au pape qui les avait appelés à cet 
honneur. 

7°. Armoiries de concession. Celles qu'accordent les souve- 
rains en récompense de belles actions ou de services signalés. 



— o®o 



CHAPITRE III. 
PARTIES CONSTITUTIVES DES ARMOIRIES. 



Pour nous assimiler plus facilement la science héraldique, nous 
en ferons Tétude avec méthode, en procédant du simple au com- 
posé, des éléments qui la constituent à la syntaxe qui en fixe les 
règles, après quoi nous initierons le lecteur à la manière de bla- 
sonner en faisant l'application de ces règles et nous terminerons 
par un dictionnaire des termes du blason qui sera comme un fil 
d'Ariane permettant au simple novice de se retrouver facilement 
dans le labyrinthe de cette science compliquée. • 

Nous ajouterons à ces données une bibliographie des principaux 
ouvrages que les chercheurs pourront consulter avec profit dans 
la poursuite de cette étude, et les dessins que nous avons fait pré- 
parer spécialement pour ce traité faciliteront dans une grande 
mesure l'explication de termes parfois difficiles à saisir. 

La partie la plus importante de l'armoirie est sans contredit 
l'ECU, car c'est là que se placent les emblèmes qui jouent le rôle 



32 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

principal dans la composition du blason et qui établissent l'iden- 
tité de son possesseur. Mais 1 ecu ne constitue pas toute l'armoi- 
rie; les SUPPORTS qui le tiennent, les CASQUES, COURON- 
NES et CIMIERS qui le surmontent, les LAMBREQUINS qui 
l'entourent, les ORNEMENTS militaires, civils ou ecclésiasti- 
ques qui l'accompagnent, de même que les DEVISES ou CRIS 
D^ GUERRE en font également partie. 

L'écu se divise ordinairement en diverses parties qui revêtent 
des couleurs différentes et sur lesquelles on place les MEUBLES 
ou FIGURES qui constituent les armes de la famille. 

Ces divisions, ces couleurs et ces figures sont régies par des 
règles immuables qui constituent la base du blason français; 
aussi leur consacrerons-nous la plus grande partie de ce traité. 
Nous verrons plus loin que d'autres pays attachent une plus 
grande importance aux ornements extérieurs qui ne sont pour- 
tant que des accessoires. 

• Les meubles qui chargent ou accompagnent les pièces de l'écu 
étant tirés de tous les règnes de la nature on conçoit qu'il est 
impossible d'en faire une description complète dans les bornes 
d'un traité destiné à vulgariser la science héraldique; la seule 
indication des sources principales exigera certains développe- 
ments que nous subdiviserons en paragraphes distincts afin d'évi- 
ter la confusion, de même que nous indiquerons dans un chapi- 



PARTIES CONSTITUTIVES DES ARMOIRIES 33 

tre spécial les modifications que subissent ces différentes pièces 
sous la rubrique d'ATTRIBUTS- 

Quant aux ornements extérieurs qui forment le complément de 
l'armoirie et qui prennent chez les peuples d'origine saxonne une 
importance si grande qu'ils relèguent souvent 1 ecu dans l'ombre, 
nous les présenterons par groupes, suivant leurs affinités respec- 
tives, en leur attribuant le rôle cju'ils jouent dans le blason 
français. 



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PL>ANCHE I' ECUS 



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CHAPITRE IV. 



L'ECU. 



Depuis la pins haute antiquité, le bouclier (skutos chez les 
Grecs, scutiqn chez les Romains, d'où nous avons fait escut puis 
écu), était l'arme défensive par excellence; le soldat ne la quit- 
tait jamais, et il se plaisait à l'orner des emblèmes de ses caprices 
ou de ses affections. 

La forme la plus ancienne était circulaire, et portait au centre 
un embossement de fer qui permettait d'y passer la main comme 
dans un gantelet, ce qui en faisait une arme offensive et défen- 
sive en même temps. Les boucliers trouvés dans le vaisseau de 
Viking exhumé à Gokstad, en Norvège en 1880, ont cette forme 
et sont décorés de bandes noires et jaunes alternées, indiquant 
hors de tout doute l'origine des couleurs des maisons de Saxe et 
de Suède. 

Avec les développements de l'art de la guerre, on sentit la né- 
cessité d'allonger cette arme de défense, afin d'en couvrir une 



SG TRAITÉ d'art héraldique 

plus grande partie du corps; elle devint ovale avec un long pro- 
longement en pointe, tel cju'on voit les boucliers de Roland et 
d'Olivier au portail de l'église de Vérone; l'embossement fit 
place à une saillie en pointe nommée "boucle", d'où partaient des 
ornements en métal qui se prolongeaient sur la surface du bou- 
clier et qui faisaient distinguer son possesseur. (Voir planche i, 
figure i). C'est de là qu'est venu le mot "bouclier". 

Plus tard enfin sa forme devint triangulaire, afin d'assurer au 
cavalier qui le portait une plus grande facilité de mouvements, et 
on y peignit les emblèmes héréditaires accordés par le souverain 
€n reconnaissance d'actions valeureuses. " Destiné d'abord à 
" préserver l'homme de guerre des coups de l'ennemi", dit Jouf- 
froy d'Eschavannes, dans son Armoriai universel, " il lui servit 
" encore à repousser les attacjues du mépris, en faisant connaître 
"les belles actions dont son maître pouvait s'honorer. On y re- 
" présenta les hauts faits au moyen de la peinture et de la sculp- 
■" ture, et les boucliers devinrent des pages d'histoire, on pourrait 
" dire des brevets d'honneur que le titulaire portait toujours 
■" avec lui." 

Par suite des transformations qu'il a subies, l'écu affecte donc 
des formes différentes à diverses époques et dans les divers pays. 

En France, la pointe en était autrefois triangulaire, et il se 
posait incliné sur le côté dextre; cette forme et cette position se 



i.'Écu .37 

désignent par l'expression "à l'antique". Aujourd'hui il a la 
forme d'un quadrilatère de sept parties de largeur sur huit de 
hauteur, arrondi aux deux angles inférieurs et terminé en pointe 
au milieu de sa base {PI. i, fig. 2) ; quand il est tout à fait carré, 
il représente la bannière qu avaient droit de porter les chevaliers 
bannerets et se nomme pour cette raison " écu en bannière " 
(PI. I, fig. 3) ; les ecclésiastiques ont généralement adopté la for- 
me ovale (PI. I, fig. 4), et les femmes ou filles le losange 

(PL 1, fig. S). 

Les Espagnols, les Portugais et les Flamands ont un écu sem- 
blable à celui des Français, à l'exception du bas qui est tout à 
fait arrondi (PL i, fig. 6), tandis que les Anglais y apportent 
pour seule modification deux cornes ou prolongements à la par- 
tie supérieure. (PL i, fig. 7). Les Allemands, sans aiïecter de 
forme déterminée font presque toujours à la partie dextre de 
l'écu une échancrure rappelant celle qui servait de repos à la 
lance du chevalier dans les tournois (PL i, fig. 8). En Italie, 
l'écu est ovale, ou plutôt en forme de tête de cheval, (testa di 
cavallo) (PL i, fig. 9), et la plupart du temps entouré d'un car- 
touche, mais il s'arrondit souvent jusqu'au cercle parfait; cer- 
taines familles ecclésiastiques de France ou prétendant à une ori- 
gine italienne ont adopté cette forme d'écu. Enfin la Suisse a 
adopté une forme triangulaire avec deux évasements au sommet 
(PL i, fig. 10). 



38 TRAITÉ d'art héraldique 

En termes héraldiques, le côté droit de l'écu (dextre) est 
placé à gauche du lecteur. L'écu. représente le chevalier qui le 
porte, le dextre et le senestre étant conséquemment à l'inverse de 
celui qui les regarde. Remarquons que c'est en cela le contraire 
de la numismatique où l'effigie est indiquée "à gauche'' si le pro- 
fil est tourné du côté gauche du lecteur. 

On a commencé à donner .le nom d'"écu" aux pièces de mon- 
naie sous le règne de saint Louis parce qu'il fit frapper le denier 
d'or à l'écu de ses armes; cette pièce fut désignée sous le nom 
de "denier d'or à l'écu", et plus brièvement sous le nom û'ccu. 
Elle reparut près d'un siècle plus tard sous Philippe de Valois, 
en 1346, et après plusieurs changements, sa valeur fut fixée à huit 
sols neuf deniers, sous le nom d"'écu à la chaise." 

La surface de l'écu se nomme le champ; il est généralement 
divisé par des lignes régulières désignées sous le nom de parti- 
tions et qui sont astreintes à des règles fixes. Ces divisions sont 
marquées par des couleurs différentes qu'on nomme émaux; l'écu 
sans division et d'un seul émail est "simple"' ou "plain" (plaints) ; 
autrement, il est "composé". Enfin, les figures ou meubles qui 
constituent pour ainsi dire la physionomie de l'écu se distribuent 
dans les diverses divisions du champ. 

Nous allons examiner tour à tour ces parties intégrantes de 
l'écu, en les divisant par articles. 



l'ECU 39 

ARTICLE 1er: — LE CHAMP. 

Le CHAMP est donc le fond sur lequel se placent les diverses 
figures de reçu; c'est lui qu'on indique en premier lieu lorsqu'on 
blasonne. En France et en Angleterre, cette expression est sous- 
entendue ; on dit "de gueules à un lion d'or", et non pas "un champ 
de gueules à un lion d'or", tandis qu'en Allemagne, où l'on se 
préoccupe en premier lieu des meubles, on blasonnera la même 
armoirie en disant "un lion d'or sur champ de gueules". 

Les diverses parties du champ sont désignées sous des noms 
qu'il importe bien de connaître, afin d'assigner exactement à cha- 
que pièce la place qu'elle doit occuper, et pour nous familiariser 
de suite avec ces termes, nous les indiquerons par des lettres con- 
ventionnelles sur la planche i, figure ii. La lettre A sur cette 
figure indique le cœur de l'écu; B le point du chef; C la pointe; 
D le canton dextre du chef; E le canton senestre du chef; F le 
flanc dextre; G le flanc senestre; H le canton dextre de pointe; 
I le canton senestre de pointe. Parfois, on emploie le point d'hon- 
neur dont la position est indiquée par une étoile, et plus rarement 
encore le nombril qui y est indiqué par un point. 

Nous verrons plus loin comment on désigne la position des 
pièces honoral)les, mais afin de connaître dès à présent leur dispo- 
sition sur ces parties de l'écu, disons de suite qu'une pièce posée 



40 TRAITÉ D ART HERALDIQUE 

dans le sens des lettres B A C en dite en pal, en F A G, elle est 
en fascc, en D A I, elle est en bande, en E A H, elle est en barre, 
en D B E, elle est eii chef, en HIC, elle est en pointe, en A B C 
F G, elle est en croix, en A D I E H, elle est en sautoir, en D B 
E G I C H F, elle est en bordure ou en orîe, etc. 

La partie le plus honorable de l'écu, lorsqu'il n'est pas divisé, 
c'est le cœur, qu'on nomme aussi " abîme " lorsque l'écu est 
chargé d'autres pièces ; aussi cette position est-elle alors sous- 
entendue et elle n'est pas exprimé en blasonnant; lorsqu'on dit 
"de gueules au lion d'or", on comprend que ce lion est placé en 
cœur. Lorsque l'écu est divisé horizontalement, la partie hono- 
rable est le chef, et s'il est divisé verticalement, c'est la partie 
dextre. 

Les PARTITIONS sont au nombre de quatre. Le parti qui 
divise l'écu en deux parties égales par une ligne verticale (pi. i, 
fig. 12), le coupé qui le divise ainsi par une ligne horizontale (pi. i, 
fig. 13) ; le tranché par une ligne diagonale de dextre à senestre 
(pi. I, fig. 14), et le taillé par une diagonale de senestre à dextre 
(pi. I, fig. 15). Ces quatres partitions servent à en former d'au- 
tres qu'on nomme répartitions; la réunion du parti et du 
coupé forme l'écartelé (pi. i, fig. 16) ; celle du tranché et du taillé 
forme Vécartelé en sautoir (pi. i, fig. i7) ; la combinaison de ces 
quatre lignes donne le gironné (pi. i, fig. 18). Le parti, le coupé, 



LE CHAMP 41 

le taillé ou le tranché répété de manière à diviser Técu en trois 
parties égales forment le tiercé, et l'écartelé peut être de 4, 6, 8, 
10, 12, 16, 20 ou 32 quartiers, ce qu'on indique en disant "parti 
de deux, coupé de trois", etc. (pi. i, fig. 19). 

Ces partitions servent surtout à distinguer les quartiers d'al- 
liances des familles, et dans certains cas, par exemple lorsqu'il 
s'agit d'un domaine apporté par une héritière à son mari, on place 
au centre, sur la croisure des partitions, un écu plus petit qu'on 
appelle ccusson, et qui porte les armoiries de la famille ajoutée; 
on indique alors cette position en disant que cet écusson est sur 
le font, et s'il est lui-même chargé d'un deuxième écusson placé 
à son centre, on l'indique en disant "sur le font du tout". 

ARTICLE IIème: — LES EMAUX. 

Connaissant maintenant les diverses parties de l'écu, nous pro- 
céderons à en observer les couleurs qu'on désigne en art héral- 
dique sous le nom d'émaux, parce qu'on les peignait en émail sur 
les boucliers et cottes d'armes, afin de les garantir des intempé- 
ries de l'air. 

Les émaux du l)lason français sont au nombre de neuf, dont 
deux métaux, cinq couleurs et deux fourrures- 

Les métaux sont : I'or représenté par le jaune, et I'argent 
par le hlanc. 



42 TRAITÉ d'art héraldique 

Les couleurs sont : le gueules indiquant le ronge; I'azur^ 
bleu; le sinoplK, vert; le sabuE. noir; et le pourpre qui porte 
le même nom en armoirie que dans le langage ordinaire. 

Les pays saxons ajoutent à ces couleurs I'orangé (ou tanné),, 
et la sanguine que les Allemands désignent sous le nom de 
"couleur de fer" (eisen). Pour compléter la liste, on peut y 
ajouter la couleur de terre, la couleur d'eau, la couleur 

DE chair, la COULEUR naturelle, le GRIS-CENDRÉ, le GRIS-EER 

et le BRUN, mais ces couleurs se rencontrent rarement en armoi- 
ries, car elles sont de création récente et on les considère plu- 
tôt comme des déchéances ; il vaut donc mieux s'en tenir aux 
neuf émaux officiels qui comprennent les deux métaux et les 
cinq couleurs dont nous avons parlé ci-dessus ainsi que les deux 
fourrures qui sont indiquées ci-après. 

Outre les métaux et les couleurs, on compte parmi les émaux 
deux fourrures ou pannes qui sont I'hErminE (blanc moucheté 
de noir), et le vair (composé d'écussons alternés blanc et bleu) ; 
ces fourrures sont parfois employées en dispositions inverses, et 
.elles portent alors les noms de contre-hermine et contre- 
vair ; elles sont à la fois de la natiire des métaux et des couleurs 
et peuvent être employées indifféremment come tels, ce qui a son 
importance, ainsi que nous le verrons dans la manière de bla- 
sonner. 



LES ÉMAUX 4-3 

Les Anglais en usent ainsi de la couleur sable qu'ils emploient 
indifféremment comme métal ou comme couleur, ainsi que du 
pourpre que les Français emploient aussi parfois comme métal. 

Enfin, lorsqu'on représente la figure de l'homme sous sa cou- 
leur naturelle, on l'exprime par le mot carnation, tandis que 
les animaux, végétaux, etc., dans le même cas, sont dits au 
naturel; les Anglais traduisent ces deux expressions par le 
mot "proper" ; on en fait usage indifféremment comme métal 
ou couleur. 

L'origine de la plupart de ces appellations singulières semble 
se rattacher aux souvenirs d'Orient rapportés par les croisés, qui 
mettaient une sorte d'amour-propre à émailler de mots arabes 
les récits merveilleux de leurs lointaines excursions. En effet, 
la couleur rouge se traduit en langue turque par le mot ghiid, et 
en persan par gui; aussi l'opinion qui attribue cette origine à la 
couleur "gueules" est-elle plus plausible que celle qui l'attribue à 
la gueule sanguinolente des animaux carnassiers. L'"azur'' vient 
du mot arabe aaid qui signifie "bleu céleste", et le "sinople". tire 
son nom de la ville de Sinope, en Paphlagonie, qui se distinguait 
de loin par ses belles terrasses ornées de grands arbres. L'ex- 
pression "sable" est attribuée à la petite martre noire connue 
sous le nom de zibeline (en latin sahellino, en allemand cobel), 
qui est très commune dans les pays traversés par les croisés. La 



u 



i'RAlTE D ART HERALDIQUE 



couleur "pourpre" nous vient d'Orient et remonte aux temps hé- 
roïques, puisqu'on prétend qu'Hercule fut le premier qui teignit 
les étoffes de cette couleur à Tyr, en Phénicie. Uhermme se 
rattache au petit animal de blancheur immaculée qui porte ce 
nom, et le vair, composé de couleurs variées, semble devoir son 
étymologie à l'expression latine : de "variis" coloribus. 

Quelques auteurs enseignent qu'on ne doit se servir des noms 
des émaux qu'en blasonnant les armoiries des roturiers, (en 
Angleterre on fait entrer dans cette catégorie les "gentlemen", 
^'esquires", "knights'' et "baronets"), tandis qu'on doit emplo3-er 
des noms de pierres précieuses qui correspondent à ces émaux 
lorsqu'on blasonne les armoiries des nol^les (barons, vicomtes, 
comtes, marquis et ducs), de même qu'on doit employer des 
noms de planètes pour les princes, souverains, rois et empereurs. 
A cet effet, ils établissent la correspondance suivante entre ces 



désignations : ■ 








COULEURS 


EMAUX 


PIERRES 


PLANÈTES 




( pour roturiers 


) (pour nobles) 


(pour souverains) 


Jaune. 


Or. 


Topaze. 


Soleil. 


Blanc. 


Argent. 


Perle. 


Lune. 


Rouge. 


Gueules. 


Rubis. 


Mars.' 


Bleu. 


Azur. 


Saphir. 


Jupiter. 


Noir. 


Sable. 


Diamant. 


Saturne. 



LES EMAUX 



45 



Vert. Sinople. Emeraiide. Vénus. 

Pourpre. Pourpre. Améthyste. Mercure. 

Orange. Tanné. Hyacinthe. Tête du dragon. 

Rouge foncé. Sanguine. Sardoine. Queue du dragon. 

Au temps où l'alchimie était à la mode et qu'on rapportait 
tout aux quatre éléments, d'autres auteurs ont cherché à établir 
une corrélation entre le blason et la chimie, en leur attribuant 
les emblèmes et qualités suivantes : 



ÉLÉMENTS 


QUALITES 


COULEURS 


EMAUX 


EMBLEMES 


Eau. 


Humide. 


Blanc. 


Argent. ' 


Innocence. 


Air. 


Sèche. 


Bleu. 


Azur. 


Majesté. 


Feu. 


Chaude. 


Rouge. 


Gueules. 


Courage. 


Terre. 


Froide. 


Noire. 


Sable. 


Modestie. 



L'allégorie des couleurs n'était cependant pas immuable; cha- 
cun pouvait les adapter plus ou moins à ses qualités et sentiments. 
Louis de Beauvau leur attribue d'autres significations dans le Pas 
d'Armes de la Bergère donné par René d'Anjou en 1449 : 

" Deux escuz de jouste à l'arbre atachiez 
Seront : l'un blanc, signifiant léesse, 
Qui ne sera d'autre couleur tachiez ;' 
Et l'autre noir, signifiant tristesse." 

Et le Dictionnaire héraldique de Gastelier de la Tour indique 
trois ou quatre emblèmes pour chaque émail. 



46 TRAITÉ d'art héraldique 

On a même assigné à chacun des émaux le nom d'un jour de 
la semaine (le dimanche à l'or, le lundi à l'argent, etc.). Mais 
il ne faut pas s'arrêter à ces jongleries qui nous entraîneraient 
trop loin du blason proprement dit; nous justifierions en cela le 
persiflage de Rabelais au chapitre de la livrée de Gargantua (jue 
Gheusi rappelle fort à propos dans son Blason Héraldique: 

"Qui vous meut? cjui vous poinct? qui vous dit que le blanc 
signifie foy, et bleu fermeté? Un (dictes-vous) livre trepelu, 
qui se vend par les bisouars et porte-balles, au tiltre le Blason des 
couleurs. Qui l'a faict? Ouiconques il soit en ce a esté prudent 
qu'il n'y a point mis son nom. Mais, au reste, je ne scay quoy 
premier en lui je doibve admirer, ou son oultrecuidance, ou sa 

besterie. ... De faict (comme dit le proverbe " ") il a 

trouvé c[uelque reste de niays du temps des haults bonnetz, les- 
quelz ont eu foy en ses .escrits, et selon iceux ont taillé leur apo- 
phthegmes et dictés, en ont enchevestré leurs mulets, vestu leurs 
pages, escartelé leurs chausses, brodé leurs gands, frangé leurs 
licts, peinct leurs enseignes, composé chansons, etc.". Et Ral)e- 
lais qui n'est pas tendre pour les aristocrates, ne manque pas de 
cingler vertement ces travers dans le style qui lui est propre. 

On conçoit la difficulté c[ui se présentait d'exprimer les cou- 
leurs par la gravure, dans les traités de blason, lorsqu'on n'a que 
le blanc du papier et le noir de l'encre à sa disposition. On doit 



LES ÉMAUX 47 

à un jésuite, le Père Sylvestre Pierre-Sainte, l'ingénieuse idée 
de les désigner par des hachures et autres signes conventionnels 
dont il fit le premier usage dans son livre intitulé : Tcsserœ Gen- 
tilitiœ. 

Ainsi l'or est représenté par un pointillé (pi. i, fig. 20) ; V ar- 
gent par l'absence de tout signe (pi. i, fig. 21) ; le gueules par 
des hachures verticales (pi. i, fig. 22) ; l'a^i/r par des hachures 
horizontales (pi. i, fig. 23); le sahle par un croisement- de ha- 
chures verticales et horizontales (pi. i, fig. 24) ; le sinople par 
des hachures diagonales de la partie dextre du chef à la partie 
senestre de la pointe (pi. i, fig. 25) ; le pourpre par des diagonales 
en sens inverse (pi. i, fig. 26) ; le tanné par des diagonales de 
senestre à dextre, croisées par des lignes horizontales (les auteurs 
anglais disent "verticales") (pi. i fig. 2?); la sanguine par des 
diagonales de dextre à senestre croisées par des diagonales de 
senestre à dextre (pi. i, fig. 28) ;. la couleur naturelle ou carna- 
tion est indiquée en France par des lignes courbes ou ombrées, 
tandis que les Allemands la représentent par des lignes en zig- 
zag de senestre à dextre (pi. i, fig. 29). Enfin V hermine est indi- 
quée par un fond blanc semé de mouchetures noires (pi, i, fig. 
30) ; la contre-hermine par un fond noir moucheté de blanc (pi. 
I, fig. 31; le l'air par de petits écussons alternés blanc et bleu 
(pi. I, fig. 32) ; et le contre-vair par des écussons de mêmes cou- 




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LES ÉMAUX 40 

leurs se joignant par leurs bases (pi. i, fig. 33). Le vair est 
ordinairement à quatre rangs ou tires d'écussons; s'il n'en a que 
trois, il prend le nom de beffroi de vair, et s'il en a plus ou moins, 
il faut dire combien il a de tires ; si les écussons sont d'autres 
couleurs que bleu et blanc, on dit z'airé de telles couleurs. 

Cette indication conventionnelle des métaux et couleurs par 
des hachures est exprimée par Trier dans un quatrain de vers 
latins : 

Aiiriun puncta notant, argentum absentia signi, 

Linea stans ruheiim, cœruleumque jacens; 

Descendit virida in laevam, quâ purpura surgit. 

Cumque jacens stanti linea mixta nigruin est. 

ARTICLE IIIÈME. 

LES FIGURES, PIECES ET MEUBLES. 

Tout ce qui se place sur le champ de l'écu prend le nom de 
figure, pièce ou meuble, et nous avons vu que les armoiries sont 
dites plaines lorsqu'elles ne portent aucune figure. Règle géné- 
rale, les armoiries les plus simples indiquent la plus ancienne no- 
blesse, mais ce fait souffre de nombreuses exceptions, car il arri- 
vait souvent qu'à raison d'actions d'éclat ou d'une alliance, les 
armoiries d'une maison se chargeaient de meubles destinés à rap- 
peler ces faits. 



50 VRAITÉ d'art héraldique 

Ainsi, la maison de Montmorency qui portait originairement 
"d'or à une croix d'argent" y ajouta quatre alérions d'azur, en 
978, pour rappeler les quatre enseignes impériales conciuises par 
Bouchard de Montmorency sur l'empereur Othon; et lorsqu'à 
la bataille de Bouvines, en 12 14, Mathieu de Montmorency con- 
quit douze enseignes sur l'ennemi, le roi Philippe-Auguste, le 
voyant couvert de sang et voulant commémorer sa valeur, ajouta 
douze alérions aux quatre qu'il portait déjà dans ses armoiries, 
et remplaça sa croix d'argent par une croix de gueules. 

Les figures employées en armoirie se divisent en quatre caté- 
gories : 

I °. Les figures héraldiques qui sont formées de divers signes 
de convention réglés par la science héraldique; ce sont les plus 
anciennes et celles qui se rencontrent le plus fréquemment en 
armoirie. 

2°. Les figures naturelles qui représentent les divers corps 
de la création, tels que les astres, les éléments, les hommes, les 
animaux, les végétaux, etc. ; elles sont d'un usage fort répandu 
et prennent parfois des noms particuliers dans le langage héral- 
dique; on les rencontre surtout dans les armoiries postérieures 
au XlVe siècle. 

3°. Les figures artificielles qui sont le produit de la main 
de l'homme, telles que les châteaux, les armes, les objets d'art. 



figure;s, pièces et meubles 51 

les outils, etc.; elles sont presque aussi variées que les figures 
naturelles, et reçoivent aussi souvent en blason un nom différent 
de celui qu'elles portent dans le langage ordinaire ; elles ont sur- 
tout trouvé place dans les armoiries parlantes et allusives. 

4°. Enfin les figures chimériques créées par l'imagination, 
telles que les dragons, les aigles à deux têtes, les sirènes, les grif- 
fons et autres animaux fantastiques. 

Le mot "figure" s'emploie plus généralement pour désigner les 
pièces héraldiques, et celui de "meuble" pour les autres pièces 
qui chargent, brisent ou accompagnent les divisions de l'écu ou 
les figures qui s'y trouvent. 

Cette partie de la science héraldique étant, à raison de la diver- 
sité des éléments qui la composent, une des plus difficiles à s'as- 
similer pour la connaissance exacte du blason, nous devons en 
faire un examen minutieux. 

§ L — FIGURES HERALDIQUES. 

Ces figures n'ont isolément aucune signification ; ce sont les plus 
anciennes en armoirie, car elles ne consistaient primitivement 
qu'en morceaux d'étoffes de formes et de couleurs distinctives 
destinées à faire reconnaître les chevaliers qui prenaient part aux 
tournois, comme aujourd'hui nous voyons les soldats de divers 
régiments et brigades dans la grande guerre européenne, porter 



52 TRAITÉ d'art héraldique 

sur leurs uniformes des morceaux d'étoffe de diverses formes et 
couleurs qui servent à les repérer. 

Elles se divisent en pièces honorables et en pièces ordinaires. 

(a) pièces honorables. 

Les pièces honorables, au nombre de douze, sont d'un emploi 
très fréquent ; leur dimension régulière est en largeur de deux 
septièmes de la largeur de l'écu, à l'exception du franc-quartier 
qui couvre un quart de la surface. 

Il y a quelques divergences entre les auteurs au sujet de la lar- 
geur des pièces honorables, quelques-uns leur donnant le tiers 
de la largeur de l'écu, mais la proportion exacte est de deux sep- 
tième. La largeur de ces pièces varie cependant un peu suivant 
qu'elles sont chargées de meubles ou non; dans le premier cas 
elles conservent la largeur réglementaire de deux modules, mais 
dans le second cas elles sont ordinairement réduites à un cin- 
quième de la largeur de l'écu. 

On les divise en pièces de premier ordre et de second ordre 
comme suit : 

PIÈCES honorables de premier ordre. 

1°. Le pal qui occupe la partie centrale de l'écu dans le sens 
vertical II représente la lance du chevalier (pi. 2, fig. i.) 



FIGURES HÉRALDIQUES 53 

2°. La fasce qui occupe la partie centrale de l'écu dans le 
sens horizontal. Elle représente le ceinturon du chevalier (pi. 
2, fig. 2). 

3°. La bande qui traverse l'écu en diagonale du canton dextre 
du chef au canton senestre de la pointe. Elle représente le bau- 
drier (pi. 2, fig. 3). 

4°. La barre qui traverse l'écu en diagonale du canton senes- 
tre du chef au canton dextre de la pointe. Elle réprésente l'échar- 
pe et est soumise aux mêmes règles que la 1)ande, mais elle sert 
plus ordinairement comme indication de bâtardise, et dans ce cas, 
elle est généralement diminuée de largeur (pi. 2, fig. 4). 

Nous trouvons un exemple des emblèmes représentés par ces 
pièces dans les armes de la maison d'Autriche "de gueules à la 
fasce d'argent", dont l'origine remonte à Léopold II, duc d'Au- 
triche, qui avait accompagné Frédéric Barberousse et Richard 
Cœur-de-Lion, dans la troisième croisade. Criblé de blessures 
dans un combat contre les Sarrazins, sa cotte d'armes était toute 
rougie de son sang, à l'exception de l'espace caché par le ceintu- 
ron, et lorsqu'il apparut ainsi après le comlmt, les croisés s'écriè- 
rent dans un sentiment général d'admiration : "Au brave Léo- 
pold; écii de gueules à la fasce d'argent!" 

Ces quatre pièces sont dites honorables de premier ordre; leurs 
extrémités doivent toucher les bords de l'écu, et elles servent à 



54 Traité d'art héraldique 

former les deux pièces honorables suivantes qui, pour cela, se 
rattachent aussi au premier ordre. 

5°. La croix qui est formée de la réunion du pal et de la fasce 
(pi. 2, fig. 5). 

6°. Le sautoir qui est formé de la réunion de la bande et de la 
barre (pi. 2, fig. 6). 

A ces pièces honorables de premier ordre, ajoutons celles du 
second ordre qui sont: 

PIÈCES HONORABLES DE SECOND ORDRE. 

7°. Le chef qui occupe les deux septièmes supérieurs de l'écu 
et qui représente la tête du chevalier; il était généralement ac- 
cordé comme marque d'honneur pour blessures à la tête (pi. 2, 
fig. 7). 

8°. La Champagne ou campagne qui occupe les deux septièmes 
inférieurs et qu'on rencontre rarement, car l'usage n'en a été con- 
sacré comme pièce honorable que sous l'empereur Napoléon 
(pi. 2, fig. 8). 

9° Le chevron qui occupe un module et trois quarts au lieu 
de deux comme les pièces plus haut décrites, est composé des 
deux parties inférieures de la bande et de la barre réunies au 
point d'honneur ; il représente l'éperon du chevalier et s'accordait 
pour blessures aux jambes (pi. 2, fig. 9) ; sa pointe doit s'arrêter 
à un module du bord qu'elle menace. 



FIGURES HÉRALDIQUES OC 

io°. La bordure qui suit le contour intérieur de l'écu sur un 
septième de sa largeur; les souverains l'accordaient comme sym- 
bole de protection en reconnaissance d'un service signalé (pi. 2, 
ûg. 10). 

11° h'écussoii en cœur qui est plus petit des deux-tiers que 
l'écu principal dont il occupe le centre; il n'occupe donc que le 
neuvième de la surface du champ ; c'est ordinairement une con- 
cession d'un souverain ou un hommage du chevalier à la dame 
de ses pensées (pi. 2, fig. 11). 

12'^Le franc quartier qui occupe le quart de:?itre supérieur de 
l'écu et sert ordinairement de brisure (pi 2, fig. 12). 

PIÈCES HONORABLES DE TROISIÈME ORDRE. 

Les pièces ci-dessus sont reconnues comme honorables par tous 
les auteurs; certains héraldistes y ajoutent d'autres pièces qui 
sont d'un usage moins fréquent, parce qu'elles sont d'origine 
plus récente ; elles sont au nombre de huit, et pour éviter la con- 
fusion, nous les désignerons conventionnellement sous le nom de 
pièces honorables de troisième ordre. Il va de soi que la réunion 
de toutes les pièces honorables en une seule catégorie simplifie- 

• 

rait dans une grande mesure les règles du blason, mais il faut 
se rappeler que cette science est une arche sainte à laquelle on ne 



56 TRAITÉ d'art héraldique 

doit pas toucher; ses principles doivent être transmis dans toute 
leur pureté et ne pas souffrir la moindre innovation. 

Les huit pièces honorables du troisième ordre sont donc : 

1°. Le pairie, formé des parties supérieures de la bande et de 
la barre, et de la partie inférieure du pal, ce qui lui donne la 
forme d'un Y, dont le pied repose sur la pointe de l'écu, et les 
deux branches s'étendent aux angles dextre et senestre du chef 
(pi. 2, fig. 13). Son nom vient du mot latin pergula qui dési- 
gne les fourches destinées à soutenir les treillis; lorsque l'espace 
entre ces deux branches est rempli du même émail, il prend le 
nom de gousset. Sa largeur est d'un module et trois-cjuarts. 

2°. La pointe, pièce triangulaire qui occupe les deux-tiers de 
la base et monte en angle aigu jusqu'au point du chef (pi. 2, fig. 
14) ; quelquefois cependant elle se meut d'un des flancs de l'écu, 
et il faut alors l'exprimer en disant qu'elle est "posée" en fasce, 
en bande ou en barre; quelques auteurs la confondent avec r"em- 
manche", mais la base de celle-ci est plus large et occupe toute 
la base de l'écu. Elles peuvent aussi se mettre en nombre. 

3° La pile, qui est la pointe renversée; c'est-à-dire que la base 
du triangle occupe le sommet de l'écu; plusieurs piles peuvent 
être disposées ensemble; dans ce cas, leur largeur est moindre 
et elles sont séparées les uns des autres par l'émail du champ 
(pi. 2, fig. 15). Quelques auteurs nomment aussi "pile" un 



FIGURES HÉRALDIQUES 0« 

triangle isocèle dont le sommet s'arrête aux deux-tiers du bord 

de l'écu sur lequel repose sa base, mais la description précédente 

est généralement adoptée. 

4°. Vorle est une bordure réduite à la moitié de sa largeur, 

mais qui ne touche pas les bords de l'écu dont elle est séparée de 
toute la partie qu'on lui a retranchée, c'est-à-dire qu'elle a la lar- 
geur d'un demi-module, et qu'elle est à distance d'un demi-module 
du bord de l'écu (pi. 2, fig. 16). 

5°. Le trcschciir ou trcscœur est une sorte d'orle étroit et pres- 
que-toujours double, orné de fleurons ou fleurs de lis en dedans 
et en dehors (pi. 2, fig. i7). 

6° Le lamhcl est un filet ou trangle placé horizontalement en 

chef ou en fasce avec pendants qui sont généralement au nom- 
bre de trois, mais qui peuvent aller jusqu'à neuf (pi. 2, fig. 18). 
Cette pièce s'emploie surtout comme brisure pour indiquer les ar- 
moiries d'une branche cadette, et son origine se rattache à cette 
particularité, car elle rappelle la coutume ancienne des jeunes 
gens de porter au cou des rubans en forme d'aiguillettes qui se 
nommaient "labels'', comme on porte aujourd'hui des cravates, 
et qui servaient à distinguer les cadets de leurs aînés, car il n'y 
avait que les jeunes gens non mariés qui en portassent ; aussi les 
Espagnols et les Portugais qui prennent cette pièce pour un banc 
sont-ils dans l'erreur, autant que les Italiens qui la prennent pour 
un râteau. 



58 TRAITÉ d'art HÉRAI^DIQUE 

7°. Le canton est un diminutif du franc quartier et se place 
à l'angle dextre ou senestre du chef; il n'occupe que le neuvième 
de l'écu (pi. 2, fig. 19). 

8°. Le giron est formé de la huitième partie de l'écu gironné; 
c'est un triangle rectangle dont la base repose sur le bord de 
l'écu, et dont la pointe touche le cœur; c'est la moitié du franc- 
quartier tranché ou taillé. Il se meut généralement de la partie 
suprieure du flanc dextre (pi. 2, fig. 20). 

VARIANTIÎS ET DIMINUTIONS. 

Les pièces honorables étant devenues insuffisantes à former 
les diverses combinaisons requises pour distinguer les armoiries 
entre elles, les héraldistes s'ingénièrent à en trouver d'autres qui 
se rattachent à la même catégorie mais que nous désignerons 
arbitrairement sous les noms de "variantes'' et de "diminutioiK" 
pour les distinguer des pièces honorables proprement dites. 

VARIANTES DES PIÈCES HONORABEES. — Nous ferous entrer 
sous ce nom certaines figures géométriques qui se rattachent aux 
pièces honoraljles et qui se rapportent presque toutes au triangle 
et à ses composés : 

1°. La grande losange est la figure bien connue dont les qua- 
tre angles touchent le milieu des quatre bords de l'écu ; elle a donc 
la forme du carreau des cartes à jouer. 



FIGURES HÉRALDIQUES 59 

2°. Le vêtement occupe les quatre angles de l'écu et couvre 
toute la partie du champ qui entoure la grande losange. 

3°. La chape ou cape est un vêtement qui couvre les deux côtés 
d'un triangle isocèle s'étendant des deux angles de la pointe au 
point du chef. 

4". Le mantel est une chape dont le point de division, ou som- 
met du triangle est à une distance de deux modules du bord supé- 
rieur de l'écu. 

5"^. La f/2aî/^.Ç(7 est une chape renversée. De même que la chape 
couvre le haut du corps, la chausse en couvre le bas. 

6°. IS embrasse est une chape dont l'ouverture est dirigée vers 
le flanc de l'écu; on la dit "dextre"' si elle est ouverte vers le 
flanc senestre, et vice-vcrsâ. 

7°. IS emmanche est un triangle dont le sommet touche au 
point du chef et qui descend aux deux angles de la pointe; c'est 
l'espace entouré par la chape. Cette figure peut aussi mouvoir 
d'un autre bord de l'écu; ne pas la confondre avec la pointe dont 
la base est plus étroite (vide supra) . 

8°. U emmanchure est une petite emmanche dont le sommet 
s'arrête au tiers de la distance qui sépare sa l)ase du bord opposé 
de l'écu. 

A^ B. — Il faut se garder de confondre la pointe, la pile, l'em- 
manche et l'emmanchure; il arrive parfois aux auteurs d'indiquer 
l'une pour l'autre. 



60 TRAITÉ d'art HÉRAI^DIQUE 

9°. h' ente est une petite emmanchure dont les côtés sont ar- 
rondis, et qui meut ordinairement de la pointe ; si elle meut d'ail- 
leurs on doit indiquer d'où. 

io°. h'esquarre est une équerre d'un module de largeur dont 
l'angle touche le cœur de l'écu, et qui est formée par l'évidement 
du franc-quartier. 

DIMINUTIONS DES PIÈCES HONORABLES. LorsquC IcS piècCS 

honorables ont une largeur moindre que deux modules, on les 
désigne sous d'autres noms, soit qu'on les emploie seules ou qu'on 
les multiplie sur le champ de l'écu, comme nous le verrons en 
parlant des rebattements. 

Ainsi le pal réduit à un cinquième de sa largeur (soit 2/5 de 
module) prend le nom de z'ergette. 

La fasce dans le même cas prend celui de hurèle, tandis que si 
elle n'est réduite que de moitié elle prend celui de trangle, et ré- 
duite au tiers, celui de dknse. 

La bande et la barre amincies à un cinquième de leur largeur 
ordinaire (c'est-à-dire à deux cinquièmes de module) deviennent 
des cotîces; si la cotice est placée "en l)arre" on ajoute cette ex- 
pression. 

La bordure également réduite est une filière. 

Le mot filet s'applique en général à toutes ces pièces réduites 
à deux-cinquièmes de module; deux filets séparés par un espace 



FIGURES HÉRALDIQUES ^>1 

de même largeur forment une jumelle; trois filets séparés par 
deux espaces semblables font une tierce dont la largeur totale est 
conséquemment de deux modules, et cinq filets également dispo- 
sés deviennent des tringles. Il faut indiquer si les jumelles, tier- 
ces ou tringles sont posées en pal, en bande ou en barre ; à défaut 
d'indication elles sont sous-entendues en fasce. 

Les pals, fasces, bandes et barres qui ne touchent à un bord 
de l'écu que par une extrémité et s'arrêtent à un tiers de la dis- 
tance de l'autre bord se nomment retraits. 

Si les pals et fasces ne touchent pas les bords de l'écu, cette 
particularité est indiquée par l'expression alecé c|ui s'applique éga- 
lement à la croix, formée de la réunion de ces deux pièces. 

Dans le même cas, la bande et la barre raccourcies et réduites 
à deux-cinquièmes de module prennent le nom de bâton péri ("en 
bande" ou "en barre", suivant les cas), (pi. 2, fig. 33) ; mais le 
bâton péri en l^arre réduit de moitié prend le nom de traverse. 

Les autres pièces diminuées prennent les noms suivants : 

Le chef réduit à deux-tiers de module prend celui de comble; 

La Champagne dans le même cas porte celui de plaine; 

Une croix qui n'a que la largeur d'un filet se nomme filet en 
croix et une très petite croix employée comme meuble porte le 
nom de croisette; 

Un sautoir dans le même cas est un flanqui ou flanclii (pi. 2, 

fig-34); 



62 TRAITÉ d'art héraldique 

Un chevron réduit à deux-cinquièmes de module est une et aie; 

Un franc-quartier réduit au neuvième de la surface du champ 
est un franc-canton, etc. 

Nous renvoyons au dictionnaire analytique pour plus amples 
développements à ce sujet; on y trouvera sous le nom principal de 
chaque pièce les diverses modifications dont elle est susceptible. 

(b) pièces ordinaires. 

On comprend sous ce nom certaines figures géométriques em- 
ployées comme meubles et auxquelles on a donné des noms parti- 
culiers dans le langage du blason. Nous signalerons celles qui 
se rencontrent le plus fréquemment. 

1°. Les losanges dont le nom géométrique indique suffisam- 
ment la forme. Ce sont des pièces coupées en diagonale comme 
la figure du carreau dans les cartes à jouer, et dont les pointes 
effilées se posent verticalement sur Técu (pi. 2, fig. 21). 

2°. Les fitsées sont des losanges très effilés et quelquefois légè- 
rement arrondis aux angles des flancs, (pi. 2, fig. 22). 

3°. Les mâcles sont des losanges percés d'une ouverture de 
même forme que le contour, (pi. 2, fig. 23). 

4°. Les rustes diffèrent des mâcles en ce qu'ils sont percés 
d'une ouverture ronde, (pi. 2, fig, 24), 

5°, Les carreaux sont des pièces carrées posées parallèlement 
aux bords de l'écu. (pi. 2, fig. 25). 



FIGURKS HÉRALDIQUES G3 

6°. Les billet tes sont des rectangles ou carrés allongés, posés 
verticalement, (pi. 2, fig. 26). 

7°. Les besants, pièces rondes en or ou argent, représentant 
des pièces de monnaie et se plaçant sur un champ de couleur, 
(pi. 2, fig. 27). 

8°. Les tourteaux, pièces rondes en couleur, se plaçant sur un 
champ de métal, (pi. 2, fig. 28). 

9°. Les besants-tourteaux , pièces rondes composées mi-partie 
de métal et mi-partie de couleur, se placent sur un champ de cou- 
leur, (pi. 2, fig. 29). 

10°. Les tourtcaux-besants, pièces rondes composées mi-partie 
de couleur et mi-partie de métal, se placent sur un champ de mé- 
tal, (pi. 2, fig. 30). 

11°. Les frettcs se composent de bandes et de barres entre- 
lacées au nombre de six, et prennent le nom de treillis si les points 
d'intersection sont cloués d'un émail différent, (pi. 2, fig. 31). 

12°. Les points cqiii pôles représentent des carrés d'échiquier 
ordinairement au nom])re de neuf, mais ils peuvent aller jusqu'à 
quinze, (pi. 2, fig. 32). 

Quelques auteurs placent ces deux dernières figures au nombre 
des Rebattements dont nous parlerons plus loin au chapitre des 
Attributs, mais on doit plutôt les regarder comme des pièces 
héraldiques isolées, n'offrant pas nécessairement les combinai- 
sons qui sont de l'essence des rebattements. 



h 



64 TRAITÉ d'art héraldique 

§ 2.— FIGURES NATURELLES. 

Les figures naturelles représentent, avons-nous dit, les divers 
corps de la création, tels cjue les astres, les animaux et les végé- 
taux; on conçoit facilement que leur nombre varie à l'infini et 
que leur emploi en blason atteste chez les familles qui les por- 
tent une origine moins ancienne cjue l'emploi des figures héraldi- 
ques, puisque c'est pour établir des distinctions avec les armoiries 
existantes que ces familles ont eu recours à l'emploi de pièces 
nouvelles- 

Nous les examinerons successivement sous les divers règnes 
qu'elles occupent dans la nature. 

(a) quadrupèdes. 

Celle de ces figures qui se rencontre le plus souvent en armoirie 
est sans contredit le lion, emblème de la force, du courage et de 
la magnanimité ; c'est également lui qui nous offre la plus grande 
variété d'attributs ou c^ualificatif s différents dans le blasonnement 
des figures naturelles, de même que la croix dans celui des figures 
héraldiques. Nous en rapporterons les plus usuels. 

Disons tout d'abord que dans le blason français, le lion se 
montre toujours de profil; s'il est de face, ou même si le corps 
étant de profil on en voit les deux yeux et les deux oreilles, il 



FIGURES NATURKlvI.ES . 65 

change de nom et se nomme léopard. Le lion est presque tou- 
jours "rampant", c'est-à-dire levé sur ses deux pieds de derrière, 
le pied dextre de devant menaçant le canton dextre de l'écu et 
l'autre le flanc dextre, la gueule ouverte, la langue sortie et cour- 
bée, la queue levée dans la direction de son corps avec le bouquet 
tourné vers le dos, bien que sur plusieurs sceaux anciens, le bou- 
quet soit tourné en dehors, (pi. III, fig. i). L'expression "ram- 
pant" est sans doute mal adaptée en langue française pour la 
position ainsi décrite, car ce mot comporte plutôt l'idée d'un ani- 
mal qui se glisse au ras du sol ; c'est une expression dégénérée 
du mot latin rapicns dont la traduction propre est plutôt "ravis- 
sant", mot qui conviendrait mieux à cette attitude, mais cjue le 
langage inflexible du blason attribue plutôt au loup qui emporte 
sa proie. 

Si le lion est habituellement rampant, le léopard est presque 
toujours "passant", c'est-à-dire ayant trois pieds à terre et le 
pied dextre de devant levé comme dans l'action de marcher, le 
corps étant de profil, mais la tête de face, la queue tournée sur 
son dos avec le bouquet en dehors, (pi. III, fig. 2). 

Lorsqu'on n'indique pas, en blasonnant, l'attitude du lion ou du 

léopard, on doit conclure que le lion est rampant et le léopard 

passant; aussi le lion (tête de profil) représenté dans l'attitude 

"passant", prend-il le nom de ''lion léopardé", de même que le 

3 



66 TRAITÉ d'art héraldique 

léopard (tête de face) représenté dans l'attitude "rampant", de- 
vient un "léopard lionne". 

Les Anglais, qui ont emprunté au blason français un grand 
nombre d'expression héraldiques, ont écarté cette distinction 
à partir du XVe siècle, et depuis lors, le lion porte toujours le 
même nom dans leur blason, qu'il soit de face ou de profil; la 
"tête de léopard'' dont leurs pièces de vieille argenterie sont étam- 
pées remonte à une date antérieure, cette marque ayant été établie 
par un statut d'Edouard 1er, en l'an 1300. Lorsque les Anglais 
représentent le lion dans l'attitude du léopard, c'est-à-dire passant 
et ayant la tête de face, ils se servent de l'expression "passant- 
guardant" ; c'est l'attitude caractéristique du lion anglais, au 
point qu'on désigne parfois le léopard d'or sous le nom de "lion 
d'Angleterre". Il est sans doute plus rationnel de conserver au 
lion le même nom, quelle que soit son attitude, et l'évolution dans 
ce sens, décrétée par les héraldistes anglais, est tout à fait logique, 
mais le blason français conserve trop jalousement la tradition de 
ses expressions héraldiques pour y changer quoi que ce soit. 

Roi de la région qu'il habite, le lion souffre rarement la pré- 
sence d'un rival sur le champ de l'écu; aussi, lorsqu'on repré- 
sente deux lions sur le même champ, ils sont la plupart du temps 
"affrontés" pour se combattre, ou "adossés", ou "contre-pas- 
sants", comme s'ils quittaient le terrain après un combat; si plus 



FIGURES NATURELLES 07 

de deux lions sont représentés sur un même champ, ils prennent 
le nom de lionceaux. 

Les autres attitudes du lion sont "posé" lorsqu'il porte sur ses 
quatre pieds; "séant" lorsqu'il est assis; "couchant" lorsque ses 
pieds et son corps reposent sur le sol, mais que la tête est élevée, 
et "dormant" lorsque dans la même attitude, sa tête est appuyée 
sur ses pieds de devant. 

Comme tous les animaux d'ailleurs, le lion se tourne du côté 
dextre de l'écu; s'il est tourné à senestre, on le dit "contourné", 
mais si le corps étant tourné à dextre, la tête seule est contournée 
à senestre, on le dit "regardant", (pi. III, fig. 3). Si les ongles 
ou griffes sont d'un autre émail que le corps, on le dit "armé" ; 
s'il n'a pas de dents, ni langue, ni ongles, il est "morné", et s'il 
n'a pas de queue, "diffamé" ; s'il a quelque partie d'un autre ani- 
mal, on le dit "monstrueux"; si la partie inférieure de son corps 
se termine en queue de dragon, il est "dragonne", et si c'est 
en queue de poisson, on le dit "mariné". 

La plupart des attributs que nous avons indiqués pour le lion 
s'appliquent aux autres animaux; cependant, on se sert souvent 
d'expressions différentes pour désigner les mêmes attitudes, parce 
que leur nature ne permet pas de leur appliquer les mêmes ter- 
mes. Ainsi le lion levé sur ses pieds de derrière est appelé 
"rampant'', du mot rapicns, comme nous avons vu plus haut, 



G8 TRAITÉ d'art HÉRAI.DIQUI; 

mais cette expression ne peut s'appliquer au cheval ni au taureau 
qui ne ravissent pas de proie; aussi dans cette position, le cheval 
est-il "cabré'' ou "effaré'', tandis que le taureau est "furieux". 
La maxime du blason est que le terme "rampant" s'applique seu- 
lement aux animaux qui ont des griffes, mais cette règle n'est 
pas invariable, car le chat rampant est dit "effarouché", et l'ours 
dans la même position est "levé". 

Les animaux qui ont le pied de corne, rond ou fourchu, sont 
ordinairement représentés dans l'attitude "passant" ou "courant'', 
et si leurs ongles du pied sont d'un émail différent, on les dit 
"ongles" s'ils ont le pied fourchu, ou "ancornés" si la corne de 
leur pied est ronde. 

Outre le lion, les animaux employés plus ordinairement dans 
les armoiries sont le cerf et le daim, dont les bois représentés 
avec une parti du crâne ou un crâne dénudé se nomment '.'massa- 
cre", tandis que la tête entière est désignée sous le nom de "ren- 
contre", comme celle du bœuf et du bélier; le sanglier qui est 
"deffendu" et "miraillé", si ses défenses et ses yeux sont d'un 
émail différent; le chien qui est "passant" ou "courant"; l'ours 
qui est "passant" ou "levé" ; le loup qui est "ravissant" s'il tient 
une proie ; le bélier qui est "paissant' 'ou "sautant" ; et l'agneau 
qui se nomme "agneau pascal", s'il tient une longue croisette por- 
tant une banderolle. 



FIGURES NATURELLES 69 

Souvent les animaux sont revêtus d'ornements. On les dit 
"couronnés" quand ils portent une couronne ;• celle du lion est 
ordinairement à pointes et se nomme "couronne antique". Lors- 
qu'ils portent un collier, ils sont "accolés" ou "colletés" (accolés 
pour les animaux à cornes, et colletés pour les autres.) 

Mais il arrive aussi qu'on ne représente qu'une partie du corps 
des animaux. On désigne sous le nom de "naissant" ceux qui ne 
paraissent qu'à moitié sur le champ de l'écu, la partie inférieure 
étant supprimée, ou qui meuvent d'une fasce ou du bas de l'écu, 
et l'on indique parfois cette particularité par le mot "demi", tel 
que "demi-lion'', "demi-éléphant", etc., surtout s'ils ne meuvent 
pas d'une ligne héraldique. Si, étant sur un chef ou sur une 
fasce, ils ne montrent que la tête, le cou, le bout des pattes de 
devant et l'extrémité de la queue, ils sont "issants'' (du vieux 
verbe français issir qui signifie "sortir", (pi. III, fig. 4). Leurs 
têtes posées seules sont dites "coupées" lorsque le col est tranché 
net, et "arrachées", lorsqu'elles pot"tent des lambeaux de chair 
ou des crins. Enfin, les animaux sont parfois "paies", "échi- 
quetés'', "burelés", "écartelés", etc., de métaux et couleurs diffé- 
rents, tout comme le champ d'un écu- Leurs pattes peuvent se 
mettre "en fasce", "en pal'', "en sautoir", etc. ; leurs queues peu- 
vent se "doubler", se "fourcher", se "nouer", se "natter", etc. 

Lorsqu'on examine les dessins, souvent fantastiques, des figu- 



70 Traité d'art héraldique 

res employées dans le blason, il faut se rappeler que les premiers 
peintres héraldistes vivaient à une époque où l'art était rudimen- 
taire, et l'on ne doit pas s'étonner s'ils ont donné aux animaux et 
aux autres figures qu'ils étaient chargés de peindre des formes 
étranges et parfois fantaisistes que leurs descendants ont con- 
servées sans rien y changer par respect des traditions. 

(b) oiseaux. 

De même que le lion est le roi des animaux, Vaiglc est le roi 
des oiseaux, et c'est lui qui les représente le plus souvent en ar- 
moirie; il symbolise la monarchie ou la domination héréditaire 
transmise à un seul, les hauts desseins et le mépris des choses 
basses. Lorsqu'il a les ailes étendues, il est dit "éployé" ; si ses 
jambes et ses pieds sont d'un émail différent, on le dit "membre" ; 
pour l'émail de son bec, il est dit "becqué" ; pour celui de sa lan- 
que, il est "langue", et pour celui de ses griffes, "armé''. Sou- 
vent il est "couronné" ou "diadénié", suivant qu'il porte une cou- 
ronne ou un simple diadème. Il est désigné indifféremment au 
riasculin ou au féminin, mais plus généralement au féminin, et 
c'est ce genre qu'il vaut mieux employer en armoirie. 

On nomme "aigle de l'empire" celle qui est de sable et à deux 
têtes; mais dans ce cas, elle entre plutôt dans la catégorie des 
animaux chimériques. L'origine en remonte à Constantin-le- 



FIGURES NATUREI.I.ES Tl 

Grand, empereur d'Orient et d'Occident, qui prit ce symbole pour 
indiquer que l'empire, quoique divisé, ne formait qu'un seul 
corps; Charlemagne l'adopta après son sacre; Sigismond en fit 
le symbole particulier de l'empire d'Allemagne (le Saint-Empire) 
en 1410, et Pierre-le-Grand l'attribua également à l'empire de 
Russie en i72i. Ces armes ont donc été communes à tous les 
empereurs; l'aigle impériale d'Allemagne se retrouve dans les 
armoiries flamandes et italiennes; aussi les maisons se distin- 
guent-elles les unes des autres en plaçant leurs armes particuliè- 
res sur un écusson mis en cœur de l'aigle, et c'est de là, ou plu- 
tôt par armoiric de concession, que les comtes du Saint-Empire 
placent l'aigle noir à deux têtes dans leurs armoiries. 

L'aigle dont on ne voit que la partie supérieure est dite "nais- 
sant" ; celle qui prend son vol est "essorant", (pi. III, fig. 5). 
Lorsque les aigles sont petites et répétées dans l'écu, elles pren- 
nent le nom d'"aiglettes", et celui d'"alérions" lorsqu'elles n'ont 
pas de bec ni de jambes; elles représentent dans cet état les enne- 
mis désarmés ou mis hors de combat. Parfois on ne représente 
que les ailes de l'aigle ou des autres oiseaux ; elles prennent alors 
le nom de "vol" ou celui de "demi-vol" s'il n'y a qu'une aile; 
le vol est "abaissé" quand le bout des ailes est tourné vers la 
pointe de l'écu. 

Les autres oiseaux qu'on trouve le plus fréquemment en armoi- 



72 TRAITÉ d'art HÉRAl^DIQUE 

rie sont les mcrlcttcs, petites canes vues de profil et sans bec ni 
pieds. Les merlettes sont des oiseaux voyageurs qui passent la 
mer tous les ans et représentent les voyages d'outre-mer des che- 
valiers, l'ablation de leurs becs et pattes représentant les blessures 
reçues. Les canes représentées avec leurs becs et leurs pattes sont 
plus grosses que les merlettes et portent le nom de "canettes". 

On voit aussi les faucons, les cpcrvicrs et autres oiseaux de 
chasse qui sont "liés'' s'ils ont des longes aux pieds, "chaperon- 
nés" si leur tête est couverte d'une coiffe, "grilletés'' s'ils ont des 
grelots aux pieds, " perchés" .s'ils reposent sur un bâton, et "à 
vol étendu" s'ils ont les ailes déployées; les coqs qui sont "crêtes' 
ou " barbés ", expressions cjui s'expliquent par elles-mêmes, 
"chantants" s'ils ont le bec ouvert, et "hardis" si leur patte dextre 
est élevée ; le pélican qui est représenté de profil sur son aire, les 
ailes étendues et se déchirant la poitrine pour nourrir ses trois 
petits des gouttes de son sang, qu'on nomme "piété"' ; le paon qui 
est "rouant" s'il éploie sa queue en forme de roue; les corbeaux 
ou corhins "de sable", les cygnes et les colombes "d'argent"; le 
perroquet désigné en langage héraldique sous le nom de "pape- 
gai''; le héron, emblème de la couardise, dont Robert d'Artois, 
banni de France, se servit pour exciter Edouard II{ d'Angleterre 
à revendiquer la couronne des Capétiens; et la grue qui tient 
parfois dans sa patte dextre un caillou d'émail différent, qu'on 



FIGURES NATURELLES 73 

nomme sa "vigilance'', attribut qui se rapporte à la légende que 
les grues, voyageant en bandes, chargent l'une d'elles de veiller 
pendant que les autres dorment, et pour ne pas succomber au 
sommeil, cette sentinelle tient une pierre dans sa patte levée, afin 
que si elle vient à s'endormir, elle échappe cette pierre dont la 
chute la réveillera aussitôt. 

(c) POISSONS. 

Parmi les poissons, le dauphin est le plus fréquemment employé 
en armoirie. Il est "allumé" lorsque son œil est d'un émail diffé- 
rent, "loré" s'il s'agit des nageoires, "pl;autré" si c'est la queue, 
"pâmé" quand il n'a ni œil, ni dent, la gueule béante et semble 
près d'expirer, "couché" si sa tête et sa queue se courbent vers 
la base de l'écu, et "vif" si elles se courbent à dextre et qu'on lui 
voit un œil, des dents, des barbes, crêtes et oreilles d'un émail 
différent, tandis que s'il est courbé à senestre, il est dit "con- 
tourné". 

Les autres poissons qu'on rencontre en armoirie sont les bars 
ou barbeaux qui se placent généralement "adossés en pal" au nom- 
bre de deux, les chabots et les ccrcvisscs. Ces figures sont faciles 
à blasonner, car les seules différences qu'on rencontre se rappor- 
tent à leur disposition qui peut être en pal, en fasce, en bande, etc. ; 
s'ils ne sont pas d'un émail indiqué, ils sont "au naturel", et quand 
l'œil est d'un autre émail, il est dit "miraillé"' ou "allumé". 



74 TRAITE D ART HERALDIQUE 

Au nombre des animaux aquatiques, on peut également ranger 
les coquilles de mollusques qui se rencontrent très souvent en ar- 
moirie. Elles indiquent chez celui qui les emploie un pèlerinage 
ou un long voyage, car les pèlerins attachaient habituellement sur 
leurs vêtements des coquilles recueillies au terme de leur voya- 
ge; les plus grandes sont nommées coquilles de Saint-Jacques 
(en Galicie), et les petites coquilles de Saint-Michel (en Norman- 
die). On les montre de dos, mais quand elles sont retournées 
et qu'on en voit l'intérieur, elles se nomment vannets. 

(d) reptiles et insectes. ■ 

Les reptiles sont parfois employés tels que le serpent qu'on voit 
dans les armes des ducs de Milan; il porte ordinairement en bla- 
son le nom de "bisse", mais s'il avale un enfant d'un émail diffé- 
rent, il se nomme "guivre", et cet attribut est indiqué par l'ex- 
pression "halissant". (pi. III, fig. 6). Let3'mologie de cette 
expression se rapporte à l'enfant qui semble issir de la gueule du 
serpent qu'on disait alors "à Tissant" d'où l'on a fait l'expression 
consacrée par l'usage. Les serpents se posent soit en pal ou en 
fasce, droits ou ondulés, "lovés" en spirales ou en un seul rond 
se mordant la queue; ils représentent alors un "cyclamor". 

Les autres reptiles n'ont pas d'attributs particuliers; ils se pla- 
cent ordinairement en pal et "montants", c'est-à-dire la tête en 
chef, la queue vers le bas de l'écu, et se montrent de dos. 



FIGURES NATURELLES 7.) 

Les insectes se posent de la même manière que les reptiles, 
c'est-à-dire en pal, montants, et vus de dos, sauf en certains cas 
particuliers qui sont signalés au glossaire sous leurs noms res- 
pectifs, telles que les sauterelles qui sont de profil et passantes. 

L'insecte qui se rencontre !e plus souvent en armoirie est 
Vabcillc cjui symbolise le travail et l'industrie; elle a surtout été 
mise en honneur par Napoléon. On trouve aussi le papillon qui 
est "miraillé" quand ses ailes ont des marques rondes, les mouches 
ou taons et les doublets qui sont des moucherons posés de profil. 

(e) végétaux. 

Dans les vieux manuscrits, les arbres sont figurés par des ara- 
Ijesques réunies sur une tige centrale, et ils ont conservé cette 
forme dans quelques anciennes armoiries. 

Ceux qui ne portent pas de fruits sont désignés simplement 
par le mot ''arbre", mais les autres portent le nom de leur espèce 
qui est indiquée par leurs fruits, et lorque ces fru'ts sont d'un 
émail différent, l'indication s'en fait par une expression particu- 
lière. Ainsi le pin est "chargé" de ses pommes de pin, le chêne 
e:-.t "englanté" de ses glands qu'on représente avec leurs gobelets 
et une petite tige, et qu'on dit "renversés" si le gobelet est tourné 
en bas; la vigne est "pamprée" de ses raisins, et les autres arbres 
fruitiers sont "fruités". Le créqiiier, prunier sauvage qui a la 



h 



7G TRAITÉ d'art héraldique 

forme d'un chandelier à sept branches, forme l'armoirie caracté- 
ristique de la famille de Créquy. 

L'arbre -est dit "arraché" lorsqu'on voit ses racines, "effeuil- 
lé" lorsqu'il n'a point de feuilles, "écoté" s'il n'a point de bran- 
ches, et "futé" si le tronc est- d'un émail particulier. 

Les fruits sont dits "feuilles" lorsque quelques feuilles y adhè- 
rent ; les noisettes dans leurs gousses jointes ensemble au nombre 
de trois se nomment eoquerelles; la grenade est généralement 
"feuillée" et "couronnée", avec une ouverture oblongue laissant 
voir ses grains qui sont habituellement d'un émail différent. Les 
épis sont souvent employés, surtout dans les armoiries des pays, 
et ils sont alors unis "en gerbe" ; s'ils sont "liés" d'un autre émail, 
il faut l'exprimer. 

Les fleurs sont dites "soutenues" pour spécifier la partie de 
branche où elles sont attachées, et "au pied nourri" si elles sont 
coupées par le bas ; si l'émail de la tige, des pétales ou des feuilles 
est différent, on les dit "tigées", "pétalées'' ou "feuillées". 

Les lis en France et les roses en Angleterre sont les lieursle 
plus souvent employées en armoirie ; l'origine en remonte pour 
les lis à Louis VII qui les adopta comme armes parlantes de son 
nom, et pour les roses aux maisons royales de York et de Lan- 
caster dont les luttes sont connues dans l'histoire sous le nom de 
"Guerre des Deux Roses". Viennent ensuite les trèfles qui de- 



FIGURES NATURELIvES ( 7 

viennent des "tiercefeuilles", quartefeuilles" ou "quintefeuilles" 
(suivant le nombre de leurs pétales), s'ils n'ont pas de tiges, mais 
portent une petite ouverture circulaire au centre, l'espace compris 
entre les feuilles étant désigné sous le nom de "refente", (pi. II, 

fig-35)- 

Les fleurs de lis sont les pièces les plus nobles des armoiries 

françaises, car elles ont toujours fait partie des armoiries de la 
famille des Bourbons depuis Louis VII. A l'origine, elles se pla- 
çaient en nombre illimité sur toute la surface du champ, attribut 
qu'on exprime par le mot "semé", quelques-unes d'entre elles 
étant coupées en deux par les bords de l'écu; le nombre en fut 
réduit à trois par Charles V, et depuis lors le blason "d'azur à 
trois fleurs de lis d'or" s'exprime brièvement par l'expression "de 
France"; de même si l'on blasonne un champ d'azur semé de 
fleurs de lis d'or, on dit tout simplement "semé de France" ou 
"de France ancien". La fleur de lis héraldique est bien connue; 
elle ressemble peu au lis naturel qui est parfois employé en ar- 
moirie et qui se nomme alors lis de jardin; elle est plutôt en for- 
me de fer de lance accosté de deux crochets qui sont reliés ensem- 
ble par une traverse, et sa forme a varié suivant les siècles, de 
sorte qu'il faut se garder de commettre des anachronismes en 
l'employant; elle était plutôt élancée à l'origine et replète dans les 
derniers temps de la monarchie. Quand la fleur de l!s est ou- 



/8 TRAITÉ d'art héraldique 

verte avec des étamines passant entre ses pétales, on la dit 
"épanouie". 

(f) astres et éléments. 

En armoirie comme dans la nature, le soleil est le roi des 
astres. On le représente sous forme de cercle avec deux veux, 
un nez. une bouche et chevelé de douze ou seize rayons alterna- 
tivement droits et ondoyants. 11 est "levant" quand il meut de 
l'angle dextre du chef, et "couchant" s'il meut de l'angle senestre; 
son émail est ordinairement d'or et quelquefois d'argent, mais 
quand sa figure est de couleur, ou quand il n'est représenté qu'au 
trait et de même émail que le fond, on le nomme "ombre de 
soleil". 

La lune Se voit rarement en son plein, mais son croissant est 
» un des meubles les plus usités en armoirie. Il est "tourné" lors- 
que les pointes sont dirigées à dextre, "contourné" lorsqu'elles 
sont à senestre, "montant"' vers le chef, "renversé", vers la poin- 
te; deux croissants sont "adossés" ou "affrontés", suivant la posi- 
tion de leur pointes, et quatre croissants "appointés" prennent 
le nom de luncl. 

Les étoiles sont ordinairement à cinq rayons ou pointes, dont 
ime doit tendre directement vers le haut; si elles en ont un plus 
grand nombre, il faut l'exprimer. Souvent elles chargent ou 



1-IGL'RES NATLRELIvES T9 

accompagnent des pièces honorables, et elles peuvent également 
être chargées d'un autre meuble. Il ne faut pas les confondre 
avec les mollettes d'éperon qui ont ordinairement six pointes, 
mais qui sont toujours percées au centre. 

Les comètes paraissent en forme d'étoiles à huit rais, dont 
celui du bas s'étend en ondoyant vers la pointe et doit avoir trois 
fois la longueur des autres. 

Varc-cn-ciel se représente en fasce ou en bande bombée, rem- 
plie de quatre burèles d'émaux différents : l'or, le gueules, le sino- 
ple et l'argent, c'est-à-dire au naturel. 

Les nuées se placent de même et n'ont rien de particulier. 

Quant aux éléments, la terre ne se voit jamais que sous la 
figure du monde représenté par une boule fascée, au sommet de 
laquelle est une croisette. Les montcujnes, collines et rochers se 
blasonnent facilement; les montagnes sont ordinairement placées 
en pointe, et leurs pics se nomment "coupeaux". Les roeliers 
sont rarement employés ; il ne faut pas les confondre avec les 
rocs d'échiquier dont on se sert au jeu d'échecs, et qui entrent 
dans la catégorie des figures artificielles. 

h'cau est le plus souvent d'azur ou d'argent, quelquefois "au 
naturel", c'est-à-dire mélangée de sinople et d'azur; parfois aussi 
elle est d'un émail ''ombré" d'un autre, v. g. "d'argent ombré 
d'azur". 



80 TRAITÉ d'art héraldique 

Le feu comprend les flammes^ flmnheaux, charbons ardents 
et bûchers; il peut être de couleur ou de métal. 

Uair étant incolore, n'est pas employé, sauf pour former une 
armoirie parlante comme celle de Saint-Germain d'Auxerre que 
nous avons rapportée plus haut, et dans les armoiries allégoriques 
où Ton voit un peu de tout comme le paysage qui forme le blason 
de la ville de Valleyfield. Ce ne sont pas à proprement parler 
des armoiries, car il devient impossible de les blasonner; ce sont 
plutôt des petits tableaux qui attestent -la roture et l'ignorance 
de leurs auteurs. L'Institut héraldic|ue de Rome s'est exprimé 
assez nettement sur ce sujet à l'occasion des armoiries adoptées 
par quelques prélats et qui représentent plutôt des scènes de la 
nature que des blasons. 

(g) le corps humain. 

Enfin, le roi de la création et les diverses parties de h^n corps 
ferment la série des figures naturelles. On les emploie en métal, 
en couleur ou "au naturel", c'est-à-dire couleur de chair qui est 
désignée sous le nom "carnation", et on les représente "nus" ou 
"habillés", "couronnés" ou "chevelés", quand ces accessoires sont 
d'un autre émail que celui du visage. 

Une tête avec poitrine sans bras se nomme buste, et un buste 
de femme à mi-corps est dit demy-femme; une tête de sable en 



FIGURES NATURELLES 81 

profil est une tête de Maure et représente une victoire sur les Sar- 
razins ; lorsque cette tête est ceinte d'une bandelette ou tortil 
d'un autre émail, on la dit "tortillée" ; une tête coupée en deux 
dans le sens vertical ou ne montrant que sa partie supérieure 
prend le nom de caboche; toute couverte d'yeux, elle se nomme 
tête d'Argus. 

Les mains, dextre et senestre. sont souvent employées; lors- 
qu'elles ont leurs bras, on les nomme dextrochère ou senestro- 
chère, suivant qu'elles présentent le bras droit ou le bras gauche; 
mais si le bras ne va pas jusqu'au coude, c'est un avant-bras ; 
elles meuvent ordinairement des flancs de l'écu. Deux mains 
enlacées et posées en fasce ou en bande se nomment une foi; un 
bras revêtu d'une armure et portant une épée est dit "armé de 
toutes pièces" ; trois jambes réunies en triangle par les cuisses 
au cœur de l'écu et repliées comme si elles couraient se nomment 
une triquètre. C'est l'armoirie de l'isle de Man. 

On donne également la figure humaine aux anges qui peuvent 
être ailés de deux, quatre, ou six ailes; le diable est aussi repré- 
senté sous la forme humaine avec cornes, ailes de chauve-souris 
et queue terminée en pointe de flèche ; le lion avec buste de fem- 
me est bien connu sous le nom de sphinx, de même que la sirène, 
le centaure, la chimère, etc. ; ces figures prennent alors le nom de 
"monstrueuses" ou "chimériques", et nous en parlerons sous ce 
dernier titre. 



S-2 TRAITÉ d'art héraldique 

§ 3.— FIGURES ARTIFICIELLES. 

Cette catégorie comprend tous les objets façonnés par la main 
de l'homme. Les plus usités en armoirie sont empruntés à la 
guerre, à la chasse, à la religion, aux arts, sciences et métiers. 
On conçoit que le nombre en est infini et qu'il est impossible 
d'en faire une nomenclature quelque peu complète; nous nous 
bornerons donc à indiquer ceux qu'on rencontre le plus fréquem- 
ment ou qui ont en jjlason une dénomination différente de celle 
du langage ordinaire. 

La guerre ancienne nous fournit les bannières, guidons, pcn- 
nons et gonfanons (bannière à- trois pendants ou fanons); les 
casques ou heaumes et vwrions qui sont " crestés " s'ils ont 
des crêtes d'émail différent; les cottes d'armes et gantelets; 
les épées qui sont " nues " ou " au fourreau " " hautes " si elles 
ont 'la pointe en haut, " garnies ", " embellies " ou " parées " 
si la poignée est d'uh émail différent; les hadelaires, épées cour- 
tes, larges et recourbées; les bouterolles, bouts de fourreaux 
d'épée destinés à les préserver de l'usure; les dards, javelots, 
lances, piques, cpieux, haches de tête, hallebardes et pertuisannes 
qui se blasonnent comme les épées; les arrêts de lance qui se 
plaçaient sous Taiselle ; les arcs qu'on dit " encoches " si la 
flèche est sur leur corde; les flèches qui sont "empennées" si 
l'émail de leurs pennons diffère de celui de leur bois' et "émous- 



FIGURES ARTIFICIELLES 83 

sées" lorsque leur fer n'a pas de pointe; les chausse-trapes, pièces 
de fer à quatre pointes qu'on jette sur la route de la cavalerie 
pour blesser les pieds des chevaux; les cperoiis et les mollettes 
d'éperon semblables à des étoiles à six rais, mais portant une 
ouverture au centre ; les otelles, fers de lance ou de pique en forme 
d'amandes pelées et généralement au nombre de quatre adossées 
en sautoir; les phéoiis, fers de flèche aigus et dentelés avec deux 
crochets latéraux ou fers de lance antique; les béliers militaires, 
espèces de poutres dont on se servait pour battre les murailles en 
brèche; les fermaiix, boucles de ceinturon ou de baudrier; les 
chaînes avec lesquelles on enchaînait les prisonniers ou qu'on ten- 
dait en travers des rues pour embarrasser l'ennemi ; les herses 
qui servaient à fermer les portes des villes ou des châtaux, etc. 

Cn conçoit que la guerre moderne ne fournisse que peu de meu- 
bles héraldiques, car elle assigne une origine récente aux armoi- 
ries qui les portent. On rencontre pourtant dans quelques bla- 
sons des mousquets, des ohus, des boulets, des bombes, des fusils, 
des drapeaux, etc., et le grand-maître de l'artillerie place sous son 
écu deux canons sur leurs affûts comme marque extérieure de 
sa charge. 

La chasse à son tour fournit aux armoiries les cors et huchets 
qui sont "enguichés" si l'émail de leur embouchure est différent, 
"viroles" si cette différence s'applique aux cercles qui les entou- 



84 TRAITÉ d'art héraldique 

rent, " pavillonnés " si elle s'applique à leur pavillon, et " liés " 
lorsqu'un cordon les retient. Le huchet qui est un petit cor ne 
doit pas avoir d'attache, mais on observe peu cette règle. On 
trouve encore les grillcts ou grelots qu'on met au:?t pattes ou au 
cou des oiseaux de chasse; les couples ovl accouples de chiens, 
bâtons à double attache; les doloires, sortes de haches sans man- 
che ou couperets dont on se servait pour dépecer les animaux 
tués à la chasse, etc. 

La religion nous offre les calices, les crosses, les chapelets, les 
croix, chandeliers et les ornements sacerdotaux. Les chapelets 
forment l'ornement extérieur de l'écu des abbesses et de plusieurs 
ordres de chevalerie, et quand ils sont représentés comme meubles 
sur l'écu, ils prennent le nom de patenôtre; les crosses forment 
l'ornement extérieur de l'écu des évêques et des abbés; dans leurs 
armoiries, les évêques portent la mitre à dextre et la crosse à senes- 
tre tournée au dehors, tandis que les abbés tournent la crosse en 
dedans pour marquer que leur juridiction ne s'étend qu'à l'inté- 
rieur du cloître. Le manipule est l'ornement sacerdotal que les 
prêtres portent au bras gauche et représente le linge avec lequel 
le célébrant s'essuyait le visage, au temps de l'église pritimive, 
pendant le sacrifice de la messe; il est généralement placé sur un 
senestrochère. Les ornements sacerdotaux, de même que les vête- 
ments, peuvent être "frangés", "houppes'', "doublés", rel)ruscés", 
"brodés", etc. 



FIGURES ARTIFICIELLES S-) 

Parmi les nombreuses pièces fournies au blason par les arts, 
sciences et métiers, notons les navires ou nefs qui sont "équipés" 
ou "habillés'' quand ils ont des agrès, "arrêtés" quand ils n'ont 
ni voiles ni mâts, et "aux mâts désarmés" quand leurs mâts sont 
sans voiles; lorsque les voiles se rencontrent séparément, on les 
dit "enflées" ou "en poupe"; le bois de leurs ancres s'appelle 
"trabe", la tige "stangue" et les cordes "gumènes". 

Les fours sont "rondes" ou "carrées"; "couvertes" lorsqu'elles 
ont un dôme ou chapiteau, "crénelées" lorsqu'elles ont des cré- 
neaux, "girouettées" de tant de panonceaux quand elles portent 
des girouettes; "sommées'' quand elles sont surmontées d'une 
autre tour, et "rehaussées" ou "donjonnées" quand celle-ci en 
porte une troisième. A défaut d'indication d'attributs particu- 
liers, les tours sont rondes et crénelées. 

Les châteaux sont composés de tours et d'un corps de loge- 
ment et les attributs des tours s'y appliquent. Ils sont "maçon- 
nés" pour indiquer l'émail des joints de leurs pierres; s'ils sont 
"donjonnés'^ ou "sommés" de plusieurs tourelles ou "crénelés" 
de plusieurs créneaux, il vaut mieux l'indiquer; de même que les 
tours, ils sont "ajourés" quand leurs portes et fenêtres sont d'un 
autre émail que celui du bâtiment, et "grillés" quand elles parais- 
sent closes, "essorés" quand le toit est d'un émail différent, et 
"pignonnés" quand la muraille est en pointe; si l'on n'en voit 



80 TRAITÉ d'art héraldique 

que la partie du haut, ils sont dits "fondus"; s'ils sont dans 
l'eau on les dit "plantés", et s'il ont quelque pièce sous eux, on 
les dit "soutenus" ; leurs herses et pont-levis sont aussi repré- 
sentés en armoirie, ainsi que les ferremeilts de leurs portes qui 
prennent le nom de bris-d'huis ou vcrtenelles. En blasonnant un 
pont fixe, on doit indiquer le nombre de ses arches. 

Les instruments ou produits des arts et métiers nous offrent 
les maillets ou marteaux de bois; les hies dont on se sert pour 
enfoncer les pavés; les broies ou morailles qui servent à pin- 
cer le nez des chevaux difficiles à ferrer; les clous qui pren- 
nent le nom de "clous de la passion" quand ils sont trîangula-res ; 
les roues d'Jiorloge ou de moulin qui sont "crénelées" ou "engre- 
nées" et qui n'ont qu'une croisée, tandis que les roues de eluiriot 
ont six. ou huit rais; les clefs qui se placent en sautoir s'il y en 
a deux, tandis qu'une seule se met en pal ; les anilles formées de 
deux portions de cercle réunies par une traverse ; les fers de 
moulin qui diffèrent des anilles en ce qu'ils ont deux traverses; 
les annelets Cjui sont des anneaux ou bagues ; les l'ires ou anneaux 
concentriques (pi. 2, fig. 36) ; les cornières qui sont des orne- 
ments arrondis aux angles des tables, coffres ou autres meubles ; 
les cloches qu'on dit " bataillées " lorsque leur battant est d'un 
autre émail;. les pignates qui sont des pots ou vases à une anse 
sur le côté; les rais d'escarboucle formés de huit bâtons pom- 



FIGURES ARTIFICIELLES S7 

metés et fleuronnés disposés comme les rais d'une roue et réu- 
nis en cœur par une pierre précieuse, ou par un anneau. 

Les meubles de cette catégorie pouvant se multiplier à l'infini, 
nous ne pousserons pas plus loin leur énumération. 

§ 4.— FIGURES CHIMERIQUES. 

Ces figures représentent le plus souvent les êtres fantastiques 
décrits dans la mythologie ancienne, les animaux imaginaires ou 
merveilleux créés par les poètes et par les conteurs dans les légen- 
des, ou les combinaisons imaginées par les hérauts d'armes pour 
les. emblèmes'qu'ils voulaient donner aux armoiries. 

Nous en avons des exemples dans Vaiglc de l'empire qui est à 
deux têtes, l'une, tournée à dextre, et l'autre contournée à senes- 
tre, et dans le lion ailé de Venise qui est familier à tous les voya- 
geurs. Le lion se donne aussi le luxe d'avoir parfois deux têtes, 
comme dans les armoiries de la maison Mason, en Angleterre; 
dans la croix "gringolée", chaque extrémité se termine par deux 
têtes de serpent. 

L'aigle et le lion sont les animaux qui se prêtent le plus sou- 
vent à la composition des figures chimériques. Réunis ensemble, 
ils forment le griffon qui a la tête, le cou et les ailes de l'aigle, 
et le reste du corps du lion, et qui se place toujours "rampant": 
il symboHse la vitesse jointe à la force. 



88 - TRAITÉ d'art héraldique 

Le dragon a la tête et les pieds de l'aigle, mais avec la langue 
en forme de dard, le corps et la queue du serpent, et les ailes de 
la chauve-souris. Il est parfois représenté cependant avec une 
figure humaine comme dans les armes de la famille Buseraghi de 
Luques, et dans ce cas, on le nomme "monstrueux". Les poètes 
attribuent aux dragons la garde des trésors; c'était un dragon 
qui veillait à l'entrée du jardin des Hespérides, et un autre qui 
gardait la Toison d'Or. Nous avons vu plus haut que le corps 
du lion se termine parfois en queue de dragon à partir des pieds 
de devant, et qu'on le nomme alors lion dragonne, tandis que s'il 
se termine en queue de poisson, c'est un lion marine. 

h'hydre est une espèce de dragon à sept têtes, la plus basse 
étant presque entièrement coupée et pendant à un filament. La 
fable rapporte qu'à mesure qu'on coupait une de ses têtes, il en 
renaissait une autre; aussi la défaite de l'hydre de Lerne fut- 
elle le plus glorieux des travaux d'Hercule. 

L'aigle entre encore dans la composition de la Jiarpie qui a la 
tête et la poitrine d'une femme et le reste du corps (ailes, pattes 
et queue) de l'aigle éployée. La fable et les récits des poètes ont 
donné une triste renommée à ces êtres fantastiques qui souillaient 
tout ce qu'ils touchaient; la ville de Noremberg, en Allemagne, 
blasonne cependant "d'azur à une harpie éployée, armée, che- 
velée et couronnée d'or." 



FIGURES CHIMÉRIQUES 



89 



Si les poètes ont été peu galants pour le beau sexe dans la 
composition de la harpie, ils se sont rachetés en donnant tant de 
charmes aux sirènes, filles du fleuve Acheloûs et de la muse 
Calliope, que les marins allaient se perdre dans les abîmes aux 
appels de leurs voix enchanteresses. La sirène est représentée 
en blason sous la forme d'une femme dont les jambes sont rem- 
placées par une queue de poisson, et qui tient un miroir à man- 
che dans une main et un peigne dans l'autre. 

Le sphinx héraldique est également composé de la tête et de la 
gorge d'une femme, du corps d'un chien, des griffes et de la 
queue du lion ; c'est l'image qu'en donnent les Grecs, mais elle 
est sujette à beaucoup de modifications, car ils lui donnent par- 
fois le corps d'un lion; en Egypte cependant, le sphinx est tou- 
jours masculin, parfois avec une tête d'homme, et parfois avec 
celle du bélier. 

La tête et la gorge d'une femme entrent encore dans la com- 
position de la chimère qui a, dans le blason, la poitrine et les 
jambes de devant d'un lion, le corps d'une chèvre, les jambes de 
derrière d'un griffon, et la queue d'un serpent. Dans la mytho- 
logie grecque, la chimère avait la tête d'un lion, et d'après Hé- 
siode, elle avait en plus une tête de chèvre et une autre de ser- 
pent ; elle dévastait la Lycie, et Bellérophon en purgea ce pays, 

comme Œdipe avait débarrassé la Thébaïde des atrocités du 
sphinx. 



90 TRAITÉ d'art HÉRAI.DIQUE 

Le centaure et Te minotaurc sont des êtres fantastiques dont 
la partie supérieure est celle d'un homme, et l'inférieure celle 
d'un cheval pour le centaure, ou d'un taureau pour le minotaure ; 
le centaure est ordinairement armé d'une massue, mais quand il 
est armé d'un arc et d'une flèche dont il tire, on le nomme 
sagittaire. 

Les esprits célestes et diaboliques sont parfois représentés dans 
les armoiries; les anges sous la figure d'adolescents revêtus de 
longues robes et avec de longues ailes blanches, et le diable sous 
la forme d'un homme noir ou rouge, avec des cornes, une queue 
et des ailes de chauve-souris. La famille Teufel. en Allemagne, 
dont le nom signifie "diable", a adopté des armes parlantes et 
blasonne "d'or à un diable de gueules". 

L'animal imaginaire qui nous est le plus familier sans doute 
est la licorne qui figure avec le léopard (il ne faut pas commettre 
l'erreur de l'appeler lion, car il se montre de face) comme sup- 
port des armes royales d'Angleterre. C'est un cheval ayant une 
corne sur le front, une barbe de bouc, des pieds fourchus et une 
c[ueue de lion, qui est l'emblème de la chasteté, et qui joue un 
grand rôle dans les contes de fées, car ce sont presque toujours 
des licornes qui conduisent les chars des magiciens et des enchan- 
teurs. Dans la position d'un cheval effaré, elle est dite "sail- 
lante", mais si son arrière-train touche la terre, elle est alors 



FIGURES CHIMÉRIQUES 91 

dite " acculée ", et si elle semble vouloir se servir de sa corne 
comme un boutoir, elle est dite en "défense" ; si l'émail de ses 
ongles et de sa corne est différent, elle est dite "onglée" et 
"cornée". On a prétendu que des licornes ont été rencontrées dans 
les montagnes de l'Ethiopie, et l'on voit, dans certains musées, des 
cornes qu'on dit être de cet animal ; elles ne proviennent cepen- 
dant pas d'un quadrupède, mais d'un poisson, et- l'existence de 
la licorne est encore du domaine de la légende. 

Le phénix, renaissant de ses cendres après une vie de cinq siè- 
cles, est également imaginaire; en le représente en blason le 
corps de profil, ou de face et la tête de profil, les ailes étendues 
sur un bûcher allumé qui porte le nom d'^'immortalité", et ce 
m}the fut interprété à l'époque chrétienne comme un symbole de 
la résurrection. D'après la légende, cet oiseau habitait les déserts 
de l'Arabie; lorsqu'il sentait sa fin approcher, il se construisait 
un nid de branches enduites de gommes odoriférantes et l'expo- 
sait aux rayons du soleil pour s'y consumer ; un ver se formait de 
la cendre de ses os et de ses moelles, et il en sortait un nouveau 
phénix dont le premier soin était de transporter les dépouilles de 
son père à Héliopolis, sur l'autel du soleil. 

La salamandre est une espèce de lézard que l'on représente 
toujours au milieu des flammes et qui ne s'y consume jamais. 
Un animal de ce nom existe dans la nature, mais c'est un batra- 



02 TRAITÉ d'art héraldique 

cien ordinaire qui n'a aucune affinité pour le feu. En blason on 
la représente de profil, avec une langue et une queue terminées 
en dard, le dos arrondi, un long col et la tête "regardant" ; elle 
repose sur des tisons d'où s'élèvent des flammes qui portent le 
nom de "patience". François 1er la mit dans ses armes. comme 
emblème de son ardeur amoureuse. 

La guivrc à l'enfant "halissant", dont nous avons parlé au cha- 
pitre des reptiles, pourrait également prendre place au nombre 
des figures fantastiques, mais ce n'est que dans cet attribut qu'elle 
pourrait y figurer. Par contre, nous trouvons en blason Yam- 
phiptèrc ou serpent à deux ailes et à tête d'oiseau, et VauipJiis- 
hènc, serpent ailé dont la queue en volute se termine par une 
autre tête de serpent. 

Il va de soi que ces figures chimériques peuvent varier à l'in- 
fini, et l'on pourrait croire que certaines imaginations en délire 
se sont plu à réunir autant d'horreurs dans leurs armoiries que 
le champ restreint de l'écu pouvait le permettre. Témoin, les 
armes de la famille Ancezune de Caderousse qui blasonne " de 
gueules à deux dragons monstrueux affrontés, ayant face hu- * 
maine, chacun posé sur un de ses pieds, de l'autre tenant sa barbe 
qui se termine en têtes de serpent, ayant leurs queues retroussées 
et terminées de même en tête de serpent, ainsi que chaque griffe 
de leurs pieds." 



FIGURES CHIMÉRIQUKS 93 

Tirons le rideau sur ces laideurs; elles terminent la série des 
figure;:, pièces et meubles qui chargent, brisent ou accoiupagnent 
l'écu. Il nous reste à examiner les diverses formes que peut 
prendre la disposition de ces pièces sur le champ de l'écu, et nous 
passerons ensuite à l'étude des ornements extérieurs. 



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CHAPITRE V 



ATTRIBUTS DES PIECES. 



Il importe en blasonnant d'indiquer exactement la nature, la 
forme, la position et toutes les autres attributions des pièces qui 
entrent dans la composition de l'écu, afin que celui qui lit ce bla- 
son puisse reproduire une armoirie identique à celle qui est dé- 
crite. 

Ainsi, nous avons vu que le lion est "rampant" (pi. III, fig. i), 
"passant (pi. III, fig. 2), "regardant" (pi. III, fig. 3), "issant" 
(pi. III, fig. 4), l'aigle "essorant" (pi. III, fig. 5), la guivre 
"halissante" (pi. III, fig. 6), etc. Nous avons également vu que 
îe lion dont on voit les deux yeux devient un "léopard", que celui 
iont le corps se termine en queue de poisson est "mariné"; que 
îs pièces honorables dont les extrémités ne touchent pas les bords 
le reçu sont dites "alésées" ; que les meubles peuvent se poser "eii 
chef", "en pal", "en bande" ou être "affrontés", "adossés", etc. 



9G TRAITÉ d'art héraldique 

Ce sont là des attributs qu'il faut indiquer soigneusement; nous 
étudierons leurs caractéristiques sous quatre articles différents. 

ARTICLE 1er. 
REBATTEMENTS OU SECANTES PARTITIONS. 

On dispose parfois les figures' héraldiques en combinaisons di- 
verses couvrant tout le champ de l'écu, et se composant alternative- 
ment avec lui d'un métal et d'une couleur qui semblent se "rebat- 
tre" les uns les autres ; ces combinaisons se désignent sous le nom 
de "Rebattements" ou "Sécantes partitions", et comme elles sont 
à la fois de la nature des figures et des attributs, nous en ferons 
le premier article du présent chapitre, à titre d'intermédiaire 
entre ces deux sujets. 

Le nombre des rebattements est indéterminé, mais les plus fré- 
quents sont le "paie'' (pi. III, fig. 7), le "fascé", le "bandé", le 
"barré" et le "chevronné" qui se composent respectivement de 
pals, de fasces, de l)andes, de l)arres ou de chevrons couvrant 
tout le champ de l'écu et alternant avec lui en métaux et couleurs. 

Le "contre-palé (pi. III, fig. 8), le "contre-fascé", le "contre- 
1 andé", etc., se composent de pals, fasces ou bandes, etc.. de 
métaux et couleurs oppqsés l'un à l'autre dans u:i écu coupé, parti, 
taillé ou tranché. 



REBATTEMDNTS 97 

L'"échiqueté" (pi. III, fig. 9), le "losange" et le "fuselé" se 
composent de même de carreaux d'échiquier, de losanges ou de 
fusées où le métal alterne avec les couleurs. 

Le "papelonné" (pi. III, fig. 10), représente un écu couvert de 
pièces ajourées et arrondies à une extrémité, remontant les unes 
sur les autres comme des écailles de poisson, l'ajourement lais- 
sant voir l^émail du champ qui est différent. 

L'"emmanché" (pi. III, fig. 11) se compose de longs triangles 
de métal et de couleurs alternés s'enclavant les uns dans les au- 
tres, soit en pal, en bande, en barre, en chef ou en pointe. 

L'un des rebattements qui se rencontrent le plus souvent en 
armoirie est celui qui se nomme "de l'un en l'autre" ; il s'appli- 
que à une pièce qui charge deux parties différentes de l'écu, et 
qui est conséquemment divisée comme lui par la ligne de parti- 
tion; cette pièce est alors composée d'émaux différents qui alter- 
nent avec ceux de la partie du champ qu'ils chargent (pi. ITI, 
fig. 12). Il ne faut pas le confondre avec l'expression "de l'un 
à l'autre" qui indique deux meubles dont chacun charge" en entier 
une des parties de l'écu, et dont les émaux alternent. 

La plupart des figures héraldiques se prêtent aux rebattements. 

ARTICLE IlE. 

for:me et position. 

La forme des pièces ou figures et leur position sur l'écu sont 
susceptibles de diverses modifications qui doivent ôlro indiqiu'o-^ 
sous la rubrique des attributs. 4 



98 TRAITÉ d'art HÉRAI.DIQUE 

Prenons par exemple le pal. Si son énonciation n'est accom- 
pagnée d'aucun qualificatif, nous le représentons simplement par 
une figure verticale traversant les deux-septièmes de la partie cen- 
trale de l'écu. Mais si nous ajoutons à son nom l'attribut "onde", 
il sera dessiné avec des ondulations; "engrelé", il sera garni de 
dents de scie; "échiqueté", il sera couvert de carrés d'échiquier; 
"componé", couvert de carrés d'émaux alternés; si ses deux bouts 
sont terminés en pointes, on le dira "aiguisé", mais s'il n'est ai- 
guisé que du pied, il est dit "fiché". 

La fasce, la bande et la barre sont "cintrées" lorsqu'elles bom- 
bent vers le chef, "ployées" lorsqu'elles fléchissent' vers la pointe, 
et "anchées" si le côté supérieur est concave, le bord inférieur 
restant rectiligne. 

Le chef, la Champagne, les flancs et la bordure dont les lignes 
intérieures bombent vers le centre sont "arrondis"; la chape et 
le vêtement peuvent aussi prendre cet attribut, de même que l'em- 
manche qu'on dit alors "entée", sans autre qualificatif, si elle 
est en pointe, mais dont la courbe est concave. 

Lorsque les pointes du giron, de l'emmanche, de la pile et au- 
tres pièces triangulaires se courbent comme si on imprimait à 
l'écu un mouvement de rotation, on les dit "gironnantes". 

Le chevron dans sa position normale (la pointe en haut) est 
"dressé", mais comme il est alors dans son assiette naturelle on 



FORME ET POSITION 91> 

n'indique pas cet attril)ut; si la pointe en est dirigée vers le bas, 
il est "versé" ou "renversé" ; si elle menace le flanc senestre, il 
est "couché" ou "tourné" et si c'est à dextre "contourné." (Pal- 
liot confond ces deux expressions). Comme la fasce, il est 
"ployé" si ses branches fléchissent vers leur base, et il peut être 
"haussé" ou "abaissé" afin de permettre un meilleur agencement 
des pièces qui l'accompagnent. Il est "écinié" si la pointe en est 
coupée, "déjoint" si les deux branches en sont disjointes et "abou- 
tées" seulement par leurs angles inférieurs, "rompu" lorsqu'il 
présente des solutions de continuité, etc. 

Il faut observer que ces attributs ne sont pas particuliers- aux 
pièces que nous venons d'indiquer, mais qu'ils s'appliquent égale- 
ment aux autres figures héraldiques lorsque leur forme peut s'y 
prêter ; c'est ainsi que dans l'écot nous aurons le dressé, le versé, 
le tourné ou le contourné suivant que les chicots se hérisseront 
vers le chef, la pointe, le côté dextre ou senestre. Nous indique- 
rons, à titre d'exemples, un certain nombre d'attributs qui s'ap- 
pliquent à toutes les figures à bords parallèles sans être cependant 
leur apanage exclusif : 

"Onde", lorsque les côtés sont en ondulations parallèles. 

"Flamboyant", pièce ondée qui se termine en pointe comme une 
langue de feu. 

"Bordé", filet cousu sur le bord d'une pièce pour faire une 
transition entre son émail et celui du champ. 



100 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

"Noué", renflé de nœuds. 

''Fleuré", orné de fleurs d'ache sur les côtés ; "fleuronné", fleu- 
ré aux extrémités. 

"Nébulé", dont les bords sont hérissés d'ampoules. 

"Cannelé", dont les bords sont découpés en petits ronds ou 
nœuds. 

"Engreslé", dont les bords sont découpés en petites dents avec 
gorges rondes. 

"Denché", porte des dents à l'extérieur sur la ligne inférieure. 

"Dentelé", porte des dents à l'extérieur sur les deux lignes. 

"Cuivré" ou "vivre", dentelé à grosses pièces. 

"Crénelé", garni de créneaux sur la ligne supérieure. 

"Bastille", garni de créneaux sur la ligne inférieure. 

"Bretessé", garni de créneaux vis-à-vis l'un de l'autre sur les 
deux lignes. 

"Denticulé", garni de créneaux mouvant des bords de l'écu et 
formant bordure. 

"Potence", garni de croix en forme de T. (potences). 

"Cramponné", garni de crampons (moitié latérale d'une po- 
tence). 

"Contre-fleuré", "contre-cannelé", "contre-bretessé", "contre- 
potencé", "contre-cramponné", etc., lorsque les saillies alternent 
sur les deux lignes au lieu d'être placées vis-à-vis l'une de l'autre. 



FORME ET POSITION 101 

Il serait trop long de continuer cette nomenclature que nous 
trouverons d'ailleurs au dictionnaire. 

Les attributs de forme ne sont pas l'apanage exclusif des figu- 
res héraldiques; les figures naturelles ont aussi les leurs et nous 
avons vu par exemple que le lion sera "rampant", "passant", 
"séant", couchant", "dormant", "regardant", "contourné", etc., 
suivant ses diverses attitudes ; il en est ainsi des^ autres figures 
naturelles dont nous trouverons d'ailleurs les divers attributs 
sous chacun de leurs noms au dictionnaire analytique. 

Quant à la disposition des pièces, il faut observer Vcndroit où 
elles sont "placées" et la manière dont elles sont "posées" ; ainsi, 
une fleur de lis est dite "placée en chef" ou "en pointe", pour 
indiquer Vcndroit où elle se trouve, et trois fleurs de lis sont 
"posées en pal", "en fasce" ou "en bande" pour indicjuer la ma- 
nière dont elles sont disposées. 

On indique par des expressions spéciales les positions que les 
pièces prennent entre elles ; deux lions sont " affrontés " ou 
"adossés" suivant qu'ils se font face ou se tournent le dos; trois 
épées dont les pointes se menacent sont "appointées", etc. Il en 
est de même pour les pièces qui prennent une autre po.sition que 
celle qui leur est habituelle; nous avons vu Cjue le chevron est 
"renversé" s'il meut du chef au lieu de là pointe, "couché" ou 
"contourné" suivant qu'il meut du flanc dextre ou senestre, etc. 



102 



TRAITE D ART HERALDIQUE 



Pour illustrer les divers attributs que peut revêtir une même 
figure, signalons quelques-unes des modifications apportées à la 
croix qui figure dans les armes d'un si grand nombre de familles, 
surtout parmi celles qui font remonter leur noblesse aux croi- 
sades. La nécessité d'apporter des modifications à cette figure 
s'imposait pour établir une distinction entre les armes de ces fa- 
milles et c'est pour cette raison qu'elle a tant d'attributs dift"é- 
rents. Ainsi la croix sera : 



'Pleine" dans la forme de la Planche III, figure 13. 



"Pattée" " " 

"Au pied fiché" " " 

"Alésée" " " 

"Ancrée" " " 

"De potence" " " 

"Potencée" " " 

^'FleurdeHsée" " " 

"Recroisettée" " " 

"Engrêlée" " " 

^'Dentelée" " " 

^'Vidée" " " 
"Gringolée" 



<( a 



' 15- 

' 16. 

' i7. 

' 18. 

' 19- 

' 20. 

' 21. 

* 2.2. 

24. 

25- 



FORME ET POSITION 



103 



LV^XIV. ^XX, IXgWil 


' 27. 




' 28. 




' 29. 




' 30- 




' 31- 




' 32. 




' 33- 




' 34- 




' 35- 




' 36. 



"Ecotée" dans la forme de la Planche III, figure 26 

"Pommetée" 

"De Lorraine" " 

''Echiquetée" 

"Fourchetée" " 

"Trèflée" 

"Frettée" 

"Entée" 

"Bretessée" 

"Retranchée" 

"Recercelée" 

Nous ne pouvons d'ailleurs indiquer les divers attributs des 
figures, pièces et meubles dans les bornes d'un simple traité; il 
en résulterait trop de retards dans l'exposition des principes. 
Nous renvoyons le lecteur au glossaire pour se renseigner plus 
complètement sur les modifications dont chaque pièce est sus- 
ceptible. 

Et pour terminer ces observations, disons dès à présent que 

l'attribut d'une pièce ne s'exprime qu'après avoir indiqué son 

émail. 

ARTICLE IIlE. 

CHARGES ET ACCOMPAGNEMENTS. 

Les attributs dont on fait le plus fréquemment usage sont le 
"chargé" et l'^accompagné" ; de fait, il se trouve peu d'armoiries 
où on ne les rencontre pas. 



104 Traité d'art hérat.diquE 

Une figure est "chargée" lorsqu'une autre figure ou pièce est 
représentée sur son émail ; les figures héraldiques sont ordinai- 
rement chargées de figures naturelles ou artificielles, v. g.: 
"d'argent à la fasce d'azur chargée de trois étoiles de l'émail du 
champ"; on doit comprendre par cette description que l'écu est 
blanc, traversé d'une fasce bleue sur laquelle sont alignées trois 
étoiles blanches. La position des pièces qui chargent une figure 
varie peu, mais il importe d'en indiquer le nombre, l'émail et les 
attributs. 

Une figure est accompagnée quand une ou plusieurs pièces l'ac- 
compagnent ou l'entourent, v. g.: "d'azur à la fasce d'argent 
accompagnée de trois étoiles de même" ; on doit comprendre par 
cette description que l'écu est bleu, traversé d'une fasce blanche 
qui est accompagnée de trois étoiles blanches posées sur le champ 
de l'écu, deux en chef et l'autre en pointe. 

Il est inutile d'insister sur l'importance de blasonner exacte- 
ment la position des pièces qui accompagnent la figure principale, 
ainsi que leur émail; c'est pourquoi certaines positions conven- 
tionnelles n'ont pas besoin d'être exprimées. Ainsi, trois pièces 
semblables distribuées sur le champ de l'écu se posent conven- 
tionnellement deux en chef et l'autre en pointe, et si elles sont 
placées autrement, il faut l'indiquer. 



CHARGES ET ACCOMPAGNEMENTS 105 

'L'accompagné s'exprime dans certains cas par des noms spé- 
ciaux. Ainsi le pal est dit "accosté" lorsque les pièces sont pla- 
cées à ses côtés; la croix et le sautoir sont "cantonnés" lorsque 
les pièces sont disposées dans leurs angles; le chevron est "sur- 
monté" lorsqu'une pièce est placée au-dessus de sa cime. 

Nous trouvons une application de ces attributs dans les armes 
de Monseigneur de Laval qui se blasonnent : "d'or à la croix de 
gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize 
alérions d'azur" (pi V, fig. 3). 

Il arrive parfois que des pièces paraissent empiéter en tout ou 
en partie sur d'autres, c'est-à-dire qu'elles occupent non seule- 
ment une place qui leur est assignée sur l'écu, mais qu'elles dé- 
passent la limite voulue comme si elles étaient peintes ou tissées 
par-dessus les figures déjà blasonnées; on exprime cet attribut 
par. l'expression "brochant sur le tout", mais lorsque le brochant 
consiste en un écusson placé sur le milieu d'une écartelure, on 
ne se sert pas du mot "brochant" on dit simplement "sur le tout", 
et s'il est lui-même chargé d'un autre écusson plus petit, on le dit 
"sur le tout du tout". Les armoiries du royaume de la Grande- 
Bretagne avant l'avènement de la reine Victoria nous en four- 
nissent un excellent exemple, (pi. V, fig. 10). 




lOG TRAITÉ d'art héraldique 

ARTICLE IVe. 

BRISURES. 

Un attribut d'un usage très répandu et souvent difficile à 
reconnaître, c'est la "brisure" qui consiste à apporter des chan- 
gements aux armoiries d'une famille soit en y ajoutant un meu- 
ble ou' en en retranchant, soit en changeant un émail, afin de dis- 
tinguer les puînés et cadets de leurs aînés. Nous avons vu, en 
efifet, que le fils aîné de la famille recueille l'armoirie dans toute 
son intégrité comme un héritage sacré qu'il transmet à son tour 
à son fils aîné; il devient le "chef de nom et d'armes", et ses 
armoiries sont dites "pleines", tandis que les cadets indiquent 
leur rang secondaire en apportant un changement à l'armoirie 
de leur père, et dans ce cas, on les dit "brisées". 

Les pièces dont on se sert le plus habituellement pour briser 
sont le lamhcl, la bordure et le bâton péri; aussi lorsqu'on ren- 
contre l'une de ces pièces dans une armoirie, il y a présomption 
qu'on est en face d'une brisure, mais ce n'est pas là une règle 
immuable, et il est à peu près impossible de dire au simple exa- 
men d'une armoirie si elle est pleine ou brisée. Lorsque la bor- 
dure est chargée d'autres pièces, elle est souvent un signe d'illé- 
gitimité, de même que la barre, et surtout le "bâton péri en 
barre" qui est presque toujours une indication de bâtardise. Une 



BRISURES lOT 

brisure est quelquefois brisée de nouveau par l'addition d'autres 
pièces; on indique alors cet attribut par l'expression "surbrisé". 

Les brisures suivantes dans les armoiries servent à faire con- 
naître l'ordre de naissance des enfants d'une même famille : 
l'aîné porte les armes paternelles sans brisure, ni diminution; le 
deuxième fils les brise en y ajoutant en chef un lambel à trois 
pendants; le troisième y ajoute une bordure simple au lieu d'un 
làmbel; le quatrième une bordure engrelée ou componée; le cin- 
quième un bâton sur le tout. A la génération suivante, le fils 
aîné du deuxième fils porte de même que son père ; le cadet prend 
le lambel à quatre pendants, et ainsi de suite. D'où l'on voit que 
plus les armoiries sont simples, plus elles sont rapprochées de la 
source ; celui qui porte le moins est de la lignée la plus directe. 

Avec ce chapitre, nous terminons l'examen de ce qui entre 
dans la composition de l'écu; c'est la partie la plus importante 
des armoiries, du moins dans le blason français. Nous verrons 
en effet que certains peuples accordent une importance exagérée 
aux ornements extérieurs qui feront l'objet du chapitre suivant. 



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PLANCHE n"= ORNEMENTS 




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-Mu. Atv Ji'Jij.-W' 



CHAPITRE VI. 
ORNEMENTS EXTERIEURS. 

Nous avons vu jusqu'ici "tout ce qui concerne le vray blason", 
suivant l'expression du Père Ménestrier, et il ajoute: 'Xe seul 
escu avec ses émaux et ses figures est l'essence du Blason, et les 
armoiries de famille sont blasonnées quand on a spécifié ces chor 
ses, le reste n'estant qu'ornement". En France, l'écu est en effet 
la principale partie de l'armoirie, et c'est en le blasonnant qu'on 
retrace la généalogie des familles; les ornements extérieurs y 
sont plutôt des accessoires, destinés pour la plupart à marquer les 
■<lignités personnelles accordées à celui qui les porte. 
• Cette règle est cependant loin d'être universelle, et dans quel- 
ques pays les ornements extérieurs constituent apparemment la 
principale partie de l'armoirie; en Allemagne on les multiplie en 
y entassant les emblèmes et les dessins les plus divers, tandis 
(lue l'écu semble relégué dans un coin et se blasonne au petit bon- 
heur, sans règles fixes et sans termes appropriés. 

Les ornements extérieurs se répartissent en trois catégories, 
suivant la position qu'ils occupent autour de l'écu. 



110 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

Le TIMBRE qui comprend les ornements supérieurs. 

Les SUPPORTS qui en occupent les côtés. 

Les DÉCORATIONS et DEVISES qui se placent au-dessous. 

Mais comme ces divisions ne sont pas absolument rigides, et 
que certains ornements peuvent à la fois entrer dans deux caté- 
gories, nous croyons préférable de les répartir suivant leur na- 
ture, et nous en ferons l'examen en les divisant comme suit : 

1°. Les casques, couronnes, chapeaux et mortiers. 

2° . Les cimiers, bourrelets, lambrequins et manteaux. 

3°. Les tenants, supports et soutiens. 

4°. Les devises et cris de guerre. 

5°. Les emblèmes de charges et professions, 

6°. Les insignes et décorations. 

Nous examinerons séparément les ornements qui entrent dans 
la composition de chacune de ces classes sous autant d'articles., 

ARTICLE 1er. 

CASQUES, COURONNES, CHAPEAUX ET MORTIERS, 

Nous avons vu que le timbre comprend tout ce qui se place 
au-dessus de Vccu; c'est la marque de dignité qui indique le degré 
de noblesse. Il consiste en divers emblèmes suivant la dignité 
de celui qui l'emploie. 



CASQUKS;, COURONNES, CHAPEAUX ET MORTIERS 111 

Pour la noblesse d'épée, c'est le heaume; 

Pour la noblesse de sang, c'est la couronne; 

Pour la noblesse d'église, c'est le chapeau; 

Pour la noblesse de robe, c'est le mortier. 

Le heaume ou casque est d'or pour les souverains, d'argent 
pour les princes, et d'acier poli pour les autres. Il n'y avait que 
les nobles qui eussent le droit de timbrer leurs armoiries d'un 
heaume, et les attributs de ce heaume varient suivant les pays. 

En France, celui des souverains a la visière levée et se place 
(ou suivant l'expression héraldique "se tare") de face; celui des 
princes et des ducs est à onze grilles et se tare aussi de face; 
celui des marquis est à onze grilles et se tare de deux-tiers; ceux 
des comtes et vicomtes est à neuf grilles et se tarent des deux- 
tiers ; celui des barons est à sept grilles et se tare des deux-tiers ; 
celui des chevaliers est à cinq grilles et se tare des deux-tiers ; 
celui des simples gentilshommes est à trois grilles et se tare de 
profil ; et ceux des nouveaux anoblis ou écuyers sont fermés et 
se tarent aussi de profil Tous sont tournés à dextre. sauf ceux 
des bâtards qui sont contournés à senestre. 

En Angleterre, on n'assigne au heaume que quatre attributs; 
lorsqu'il est taré de face, la visière ouverte et grillée, il dénote 
un souverain, prince ou duc (pi. IV, fig. i); taré de profil, ou- 
vert et grillé, il dénote un marquis, comte ou baron (pi. IV, 



112 Traité d'art, héraldique 

fig. 2) ; taré de face, avec visière entr'ouverte et sans grilles, il 
dénote un chevalier (pi. IV, fig. 3) ; et taré de profil, avec visière 
fermée, il dénote un écuyer ou simple gentilhomme (pi. IV, fig. 4). 

La COURONNE est une marque de dignité dont on timbre les 
armoiries, soit cju'on la place immédiatement sur l'écu, soit qu'on 
la mette sur heaume ; c'est l'emblème de la souveraineté et du com- 
mandement. Les premiers rois dé France n'avaient pour cou- 
ronnes que des cercles d'or, et Charlemagne fut le premier qui 
ceignit une véritable couronne ornée de fleurons et de pierres 
précieuses que Vulson de la Colombière, savant héraldiste du 
XVIIe siècle, dit avoir vue dans le trésor de Saint-Denis. 

Les nobles titrés ont souvent cherché à se parer de couronnes, 
et les souverains ont dû réprimer à plusieurs reprises ces usur- 
pations. L'arrêt de 1663 porte défense à tout gentilhomme non 
titré de prendre la qualification de duc, marquis, comte, etc., sous 
peine de 1,500 livres d'amende; mais les répressions légales n'ap- 
portèrent qu'un remède temporaire, et comme on finit toujours 
par se moquer des lois désuètes, les usurpations de ce genre sont 
devenues si nombreuses qu'on pourrait croire aujourd'hui à l'ab- 
sence de toute règle, et que chacun serait libre de se parer de la 
couronne qui lui plaît s'il ne craignait le ridicule, 

La couronne impériale est couverte et rehaussée en forme de 
mitre, ayant entre les pointes un diadème surmonté d'un 



casque;s, couronnes, chapeaux tt mortiers 113 • 

globe et d'une croix de perle (pi. IV, fig. 5). Napoléon avait 
adopté une couronne dont les cercles étaient soutenus alternati- 
vement par un fleuron et par un aigle. 

La couronne royale de France était formée d'un cercle sur- 
monté de huit fleurs de lis servant de bases à des diadèmes perlés 
qui se réunissaient au sommet par une fleur de lis double. Les 
rois des autres pays remplacent les fleurs de lis du cercle par 
des fleurons ou des feuilles d'aches, et celle du sommet par un 
globe cerclé et sommé d'une croix (pi. IV, fig. 6), sauf la cou- 
ronne du royaume d'Angleterre qui prend des croisettes pattées 
au lieu de fleurons est qui est surmontée d'un léopard au lieu d'un 
globe croisetté. 

Les princes du sang surmontent le cercle d'or de quatre fleurs 
de lis et de quatre fleurons ; les ducs de huit fleurons enrichis de 
pierreries et de perles (pi. IV, fig. 10) ; les marquis de quatre 
fleurons séparés chacun par trois perles posées en forme de trè- 
fle (pi. IV, fig. Il) ; les comtes de neuf rayons terminés par de 
grosses perles (pi. IV, fig. 12) ; les vicomtes de quatre grosses 
perles (pi. IV, fig. 13) ; les barons n'ont que le cercle d'or enroulé 
d'un chapelet de perles (pi. IV, fig. 14), et les chevaliers ban- 
nerets que le cercle d'or orné de perles (pi. IV, fig. 15). 

On attribue aussi la couronne à des animaux, et principale- 
ment au lion ; dans ce cas, c'est presque toujours la couronne à 



114 Traité d'art hérai^dique: 

pointes qu'on désigne sous le nom de "couronne antique", et qui 
est également employée parfois comme meuble de l'écu (pi. IV, 
%• i6). 

Même les êtres abstraits, en particulier les villes, ont été déco- 
rés de couronnés tout comme les individus, soit à l'occasion d'un 
siège soutenu victorieusement, soit à la suite d'un événement mé- 
morable; de même que le premier soldat qui montait à l'assaut 
d'une ville recevait une "couronne murale" en récompense de 
son exploit, les villes fortifiées timbrent leurs armoiries d'une 
couronne murale d'or à sept créneaux pour les villes de premier 
ordre, (pi. IV, fig. i7), et d'argent à cinq créneaux pour celles 
de second ordre, tandis que les villes non fortifiées timbrent les 
leurs d'une corbeille remplie de gerbes d'or. 

La Révolution Française ayant nivelé toutes les classes, les 
titres et les couronnes disparurent pour un temps, mais ils ne 
tardèrent pas à reparaître avec l'empire, et Napoléon voulut 
donner une splendeur nouvelle à l'anoblissement de ses fidèles 
lieutenants. Il remplaça cependant les couronnes par des toques 
de velours noir retroussées de vair ou d'hermine, et surmontées 
de plumes dont le nombre indiquait la dignité de celui qui les 
portait (pi IV, fig. i8). Les princes grands dignitaires avaient 
une toque de velours noir bordée de vair avec une aigrette de 
rept plumes; les ducs avaient la même la toque bordée d'hermine 



CASQUES, COURONNES, CHAPEAUX ET MORTIERS 115 

au lieu de vair; les comtes avaient la même toque retroussée de 
contre-hermine avec cinq plumes; la toque des barons était bor- 
dée de contre-vair avec trois plumes, et les chevaliers avaient 
une toque bordée de sinople avec une ?eule plume. Cependant 
l'usage de ces toques ne fut que passager, et les familles de fraî- 
che noblesse ne tardèrent pas à prendre les couronnes de l'an- 
cienne. 

En timbrant les armoiries, ceux qui ont droit de porter à la 
fois le casque et la couronne mettent celle-ci sur celui-là, mais 
en France ils suppriment plus souvent le casque et ses accessoires 
(lambrequins, cimier, etc.), pour ne laisser que la couronne au- 
dessus de l'écu, tandis qu'en Angleterre il est rare de voir des 
armoiries sans heaume et lambrequins. 

La noblesse d'église doit renoncer aux casques, cimiers et te- 
nants, car ces armoiries ne sont pas armes- de tournoi; cependant, 
ciuelques princes de l'église, entre autres Richelieu, ne se sont pas 
astreints à cette règle. 

L'écu armoriai des papes est timbré de la tiare formée d'un 
bonnet élevé de toile d'or, cerclé de trois couronnes et sommé 
d'un globe cintré, surmonté d'une croix d'argent (pi. IV, fig. 7) ; 
derrière l'écu sont deux clefs en sautoir, l'une d'or et l'autre 
d'argent, liées d'un listel d'azur chargé de croisettes de sable, et 
la croix triplée posée en pal. La tiare qui prend aussi le nom de 



116 Traité d'art hérai^dique 

règne indique la dignité papale; on dit que l'origine en remonte 
à Clovis qui fit don au pape d'une tiare que lui avait envoyée 
l'empereur, et c'est Benoit XII qui y aurait ajouté les trois cou- 
ronnes pour indiquer la triple royauté de l'église souffrante, 
militante et triomphante. 

Les cardinaux timbrent d'un chapeau rouge, plat, et à larges 
bords, garni de cordons de soie de même couleur, entrelacés avec 
cinq rangs de houppes en losanges descendant chaque côté de 
l'écu (pi. IV, fig. 8), derrière lequel ils posent une croix en pal; 
à Rome l'usage de ces chapeaux remonte à Innocent IV, vers 
1250. 

Les archevêques timbrent d'un chapeau vert avec quatre rangs 
de houppes et la croix simple en pal derrière l'écu; le chapeau 
de Vévêque est de même couleur, avec trois rangs de houppes, et 
il timbre son écu de la mitre (pi. IV, fig. 9), posée de front à 
dextre, et de la crosse tournée en dehors à senestre; les abbés et 
protonotaires somment d'un chapeau noir à deux rangs de houp- 
pes et tournent la crosse en dedans pour indiquer que leur juri- 
diction ne s'étend pas hors du cloître; enfin les abbesses portent 
l'écu en losange entouré d'un chapelet ou patenôtre de sable. 

La noblesse de robe a pour timbre un mortier, c'est-à-dire un 
bonnet rond qui est de toile d'or rebrassé d'hermine pour les 
chanceliers et gardes des sceaux (pi. IV, fig. 19), et de velours 



CASQUES^ COURONNES, CHAPEAUX ET MORTIERS llT 

noir bordé de galons d'or pour les présidents des cours de parle- 
ments. Le mortier n'est jamais lambrequiné ni couronné, mais il 
est quelquefois surmonté d'un cimier. 

Ces distinctions sont inconnues en Angleterre où le heaume et 
la couronne sont seuls en usage, mais par contre, la plupart des 
auteurs y enseignent que le heaume est de rigueur sur tout écu, 
quel que soit le cimier qu'on y ajoute : on trouve cependant plu- 
sieurs exemples du contraire dans les armoriaux de ce royaume 
(Cf. Burke's General Armory of Bngland, Scotland, Ireland and 
Walcs). 

ARTICLE IlE. 

CIMIERS, BOURREEETS, EAMBREQUINS ET MANTEAUX. 

Le cimier et ainsi nommé parce qu'il occupe la "cime" ou som- 
met du casque dont il est l'ornement, comme le casque lui-même 
est l'ornement de l'écu ; c'est la pièce la plus élevée de l'armoirie, 
et dans les pays saxons c'est elle qui lui donne son caractère 
principal. 

Cet ornement rappelle les aigles, têtes d'animaux, toufifes de 
plumes et autres objets que les chefs de guerriers plaçaient sur 
leurs têtes pour paraître plus redoutables à leurs ennemis, ou pour 
servir de signe de ralliement à leurs soldats; tout le monde con- 
naît à ce sujet la classique harangue de Henri IV à ses troupes 



118 TRAITÉ d'art HÉRAI^DIQUE 

au moment de livrer la bataille d'Ivry : "Gardez bien vos rangs 
"je vous prie; et si vous perdez vos enseignes, cornettes ou gui- 
" dons, ne perdez pas de vue mon panache blanc, vous le trou- 
" verez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire''. 

Il ne faudrait pas croire cependant que les cimiers se restrei- 
gnent aux objets qu'on peut placer sur un casque. Les Saxons 
qui accordent tant d'importance aux ornements extérieurs en sont 
venus à placer les objets les plus hétéroclites en cimier comme 
marques distinctives des familles. On en voit un exemple dans 
le dextrochère armé d'un poignard qui forme le cimier de la 
famille Neilson (pi. IV, fig. 22), mais c'est l'Allemangne qui 
affiche la plus grande licence sous ce rapport. 

Quelques héraldistes sont portés à employer indifféremment 
les expressions "timbre" et "cimier"; il ne faut pas les confon- 
dre. Le timbre comprend tous les ornements qui se placent au- 
dessus de Vécu, tandis que le cimier fait partie du timbre dont il 
est la pièce la plus élevée. 

Les cimiers se faisaient en carton ou en cuir bouilli, afin de 
ne pas embarrasser de leur poids la tête du chevalier; on les 
recouvrait ensuite de peinture et de vernis pour les rendre imper- 
méables, et comme ils servaient plutôt d'ornement que de pièce 
fixe, chacun pouvait en changer suivant sa fantaisie. Les cheva- 
liers qui n'avaient pas assisté à un tournoi n'avaient cependant 



CIMIERS, BOURRELETS, LAMBREQUINS ET MANTEAUX 119 

pas le droit d'en porter, non plus que les simples gentilshommes 
ni les écuyers ; aussi les descendants de ceux qui y avaient droit 
les recueillirent-ils pieusement comme un patrimoine héréditaire, 
et lorsqu'une famille possédait un cimi;er transmis héréditaire- 
ment, les branches cadettes ne le changeaient que pour opérer une 
brisure. 

Nous avons dit qu'en Angleterre la plupart des auteurs ensei- 
gnent qu'on ne doit pas poser le cimier ailleurs que sur un cas- 
que; c'est son support naturel. Mais en France on timbre sou- 
vent l'écu d'un cimier sans l'intermédiaire d'un casque en disant 
avec raison que cet intermédiaire serait parfois un non-sens, 
comme dans le cas des armoiries d'ecclésiastiques, de femmes, et 
autres qui ne prennent part ni à la guerre ni aux tournois. 

Un cimier très répandu en Allemagne consiste en une paire de 
cornes, et il est piquant de remarquer que souvent les chefs sau- 
vages de l'Amérique paraient leurs têtes de ce même ornement 
dans les assemblées solennelles. A l'époque tourmentée que nous 
traversons, certaines personnes seraient tentées d'y voir une af- 
finité de sentiments ; contentons-nous de rappeler que chez les 
peuples primitifs, on regardait les cornes comme un signe de puis- 
sance, et certains auteurs enseignent qu'on doit voir en elles l'ori- 
gine des couronnes. Même en France, les chevaliers qui avaient 
fait leurs preuves dans deux tournois avaient droit de porter 



120 TRAITÉ d'art héraldique 

deux cornes, ce qui les dispensait d'établir leurs titres dans d'au- 
tres occasions. Mais tout évolue; aujourd'hui, hélas, on entre- 
tient des idées fort différentes au sujet de cet emblème!. . . 

Le bourrelet est un anneau d'étoffe rempli de bourre, fait aux 
couleurs de l'écu, et qui se posait sur le casque afin d'amortir 
les coups portés sur la tête (pi. IV, fig. 20) ; il sert d'attache aux 
lambrequins qui portent aussi les mêmes émaux que l'écu. En 
Angleterre, le bourrelet s'emploie souvent comme appui du ci- 
mier quand il est reproduit seul; il consiste alors en une espèce 
de guirlande torse généralement à six nœuds, aux deux princi- 
paux émaux des armes du propriétaire, en commençant à dextre 
par le métal et alternant vers senestre avec la couleur. Le bour- 
relet des simples gentilshommes se nomme aussi fresque, torque 
ou tortil. 

Les lambrequins sont des bandes d'étoffes aux couleurs de 
l'écu qui se mettaient par-dessus le casque pour le protéger con- 
tre les ardeurs du soleil, et dont les découpures flottaient au vent. 
Ce nom vient du mot latin lemniscatus qui signifie "ruban volant", 
et les dames des chevaliers les hachemaient elles-mêmes au cas- 
que du paladin qui portait leurs couleurs. Parfois c'était un 
mantelet ou capeline qui enveloppait le casque et couvrait les 
épaules, et lorsqu'au retour d'une bataille, le chevalier revenait 
avec un mantelet tailladé des coups d'épée qu'il avait reçus, il 



CIMIKRS, BOURRELETS, LAMBREQUINS ET MANTEAUX 121 

en tirait une grande gloire; c'est de là que cet ornement a pris 
parfois le nom de "hachement". 

Les lambrequins forment un des plus gracieux ornements des 
armoiries et revêtent aujourd'hui une forme capricieuse qui les 
fait ressembler à des feuilles d'acanthe. (Voir les lambrequins 
des casques reproduits sur la planche IV). Lorsque l'écu n'a 
pas de tenants, supports ou soutiens, on les fait descendre sur 
chacun de ses côtés, mais quand il a des supports, les lambrequins 
s'étendent chaque côté du casque au-dessus d'eux. 

Les Allemands, qui concentrent leur attention sur les orne- 
ments extérieurs de l'écu, excellent dans la disposition des lam- 
brequins, et parmi leurs artistes Albrecht Durer en a dessiné les 
plus beaux types. Par contre, on voit parfois dans leurs cimiers 
des objets que l'imagination la plus échevelée peut difficilement 
accepter comme accessoires d'un casque de chevalier, tels que des 
roues, des ailes de moulins et autres emblèmes dont le poids sem- 
blerait devoir écraser le Lohengrin le plus solide de la Germanie ; 
l'un d'eux nous offre même un bateau voguant sur une mer per- 
chée par un véritable miracle au sommet d'un casque. 

De même que la cotte d'armes descendait sur l'armure du che- 
valier et la couvrait, les lambrequins descendaient sur l'écu, et 
c'est de cette disposition qu'est venu l'usage des manteaux ef 
pavillons qui enveloppent et couvrent les armoiries des rois, de-, 



122 Traité d'art héraldique 

princes et des ducs. On rapporte aussi l'origine du pavillon aux 
tentes où les chevaliers plaçaient leurs armes dans les tournois, 
et sous lesquelles ils attendaient l'heure d'entrer en lice. 

Le manteau qui, d'abord, n'appartenait qu'aux armoiries des 
rois, a été placé plus tard daijs celles des princes et des ducs qui 
"couchent" aussi leurs armes, comme celles des rois, sous une 
tente ou un pavillon richement brodé ou frangé. (Eysenbach. 
Histoire du Blason). Il semble entourer l'écu, et, dans les armoi- 
ries des empereurs et des rois, il est surmonté d'une espèce de 
dôme sommé d'une couronne qu'on nomme pavillon, nom qui 
s'étend à la fois au dôme et au manteau lorsqu'ils sont réunis, 
(pi. V, fig. 9 et lo). 

Les rois de France portaient le pavillon de velours bleu semé de 
fleurs de lis d'or, et les souverains des autres nations le portent 
de pourpre; tous sont doublés d'hermine. Les pairs de France 
jouissaient du privilège de le surmonter d'une toque ornée d'un 
gland d'or et entourée de la couronne indiquant le titre attaché à 
leur pairie. 

Il est évident que ce serait un non-sens que d'attribuer aux 
femmes des emblèmes dont l'origine se rattacherait aux tour- 
nois. Aussi les casques et les lambrequins sont-ils remplacés 
dans leurs armoiries par des guirlandes de palmes ou par des lacs 
d'amour, tandis que les veuves entourent leur écu d'une corde- 



CIMIKRS, BOURRELETS, EAMBREQUINS ET MANTEAUX 123 

Hère, les filles d'une guirlande de fleurs, et les religieuses d'un 
chapelet. Louise de la Tour d'Auvergne, devenue veuve de 
Claude de Montaigu, avait entouré son écu d'une cordelière avec 
la devise "j'ai le corps délié" ; ce jeu de mots a sans doute inspiré 
l'auteur du blason de Sir François Langelier, ancien lieutenant- 
gouverneur de la province de Québec. 

ARTICLE IIlE. 

TENANTS, SUPPORTS ET SOUTIENS. 

L'origine des tenants, supports et soutiens remonte aux tour- 
nois et se rattache à l'usage d'exposer les armoiries des cheva- 
liers sous la garde de leurs écuyers, soit en les suspendant à un 
tronc d'arbre ou sur une lance, soit en les plaçant sur des tapis 
précieux où le public était admis à contrôler et critiquer leurs titres 
de noblesse. Parfois ces critiques se traduisaient en remarques 
cinglantes à l'adresse de l'exposant; c'est de là que vient l'ex- 
pression "blasonner" dans le sens caustique. Aussi les familles 
qui remontent aux tournois devraient-elles être les seules à orner 
leurs armes de supports, mais avec la liberté permise de nos jours 
en matière d'armoiries ,cette règle est loin d'être observée, et tout 
le monde aujourd'hui ajoute ces ornements à l'écu, même les 
villes, qui emploient principalement comme supports des animaux 
emblématiques ou familiers de leur région. 



124 Traité d'art héraldique 

Les règles du blason enseignent cependant que les armoiries 
des villes sont plutôt accostées de "deux palmes de sinople liées 
du champ", tel qu'on voit aux armoiries de la ville de Paris; 
certaines villes ont étendu les limites de cette règle en adoptant 
des branches de chêne, de laurier, etc., au lieu de palmes. 

En Angleterre, les supports né sont accordés qu'aux pairs du 
royaume et à quelques grands dignitaires par faveur royale, ainsi 
qu'aux colonies, aux villes (v. g. les griffons de la ville de Lon- 
dres) et aux associations. 

Lorsque l'écu était exposé sur un tapis, il pouvait difficilement 
se tenir dans la position verticale, et c'est pourquoi les anciennes 
armoiries représentent l'écu du chevalier incliné à dextre. avec 
le casque posé sur l'angle senestre qui se trouvait alors au som- 
met; on indique cette position par l'expression "à l'antique", et 
comme elle désigne une famille de noblesse ancienne, elle com- 
porte une signification honorable. 

D'un autre côté, les armes renversées avaient une signification 
infamante, comme aujourd'hui on renverse le portrait d'un hom- 
me déshonoré. Cette infamie s'appliquait surtout comme péna- 
lité d'un mensonge ou d'un défaut de paiement, et la chronique 
rapporte que même le brave Du Guesclin, qui possédait plus de 



TENANTS, SUPPORTS ET SOUTIENS 125 

vaillance que d'argent, eut la douleur de voir ses armes renver- 
sées pour n'avoir pu rencontrer une échéance : 

" Les armes de Bertrand, où tant a de vigueur 
" Ont pendu laidement, ainsi comme trahiteur 
" Et les ont ENVERSÉES, en monstrant par frénour 
" Que Bertrand du Glaieqiiin a cuer de hoiseour," 

Cette pénalité n'était cependant que temporaire et le chevalier 
l'efifaçait bientôt par une action d'éclat, ou ne manquait pas d'en 
tirer une vengeance éclatante si on lui avait infligé cette infamie 
à tort. Aussi ne faut-il pas confondre ce châtiment avec la dif- 
famation qui consistait dans la suppression ou l'altération d'une 
pièce, ordonnée par le souverain en punition d'une action hon- 
teuse, et encore moins avec la dégradation du chevalier félon qui 
«était accompagnée de la destruction de l'écu et du heaume au 
cours d'un cérémonial impressionnant destiné à montrer que le 
traître était rayé du nombre des vivants. 

L'écu ainsi exposé dans les tournois était ordinairement placé 
sous la garde d'écuyers ou de serviteurs déguisés en lions ou au- 
tres animaux ou êtres fantastiques, afin d'indiquer la valeur du 
chevalier à qui il appartenait ; ceux qui voulaient se mesurer con- 
tre lui venaient frapper cet écu de leurs lances et les gardiens 
inscrivaient aussitôt leurs noms comme adversaires . 



126 TRAITÉ d'art héraldique 

Lorsque les gardiens de l'écu ont la forme humaine ou quasi- 
humaine, on les nomme tenants parce que c'est l'attribut de 
l'homme de "tenir" avec ses mains (pi. IV, fig. 22). Entrent 
dans cette catégorie les anges, les dieux de la fable, les centaures, 
les sirènes, en un mot tous les êtres qui ont des mains. Lorsque 
ce sont des animaux, ils prennent le nom de supports, et lorsque 
l'écu est suspendu à un arbre ou sur une lance, c'est un soutien. 

Les tenants et supports sont généralement au nombre de deux, 
placés de chacjue côté de l'écu, et peuvent être différents comme 
dans les armoiries d'Angleterre qui ont pour supports un léopard 
et une licorne; parfois l'écu n'a qu'un seul tenant ou un seul sup- 
port, mais on rencontre rarement un tenant et un support réunis 
dans la même armoirie. 

En France, les tenants et supports sont ordinairement les mê- 
mes aux deux côtés de l'écu, mais en Angleterre, ils sont géné- 
ralement différents; on les rencontre très rarement dans les ar- 
moiries d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne. Les femmes et les 
ecclésiastiques n'en prennent presque jamais, car ils ne sont pas 
supposés prendre part aux tournois; nous avons vu plus haut 
que les femmes entourent leurs écus de palmes ou de cordelières, 
et lorsque les ecclésiastiques emploient des tenants, ce sont géné- 
ralement des anges. Dans les familles où les supports sont héré- 
ditaires, les cadets brisent parfois l'armoirie en changeant l'un 
des supports. 



127 
ARTICLE IVk. 

CRIS ET DEVISES. 

Le cri de guerre ou d'armes consiste en certains mots que les 
chevaliers bannerets lançaient pour rallier leurs hommes d'ar- 
mes sous la bannière, ou pour exciter leur courage dans le com- 
bat, ou pour se reconnaître dans la mêlée. Les chevaliers ban- 
nerets avaient droit de lever des troupes et de les conduire à la 
guerre au service du roi ; aussi avaient-ils seuls le droit d'avoir 
un cri de guerre, d'où l'expression "le cri suit la bannière". Il y 
avait donc dans une armée autant de cris que de bannières, mais 
outre ces cris particuliers qui avaient pour but principal de ral- 
lier les hommes de même bannière, il y avait un cri général que 
tous les soldats poussaient au fort de la mêlée : c'était celui du 
roi ou du commandant en chef. 

On sait que le cri de guerre des rois de France était "Montjoie 
Saint-Denis", mais les auteurs ne s'accordent pas sur son origine. 
Raoul de Presles et Robert Scenel le font remonter jusqu'à Clo- 
vis; Huguet de Saint-Cher l'attribue aux monceaux de pierre 
surmontés d'une croix qui bordaient la route de Saint-Denis et 
que les pèlerins nommaient des monts-joie (mons-gaudii) , tandis 
que Marius Sepet l'attribue au Mons-Gaudii de Rome (la colline 
du Vatican), sur laquelle le pape Léon III remit à Charlemagne 



128 TRAITÉ d'art héraldique 

la célèbre bannière qu'il porta par la suite dans les combats, et 
dont la reproduction se trouve à Saint-Jean de Latran. 

Quoi qu'il en soit, cette coutume semble remonter à la plus 
haute antiquité et s'être étendue à tous les peuples. On trouve 
en effet au chapitre VII du livre des Juges que Gédéon combat- 
tant contre les Madianites, donna comme cri de ralliement à ses 
soldats : "Domino et GedeonV. Judas l'Asmonéen fut surnommé 
"Macchabée" parce qu'il avait mis sur ses étendards les lettres 
initiales de la sentence hébraïque de l'Exode : "Qui est semblable 
à toi, ô Seigneur, parmi les dieux", dont la réunion formait le 
mot "Maccabi"; les aigles romaines portaient les initiales "S 
P Q R", représentant les mots Senatus poptdus que Romanns; 
et Acosta rapporte que les Mexicains, sous la conduite du roi 
Iscoalt, livrèrent bataille aux Tapanègues aux cris de : : "Mexi- 
que, Mexique!" 

Chaque chevalier ayant son cri propre, il va de soi qu'il y en 
avait une infinité; les uns étaient des cris d'invocation comme 
celui de Du Guesclin ''Notre-Dame Gucsclin" ; d'autres étaient 
des cris de résolution comme celui des croisés "Die.r li volt" ou 
"Dieu le veut" ; d'autres encore étaient d'exhortation comme 
celui de Montoison "A la rescousse, M ont oison" ! ou de défi com- 
n\t celui des comtes de Champagne "Passavent H meillor" ! Le 
(•A composé du nom de famille appartenait toujours à l'aîné, et 



CRIS ET DEVISES 129 

les puînés ne pouvaient le prendre qu'en y ajoutant le nom de 
leur seigneurie; dans les tournois, les hérauts d'armes lançaient 
le cri des chevaliers qui entraient en lice- 
Vers 1450, le roi Charles VII ayant établi des compagnies 
d'ordonnance et dispensé les gentilshommes bannerets d'aller à 
la guerre et d'y conduire leurs vassaux, l'usage du cri d'armes 
fut aboli, mais il fut conservé dans les armoiries, oti il se place 
ordinairement au-dessus du cimier dans un listel ondoyant aux 
couleurs de l'écu, comme on peut le voir dans les armoiries du 
royaume de France (pi. V, fig. 9). 

Au cri de guerre a succédé la devise qui est ordinairement une 
courte sentence faisant connaître les faits mémorables dont se 
glorifie une famille noble, le caractère ou la ligne de conduite 
de celui qui l'adopte. ''Quels que soient les degrés de noblesse et 
" les dignités", dit De la Porte dans son Trésor Héraldique, "il est 
" permis à chacun de se choisir une devise et de l'ajouter au bla- 
" son de ses armes", et Madame de Genlis écrivait dans ses Mé- 
moires: "Je voudrais que l'usage de prendre une devise fût uni- 
" versel. Chaque personne, par sa devise, révèle un petit secret 
" ou prend une sorte d'engagement '. 

Lorsque la devise se rapporte à quelque trait dominant de l'ar- 
moirie comme celle de Paris : ''Fluctuât nec mergitur" qui s'adres- 
se à la nef flottante qu'on voit dans les armes de cette ville, elle 
5 



130 TRAITÉ d'art héraldique 

prend le nom d'âme; mais cette expression est peu usitée, et même 
en ce cas, on emploie plus ordinairement le mot "devise". 

Si l'âme ou la devise révèle le caractère ou le but poursuivi par 
celui qui l'adopte, on peut se faire une idée de l'orgueil du duc 
de Rohan, dont la devise était: "Prince ne veux, roi ne puis, 
Rohan suis", ou de l'ambition de Frédéric III, empereur d'Alle- 
magne, qui avait pris pour devise les cinq voyelles "A,E,I,0,U", 
en disant qu'elles étaient les initiales de la sentence: "Austrice 
est imperare orbi universo" ! En rapprochant cette devise ambi- 
tieuses des événements que les déclarations de guerre du 3 août 
1914 ont déchaîné en Europe, n'a-t-on pas raison de dire que 
l'histoire se répète? 

L'orgueil outrecuidant d'une devise est toujours malséant, quel 
que soit le rang ou la puissance de son possesseur; aussi Henri 
Estiennè en a-t-il fixé la règle suivante: "L'asme de la devise 
" doibt touts jours estre assez modeste pour que celuy qui l'ar- 
" bore en puysse faire application sur luy-même sans vanité mal- 
" séante. 

Les devises se rattachent à un fait historique ou à une cir- 
constance particulière, aussi bien qu'à un trait de caractère ou à 
un état d'âme. Tout le monde connaît l'origine de la devise de 
l'Ordre de la Jarretière, créé par Edouard III, en lançant à ses 
courtisans l'apostrophe : "Honny soif qui mal y pense", pour 



CRIS ET DEVISES 131 

venger la confusion de la belle comtesse de Salisbury qvfi avait 
perdu sa jarretière bleue au milieu du bal; mais on sait peut-être 
moins généralement que ce même roi est aussi l'auteur de la 
devise d'Angleterre "Dieu et mon droit" qu'il inscrivit au bas 
de son écu oti se trouvaient accolés les trois léopards d'Angle- 
terre et les trois lis de France, pour exprimer ses prétentions à 
la couronne de ce pays. Son fils le prince de Galles conquit la 
devise "Ich Dien" (Je sers) à la bataille de Crécy, sur le vieux 
roi Jean de Bohême, qui, étant aveugle, fit attacher son cheval 
à ceux des seigneurs de sa cour, afin de pouvoir "férir un coup 
d'épée'', et qui périt avec eux sur le champ de bataille. 

Un de nos régiments de volontaires canadiens-français dans là 
présente guerre (le 163e), qui a pris pour emblème un porc-épic 
avec la devise "Qui s'y frotte s'y pique", s'est inspiré des rois de 
France Louis XI et Louis XII ; le premier dont le caractère était 
devenu ombrageux au contact de ses deux compères, Olivier le 
Diable, son barbier, et Tristan l'Ermite, exécuteur de ses hautes 
œuvres, avait aimablement pris pour ernblème un fagot épineux 
avec la devise "Qui s'y frotte s'y pique", et le second avait adopté 
un porc-épic, avec la devise "De près et de loin", car on attribuait 
alors à cet animal le pouvoir de lancer ses dards au loin. 

Les armoiries des villes portent presque toujours une devise, 
et lorsqu'elles sont ornementées de deux palmes qui, pour elles, 



132 TRAITÉ d'art héraldique 

remplacent les supports, comme nous avons vu plus haut, la de- 
vise s'inscrit plutôt sur une banderoUe drapée autour de l'écu. 
La nef de Lutèce qui forme la partie principale des armes de la 
ville de Paris, avec son âme "Fluctuât nec mergitur" sont con- 
nues par tout l'univers; la devise de Dijon "Moult me tarde" 
n'est peut-être pas moins connue par la moutarde qui vient de 
cette ville, et la devise de Montréal "Concordia Salus" devrait 
être adoptée ou plutôt mise en pratique comme devise nationale 
de notre pays dont la prospérité dépend, en grande mesure, du 
bon accord entre les races qui l'habitent. 

Ordinairement la devise se place dans un listel ou banderolle 
■en-dessous de l'écu dont il reproduit les émaux, le listel en pre- 
nant les couleurs et les lettres de métal (pi. IV, fig. 21). On la 
•confond souvent avec le cri de guerre, surtout la devise hérédi- 
taire qui porte d'autant plus à confusion qu'elle se place au- 
dessus de l'écu. 

^ L'a plupart des ornements extérieurs dont nous avons fait la 
revue jusqu'à présent se trouvent dans les armoiries de la maison 
Neilson (de France et d'Ecosse) que nous reproduisons à cet 
efifet comme figure 22 de la planche IV, et que nous blasonnerons 
immédiatement pour indiquer ces divers ornements : "D'argent 
au chevron de gueules, accompagné de trois mains appaumées 
•d'azur. Timbré du heaume des anciens gentilshommes orné de 



CRIS KT DEVISES 133 

ses lambrequins et d'une couronne de chevalier reposant sur un 
bourrelet. Cimier, un dextrochère armé d'un poignard haut. 
Tenants, un chevalier à dextre, et un montagnard écossais à 
senestre. Devise : "His régi scrvitiis". 

ARTICLE Ve. 

EMBLÈMES DE CHARGES ET PROFESSIONS 

La Révolution Française ayant aboli les hautes dignités de la 
cour, les emblèmes de ces charges ont disparu peu à peu ; quel- 
ques-unes ont cependant résisté à la tourmente, telles que les 
charges de Grand Amiral et de Maréchal de France; d'autres 
ont été restaurées ou créées sous l'Empire ou sous la Restaura- 
tion; enfin d'autres nations les ont conservées. Il est donc utile 
de dire un mot de ces ornements qu'il importe d'ailleurs de sa- 
voir distinguer lorsqu'on rencontre les armoiries anciennes qui 
les portent. 

Les emblèmes des charges et dignités sont évidemment per- 
sonnels. Ils peuvent former un quartier de l'écu, comme le can- 
ton ou écusson d'Ulster des baronnets anglais, se mettre en cimier 
comme les mortiers des chanceliers, ou derrière l'écu comme les 
bâtons des maréchaux, ou chaque côté comme les mains armées 
des connétables, ou au-dessous comme les bouteilles du grand 



134 Traité d'art héraldique 

échanson, ou à l'entour comme les manteaux des rois, princes 
et ducs. 

Nous avons vu plus haut quels étaient les emblèmes de la 
royauté temporelle et spirituelle. La première dignité de France 
après le roi était celle de connétable, dont les emblèmes consis- 
taient en deux mains armées de deux épées hautes aux deux côtés 
de l'écu et sortant d'un nuage au-dessous (pi. IV, fig. 23). 

ht chancelier timbrait d'une figure de reine tenant le sceptre 
et les grands sceaux du royaume, d'un mortier de toile d'or re- 
brassé d'hermine et bordé de perles, et deux masses d,'or passées 
en sautoir derrière l'écu. 

Le grand amiral portait deux ancres d'or passées en sautoir 
derrière l'écu, et l'amiral simple une seule ancre posée en pal. 

Les maréchaux se reconnaissent à deux bâtons d'azur semés 
de fleurs de lis, d'aigles ou d'étoiles d'or, selon les diverses épo- 
ques, passés en sautoir comme les massés du chancelier. Cette 
charge vient de prendre un regain d'actualité avec ses deux 
illustres titulaires les généralissimes Joffre et Foch, sauveurs de 
l'humanité dans la présente guerre. 

Le surintendant des finances posait deux clefs, l'une d'or, l'au- 
tre d'argent, en pal chaque côté de l'écu. 

Le grand panetier disposait au bas de son écu la nef d'or et le 
cadenas royal où étaient renfermés le couvert et le gobelet du 



EMBLÈMES DE CHARGES ET PROEESSIONS 135 

roi ; le grand échanson deux flacons de vermeil gravés des armes 
royales, et Vécuyciw tranchant, un couteau et une fourchette 
passés en sautoir, les manches émaillés d'azur, semés de fleurs de 
lis d'or et terminés par une couronne royale. 

Le grand veneur avait d'abord deux cerfs qui supportaient 
l'écu de ses armes, et plus tard deux cors de chasse avec leurs 
attaches. 

Le grand prévôt du palais deux faisceaux de verges d'or pas- 
sés en sautoir et liés d'azur, avec une hache d'armes consulaire 
au milieu. 

Il ne faudrait pas croire que ces charges de la maison royale 
plaçaient leurs titulaires au rang des laquais; elles étaient au 
contraire fort recherchées par les courtisans. Ainsi le grand 
échanson était l'un des quatre dignitaires qui avait le privilège 
de signer les chartes importantes. A quelle déchéance nos prin- 
ciples modernes de tempérance ne le rabaisseraient-ils pas? 

Dans la hiérarchie ecclésiastique, les cardinaux, patriarches ou 
archevêques primats placent une double croix tréflée sous le cha- 
peau et derrière l'écu; les évêqiies une croix simple ou la mitre 
et la crosse tournée à senestre et les abbés mitres la mitre et la 
crosse tournée à dextre. Les chantres posaient un bâton ou 
bourdon en pal derrière l'écu. 

Les armoiries, emblèmes et insignes qui étaient d'abord l'apa- 



136 TRAITÉ d'art héraldique 

nage exclusif des nobles, ne tardèrent pas à exciter la convoitise 
des roturiers qui finirent par se demander pourquoi ils n'auraient 
pas également les leurs. Lorsqu'ils se formèrent en associations 
ils adoptèrent aussi des armoiries et des devises ; pour les épiciers 
apothicaires de Paris, ce fut une main sortant d'un nuage dans un 
ciel étoile et tenant une balance avec la devise "Lances et pondéra 
scrz'ant", et l'on sait que le bâton à spirales blanches et rouges, 
que les barbiers ont conservé pour enseigne, rappelle qu'autrefois 
ils étaient chargés de pratiquer les saignées, et qu'ils arboraient 
comme emblème de cette fonction un bras entouré d'un linge 
taché de sang. 

Bientôt aussi les individus s'enhardirent et adoptèrent des ar- 
mes parlantes qui faisaient allusion à leurs noms ou à leurs mé- 
tiers : Duquesne prit pour emblème un chêne, Dubrûle une mar- 
mite. Sarrasin une tête noire, tandis qu'un serrurier indiquait 
son métier par une clef, un charpentier par une hache, et un 
maçon par un marteau. 

Suivant cette coutume, les artisans qui ne savaient pas signer 
leurs noms souscrivaient d'un emblème qui leur était personnel 
les actes auxquels ils étaient parties, et l'on voit souvent des an- 
ciens documents portant pour signature le dessin d'un marteau 
ou d'une roue à côté desquels le notaire écrivait le nom du maçon 
ou du charron que cet emblème représentait. Aujourd'hui l'illet- 



EMBLÈMES DE CHARGES ET PROFESSIONS 137 

tré signifie son consentement à l'acte notarié en touchant la plu- 
me avec laquelle le notaire fait une marque quelconque (généra- 
lement une croix) en regard de son nom à titre de signature. 
Plusieurs actes des premières années de notre colonie portent 
comme signature la hache du défricheur Zacharie Cloustier, 
et c'est de la même manière que les Indiens signaient les traités 
solennels qu'ils faisaient avec les gouverneurs de la Nouvelle- 
France, en dessinant un ours, un renard ou un loup, suivant 
qu'ils représentaient la tribu désignée sous l'un ou l'autre de 
ces noms. 

ARTICLE VIE. 

INSIGNES ET DÉCORATIONS. 

Les armoiries étant transmises de père en fils comme un pa- 
trimoine de famille, elles n'illustrent celui qui les porte que par 
l'éclat du nom de ses ancêtres. Aussi les souverains ont-ils re- 
connu de tous temps la nécessité de récompenser par des hon- 
neurs personnels la valeur ou les vertus de ceux qui avaient bien 
mérité de la patrie. 

C'est cette pensée qui a donné naissance aux ordres de cheva- 
lerie qu'on trouve à toutes les époques et dans tous les pays, et 
dont les principaux se divisent en deux classes, suivant qu'ils 
sont destinés à récompenser la valeur militaire ou les services 



138 Traité d'art héraldique 

civils ; c'est elle aussi qui a provoqué plus récemment l'institution 
des médailles d'honneur et autres décorations destinées à récom- 
penser le mérite sans distinction de castes. 

Suivant quelques auteurs, le plus ancien des ordres de cheva- 
lerie serait celui du Saint-Sépulcre, dont la fondation remonterait 
à Saint- Jacques, premier évêque de Jérusalem, qui, en l'an 102, 
confia la garde du saint sépulcre à de pieux cénobites auxquels 
furent adjoints plus tard des chevaliers militaires; les membres 
en furent dès lors connus sous le titre de "Chevaliers hospitaliers 
militaires du Saint-Sépulcre de Jérusalem", sous la souveraineté 
du patriarche de Jérusalem. Les insignes en sont une épée, des 
éperons dorés et une croix d'or potencée, cantonnée de quatre 
croisettes d'or émaillées de pourpre, et attachée à un ruban noir 

(pl.IV,fig.24). 

Parmi les ordres les plus connus dans les pays européens, citons 
ensuite celui du Temple fondé en Palestine en m 9, supprimé si 
tragiquement par Philippe-le-Bel en 130? et par une bulle papale 
en 13 12, mais reconstitué en 1324 par le grand maître Larmeny, 
successeur du malheureux Jacques de Molay; l'ordre du Christ 
fondé par Denis 1er, roi du Portugal, en 131?, en vue de con- 
tinuer l'ordre du Temple alors supprimé; celui de la Jarretière, 
institué en Angleterre par Edouard III, le 19 janvier 1350; celui 
de la Légion d'Honneur, institué en France par Napoléon le 19 



INSIGNES ET DÉCORATIONS 139 

mai 1802; celui de la Croix de Fer, créé en Allemagne par Fré- 
déric-Guillaume III, roi de Prusse, le lo mars 1813; celui de 
Saint-Stanislas, créé en Pologne par le roi Stanislas-Auguste 
Poniatowski le 7 mai i76^, et adopté par l'empereur Alexandre 
1er de Russie, après la réunion de la Pologne à cet empire, le 
1er décmbre 181 5 ; enfin, les ordres, titres et décorations des Sou- 
verains Pontifes, et dans les divers pays européens nombre d'au- 
tres qu'il serait trop long d'énumérer. 

Les chevaliers entourent leur écu du collier de l'ordre dont ils 
sont décorés; ils le placent entre l'écu et les supports, de manière 
que la croix pende au-dessous de la pointe de l'écu, et que les 
bouts du collier viennent se rattacher au heaume ou à la cou- 
ronne qui le remplace. Il existe cependant pour chaque ordre 
des règlements relatifs à la manière d'en placer les insignes sur 
les armoiries; ainsi les chevaliers de Malte, ceux du Temple et 
ceux de Calatrava accolaient autrefois leur écu sur la croix de 
leur ordre, mais aujourd'hui on suit presque généralement la 
manière indiquée plus haut. 

Les médailles militaires et autres décorations se suspendent 
par leurs rubans au-dessous de l'écu et se blasonnent en dernier 
lieu. Elles ne sont distribuées aux survivants des campagnes 
auxquelles elles se rapportent que depuis le commencement du 
siècle dernier, bien que sous le règne de la reine Elizabeth d'An- 



140 TRAITÉ d'art héraldique 

gleterre une médaille navale, connue sous le nom de "Ark-in- 
Flood", paraisse avoir été distribuée pour commémorer la des- 
truction de la Grande Armada. Mais la première médaille of- 
ferte indistinctement aux vétérans d'une campagne semble être 
en Angleterre celle de la bataille de Waterloo distribuée en i8i7, 
et en France la médaille de Sainte-Hélène destinée à commémorer 
les campagnes de 1/92 à 181 5. 

Cet article clôt la série des ornements extérieurs et complète 
en même temps la description des différentes parties des armoi- 
ries. Nous sommes maintenant en mesure de blasonner, c'est-à- 
dire de décrire en langage héraldique la composition d'une ar- 
moirie, mais pour y arriver il est nécessaire d'observer les règles 
du blason que nous allons établir dans le chapitre suivant 



-O0O- 



TROISIEME PARTIE. - BLASONNEMENT. 



CHAPITRE VIL 



REGLES DU BLASON. 



Pour posséder la science héraldicjue, il faut pouvoir décrire 
toutes les parties d'une armoirie dans leur ordre propre, en se 
servant des termes consacrés et en observant les règles inflexi- 
bles qui les régissent; il faut savoir distinguer les partitions, les 
émaux, la nature et la disposition des pièces de l'écu et les décrire 
avec toutes les propriétés caractéristiques dont elles sont revêtues. 

On énonce d'abord le nom du propriétaire de l'écu, puis les 
divisions générales, ensuite les divisions particulières en nom- 
mant d'abord l'émail du champ, puis les pièces les plus impor- 
tantes, et enfin les pièces de second ordre, en allant toujours de 
dextre à senestre et de chef en pointe, comme on lirait la page 



142 TRAITÉ d'art héraldique 

d'un livre, sauf lorsque deux ou plusieurs divisions sont sem- 
blables, elles se blasonnent alors ensemble. On passe ensuite aux 
ornements extérieurs en procédant également de haut en bas. 

En suivant ces indications, nous blasonnerons donc ainsi l'ar- 
moirie du roi d'Angleterre : "Royaume-Uni de Grande-Bretagne 
et d'Irlande : Ecartelé : aux i et 4 de gueules à trois léopards 
d'or l'un sur l'autre (qui est d'Angleterre) ; au 2 du même à un 
lion de gueules enfermé dans un double trescheur fleuronné et 
contre-fleuronné de même (qui est d'Ecosse) ; au 3 d'azur à la 
harpe d'or cordée d'argent (qui est d'Irlande). L'écu entOj.iré 
de la Jarretière, timbré du heaume des souverains portant la cou- 
ronne royale et pour cimier un léopard d'or couronné royale- 
ment. Supports : à dextre un léopard d'or couronné de même 
et à senestre une licorne d'argent colletée et enchaînée d'or. De- 
vise : Dieu et mon Droit". 

Si l'écu est simple, on commence par indic|uer l'émail du champ, 
et l'on passe ensuite aux pièces dont il est couvert. S'il n'y a 
qu'une seule pièce, elle se place ordinairement en cœur, c'est-à- 
dire au centre, et comme c'est la règle générale, on n'exprime 
pas alors sa position, mais si elle est placée ailleurs, il faut pré- 
ciser l'endroit; de même trois pièces semblables distribuées sur 
le champ sont gnéralement posées en triangle, deux sur une ligne 
horizontale en chef, et l'autre en pointe, et l'on n'indique leur 



REGLES DU BI^ASON 



14'^ 



disposition que si elle est différente. Exemple: "d'azur à trois 
fleurs de lis d'or" (armes des rois de France). 

Si l'écu est composé, on doit d'abord énoncer la partition qui 
le divise, et blasonner les émaux et figures de chacune des divi- 
sions en les lisant de dextre à senestre et de chef en pointe, com- 
me nous avons fait ci-dessus pour les armes du Royaume-Uni, 
en joignant dans une seule description deux quartiers identiques. 

Les positions fixes ou naturelles sont celles que prennent inva- 
riablement les figures héraldiques, ainsi que quelques pièces natu- 
relles et artificielles, et que l'on n'exprime pas en blasonnant. 
Ainsi le giron mouvant ordinairement de la partie supérieure du 
flanc dextre, cette position est sous-entendue; le lion se place de 
profil et rampant à moins qu'on ne lui indique un autre attri- 
but; les tours, arbres, crosses, épées, et en général tous les objets 
longs sont dans leur assiette ou position naturelle lorsqu'ils sont 
posés verticalement; les fusées, losanges, mâcles, etc., lorsqu'ils 
sont posés en longueur sur une de leur pointes ; les animaux lors- 
qu'ils sont dans leur position la plus habituelle et de profil, la 
tête tournée du côté dextre, à l'exception du léopard et du chat 
dont la tête est de face, Cette orientation des animaux peints 
sur l'écu indique qu'ils doivent faire face à l'adversaire du che- 
valier qui les porte, et se placer dans la même direction que son 
coursier ; s'ils étaient tournés vers le côté senestre, ils paraîtraient 



144 TRAITÉ d'art héraldique 

fuir devant l'ennemi, et cette position s'exprime par le mot "con- 
tourné". C'est une des plus grandes difficultés du blason que 
d'apprécier exactement la disposition des pièces sur l'écu, et leur 
situation par rapport aux autres pièces qui le meublent. 

Il faut donc observer trois choses essentielles dans l'art de 
blasonner : 

(A) les partitions de l'écu; 

(B) les émaux du champ et des figures; 

(C) la situation et la disposition des pièces. 

Nous examinerons successivement ces trois points sous autant 
d'articles auxquels nous en ajouterons un quatrième pour signa- 
ler les différences dans la manière de blasonner chez divers peu- 
ples et nous poserons comme règle générale applicable à tous 
qu'il faut s'exprimer en termes exacts, avec concision et sans* 
répétitions, en autant que possible. 

ARTICLE 1er 
observation des partitions. * 

Avant de commencer à lire un blason, il est nécessaire d'en 
prendre une vue d'ensemble et même de pénétrer dans les dé- 
tails afin de se prononcer avec certitude sur ses divisions, sur 
son véritable champ et ne pas se laisser égarer par de fausses 



OBSERVATION DES PARTITIONS 145 

apparences, de même que pour constater s'il y a lieu de réunir 
deux ou plusieurs partitions dans une même description. 

Une fois fixé sur la description générale on indique les parti- 
tions de l'écu, s'il en existe, et on commence à les lire de dextre 
à senestre et de chef en pointe en les numérotant, et en procé- 
dant de même dans le cas de répartitions. 

Prenons pour exemple les armoiries de Lévis de Dampville 
(pi. V, fig. 8) ; on verra que l'écu est écartelé, que le premier et 
le quatrième quartier sont identiques et doivent se blasonner en- 
semble, de même que les deuxième et troisième quartiers; que 
les quartiers i et 4 étant contre- écartelés et aucune de leurs ré- 
partitions n'étant la même, il faudra les décrire successivement 
et terminer par l'écusson "sur le tout" qui est placé sur leur écar- 
telure tandis que les partitions 2 et 3 se blasonneront ensemble 
d'une seule description. 

L'inexactitude dans les proportions des pièces ou dans l'ob- 
servance des règles pourra conduire en outre à des- erreurs de 
jugement. Ainsi un écu sera "tiercé en pal" si ses trois divisions 
sont d'égales dimensions et d'émaux différents, mais il sera sim- 
plement "chargé d'un pal" si les flancs dextre et senestre sont du 
même émail bien que ce pal couvre le tiers central de l'écu. 

On doit indiquer les pièces honorables avant les autres, ex- 
cepté si elles sont placées après coup, comme dans le "brochant"' 



146 TRAITÉ d'art héraldique 

ce qu'on constate par le fait qu'elles en couvrent d'autres en 
partie. 

Les règles qui régissent l'agencement des partitions ayant été 
exposées au chapitre de l'écu il est inutile de les répéter ici. 

ARTICLE IlE. 

INDICATION DES ÉMAUX. 

Nous avons dit qu'on commence par indiquer l'émail du 
champ, puis la figure principale, en indiquant aussi son émail, £t 
qu'on finit par les meubles qui chargent ou accompagnent la 
figure principale; c'est la manière usitée en France et en Angle- 
terre, où l'on dira par exemple : "d'azur à la fasce d'argent char- 
gée de trois roses de gueules et accompagnée de trois mollettes 
d'éperon d'or", tandis qu'en Italie, en Espagne, et souvent en 
Allemagne, on commence par nommer les pièces de l'écu, et l'on 
finit par l'émail du champ. Un Français blasonnera donc: "De 
gueules au lion d'or", tandis qu'un Espagnol dira : "Un lion d'or 
sur champ de gueules". 

Principe. — La règle primordiale de l'agencement des émaux 
consiste à ne pas mettre métal sur métal ni couleur sur coule'ur. 
Le Père Menestrier dit que cette règle remonte à l'ancienne cou- 
tume de faire des habits d'étoffes bigarrées cousues ensemble ; on 
n'unissait jamais les couleurs entre elles, car on était persuadé 



INDICATION DES ÉMAUX 147 

qu'elles ne se mariaient qu'avec le blanc et le jaune(argent et or), 
tandis que les fourrures se mettaient soit avec l'un ou l'autre. 
Aussi, les armoiries qui pèchent contre ce principe sont-elles qua- 
lifiées "d'armes fausses". 

Exceptions. — Cette règle souffre cependant des exceptions 
dont voici les principales : 

1°. Les armes à cnqucrrc, où cette anomalie voulue se ratta- 
che à un fait mémorable dont on veut perpétuer la mémoire en 
obligeant pour ainsi dire le public à s'enquérir de la raison qui les 
fait déroger à la règle commune, comme dans les armoiries de 
Codefroy de Bouillon qui sont ''d'argent à la croix potencée à! or, 
cantonnée de quatre croisettes de même" , pour obliger le lecteur, 
surpris de cette infraction à une règle élémentaire du blason, 
à s'enquérir du merveilleux exploit de Godefroy lorsqu'il conquit 
la Terre-Sainte et se fit couronner roi de Jérusalem. 

2'^ . Une deuxième exception consiste dans le "cousu" et rap- 
pelle le fait que la figure ainsi posée à l'encontre de la règle géné- 
rale ne faisait pas primitivement partie de l'armoirie, mais qu'elle 
y a été ajoutée soit par la faveur d'un souverain qui voulait hono- 
rer une ville ou un particulier en lui permettant d'orner son écu 
d'une pièce détachée du sien, soit pour marquer une nouvelle allé- 
geance; dans ces cas, la pièce ajoutée peut s'appliquer sur l'an- 
cienne, même si elle est du même émail ou d'une même catégorie 



148 TRAITÉ d'art héraldique 

d'émaux et l'on explique cette particularité en disant qu'elle est 
"cousue" à Tarmoirie primitive; cependant cet attribut s'appli- 
que rarement à d'autres pièces qu'au chef, à la fasce et au canton. 

3°. On peut aussi, sans recourir au cousu, accoler deux pièces 
d'émaux d'une même catégorie en bordant l'une d'elles d'un émail 
de l'autre catégorie; on blasonnera donc, sans enfreindre les 
règles : "de gueules à la bande d'azur, bordée d'argent". 

4°. Un champ composé de pièces alternées de métal et couleur 
forme un émail neutre qui peut porter indifféremment, comme les 
fourrures, des meubles de métal ou de couleur ; on peut même for- 
mer un champ de plusieurs métaux ou de plusieurs couleurs cou- 
sus ensemble, pourvu qu'on prenne soin de le charger de figures 
de métal s'il est de couleur et vice-versâ. 

5°. Les parties accessoires d'une figure, tels que les colliers, 
couronnes, bordures, etc., ne sont pas astreintes à la règle géné- 
rale. On peut donc blasonner "d'azur au lion d'or lampassé de 
gueules" sans enfreindre le principe de l'inimitié des couleurs 
entre elles. 

6°. Les brisures qui viennent se placer sur les armes de famille 
pour distinguer les cadets des chefs d'armes peuvent également 
enfreindre la règle ; ainsi lorsqu'une bordure de couleur est pla- 
ce sur un champ de couleur on peut en conclure que c'est une 
brisure. 



INDICATION DES ÉMAUX 149 

Autre principe. — Plusieurs pièces répétées sans modifications 
sur le même champ doivent être de même émail. 

Pour observer la concision et éviter la répétition des termes, 
on se sert de diverses expressions autorisées. Ainsi lorsque des . 
pièces différentes à la suite l'une de l'autre sont dû même 
émail, on se sert de l'expression "de même" ou "du même" ; z>. g. 
"d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois besants de même"; 
mais si, après avoir blasonné des émaux intermédiaires, on ren- 
contre une pièce d'un émail déjà nommé, on peut éviter la répéti- 
tion en se servant de l'expression "du premier" ou "du deuxième 
émail" suivant le rang qu'il occupe dans la nomenclature. Lors- 
que toutes les pièces sont du même émail, on ne l'indique qu'après 
les avoir toutes nommées, z'. g. "d'argent à la fasce accompagnée 
en chef de trois tourteaux, et en pointe de trois losanges, le tout 
d'azur". Si les meubles qui chargent une pièce sont de l'émail 
du champ, on l'indique par cette experssion, 7'. g. "d'or à la fasce 
d'azur, chargée de trois étoiles de l'émail du champ". 

Quand une pièce est placée sur une partition et se divise en 
émaux différents qui alternent avec ceux du champ on la dit 
"de l'un en l'autre", et si plusieurs pièces se placent sur diverses 
partitions en alternant avec leurs émaux, on les dit "de l'un à 
l'autre." 



150 TRAITÉ d'aiRT héraldique 

ARTICLE IIlE. 

SITUATION ET DISPOSITION DES PIÈCES. 

Après avoir indiqué le champ de l'écu, on fait la mention des 
figures honorables qui sont, comme on l'a vu, le pal, la fasce, la 
bande, la barre, la croix, le sautoir, le chevron, etc., en indiquant 
d'abord leur émail, et ensuite les meubles qui les chargent ou qui 
les accompagnent. Le chef, la bordure, l'orle, le canton ne sont 
pas considérés figures principales, et ne viennent qu'en second 
lieu lorsqu'il se trouve des figures honorables, car elles sont pres- 
que toujours considérées dans ce cas comme des brisures. 

Lorsque plusieurs meubles de même espèce sont disposés de 
manière à former une pièce honorable, on doit exprimer leur 
position par le nom de la figure qu'ils représentent. Ainsi l'on 
dira "trois étoiles posées en pal" pour indiquer qu'elles sont pla- 
ces verticalement l'une au-dessous de l'autre au centre de l'écu. 

Il faut donc observer la disposition des pièces, c'est-à-dire la 
manière dont elles sont posées, soit "en pal, en orle", etc., ou 
l'état dans lequel elles sont représentées, telles que "droites", 
"couchées", "affrontées", etc., et leur situation qui indique l'en- 
droit qu'elles occupent sur le champ de l'écu, soit "en abîme", 
"en chef", "en canton", "à dextre", etc. 

En règle générale une pièce principale se place au milieu de 



SITUATION ET DISPOSITION DES PIÈCES 151 

récu, c'est-à-dire "au cœur" parce que c'est la place la plus hono- 
rable, et dans ce cas il n'est pas nécessaire d'indiquer sa situation 
parce qu'elle est sous-entendue. Remarquons à ce sujet qu'il ne 
faut pas confondre les expressions "cœur" et "abîme", bien qu'ils 
se rapportent au même endroit; une pièce est dite "en abîme" si 
elle est accompagnée d'autres pièces, et "en cœur" si elle est 
seule sur le champ. 

Si l'écu ne porte que deux pièces semblables, elle se placent 
ordinairement l'une au-dessous de l'autre en pal ; s'il y en a trois, 
la règle est de les placer deux en chef et une en pointe; aussi 
n'est-il pas nécessaire d'indiquer leur disposition lorsqu'elles sont 
ainsi posées, mais si l'on croit préférable de le faire pour quel- 
que raison, on les dira "posées deux, une", tandis que si elles 
sont posées en ordre inverse (une, deux) on les dit "mal or- 
données". Lorsqu'elles sont au nombre de quatre, on les place 
"deux et deux", ou "cantonnées" ; s'il y en a cinq, elles sont 
posées "deux, deux et une" ou "en croix" ou "en sautoir" ; si 
elles sont au nombre de six, on les place "trois, deux et une" ou 
"deux, deux et deux", ou "en orle", etc. 

On peut, dans certains cas, se dispenser d'indiquer la disposition 
des pièces susceptibles de positions diverses, surtout lorsqu'il 
s'agit d'armoiries qui sont supposées bien connues. Ainsi lors- 
qu'on décrit les armes de la famille de Montmorency on dira que 



152 Traité d'art héraldique 

les seize alérions d'azur sont "posés deux, deux dans chaque can- 
ton" ; mais lorsqu'on blasonnera celles de Lévis de Dampville qui 
écartèle de Montmorency par suite d'une alliance avec cette fa- 
mille on dira simplement "seize alérions d'azur" sans prendre 
le soin d'indiquer leur disposition, mais en ajoutant les mots 
"qui est de Montmorency" parce qu'on est supposé connaître la 
disposition des meubles de cette armoirie. 

La position naturelle des pièces ne s'énonce pas, mais si cette 
position est changée, il faut l'indiquer. Ainsi la position natu- 
relle du lion héraldique est d'être "rampant", c'est-à-dire dans 
l'attitude du combat, et si l'on ne s'en exprime pas autrement, il 
doit être ainsi figuré, mais s'il est "passant" ou "couchant" ou 
"dormant", il est nécessaire de l'indiquer. Les fusées, losanges, 
et autres pièces longues se posent en pal, à moins qu'on ne leur 
indique une autre position. Les rayons d'une étoile ne s'énon- 
cent que s'il y en a plus de cinq. L'écu "d'azur à trois fleurs 
de lis d'or" fut pendant longtemps l'armoirie des rois de France, 
et l'on exprime ce blason simplement par l'expression "de France", 
comme le champ de gueules chargé d'un léopard d'or est parfois 
indiqué par l'expression "d'Angleterre". 

Mais quand les pièces n'ont pas d'attributs absolus, il est 
nécessaire d'indiquer ces attributs. Ainsi la croix sera "patriar- 
chale", "pattée" ou "pommetée"; les tours et châteaux seront 



SITUATION KT DISPOSITION DES PIÈCES 153 

"ajourés" de telle couleur ou "crénelés" de tant de pièces, etc., 
et cet attribut n'est indiqué qu'après avoir énoncé l'émail de la 
pièce; on doit donc dire: "une fasce d'or ondée", et non pas "une 
fasce ondée d'or". 

Il faut donc indiquer d'une manière précise la position, la situa- 
tion et l'attribut de toutes les figures et meubles de l'écu, soit 
comme charge, soit comme accompagnement, surtout lorsque leur 
attribut n'est pas celui qui est ordinairement reconnu, mais il 
arrive aussi qu'en outre de la charge, une figure empiète sur une 
autre; on dit alors qu'elle "broche", expression qui tire son ori- 
gine de l'aiguille d'ivoire ou de métal avec laquelle on faisait des 
broderies sur les cottes d'armes des chevaliers. Dans ce cas, on 
blasonne en énumérant les figures dans l'ordre où elles ont été 
posées, c'est-à'-dire qu'on nomme d'abord le champ et les parti- 
tions, puis la figure qui est posée immédiatement sur le champ, 
et l'on finit par la pièce qui broche sur le tout; ainsi l'on dira: 
"d'or à la fasce d'azur chargée de trois étoiles d'argent, au che- 
vron de gueules brochant sur le tout". 

Après avoir blasonne l'écu, ses émaux, ses figures, meubles et 
leurs attributs, on passe aux ornements extérieurs en décrivant 
d'abord ceux qui se placent au-dessus de l'écu, le casque, la cou- 
ronne, le cimier, les lambrequins, puis ceux des côtés, les tenants, 
supports, cordelières et palmes, et l'on finit par la devise et les 
décorations qui sont placées au-dessous. 



154 TRAITÉ d'art héraldique 

ARTICLE IVe. 

DIFFÉRENCES DU BLASON DANS DIVERS PAYS. 

Les règles du blason français que nous venons d'esquisser briè- 
vement permettent de blasonner les armoiries les plus compli- 
quées, si l'on a soin de les observer dans la décomposition de 
leurs dififérentes pièces. Il arrive cependant que par l'introduc- 
tion de nouvelles pièces ou même d'armoiries entières, comme 
dans le cas de concessions, de prétentions et d'alliances, il se pro- 
duit de telles complications que l'armoirie devient un véritable 
labyrinthe; on s'y retrouve en remontant aux armoiries primi- 
tives de la famille et en suivant par l'étude de l'histoire et de la 
généalogie les raisons des changements survenus, comme nous 
l'indiquerons plus loin pour les armoiries du royaume de Grande- 
Bretagne et d'Irlande. 

En France, la femme accole généralement ses armoiries à celles 
de son mari; en Angleterre, elles se placent sur le même écu à 
senestre, en les divisant d'un "parti", et si le mari contracte un 
second mariage, il substitue les armoiries de la seconde femme 
à celles de la première, ou coupe le "parti" senestre de son écu 
et y place les armes de sa première femme en chef, et celles de la 
ceconde en pointe. Mais si l'épouse est une héritière, elle place 
SOS armes en écusson sur le tout, ce qui se nomme en anglais 



DIFFÉRENCES DU BLASON DANS DIVERS PAYS 155 

*'escutcheon of pretcncc" , pour indiquer les prétentions dû mari 
à l'héritage de sa femme, et les enfants porteront dans ce cas les 
armes de leur père et de leur mère en écartelé pour les trans- 
mettre ainsi à leurs descendants. On indique souvent, en bla- 
sonnant, le nom de la famille dont les armes sont ainsi intro- 
duites dans un écu. 

S'il est vrai de dire que le blason est tout à la fois un art ingé- 
nieux, une science exacte et une langue universelle, on peut dire 
également que cette trilogie se rencontre surtout en France et en 
Angleterre, car c'est dans ces deux pays que les règles en sont, 
le mieux observées, tandis qu'en Allemagne, en Italie, en Esna- 
gne et dans la plupart des autres pays de l'Europe, les règles en 
sont très élastiques. 

En France, "tout est prévu, tout est réglé" dit Gourdon de 
Genouillac, "non seulement ce qui figure dans le corps de l'écu, 
"mais aussi tout ce qui l'accompagne à l'extérieur. . , tout doit 
"avoir une forme déterminée". C'est dans ce pays qu'on rencon- 
tre le plus de pièces primitives honorables, ce c|ui indique l'an- 
cienneté de sa noblesse. 

Il ne faudrait pas croire cependant que cette distinction soit 
concédée à la France sans discussion par les autres pays ; témoin, 
cette réplique d'un noble castillan au duc de Vendôme, à qui 
Louis XIV avait confié la mission de recueillir les adhésions des 



156 TRAITÉ d'art héraldique 

chefs de la noblesse espagnole en faveur de son petit-fils Philippe 
d'Anjou à la succession du trône d'Espagne. Comme plusieurs 
seigneurs ajoutaient à leur signature les mots "noble comme le 
roi", le duc les laissa faire ponr ne pas compromettre le succès de 
sa mission, mais lorsque l'un d'eux eut l'audace d'ajouter "3; un 
poco mas" (et un peu davantage), le duc perdant patience lui 
demanda s'il mettait en doute la noblesse de la maison de Bour- 
bon, la plus ancienne de France. — "Non, seigneur duc, répondit le 
noble hidalgo, mais Philippe V est français, et j'ai l'honneur 
d'être castillan". 

L'Angleterre, qui s'est abondamment inspiré du blason fran- 
çais, comme en font foi les nombreuses expressions empruntées 
à son vocabulaire, observe généralement les règles indiquées ci- 
dessus, mais elle multiplie parfois les partitions et divisions de 
l'écu au point d'en rendre la lecture difficile; elle charge et sur- 
charge ses pièces honorables, fait grand usage du cimier et des 
lambrequins qu'elle déroule en formes fantastiques, et prend gé- 
néralement pour supports des animaux de figures différentes. 

L'Allemagne au contraire ignore presque complètement les 
règles les plus sévères du blason français ; elle ne se fait pas de 
scrupule de placer métal sur métal, ni de contourner ses figures 
à senestre, si elle croit que l'apparence générale de l'armoirie y 
gagnera, car l'Allemand se préoccupe surtout de composer une 



DIFFÉRENCES DU BEASON DANS DIVERS PAYS - 157 

armoirie qui produise un bel effet, et il y réussit à merveille. Il 
a le culte du cimier et il y entasse les objets les plus bizarres et 
même grotesques; s'il écartèle ses armoiries par mariage ou par 
concession, son principal souci est d'ajouter un cimier, et com- 
me cet ornement ne peut, en règle générale, se placer que sur un 
casque, il aligne parfois de véritables collections de heaumes de 
toutes formes et de tous panaches au-dessus de son écu qui n'oc- 
cupe plus qu'une place secondaire et dont le blasonnement est 
abandonné au caprice. 

En Espagne et en Portugal, les armoiries écartelées et les 
partitions multiples sont aussi fréquentes qu'en Angleterre. Les 
pièces parlantes et les devises y sont nombreuses; les chaînes et 
les têtes noires indiquent la réduction des Maures en esclavage; 
les chaudières indiquent les concessions accordées autrefois aux 
seigneurs bannerets qui prenaient le titre de "scnor de pend on y 
de Caldera" (seigneur de bannière et de chaudière) parce qu'ils 
nourrissaient les troupes qu'ils devaient prélever et conduire à la 
guerre ; c'est pour cette raison qu'on voit fréquemment des chau- 
dières dans les armoiries espagnoles comme emblèmes de puis- 
sance et de richesse. 

L'Italie est principalement le pays des armoiries parlantes, la 
pièce principale indiquant généralement le nom ou l'état social 
du propriétaire de l'écu. Le blason russe est fertile en figures 



158 'Traité d'art héraldique 

d'animaux de chasse et de guerre; le suédois, en instruments de 
chasse et de pêche"; le polonais en ornements d'église, et la Suisse 
est remarquable par la forme de son écu. 

Pour se reconnaître dans le dédale des armoiries compliquées 
de ces divers pays, et pour en contrôler l'authenticité, il est né- 
cessaire de recourir aux services des hérauts d'armes et de com- 
pulser les armoriaux officiels. Aussi croyons-nous utile de dire 
immédiatement un mot de ces institutions. 



CHAPITRE VIII. 
HERAUTS ET COLLEGES D'ARMES. 



L'institution des hérauts remonte à une époque très reculée; 
on en trouve de fréquentes mentions dans Homère, ainsi que 
chez les poètes latins. Leurs fonctions les plus solennelles con- 
sistaient dans la proclamation des édits et dans la signification 

des déclarations de guerre. 

En France, il en est souvent question sous le règne de Char- 

lemagne; ils jouent un rôle considérable dès l'institution des pas 
d'armes et tournois, et sous le règne de Saint-Louis, ils sont déjà 
divisés en trois ordres distincts : le roi d'armes, qui résidait à la 
cour, était leur chef, portait le nom de "Montjoie Saint-Denis", 
cri de guerre des rois de France, et jouissait de nombreux pri- 
vilèges ; venaient ensuite les hérauts d'armes au nombre de trente 
qui étaient nommés pour la province dont ils portaient le nom, tel 
que "Normandie", "Guyenne", etc., et enfin les poursuivants 
d'armes qui étaient de simples aides ou stagiaires se préparant 
par l'étude du blason à être promus à la charge de héraut. 



va 

I 



160 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

" Les fonctions des hérauts d'armes du XIV au XVIe siècle", 
dit Eysenbach dans son Histoire du Blason, "étaient nombreu- 
" ses et importantes. Ils s'occupaient de tout ce qui avait rap- 
" port à l'art héraldique auquel ils ont donné leur nom; ils assis- 
" taient aux cérémonies du mariage, du couronnement et de la 
" sépulture des rois ; ils allaient porter, comme chez les anciens, 
" les déclarations de guerre ; ils réglaient les formalités des tour- 
" nois et des combats à outrance, faisaient les sommations aux 
" commandants des villes assiégées". Lorsqu'ils portaient les dé- 
fis, déclarations de guerre ou sommations, leur personne était 
sacrée, mais malheur à ceux qui étaient convaincus d'imposture! 
Walter Scott en rapporte un exemple typique lorsqu'il décrit 
l'aventure de Sanglier Rouge dans son roman de Quentin 
Durward. 

Cette institution a disparu depuis longtemps en France, la der- 
nière mention qui en est faite remonte à 1634 sous Louis XIII; 
on a cherché à la faire revivre sous l'Empire et sous la Restau- 
ration, mais elle a été tout à fait abandonnée depuis 1830. 

Les chevaliers qui voulaient prendre part à un tournoi devaieitt 
prouver leurs titres de noblesse à la satisfaction du héraut d'armes 
en charge de la lice ou du pas d'armes; ils se faisaient accom- 
pagner à cet effet de leurs poursuivants d'armes qui étaient char- 



HÉRAUTS ET COLLÈGES DARMES ' 161 

gés de les annoncer et de blasonner leurs armoiries. On a vu 
qu'après avoir fait leurs preuves de noblesse en deux occasions, 
ils étaient dispensés de cette obligation pour l'avenir ; ils portaient 
deux cornes en cimier pour indiquer ce privilège, et leurs armoi- 
ries étaient enregistrées par les hérauts d'armes dans un registre 
dont ils avaient la garde. 

Il arrivait cependant que des usurpateurs cherchaient à s'attri- 
buer des armoiries auxquelles ils n'avaient aucun droit; aussi les 
souverains reconnurent-ils bientôt la nécessité de promulguer des 
ordonnances pour en régler l'attribution et pour former des cata- 
logues d'armoiries. 

La première de ces ordonnances remonte à Charles VII qui 
émit des lettres-patentes ordonnant de consigner dans un cata- 
logue les armes des ducs, princes, comtes, barons, seigneurs, châ- 
telains et autres nobles du royaume- Louis XI compléta cette 
ordonnance en créant par lettres patentes du i7 juin 148? Gilbert 
Chauveau dit Bourbon, héraut d'armes de Bourbonnais et d'Au- 
vergne, connétable de France, avec pouvoir de dresser ce cata- 
logue, d'y corriger les armes erronées et d'en retrancher celles 
des usurpateurs. Charles IX et Henri III légiférèrent tour à 
tour sur cette institution; Louis XIII établit la charge de juge 
d'armes en y appelant François de Chevriers de Saint-Mauris en 

161 5. et Louis XIV compléta l'œuvre de ses devanciers en 1696, 
6 



162 TRAITÉ d'art héraldique 

par l'établissement d'une grande maîtrise d'armes générale et sou- 
veraine, avec un armoriai général du royaume. 

La famille d'Hozier s'est identifiée en France avec cette fonc- 
tion au point que son nom est devenu synonyme d'armoriste 
officiel; Pierre d'Hozier fut nommé juge d'armes en 1641 et 
écrivit la généalogie des principales familles de France; son fils 
Charles-René fut appelé à la rnême charge en 1 7o6 ; Louis-Pierre 
d'Hozier, neveu de ce dernier, Antoine-Marie d'Hozier et Am- 
broise-Louis-Marie d'Hozier ont tour à tour rempli la charge de 
juges d'armes et travaillé au Grand Armoriai de France qui se 
trouve en manuscrit à la Bibliothèque Nationale de Paris. 

En Angleterre, le droit exclusif d'accorder, de confirmer ou 
d'enregistrer les armoiries est confié au Collège d'Anncs qui se 
compose: 1° du Lord Maréchal d'Angleterre, dont la charge 
est héréditaire dans la famille du Duc de Norfolk; 2°. de trois 
Rois d'Armes qui portent respectivement les noms de Carter qui 
en est le chef, Clarenceux, dont la juridiction s'étend au sud de 
la rivière Trent, et Norroy, dont la juridiction est au nord; 3°. 
de ^Lr Hérauts d'Armes, dont les noms sont Windsor, Chester, 
Lancaster, Somerset, York et Richmond ; et 4°, de quatre Pour- 
suivants d'Armes nommés Rouge-Croix, Rouge-Dragon, Blue- 
mantle et Portcullis. En dehors de ce chapitre se trouve aussi 
un roi d'armes pour la principauté de Galles qui se nomme Bath 



HÉRAUTS ET COLLÈGES d'aRMES K)^ 

OU Glouccster, un pour l'Ecosse, Lord Lyon, et un pour l'Irlande, 
Ulster. 

Le premier roi d'armes Garter dont l'histoire d'Angleterre 
fasse mention est William Bruges qui fut nommé le 5 janvier 
1420, tandis qu'en Ecosse la charge du roi d'armes Lyon exis- 
tait déjà cinquante ans auparavant. 

En Allemagne l'institution des hérauts d'Armes est tout aussi 
ancienne et l'on voit déjà dans le livre de Konrad Grunenberg 
Wappencode.v zu Miinchen publié en 1483 une curieuse exhibi- 
tion de heaumes et cimiers portés par des hérauts. Les charges 
s'y divisent en trois classes comme en Angleterre, sous les noms 
de rois, hérauts et poursuivants. 

La constitution du Collège d'Armes d'Angleterre remonte à 
1425, et c'est le roi Edouard III qui lui conféra le privilège ex- 
clusif de se prononcer officiellement sur les titres des personnes, 
villes ou sociétés qui réclament le droit aux armoiries. Autrefois 
les nobles haut titrés avaient le privilège de conférer des armoi- 
ries qui pouvaient, par exception, passer d'une personne à une 
autre. En règle générale cependant, les armoiries étaient per- 
sonnelles; elles ne sont devenues héréditaires que sous le règne 
de Henri III, et aujourd'hui, elles font partie du patrimoine de 
la famille. Elles peuvent aussi s'acquérir par mariage avec une 
héritière, par tenure d'une charge ou autrement; mais il faut 



1C4 ~ TRAITÉ d'art héraldique 

dans tous les cas obtenir l'autorisation du Collège d'Armes pour 
avoir le droit de les porter, et . payer une redevance annuelle 
d'une guinée. 

Il ne faut pas confondre les Collèges d'Armes, qui se pronon- 
cent officiellement sur l'octroi et l'enregistrement des armoiries, 
avec les institutions d'initiative privée qui prennent le nom de 
"collèges héraldiques" ou autre désignation analogue; il va de 
soi que ces comités n'ont qu'un caractère purement consultatif. 



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CHAPITRE IX. 
APPLICATION DES PRINCIPES. 



Ayant terminé la revue des principes du blason, nous sommes 
maintenant en mesure de les appliquer. A cet effet, nous guide- 
rons le lecteur en blasonnant avec lui, à titre d'exercices, quel- 
ques-unes des armoiries qui se rapportent à l'histoire de notre 
pays; nous choisirons celles qui peuvent nous donner des exem- 
ples des différentes règles que nous avons étudiées, en observant 
une gradation des armoiries simples aux composées. La plupart 
de ces blasons sont empruntés à V Armoriai du Canada Français, 
ouvrage précieux que nous devons aux savantes recherches de 
MM. Massicotte et Roy, deux de nos héraldistes les mieux avertis, 
et nous renvoyons le lecteur aux illustrations de la planche V pour 
en suivre les descriptions. 

Jacques Cartier, découvreur du Canada, porte : "D'azur à 
trois pommes de pin d'or" (pi. V, fig. i). 

Beauharnois (François de), intendant de la Nouvelle- 



168 Traité d'art héraldique; 

France : "D'argent à une fasce de sable accompagnée en chef de 
trois merlettes de même rangées en fasce" (pi. V, fïg. 2). 

Laval, de Montmorency {Vénérable François de), premier 
évêque de Québec : "D'or à la croix de gueules chargée de cinq 
coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions d'azur posés 
deux, deux dans chaque canton" (pi. V, fîg. 3). 

BeaujEu (Capitaine Daniel LiénArd de), héros de la ba- 
taille de Monongahéla: "D'or au lion de sable à la queue nouée, 
armé et lampassé de gueules, au lambel à cinq pendants du même, 
brochant" (pi. V, fîg. 4). 

AuBERT DE Gaspé (Pierre), ancêtre de l'auteur des Anciens 
Canadiens: "Parti, au i d'argent à trois pins de sinople posés en 
fasce, et un croissant de gueules en pointe, au chef d'azur chargé 
de trois étoiles d'or; au 2 d'argent au lion de sable à la queue 
léopardée, tenant une croix latine du même" (pi. V, fig. 5). 

MoNTCALM (Louis-Joseph de Saint-Véran, marquis de), 
le glorieux vaincu des Plaines d'Abraham : " Ecartelé, au i 
d'azur à trois colombes d'argent becquées et membrées de gueu- 
les; aux 2 et 3 de sable à une tour donjonnée de trois tourelles 
d'argent ouverte et ajourée du champ, qui est de Montcalm ; au 
4 de gueules à la bande d'azur bordée d'argent et une bordure 
componée du même et du champ, qui est de Gozon. (Le mar- 
quis de Montcalm comptait parmi ses ancêtres le chevalier Gozon, 
grand maître de Malte), (pi. V, fig. 6). 



APPLICATION DES PRINCIPES 169 

Salaberry (MichEIv-dIrumberry de), aïeul du héros de 
Chateauguay : "Parti ; au i d'or, coupé, au premier à un lion de 
gueules, au second à deux bœufs du même, l'un sur l'autre, ac- 
cornés et clarines d'azur; au 2 de gueules à une croix d'argent 
pommetée d'or et une bordure d'azur chargée de huit flanchis 
d'or. (pi. V, fig.7). 

LÉvis DE Dampville (duc François-Christophe de), vice- 
roi d'Amérique de 1644 à 1660: "Ecartelé; aux i et 4 contre- 
écartelé; au premier d'or à trois chevrons de sable qui est de 
Lévis; au deuxième bandé d'or et de gueules de six pièces qui 
est de Thoire-Villars ; au troisième de gueules à trois étoiles d'or 
qui est de Bermond-d'Anduze ; au quatrième d'argent au lion de 
gueules qui est de Layre ; sur le tout échiqueté d'or et de gueules 
de six tires qui est de Ventadour; aux 2 et 3 d'or à la croix de 
gueules cantonnée de seize alérions d'azur qui est de Montmo- 
rency, (pi. V, fig. 8). 

Royaume de France (avant 1830) : "D'azur à trois fleurs 
de lis d'or. L'écu timbré du heaume royal orné de sa couronne 
et de ses lambrequins. Tenants, deux anges à la dalmatique ar- 
moriée des couleurs de l'écu, soutenant des drapeaux également 
armoriés. Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Pavillon 
d'azur semé de fleurs de lis d'or, doublé d'hermine, sommé de la 
couronne rovale fermée d'une double fleur de lis. Cri : Mont- 



170 TRAITÉ d'art héraldique 

Joie Saint-Denis !" Le tout surmonté de l'oriflamme de gueules 
à deux pennons semés de fleurs de lis d'or". (PI. V, fig- 9). 

Royaume de la Grande-Bretagne (de 1801 à 1837). "Ecar- 
telé au I et au 4 de gueules à trois léopards d'or l'un sur l'au- 
tre, qui est d'Angleterre; au 2 d'or au lion de gueules enfermé 
dans un double trescheur du même qui est d'Ecosse ; au 3 d'azur 
à la harpe d'or cordée d'argent qui est d'Irlande. Sur le tout, 
tiercé en pairie renversé ; au premier de gueules à deux lions 
léopardés d'or, l'un sur l'autre, qui est de Brunswick ; au deuxiè- 
me d'or semé de cœurs de gueules au lion d'azur qui est de Lune- 
bourg ; au troisième de gueules au cheval d'argent lancé qui est de 
Saxe ancien; sur le tout du tout, de gueules à la couronne d'or. 
L'écu entouré de la jarretière portant la devise: Honi soit qui 
mal y pense, et timbré de la couronne fermée. Supports : à dex- 
tre un léopard lionne d'or portant une couronne royale du même; 
à senestre une licorne d'argent cabrée, colletée et enchaînée d'or. 
Devise : Dieu et mon droit. Ordres de Saint-Georges, du Char- 
don, du Bain et de Saint-Patrick. Pavillon de pourpre doublé 
d'hermine, surmonté de la couronne des rois d'Angleterre por- 
tant en cimier un léopard d'or couronné de même. (PI. V, fig. 10). 

L'occasion se présente ici de rappeler que pendant près de 
cinq siècles, les fleurs de lis du royaume de France ont figuré 
dans les armes des rois d'Angleterre. A la mort de Charles IV 



APPLICATION DES PRINCIPES 171 

de France, en 1328, Edouard III d'Angleterre posa sa candida- 
ture à cette succession, ajouta les fleurs de lis en écartelé aux 
léopards d'Angleterre, et adopta la devise significative : "Dieu 
et mon droit", pour marquer ses prétentions. En 1/14, l'acces- 
sion au trône d'Angleterre de Georges I qui était de Hanovre 
amena l'introduction des armes de Brunswick, Lunebourg et 
Westphalie, que nous trouvons dans la description ci-dessus. En 
1801, l'Irlande ayant été réunie à la Grande-Bretagne, on révisa 
ces armoiries, et l'on en prit occasion pour renoncer aux fleurs 
de lis de France qui furent abandonnées formellement au traité 
d'Amiens en 1802; les armoiries de la Grande-Bretagne furent 
dès lors telles que nous venons de les blasonner jusqu'à la mort 
de William IV en 183?. La reine Victoria étant alors montée 
sur le trône, elle dut renoncer aux armes de Hanovre à cause des 
dispositions de la loi salique qui excluait les femmes, et adopta 
les armes actuelles de la maison royale d'Angleterre, qui sont : 
"écartelé, au premier et au quatrième d'Angleterre, au deuxième 
d'Ecosse et au troisième d'Irlande". L'adoption de la jarretière 
remonte également au règne d'Edouard III, comme on l'a vu 
plus haut, et l'emploi du léopard et de la licorne comme supports 
se rattache à l'avènement de James I, en 1603. 

En terminant ce chapitre nous croyons sage de signaler un 
danger auquel succombent assez frécjuemment les personnes qui 



172 TRAITÉ d'art héraldique 

adoptent des armoiries de choix: c'est celui d'accumuler dans 
leurs blasons un tel nombre de symboles que la lecture en devient 
presque impossible, qu'ils pèchent souvent contre les règles, et 
que le dessin en ressemble plutôt à un paysage. Certaines pro- 
vinces, certaines villes, certaines institutions de notre pays sont 
tombées dans cette erreur; certains dignitaires ecclésiastiques et 
certains hommes publics n'y ont pas échappé; aussi leurs armoi- 
ries provoquent-elles parfois les sourires des connaisseurs. Con- 
clusion pratique: soyons sobres dans le choix de nos armes, et 
si nous craignons de ne pouvoir appliquer rigoureusement les 
principes établis dans ce traité, faisons-les contrôler par une auto- 
rité compétente avant d'en poursuivre l'adoption. 



-o<s>o — 



CHAPITRE X. 
ARMOIRIES DU CANADA. 

Au cours de l'étude que nous venons de faire, nous avons vu 
que non seulement les hommes, mais aussi les pays et les villes 
ont adopté des armoiries distinctives qu'ils arborent comme ca- 
chet officiel de leur individualité; mais chose singulière, le Ca- 
nada n'a pas encore, à proprement parler, jugé à propos de signa- 
ler ainsi son existence. 

Il est vrai qu'à l'origine de la Confédération, il a réuni dans 
un écu écartelé les armes des quatre provinces qui sont entrées 
dans la formation du Dominion, et cette armoirie d'alliance est 
restée le seul blason officiel du Canada. Mais à mesure que 
d'autres provinces sont entrées dans le giron de la Confédération, 
on a cru, en certains quartiers, qu'il fallait faire place à leurs 
armoiries, et on s'est ingénié à diviser l'écu national pour consti- 
tuer cinq, six, sept et enfin neuf divisions, sans possiblité de pré- 
voir où l'on s'arrêtera. Outre le fait que cette disposition n'est 
nullement autorisée, il n'y a rien dans cette mosaïque qui cons- 



174 TRAITÉ d'art HÉRAI.DIQUE 

titue les armes propres du Canada, et la complication héraldiqtv 
d'un tel assemblage, de même que son instabilité, sont en contra- 
diction trop violente avec la simplicité des règles du blason pour 
qu'on puisse l'adopter comme armoiries de notre pays. Ce n'est 
plus du blason, cela tourne au dévergondage. 

Qu'on examine en effet l'écu armoriai qu'on a prétendu com- 
poser de cette manière et qu'on cherche à le blasonner à l'aide 
des règles indiquées dans ce traité; une page entière suffirait à 
peine à sa description, et encore faudrait-il ne pas trop, s'arrêter 
à décrire les paysages qui y figurent, car certaines armoiries de 
province sont plutôt des tableaux que des armes. Par contre, on 
y découvre de quoi satisfaire tous les goûts : le chasseur en fait ses 
délices, car il y trouve du gibier de tous poils ; le naturaliste peut 
y botaniser des fleurs, du feuillage, des arbres et même des fo- 
rêts entières ; le paysagiste y voit avec plaisir des marines, des 
plaines, des montagnes au naturel, des neiges éternelles et même 
un coucher de soleil ; il y a du poisson, des céréales, des pièces 
héraldiques, des bâtiments, et que sais-je encore, distribués dans 
une orgie de couleurs. . . . Pour abréger, on serait tenté de réu- 
nir cela tout ensemble et blasonner simjilement : : "D'arc-cn-cicl 
à une bouillabaisse du même". 

Depuis cinquante ans que nous badigeonnons ce chromo en 
en variant les dessins et couleurs, le moment ne serait-il pas ar- 



ARMOIRIES DU CANADA 175 

rivé de doter notre pays d'armoiries dignes du rang qu'il est 
appelé à occuper dans le concert des nations ? C'est la suggestion 
que nous faisions à l'Académie Canadienne (Société Royale du 
Canada) en mai 191 7, à l'occasion du cinquantenaire de la Con- 
fédération Canadienne, dans un mémoire où nous lui proposions 
le projet d'armoiries suivant qui est reproduit sur la planche V, 
fig. II, de ce volume: "D'azur; à la fasce de gueules cousue, 
chargée d'un léopard d'or, accompagnée en chef de feuilles d'éra- 
ble du même, semées en nom1)re égal aux provinces, et en pointe 
d'une fleur de lis aussi du même ; timbré d'un castor au naturel, 
couché. Tenants, à dextre un Indien paré, appuyé sur son arc, 
et à senestre un Colon appuyé sur sa hache de défricheur. De- 
vise: "Dieu protège". (PI. \\ fig. 11). 

Cette proposition s'appuyait sur les raisons suivantes : 

1°. Le Canada fut fondé par la France, dont les armes étaient 
alors : "d'azur à trois fleurs de lis d'or" ; nousj en retenons le 
champ et une fleur de lis en pointe; 

2°. Ce domaine fut plus tard conquis par l'Angleterre dont 
les armes sont: de gueules à trois léopards d'or l'un sur l'autre"; 
rappelons ce fait et notre allégeance actuelle en détachant de 
ces armes une fasce de gueules chargée d'un léopard d'or que 
nous coudrons sur notre champ d'azur; 

3°. Nos deux mères-patries étant honorées par leurs emblè- 



176 TRAITÉ d'art héraldique 

mes, il convient de placer en chef la feuille d'érable, emblème 
national du Canada, en lui donnant la couleur d'or qu'elle revêt 
à l'automne. Si l'on croit nécessaire de symboliser les diverses 
provinces qui font partie de la Confédération, on pourra semer 
autant de feuilles d'érable que nous comptons de provinces, sui- 
vant l'exemple de nos voisins des Etats-Unis qui ajoutent une 
étoile à leurs armoiries pour chaque état qui entre dans leur Con- 
fédération ; mais nous préférerions les limiter à deux qui rempla- 
ceraient ainsi les deux fleurs-de-lis de France en chef, symboli- 
seraient les deux races principales et les deux langues officielles 
du pays, et feraient pendant à la troisième fleur de lis originaire 
qui reste en pointe ; 

4°. Un blason ainsi composé unirait la force à la simplicité; 
il serait symbolique et aurait un caractère distinctif qui le ferait 
accepter sans discussion par le Collège des Hérauts d'Armes; 

5°. Comme timbre, le castor est un animal essentiellement 
canadien qu'on a toujours employé comme symbole de notre pays ; 
il est industrieux, laborieux et représente au mieux les qualités 
dont nous nous réclamons ; 

6°. Pour tenants ou supports de cet écu, nous ne pouvons 
mieux faire que de rappeler l'histoire de notre pays en plaçant 
à dextre (suivant l'ordre chronologique) l'Indien qui l'habitait 
au moment de sa découverte, et à senestre le Colon qui l'a dé- 
veloppé; 



ARMOIRIES PU CANADA 177 

7°. La devise "Dieu protège" se rattache à la France et à 
l'Angleterre par la langue, par l'histoire et par analogie avec 
celle de la couronne britannique; elle est en harmonie avec nos 
traditions et exprime en même temps notre espoir dans les des- 
tinées de la patrie. 

Après la session de la Société Royale, ce projet fut soumis à 
quelques héraldistes qui s'étaient intéressés à la question. M. 
Chadvvick, de Toronto, avait déjà proposé comme armoiries du 
Canada : "De gueules à deux léopards d'or contre-passants, au 
chef du même chargé d'une fleur de lis d'azur, accostée de deux 
feuilles d'érable de sinope". M. Todd, de New- York, voulait : 
"De gueules semé de lis d'or, au lion rampant du même; au chef 
du drapeau d'union, chargé en cœur d'une feuille d'érable d'or". 
M. Heriot, de Montréal, proposait : "Coupé de gueules et d'azur 
à deux lions d'or adossés et une fleur de lis du même en pointe; 
au chef aussi du même chargé de quatre feuilles d'érable de sino- 

ple posées en fasce". M. Massicotte, de Montréal, se déclarait 
plutôt en faveur de notre projet, de même que M. Thomson, de 
Montréal qui proposait cependant d'y renverser les émaux de 
la fasce et d'ajouter une harpe d'or cordée d'argent entre les 
deux feuilles d'érable du chef. M. Roy, d'Ottawa, favorisait 
l'allusion aux neuf provinces de la Confédération par neuf étoi- 
les, et voulait symboliser nos pêcheries, notre blé et nos forêts 
par trois pièces allégoriques de ces produits. 



178 TRAITÉ d'art héraldique 

A la suite de nombreuses lettres et entrevues sur les mérites 
de ces suggestions, les auteurs de ces divers projets sont tombés 
d'accord en adoptant le champ d'azur, le léopard, les deux feuil- 
les d'érable et la fleur de lis d'or, que nous avions proposés à la 
Société Royale, mais avec une heureuse modification qui suppri- 
mait la fasce de gueules cousue et plaçait conséquemment le léo- 
pard d'or sur le champ d'azur; le castor auquel M. Chadwick 
s'objectait fortement est remplacé comme cimier par l'orignal, 
qui a le mérite d'unir la force et la majesté au caractère d'animal 
essentiellement canadien; le colon proposé pour tenant senestre 
est réservé pour les armoiries de la Province de Québec, et rem- 
placé par un Indien de l'Ouest; enfin, pour bien marquer notre 
loyauté, on suggère d'ajouter à la devise les mots "le Roy", avec 
l'ancienne orthographe- 

A la suite de cet accord, une proposition a donc été faite aux 
autorités de notre pays, leur suggérant d'adopter le projet ci- 
dessus pour être ensuite transmis au Collège d'Armes à Lon- 
dres ; s'il reçoit un accueil favorable, les armoiries du Canada se 
blasonneront donc ainsi : "D'azur, au léopard accompagné en chef 
de deux feuilles d'érable, et en pointe d'une fleur de lis, le tout 
d'or. Cimier, un orignal posé, au naturel. Tenants, deux In- 
diens (de l'Est et de l'Ouest) parés de leurs costumes de guerre. 
Devise: "Dieu protège le Roy". Et comme la manière anglaise 



ARMOIRIES DU CANADA 170 

de blasonner est un peu différente de la nôtre, nous en prenons 
occasion pour indiquer la méthode du blason anglais en faisant 
la traduction de ces armoiries : "Asure; a lion passant-guardant 
betwccn tzco maplc Icavcs in chief and a fleur de lis in base, a/J 
or. Crest, a moosc sfatant, proper. Supporters, tzvo Indians 
(of tJie Bast and West) habited in tJieir war costumes. Motto: 
"Dieu protège le Roy". 

Notre drapeau nationae. — -Les drapeaux se blasonnent 
comme les écus. En fait, ce sont des armoiries nationales, des 
signes de ralliement qui appartiennent à tous les individus d'une 
même allégeance. 

Le drapeau officiel du Canada est le Drapeau d'Union (Union 
Jack) britannique formé par la superposition des enseignes de 
Saint-Georges, de Saint-André, et de Saint-Patrice. Son adop- 
tion remonte à l'union de l'Irlande à la Grande-Bretagne en 1801. 
Le drapeau rouge portant l'Union Jack au canton dextre du chef 
et l'écu des provinces du Canada au quartier senestre de la pointe 
n'a réellement aucun droit de cité sur terre; c'est l'enseigne de 
notre marine 'marchande. 

Le drapeau d'Union étant commun à tout l'empire britannique, 
les différentes unités qui le composent devraient avoir l'autori- 
sation d'y indiquer leur individualité, et s'il nous était permis de 
faire une suggestion à cet effet, nous placerions un écusson d'ar- 



180 TRAITÉ d'art héraldique 

gent "sur le tout" portant un emblème distinctif qui, pour notre 
pays, serait naturellement la feuille d'érable de sinople. 



CONCLUSION. 

Les enseignements contenus dans ce rapide aperçu de la science 
héraldique sont-il suffisamment clairs, les faits historiques et les 
citations dont ils sont émaillés sont-ils assez intéressants pour 
arrêter l'attention du lecteur? Espérons-le. 

L'art héraldique tend de plus en plus à entrer dans le domaine 
de l'archéologie, mais suivant l'expression du vicomte de Magny, 
dans son introduction à la Science du Blason, " si les signes dis- 
" tinctifs de la noblesse ne sont qu'un objet de curiosité tradi- 
" tionnelle pour les intelligences superficielles, ils ont une uti- 
" lité et une importance réelles pour ceux qui, après en avoir saisi 
" le sens et l'origine, en les éclairant du flambeau de l'histoire, 
" appliquent à l'étude de l'histoire elle-même les enseignements 
" précieux et souvent inattendus qu'ils leur fournissent". 

C'est dans cet esprit que la Société Historique de Montréal a 
constitué parmi ses membres, à la suite du regain d'actualité que 
le blason semble vouloir prendre dans l'étude de l'histoire du Ca- 



ARMOIRIES DU CANADA 181 

nada, un Collège Héraldique chargé d'éclaircir, par une étude rai- 
sonnée des armoiries de famille, certains points obscurs de notre 
histoire et de guider de ses conseils les novices qui craindraient 
de se perdre dans les dédales mystérieux d'une science trop 
oubliée. 

Souhaitons en même temps que ce traité, qui trace au Ca- 
nada la voie de l'art héraldique français, détermine chez ceux 
qui ont gardé le culte du passé un désir encore plus grand d'en 
scruter les arcanes; ils apprendront à mieux connaître l'histoire 
de cette époque quasi légendaire du moyen-âge où les paladins 
mouraient pour leur Dieu, pour leur Roi et pour leur Dame, où 
ils avaient un tel mépris de la mort lorsqu'ils combattaient au 
service de la patrie, qu'au lendemain de la bataille le vainqueur 
faisait mesurer au boisseau les bagues des chevaliers tués ! 

Et les descendants de ces preux, qui ont recueilli les armoiries 
de leur ancêtres comme un patrimoine de famille, sauront qu'ils 
doivent les transmettre à leur tour sans ternissure ; ils auront une 
conception encore plus vive des devoirs que leur impose le vieil 
adage: "Noblesse oblige". 

^o®o 



QUATRIEME PARTIE - GLOSSAIRE, 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES 
DU BLASON. 



Nous avons réuni dans ce glossaire les expressions propres au 
langage du blason, en indiquant, pour chacune d'elles, les princi- 
paux attributs qui les caractérisent. 

Leur disposition alphabétique fera retrouver plus rapidement 
le renseignement voulu, mais pour l'exactitude des descriptions, le 
rôle qu'elles jouent et les modifications dont elles sont suscepti- 
bles, il est toujours préférable de recourir à la partie du traité 
dont elles relèvent. 

Ainsi l'on a vu c[ue la largeur réglementaire des pièces hono- 
rables est de deux septièmes de la largeur de l'écu, mais en lan- 
gage courant les auteurs leur en assignent fréquemment le tiers, 
tandis que dans le dessin des figures elle sont presque toujours 



184 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

plus étroites. Signalons en outre que les divergences qui peu- 
vent exister, parfois entre les indications du dictionnaire et celles 
du traité proviennent du fait que nous avons réuni, dans cette 
énumération alphabétique, les renseignements fournis par divers 
auteurs dont les opinions peuvent parfois varier. Il vaut donc 
mieux recourir au traité lorsqu'il y a doute. 

Nous avons cru inutile d'inclure dans cette liste les expres- 
sions qui portent en blason le même nom que dans le langage 
ordinaire, à moins qu'une raison particulière n'en justifie l'in- 
sertion. 



ABAISSÉ. — Attribut des pièces placées au-dessous de la posi- 
tion qu'elles occupent ordinairement- Le chef est abaissé 
lorsqu'il est surmonté d'un autre chef ou d'un filet de l'émail 
du champ. 

Se dit aussi du vol des oiseaux dont les ailes sont pen- 
dantes ou des vols qui se dirigent vers la pointe; aussi d'une 
épée dont la pointe est dirigée vers le bas de l'écu par la main 
qui la tient, et d'une herse qui ferme l'entrée d'un château. 

ABEILLE. — Cet insecte est représenté "montant", vu de dos, et 
les pattes étendues; si les ailes sont aussi étendues elle est 
dite "volante". L'abeille symbolise l'industrie et l'ordre. 

ABÎME. — Cœur de l'écu. La pièce mise "en abîme" est accom- 
pagnée d'autres pièces, mais n'en touche ni ne charge aucune 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 185 

filtre. Si elle est seule, elle est "en cœur", mais cette ex- 
pression étant sous-entendue, il n'est pas nécessaire de l'ex- 
primer. 

ABOUTÉ. — Attribut des pièces allongées qui sont mises bout 
à bout comme les épées, les otelles, les mâcles, etc. ; se dit 
aussi des mouchetures d'hermine mises en croix. 

ACCOLÉ. — Cette expression s'applique à deux écus joints en- 
semble ou aux pièces posées l'une contre l'autre comme les 
les fusées, les mâcles, etc., quand elles se touchent de leurs 
flancs ou de leurs pointes sans remplir tout l'écu. 

Se dit aussi des figures naturelles telles que la vigne qui 
grimpe "accolée" à l'échalas, du serpent qui s'enroule sur 
un colonne, etc. 

Quelques auteurs appliquent aussi cette expression aux 
animaux à cornes qui ont un collier, mais on dit plutôt "col- 
leté", comme pour les autres animaux. 

S'applique encore aux colliers d'ordres de chevalerie qui 
entourent l'écu. 

ACCOMPAGNÉ. — Se dit des pièces principales d'un écu lors- 
qu'elles sont accompagnées de pièces secondaires ; mais quand 
il s'agit d'un pal ou d'une fasce qui ont des pièces disposées 
chaque côté d'eux, on les dit "accostés"; pour la croix et le 
sautoir, on se sert du mot "cantonné". 

ACCOMPAGNEMENT.— Se dit de toute pièce placée hors de 
l'écu et qui l'accompagne. Aussi des pièces secondaires qui 
accompagnent la pièce principale. 

ACCORNÉ. — Attribut des cornes des animaux lorsqu'elles sont 
d'un autre émail que la tête, à l'exception du cerf qu'on dit 



186 TRAITÉ d'art héraldique 

"ramé". Il ne faut pas le confondre avec "ancorné" qui 
s'applique à la corne du pied. 

ACCOSTÉ. — Se dit d'une bande, d'une barre, d'une fasce ou 
d'un pal accompagnés de pièces posées en nombre égal et 
en position semblable de chaque côté. Voir "côtoyé". 

ACCOUPLE DE CHIENS.— Instrument de piqueur pour tenir 
deux chiens en laisse. (Voir "couple".) 

ACCROUPI. — Attribut des animaux qui sont assis sur leur 
arrière-train, les deux pieds de devant touchant la terre, et 
des lièvres, lapins ou écureuils quand ils sont ramassés, ce 
qui est leur position ordinaire et dans ce cas il n'est pas 
besoin de l'exprimer; pour les animaux domestiques on dit 
plutôt "assis". Lorsque les pieds de devant ne touchent pas 
le sol on dit "acculé". 

ACCULÉ. — Attribut du cheval ou de la licorne assis sur leur 
arrière-train, mais dont les deux pieds de devant sont levés, 
au lieu de toucher la terre. 

Se dit aussi de deux canons posés sur leurs afifûts et poin- 
tés en sens inverse. 

ADEXTRÉ. — Se dit d'une pièce principale accostée d'une autre 
à dextre ; si elle est adextrée en chef ou en pointe, il faut 
l'exprimer. 

ADOSSÉ. — Position de deux animaux qui se tournent le dos, 
ou de deux pièces posées dos à dos comme deux clefs dont 
les pannetons sont tournés en dehors. Le contraire est 
"aflfronté". 

AFFAISSÉ. — Se dit parfois d'une fasce. d'une bande ou d'une 
barre courbée vers le bas de l'écu. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 187 

AFFRONTÉ. — C'est le contraire d'adossé; s'applique aux ani- 
maux, têtes ou objets qui se font face. 

AFFUTE. — Se dit d'un canon dont l'affût est d'un émail dif- 
férent. 

AGACE. — Nom héraldique de la pie. 

AGITÉ. — Attribut de l'eau lorsque l'ombre des vagues est d'un 
autre émail. 

AGNEAU. — Symbole de la douceur, de la bonté et de la pureté ; 
il est représenté "passant". Lorsqu'il tient une longue croix 
à laquelle est attachée une banderolle d'argent chargée d'une 
croix de gueules, il prend le nom d'Agneau pascal ou 
Agnus Dci. 

AIGLE. — L'aigle héraldique est du genre féminin ; elle se repré- 
sente généralement la tête de profil, le corps de face et les 
ailes éployées, mais si elle a les ailes pendantes, on la dit "au 
vol abaissé" ; elle est "essorante" quand elle prend sa volée, 
et "essorée" quand elle est en plein vol. Si elle a deux têtes 
et qu'elle est de sable, on la nomme Aigle de l'Empire. On 
la dit "becquée" lorsque l'émail de son bec est différent de 
celui du corps; "languée" ou "lampassée" pour sa langue, 
"membrée" pour ses jambes et "armée" pour ses griffes; lors- 
qu'elle porte un cercle sur sa tête, on la dit "diadémée". 
L'attribut "pâmé" s'applique à l'aigle mourant de vieillesse. 
Dans son assiette ordinaire, elle montre la poitrine, a la tête 
tournée à droite et le vol dirigé vers le haut. — Voir aiglette 
et alérion. 

AIGLETTE ou AIGLON. — Petites aigles au nombre de trois 
ou en plus grande quantité dans un écu; il ne faut pas les 



188 TRAITÉ d'art héraldique 

confondre avec les alertons qui n'ont ni becs ni pattes. Voir 
"saffre". 

AIGRETTE. — Toufife de plumes dont les chevaliers décoraient 
leurs casques, mais qui est plutôt désignée dans ce cas sous 
le nom de plumaîl. Les toques sont relevées d'une aigrette 
dont la forme indique la dignité de celui qui les porte. 

L'aigrette est aussi un oiseau du genre héron qui se repré- 
sente de profil et passant. 

AIGUIÈRE. — Vase ouvert avec un bec à dextre et une anse à 
senestre- Voir pignatc. 

AIGUISÉ. — Attribut du pal et des pièces longues, dont les ex- 
trémités sont en pointe; toutefois la pointe de Vaiguisé est 
moins aigûe que celle "au pied fiché". 

Se dit aussi de la badelaire ou du sabre dont le tranchant 
est d'un émail différent. 

AILE. — En langage héraldique, une aile se nomme "demi-vol" 
et deux ailes se nomment "un vol", sauf pour les anges dont 
les ailes gardent ce nom. Si les ailes s'éloignent du corps 
on les dit "ouvertes". 

AILÉ. — Attribut d'un animal représenté avec des ailes contre sa 
nature, comme le lion de Venise, ou d'un oiseau dont les 
ailes sont d'un autre émail que son corps. 

Se dit aussi d'un foudre orné de deux ailes étendues. 

AIRE. — Nid du pélican, du phénix, de l'aigle et des autres grands 
oiseaux. 

AJOURÉ. — Attribut d'un château, d'une tour, d'un mur ou d'une 
maison dont les ouvertures sont d'un émail différent ; cepen- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 189 

dant, on emploie dans ce cas le mot ouvert lorsqu'il s'agit 
de la porte. Quelques auteurs emploient improprement le 
mot ajouré pour indiquer une pièce percée à jour et laissant 
voir l'émail du champ; il est plus régulier de dire que cette 
pièce est vidée si cette ouverture suit parallèlement le con- 
tour, ou qu'dle est chargée de telle ouverture. 

AJOUTÉ. — Attribut du chef crénelé dont les créneaux sont d'un 
émail différent. 

AJUSTÉ. — Se dit d'une flèche posée sur la. corde de l'arc, mais 
l'expression encoche est préférable. 

A L'ANTIQUE. — Position de l'écu incliné à dextre, le heaume 
étant placé sur l'angle senestre du chef. 

Se dit aussi du vol des oiseaux, lorsqu'une des ailes cou- 
vre en partie l'autre. 

ALCYON. — Espèce de cygne représenté dans son nid voguant 
sur les flots. On le dit "flottant" lorsque les ondes sont d'un 
autre émail. 

ALÉRION. — Petite aigle sans bec ni jambes, au vol étendu mais 
abaissé et posée en pal; elles se mettent en nombre sur l'écu 
et symbolisent les ennemis vaincus et désarmés. 

ALÉSÉ. — Attribut des pièces honorables dont les extrémités ne 
touchent pas les bords de l'écu; quelques auteurs orthogra- 
phient alézé ou alaise. On dit aussi "raccourci'". 

ALLUMÉ. — Attribut des bûchers, flambeaux, écots ou de toute 
autre pièce dont la flamme est d'un émail différent. 

Se dit aussi des yeux des animaux qui sont d'un autre 
émail que leur corps, excepté pour le sanglier qu'on dit 



190 TRAITÉ d'art héraldique 

"flamboyant", et pour le cheval et la licorne qu'on dit 
"animé". 

ALTERNÉ. — Se dit des pièces de forme régulière, mais d'émaux 
différents, placées alternativement côte à côte, ou des figures 
semblables placées dans diverses partitions de l'écu quand il 
y a changement des émaux de ces partitions avec ceux des 
pièces. Ainsi, les carrés des pièces componces alternent, de 
même que les pièces posées de l'un à l'autre. 

AMADES.— (Voir Hamades). 

ÂME- — Devise allusive aux armes qu'elle accompagne; se place 
au-dessus de l'écu. 

AMPHIPTÈRE. — Figure chimérique représentant un serpent 
ailé. 

AMPHISBÈNE. — Figure chimérique représentant un serpent 
à deux têtes, dont une à chaque extrémité. 

ANCHÉ. — S'applique au cimeterre, à la fasce et autres pièces 
longues dont une ligne est plus courbée que l'autre. 

ANCOLIE. — Fleur imaginaire à trois pétales, tigée et feuillée, 
ayant la forme d'une clochette ; elle se pose la tige en haut. 

ANCORNÉ. — Attribut des animaux dont le pied est à corne 
ronde quand elle est d'un autre émail que leur corps ; pour 
ceux dont le sabot est fourchu on dit "ongle" et pour les 
carnassiers "armé". Ne pas confondre avec "accorné" qui 
s'appliç(ue aux cornes. 

ANCRE. — Pièce de marine dont la tige se nomme "stangue", la 
traverse du haut "trabe", et le câble passé dans l'anneau 
"gumène" ; les noms de ces parties de l'ancre ne s'expriment 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 191 

en blasonnant que lorsqu'elles sont d'un autre émail que le 
reste de l'ancre. Elle se pose en pal la trabe en haut. 

ANCRÉ. — Cette expression s'applique aux pièces dont les extré- 
mités se terminent en pattes d'ancre ; v. g. une croix ancrée. 

ÂNE. — Ordinairement représenté de profil et "passant"; quand 
il est élevé sur ses pieds de derrière, il est dit " effrayé ", 
ou "effaré". 

ANGE. — Symbole de la foi ; quand il figure dans l'écu, sa posi- 
tion habituelle est de face, les mains jointes et les ailes 
étendues veres le chef. Il fait plus souvent partie des orne- 
ments extérieurs ; les armoiries des papes ont des anges pour 
tenants, de même que celles des rois de France depuis 
Louis XI. 

ANGEMME ou ANGENNE. — Fleur imaginaire qui se pré- 
sente de face, à quatre pétales arrondis et percée d'une ou- 
verture ronde au centre, laissant voir le champ. Lorsqu'elle 
a un bouton au lieu d'une ouverture, c'est une "quarte- 
feuille." 

ANGEMMÉ. — Tiercefeuille, quartefeuille ou quintefeuille per- 
cée au centre au lieu d'avoir un bouton. 

ANGLE. — Se dit des croix, sautoirs, étoiles et autres pièces à 
angles, quand ils sont accompagnés de figures mouvantes 
de ces angles, telles que les croix de l'ordre du Saint-Esprit, 
de celui de Malte, etc., qui sont anglécs de fleurs de lis. 

ANGON. — Javelot antique ressemblant à une fleur de lis dont 
les crochets seraient fort recourbés. 

ANILLE. — Meuble formé de deux portions de cercle adossées 
et réunies au centre par une traverse. C'était une pièce que 



192 Traité d'art héraldique 

l'on plaçait à l'extérieur des maisons pour empêcher l'écar- 
tement des murs, et elle signifiait que l'on était propriétaire 
d'une maison. 

Quelques auteurs donnent ce nom au "fer de moulin", 
mais ces deux pièces ne doivent pas être confondues, car 
dans le "fer de moulin", les deux portions de cercle ados- 
sées sont réunies par deux traverses, laissant au centre un 
vide carré. 

ANILLÉ. — Se dit des croix ou sautoirs dont les extrémités sont 
recourbées en forme d'anille. Il faut faire attention de ne 
pas confondre les pièces anillces avec les pièces ancrées ou 
les p'ièces recercclées. 

ANIMAUX. — Les animaux doivent être représentés dans leur 
position la plus naturelle, c'est-à-dire "rampant", "passant", 
"courant", accroupis", etc., suivant leurs aptitudes; à l'ex- 
ception du léopard et du chat, ils se mettent de profil et la 
tête tournée du côté dextre de l'écu; quand ils sont tournés 
du côté senestre, ils sont dits "contournés", et si leur corps 
étant tourné du côté dextre, la tête seule est tournée à gau- 
che, ils sont dits "regardant", mais s'ils sont contournés et 
tournent la tête à dextre; on les dit "détournés". 

Le lion est toujours "rampant"; le léopard (qui est tout 
simplement un lion dont on voit les deux yeux et les deux 
oreilles), est toujours "passant", et il en est de même de 
presque tous les autres animaux. Le chien est ordinaire- 
ment représenté "courant", et le cerf dans la même attitude 
est "élancé" ; le lièvre, le lapin et le chat sont presque tou- 
jours dans la position d'"accroupis" (assis). 

Quand les animaux sont dans leur position ordinaire, il 
n'est pas nécessaire de l'exprimer. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES. TERMES DU BLASON 193 

L'expression "rampant" ne s'applique pas aux animaux 
qui ont le pied de corne, tels que les vaches, bœufs, taureaux 
et buffles qui sont alors dits "effarouchés" (quelques auteurs 
se servent du mot "furieux"), les licornes, cerfs et che- 
vreuils qui sont dits "saillants", et les boucs, chèvres, béliers, 
brebis et moutons qui sont dits "sautants". Le cheval dans 
cette attitude est dit "cabré" ou "effrayé", le loup "ravis- 
sant", et le chat "effarouché". Parmi les autres positions 
qu'on rencontre le plus souvent chez les animaux, mention- 
nons : arrêté ou en pied, en repos, couchant, dormant, assis, 
acculé, levé. 

Les caractéristiques de ces diverses attitudes sont indi- 
quées aux noms respectifs des animaux ; pour ceux qui n'ont 
pas d'attitude particulière, il suffit de mentionner seule- 
ment en les blasonnant s'ils sont "rampant" ou "passant". 

ANIMÉ. — Attribut des yeux du cheval et de la licorne lorsqu'ils 
sont d'un émail particulier. Pour les autres animaux on dit 
"allumé". 

ANNEAU, ANNELET. — L'anneau est la marque distinctive 
des chevaliers ; il a été de tout temps le signe de la plus haute 
noblesse. Chez les Romains, les chevaliers seuls avaient le 
privilège de le porter en or au troisième doigt de la main 
droite, ce qui a fait nommer ce doigt Vannulaire. Quand 
l'anneau a un chaton, il faut le spécifier. 

Les anneaux mis en nombre se nomment annelets. 

Lorsqu'ils sont passés les uns dans les autres, on les dit 
"entrelacés". 

ANSÉ.^ — Attribut d'une croix de Saint-Antoine sommée d'une 
anse. C'est le "signe de la vie" des Egyptiens. 

7 



104 TRAITÉ d'art héraldique 

ANSE. — Les anses de pots ou de coffres sont plutôt usités com- 
me meubles d'armoiries en Allemagne. 

ANTENNE. — Longue vergue mobile qui soutient les voiles ; 
aussi cornes mobiles des insectes ; il ne faut en faire mention 
que lorsque leur émail est différent du reste de la pièce. 

ANTIQUE. — On nomme ainsi les couronnes à pointes ou rayons. 
Les lions et léopards qui sont couronnés portent une cou- 
ronne antique, de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'indiquer 
cette expression, mais si la couronne est autre, il faut le 
mentionner; quant aux autres animaux couronnés, il faut 
indiquer de quelle espèce est leur couronne. (Voir "radié".) 

Les écus inclinés à dextre sont "posés à l'antique*' ce qui 
indique une famille dont la noblesse remonte aux tournois. 
"A l'antique"" se dit aussi du vol des oiseaux dont une aile 
couvre en partie l'autre. 

APPAUMÉ. — Exprime la position de la main ouverte dont on 
voit le dedans ou paume; il faut spécifier si la main est 
dextre ou senestre. Lorsque la main se montre de dos, on 
la dit "contre-appaumée". 

APPENDICE. — Expression dont on se sert rarement mainte- 
nant pour désigner les extrémités des animaux, telles que 
la queue, les cornes, les griffes, etc., lorsqu'elles sont d'un 
autre émail que le corps; elles peuvent être du même émail 
que l'écu sans rendre pour cela les armes fausses. 

APPOINTÉ. — Attribut de deux ou plusieurs pièces dont les 
pointes se regardent, se touchent ou convergent au même 
point, tels que deux chevrons dont les sommets se touchent,, 
ou trois épées mises en pairie. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE: DES TERMES DU BLASON 195 

APPOINTI. — Même signification qu'aiguisé. 

AQUILON. — Meuble représenté sous la forme d'une tête d'en- 
fant joufflu qui souffle avec force; on le rencontre rare- 
ment en armoirie. 

ARBALÈTE. — Ancienne arme de guerre à l'usage des milices 
bourgeoises et rarement employée en armoirie. Elle se re- 
présente en pal et détendue. 

ARBRE. — Cette pièce est d'un usage très général en armoirie; 
quand l'arbre n'a pas de feuilles et quand il a des fruits, on 
doit (dans ces cas seulement) le spécifier en blasonnant. 

Quand les fruits sont d'un autre émail, on dit l'arbre 
"fruité", à l'exception du chêne qui est dit "englanté"; l'ar- 
bre sans feuille est dit "effeuillé" ou "arbre sec" ; quand il 
montre ses racines, il est dit "arraché" ; quand le tronc est 
d'un autre émail que le feuillage, il est dit "futé" ; s'il n'a 
point de branches, il est dit "écoté". 

L'arbre sans branche dont un bout est coupé mais dont 
l'autre a ses racines se nomme "tronc" et s'il est coupé aux 
deux bouts, sans racines ni branches on le dit "tronqué". 

ARBRE GÉNÉALOGIQUE.— Le chevalier tenu de fournir des 
preuves de noblesse doit présenter un arl^re généalogique sur 
le tronc duquel se place son écu armoriai; au premier rang 
au-dessus se placent les écus de son père à droite et de sa 
mère à gauche; au deuxième rang plus haut, quatre écus 
représentant ses aïeuls paternels et maternels, et ainsi de suite, 
les branches latérales étant réseryées aux lignes cadettes et 
collatérales. 

ARC. — L'arc est l'arme offensive la plus ancienne. Il faut spéci- 
fier sa position sur l'écu, c'est-à-dire s'il est en fasce, en pal 



196 TRAITÉ d'art héraldique ■ 

OU en bande. Quand il est chargé d'une flèche, on le dit 
"encoche". 

ARC-EN-CIEL. — Ce météore se compose ordinairement de qua- 
tre bandes ou burelles d'émaux différents (or, gueules, sino- 
ple et argent) ; il est représenté en fasce ou en bande, bombé 
vers le chef. 

ARCHE DE NOÉ. — Ce meuble est accompagné en chef d'une 
colombe ayant en son bec un rameau d'olivier. 

ARCHIÈRES. — Embrasures des châteaux ou des tours qui ser- 
vaient aux archers à tirer des flèches ; on ne les blasonne que 
lorsqu'elles sont d'un émail différent. 

ARDENT. — Pour "allumé". Se dit du charbon ou des flam- 
beaux quand leur feu est de gueules ; ce terme vient du 
vieux verbe ardi'c qui signifie "brûler". 

ARGENT. — L'un des deux métaux qui sont employés dans les 
armoiries; il est représenté tout blanc, sans hachures, et 
symbolise la pureté. 

ARGUS. — Se dit d'une tête toute couverte d'yeux, par allusion 
à l'être de la fable ainsi nommé. 

ARMÉ. — Attribut des griffes des lions, léopards, aigles, griffons, 
etc., quand elles sont d'un autre émail que le corps; pour les 
bêtes à pieds fourchus on dit "ongles", et pour celles qui ont 
un sabot rond "ancorné". 

Il ne faut donc pas confondre les attributs "armé", "ongle" 

et "ancorné" ; ongle ne s'applique qu'aux ongles ou à la 

. corne des animaux à pieds fourchus; ancornc s'applique au 

sabot du cheval, et par extension à la corne du pied de la 

licorne, des taureaux, vaches, IxEufs et buffles, et arme s'ap- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 197 

plique à tout animal qui porte griffes et n'a pas de corne 
avix pieds. 

Quelques auteurs appliquent ce terme aux flèches, dards 
et piques dont le fer est d'un autre émail que le bois, mais 
cette manière de blasonner n'est pas exacte ; on doit plutôt 
indiquer l'émail du fût et dire : "une flèche d'argent futée 
de sable", au lieu de : "une flèche de sable armée d'argent". 

L'expression "armé" s'applique encore au corps de l'hom- 
me qui est couvert d'aune armure, à son bras s'il a un bras- 
sard, ou à sa main si elle tient une arme ou si elle est recou- 
verte d'un gantelet de fer. 

"Armé de toutes pièces" indique un chevalier revêtu d'une 
armure complète y compris le casque, et l'on doit dire si la 
visière est ouverte ou baissée. (Voir "Franc-armé".) 

ARMES. ARMOIRIKS.— En blason, "arme" ne s'emploie pas 
au singulier. Les armes sont les meubles et autres pièces qui 
entrent dans le cadre de l'écu ; les armoiries comprennent l'en- 
semble de l'écu et de tous ses accessoires. 

Nous renvoyons au traité pour plus ample distinction entre 
ces expressions ainsi que pour l'explication des diverses 
espèces d'armes et armoiries. (Armes pleines, armes brisées, 
armes parlantes, armes à enquerre, etc. ; armoiries de souve- 
raineté, de prétention, de concession, de communauté, de pa- 
tronage, de famille, à' alliance, de succession, de choix, etc.) 

ARMET. — Espèce de heaume du XVe siècle. 

ARMORIAL. — Registre oij sont consignées les armoiries des 
nobles d'un royaume ou d'une province; quand il ne con- 
cerne qu'une famille et ses alliances, on le nomme armoriai 
particulier. 



198 TRAITÉ d'art héraldique 

ARRACHÉ. — Attribut des arbres et des plantes dont on voit la 
racine, et des têtes ou membres d'animaux qui ne sont pas 
tranchés net, mais qui paraissent arrachés avec force et lais- 
sent pendre des lambeaux sanglants, dont il faut mentionner 
l'émail quand il est différent. 

ARRÊT DE LANCE.— Partie de l'armure sur laquelle s'ap- 
puyait la lance du chevalier. A d'autres époques c'est aussi 
la partie du fût, grossie et encavée, qui se plaçait sous l'ais- 
selle, ou un collet posé sur le fût afin de protéger la main du 
chevalier. Ce dernier meuble se pose ordinairement de face. 

ARRÊTÉ. — Attribut d'un animal posé sur ses quatre pattes sans 
faire aucun mouvement; on le dit aussi "en pied" ou "posé". 

Pour les oiseaux, l'attribut "arrêté" ou "au vol plié" signi- 
fie pose avec les ailes ployées à leur position normale. 

Se dit aussi des navires qui n'ont pas de voiles ni mâts. 

ARRONDI. — Attribut des pièces dont la position est ordinaire- 
ment droite, mais qui se trouvent, par cas spécial, repré- 
sentées dans la forme courbe, tels qu'un chef, une bordure, 
un mantel, etc., dont les lignes intérieures bombent vers le 
centre, ou les serpents plies en rond qui se mordent la queue, 
les branches d'un arbre, etc. 

Se dit aussi d'une pièce de l'écu qui, étant ronde, a des 
traits curvilignes qui en font paraître le relief et l'ombre. 

ASSIS. — S'applique aux animaux domestiques, tels que les 
chiens, chats, etc., dans la position d'"accroupis", et aux 
crapauds et grenouilles vus de face. 

ASTRES. — Figures naturelles employées en armoiries, tels que 
soleil, lune, étoile, etc. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 199 

ATTRIBUT. — Caractéristique des pièces héraldiques suivant 
leur nature, leur forme ou leur position. 

AU FOURREAU. — Attribut de l'épée dans son fourreau ; il est 
nécessaire de l'indiquer, car autrement elle est supposée nue. 

AUGMENTATION. — Addition faite aux armoiries ou nouvelle 
marque d'honneur ajoutée à l'écu 

AU PIED NOURRI.— (Voir PIED NOURRI.) 

AUTRUCHE. — Cet oiseau se représente presque toujours en 
armoirie avTC un fer à cheval qu'il tient dans son bec. les 
bouts en bas. 

AUX MÂTS DÉSARMÉS.— Attribut d'un navire dont les 
mâts n'ont pas de voiles. 

AVANT-BRAS- — Bras qui ne va pas jusqu'au coude; il faut 
indiquer si c'est le bras dextre ou senestre. Si l'on voit le 
coude c'est un dextrochère ou un senestrochère. 

AVANT-MUR. — Pan de muraille joint à une tour pour en aug- 
menter la force. 

AVE MARIA. — Monogramme composé des lettres majuscules A 
et M entrelacées, formant les initiales de la salutation an- 
gélique. 

AZUR. — Couleur bleu céleste qui se représente en gravure par 
des lignes horizontales; c'est l'emblème de la justice, de la 
loyauté et de la beauté. Cette couleur a été adoptée par lejs 
rois de France et à leur suite par les nobles qui fréquen- 
taient la cour. 

B 

BADELAIRE. — Sabre oriental dont la lame est large et recour- 



200 , TRAITÉ d'art héraldique 

bée vers la pointe; elle représente ordinairement un trophée 
pris sur l'ennemi. On la dit "garnie" lorsque la garde, la 
poignée et le pommeau sont d'un émail différent et "aigui- 
sée'* lorsque c'est le tranchant, ce qui se présente rarement. 

BÂILLONNÉ. — Attribut des animaux qui ont un bâton entre 
les dents. 

BALANCE. — Ce meuble est employé en armoirie comme sym- 
bole d'équité et d'impartialité; il convient particulièrement 
à la magistrature. 

BALEINE--^Ce cétacé est dit "fierté" lorsque ses fanons sont 
d'un émail particulier, et "allumé" lorsque c'est son œil. 

BANDE. — Cette pièce traverse l'écu en diagonale de l'angle 
dextre du chef à l'angle senestre de la pointe, et occupe deux 
parties sur sept. Elle représente l'écharpe du chevalier. 

Deux bandes ont chacune deux septièmes de la largeur de 
l'écu et un espace entre elles égal à leur largeur; mais lors- 
qu'elles n'ont que le tiers de leur largeur ordinaire et qu'elles 
sont séparées par un espace d'égale largeur, elles prennent 
le nom de "jumelles"; trois bandes ont chacune une partie 
et demie de la largeur de l'écu divisé en sept parties égales; 
lorsqu'il y a plus de trois bandes, elles prennent le nom de 
"cotices" et n'ont que le cinquième de la bande ordinaire. 
Cependant, on exprime parfois sous le nom de "bandelette" 
une bande de moitié moins large que la bande ordinaire ; on 
la nomme "bâton" si elle n'en a que le tiers et "ruban" si elle 
n'en a que le huitième. Lorsqu'elle est alésée en chef elle 
prend le nom de "bastoigne". 

La bande peut être "chargée" et "accompagnée" d'autres 
pièces, "componée", "bretessée", "ondée", "frettée", "den- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 201 

chée" ou qualifiée d'autres attributs dont nous trouverons 
la désignation sous chacun de ces noms. 

Toute pièce du blason, soit anirnée ou inanimée, peut se 
dire " posée en bande " lorsqu'elle est placée dans cette 
position. 

BANDÉ. — Lorsque l'écu est divisé par des bandes de manière à 
ce qu'on ne puisse distinguer quelles sont les bandes et quel 
est le champ, il est alors dit "bandé" de telle couleur et de tel 
métal, de tant de pièces, en ayant soin d'en désigner le nom- 
bre qui ne doit pas être inférieur à six ni supérieur à huit; 
au-delà de ce nombre, l'écu serait dit "coticé". En blason- 
nant un écu ainsi composé, on doit commencer par la pre- 
mière bande vers le chef. 

Cet attribut s'applique encore au chef, à la fasce ou au 
pal divisés en six ou huit espaces égaux dans le sens des 
bandes. 

Se dit aussi des têtes qui portent un bandeau sur les yeux. 

BANDÉ, CONTRE-BANDÉ.— Lorsque dans un écu parti, cou- 
pé, taillé ou tranché, l'émail de la bande d'une de ces parti- 
tions est opposé à celui de la bande qui lui correspond sur 
l'autre partition, l'écu est alors dit "bandé, contre-bandé". 
en énonçant d'abord le trait de la division. 

BANDELETTE. — Bande réduite à la moitié de sa largeur ordi- 
naire, soit un module. 

BANDEROLLE. — Petite bannière attachée au haut de la lance 
du cavalier. Quelques auteurs donnent aussi le nom de 
banderolle à l'ornement oivJoyant qui se place sous l'armoirie 
et sur lequel on inscrit la devise, mais cet ornement porte 
plutôt le nom de "listel" ou "liston". 



202 TRAITÉ d'art héraldique; 

BANNE. — Demi-ramure de cerf. 

BANNERET. — Celui qui avait le droit de lever bannière ; pour 
cela, il fallait être de race noble, posséder un fief et avoir un 
nombre suffisant de vassaux pour fournir un effectif d'envi- 
ron trois cents hommes montés et armés. Cette expression 
s'appliquait donc à la possession du fief, et l'on pouvait être 
banneret sans être chevalier, car cette dernière qualité se 
méritait par la valeur et les exploits ; le plus souvent cepen- 
dant les deux titres se rencontraient en la même personne. 

S'applique aussi au vol en bannière qui se place en cimier. 

BANNIÈRE. — Drapeau de forme carrée qui était le signe dis- 
tinctif du banneret. Il ne faut pas le confondre avec le 
"pennon" qui a une pointe à l'une de ses extrémités et qui 
appartenait au chevalier ou à l'écuyer. Elle s'attache à une 
"trabe" supportée par une hampe. 

BAR ou BARBEAU. — Poisson représenté de profil et posé en 
pal, légèrement courbé ; s'il a une autre position, il faut le 
spécifier. On le trouve quelquefois seul, mais le plus sou- 
vent au nombre de deux et "adossés". 

BARBÉ. — Attribut du coq et des dauphins dont la barbe est 
d'un autre émail que le corps. Quelques auteurs appliquent 
aussi cette expression aux brins de sinople qui pointent entre 
les pétales de la rose, mais il vaut mieux dire "pointé". 

BARBEAU.— (Voir BAR). 

BARDÉ. — Attribut du cheval couvert d'une armure. Cet attri- 
but s'indique aussi par les expressions "housse" et "capara- 
çonné", mais la première s'emploie plutôt lorsque le cheval 
est couvert d'une housse et la seconde lorsqu'il est protégé 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 203 

par un caparaçon. Si le cheval n'a que ses harnais, on le dit 
"harnaché". 

BARIL. BARILLET. — Petit tonneau que l'on rencontre quel- 
quefois dans les armoiries ; lorsque les cercles qui l'entou- 
rent sont d'un émail différent, on le dit "cerclé", et l'on indi- 
que le nombre des cercles. Lorsqu'il se trouve un ou deux 
tonneaux on les nomme "barils"; s'il y en a plus ils pren- 
nent le nom de "barillets". 

BARNACLES.— Broyés anglaises. 

BAROQUE (en). — Se dit des supports d'un écu qui paraissent 
sortir d'en arrière. 

BARRE. — Pièce honorable qui traverse l'écu diagonalement du 
chef senestre à la pointe dextre ; les remarques que nous 
avons faites atf sujet de la bande s'appliquent à la barre. Elle 
représente le baudrier du chevalier. 

Cette pièce est quelquefois employée comme signe de bâ- 
tardise ; dans ce cas, elle est moins large que la barre ordi- 
naire et prend plutôt le nom de "traverse". 

BARRÉ. — Les remarques que nous avons faites pour l'attribut 
"bandé" s'appliquent également au "barré". 

BARRE-BASSE. — Expression employée par quelques auteurs 
pour "Champagne". 

BASILIC. — Animal chimérique ayant la forme d'un dragon à 
tête de coq. 

BASSINET. — Espèce de heaume. 

BASTILLE. — Attribut des pièces à créneaux renversés vers la 
pointe de l'écu par opposition au "crénelé" dont les saillies 
sont dirigées vers le chef. 

Se dit aussi de tout lieu défendu par des bastilles. 



204 TRAITÉ d'art héraldique 

BASTOIGNE.— Bande alésée en chef. 

BATAILLÉ. — Attribut d'une cloche dont le batail ou battant 
est d'un émail différent. 

BÂTARD. — Jusqu'au règne de Henri IH, les enfants naturels 
des gentilshommes jouissaient des mêmes prérogatives de 
noms et d'armes que les enfants légitimes, sauf qu'ils étaient 
astreints de faire précéder leurs nom du mot "bastard", et 
de briser les armes de la famille d'un bâton, traverse ou filet 
"mis en barre" (ou contre -bande). Ils pouvaient aussi bri- 
ser les armes de famille d'autres pièces, et leurs enfants 
ne pouvaient les en retirer sans l'assentiment du chef de nom 
et d'armes de la maison. 

BÂTON. — Cette pièce est un diminutif de la bande dont elle a 
le tiers de la largeur. Il se met ordinairement en brisure; 
posé en barre, il sert à dénoter la bâtardise et s'il n'a. dans 
cette position, que la moitié de sa largeur ordinaire, il se 
nomme alors "traverse". 

Le bâton peut être " péri " ou " alésé " en bande ou en 
barre ; lorsqu'il est écoté et alésé, c'est une branche ou un 
écot d'arbre qui se met indifféremment en bande, en pal ou 
en fasce, et il devient alors un meuble ordinaire, n'entrant 
plus dans les variétés de la bande ou de la barre ; s'il tra- 
verse tout le champ et touche les bords de l'écu, il prend le 
nom de " bâton noueux ", mais s'il est alésé, il se nomme 
"chicot", ou mieux "écot". 

Le "bâton péri" en bande ou en barre n'a que le tiers de 
sa longueur ordinaire. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 205 

BÂTON D'ESCULAPE. — Verge accolée d'un serpent ayant la 
tête à dextre. 

BÉCASSE. — Oiseau à long bec qui figure quelquefois comme 
meuble d'un écu; il se pose de profil et arrêté. 

BECQUÉ ou BÊQUÊ. — Attribut des oiseaux dont l'émail du 
bec est dififérent de celui du reste du corps. 

BEFFROI. — Quand le vair n'a pas plus de quatre tires, traits ou 
rangées, on le nomme " beffroi ", parce qu'alors les pièces 
étant plus grandes, ressemblent davantage à de grosses clo- 
ches ou beffrois. Si le beffroi est d'autres émaux que l'ar- 
gent et l'azur, il faut l'indiquer. 

BELETTE- — Cet animal se représente "passant". 

BÉLIC. — Employé quelquefois pour la couleur "gueules", mais 
peu usité. 

BÉLIER. — Le bélier est le symbole de la hardiesse dans les com- 
bats. Il indique aussi la possession de terres et pâturages. 
On le représente avec les cornes tournées en spirale, de 
profil, et passant; s'il a une autre position, il faut l'indiquer. 

Lorsqu'il est levé sur ses pieds de derrière, il est dit "sau- 
tant" (quelques auteurs disent "saillant") au lieu de ram- 
pant ; lorsque ses cornes sont d'un autre émail que son corps, 
il est dit "accorné", et lorsque ce sont ses pieds, on le dit 
"ongle". 

BÉLIER MILITAIRE. — Instrument de guerre dont on se ser- 
vait autrefois pour battre en brèche les murailles des places 
fortes. Il est représenté par une poutre suspendue horizon- 
talement par deux chaînes et dont l'une des extrémités se ter- 
mine en tête de bélier. 



206 TRAITÉ d'art héraldique 

BÊQUÊ.— (Voir BECQUÉ.) 

BÉQUILLE DE SAINT-ANTOINE.— (Voir TAU). 

BESANTS et BESANS. — Pièces de monnaie qui tirent leurs 
noms de Byzance, et qui sont lin indice de souveraineté pour 
le seigneur qui avait le droit de faire battre monnaie, ou de 
rançon des prisonniers de guerre. Il indique aussi les fonc- 
tions de maître d'hôtel, d'argentier et de trésorier des rois. 

Les besants sont de métal et quelquefois de fourrure, et 
se posent sur un champ de couleur ; s'ils sont de couleur, on 
les désigne sous le nom de "tourteaux". Les Anglais cort- 
servent intégralement le mot de "besant" s'il est d'or, mais 
ils lui donnent le nom de "plate" s'il est d'argent; les Espa- 
gnols désignent indistinctement le besant et le tourteau sous 
le nom de "roel". Les Français se servent quelquefois du 
mot "plate" pour le besant d'argent. 

Lorsque le besant représente un visage humain, on le dit 
"figuré". 

BESANTÉ.. — Lorsque l'écu ou une bordure, une fasce, un che- 
vron ou autre pièce principale sont chargés de besants, on 
les dit "besantés", et si le nombre des besants est limité, on 
les dit "besantés de tant de pièces". 

BESANT-TOURTEAU.— Lorsque les besants sont mi-partie 
de métal et de couleur et qu'ils reposent sur un champ de 
couleur, on les nomme "besants-tourteaux" ; si le champ est 
de métal, ils se désignent sous le nom de "tourteaux-besants". 

Ils peuvent être divisés par le parti, le coupé, le taillé ou 
le tranché d'un écu dont le champ est ainsi divisé en métal 
et couleur; dans ces cas, ils sont dit besants-tourteaux si 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 



207 



la partie de métal se trouve à dextre ou en chef, mais si elle 
est à senestre ou en pointe, ce sont alors des tourteaux- 
besants. 
BIGARRÉ. — Attribut du corps des papillons ou de toute autre 
pièce qui est nuancée de diverses couleurs. 

BILLETTE. — Pièce ayant la forme d'un carré long, dont la 

position ordinaire est verticale; quand elles sont dans une 

autre position, il faut l'indiquer; on les dit "couchées" quand 

elles sont mises horizontalement. Il y a des billettes percées 

^en rond et d'autres évidées suivant leur contour. 

Les billettes d'or et d'argent, de même que les besants. 
sont employées pour indiquer les fonctions de maître d'hôtel, 
trésorier ou autre charge de finance. 

BILLETÉ.— Semé de billettes. 

BISSE. — De l'italien biscia. Serpent posé en pal, la tête en 
haut, et formant plusieurs sinuosités en ondes. Quand elle 
est en fasce, on la dit "rampante" ; elle est "languée" lors- 
que sa langue est d'un autre émail que celui du corps; lors- 
qu'elle dévore un enfant, on la nomme "guivre". Elle est 
dite "nouée" quand son corps forme des anneaux et l'on 
doit en indiquer le nombre. 

BLASON. — Art d'expliquer en termes propres et d'après les 
règles établies tout ce qui est relatif aux armoiries. Quel- 
ques personnes emploient indistinctement le mot "blason" 
ou "armoirie" pour désigner l'écu armoriai ; c'est un abus, 
car le blason désigne la science de l'armoirie et non la chose 
elle-même. C'est à la fois un art et une science, et on le 
désigne indistinctement sous le nom d'art héraldique ou 
science héraldique. 



208 TRAITÉ d'art héraldique 

BOCQUET ou BOQUET. — Cette expression s'emploie quelque- 
fois pour désigner un fer de lance ou de pique. 

BCEUF. — Cet animal est le symbole de la patience et de l'assi- 
duité au travail ; il désigne un pays abondant en moissons. Il 
est représenté de profil et passant; quand il est levé sur 
ses pieds de derrière, il est dit "efifarouché", "efifrayé" ou 
"furieux" ; il est dit "accorné" quand ses cornes sont d'un 
autre émail, et "ongle" quand c'est la corne du pied; quand 
il a un anneau passé dans le nez il est " bouclé " et quand 
il a une clochette suspendue autour du col, on le dit "cla- 
rine"; ces diverses expressions s'appliquent également au 
taureau, à la vache et au buffle. Le bœuf se distingue du 
taureau en ce que sa queue est tombante, tandis que celui-ci 
a le queue retroussée sur le dos. 

BONNET A L'ANTIQUE.— Sorte de bonnet pointu et re- 
troussé. 

BOQUET.— Voir BOCQUET. 

BORDÉ. — Se dit de toute pièce dont les bords ont un filet d'un 
émail différent qui doit être du sixième de la pièce. 

BORDURE. — Pièce dont la largeur est d'un septième ou d'un 
sixième de l'écu et qui suit son contour intérieur ; si elle est 
d'une plus grande largeur, elle indique le champ et la pièce 
qu'elle entoure est posée en cœur. Elle sert souvent de bri- 
sure et peut être " chargée ", " échiquetée ", " componée '\ 
" dentelée ", etc. 

BORÉE. — Synonyme d'aquilon: voir ce mot. 

BOUC. — Se représente ordinairement de profil et passant; il est 
dit "sautant" (quelques auteurs disent "saillant") s'il est 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 209 

levé sur ses pieds de derrière, et les mots "ongle'', "accorné" 
et "clarine" lui sont aussi applicables. Il convient aux pos- 
sesseurs de fiefs ou châteaux dans les pays montagneux. Il 
se rencontre fréquemment en Italie, en Allemagne et en 
Ecosse, mais peu souvent dans les armoiries françaises. 

BOUCLE. — Ornement en saillie sur le centre des anciens bou- 
cliers. 

Les boucles des ceinturons, baudriers, harnais, etc., sont 
ordinairement représentées de forme ronde avec une pointe 
ou ardillon, mais si elles ont une autre forme, il faut l'expri- 
mer. La boucle se nomme aussi "fermail", et lorqu'elle est 
en losange elle se nomme parfois "boucle à l'antique". 

BOUCLÉ. — Se dit d'un collier dont la boucle est d'un émail dif- 
férent, ou de l'anneau passé dans les narines du buffle ou 
autre animal quand l'émail en est différent. 

BOUCLIER. — Arme défensive qui s'emploie comme meuble 
d'armoirie ; il faut en indiquer la forme dont les différences 
sont mentionnées au traité. 

BOUGE, BOUGETTE.— Bourse de pèlerin. 

BOULES. — Ces meubles d'armoiries sont ombrés pour leur don- 
ner du relief, ce qui les distingue des besants et des tour- 
teaux. Les "boules à l'antique" sont en forme de losanges 
aux angles arrondis. 

BOURDON. — Bâton de pèlerin portant deux ornements en for- 
me de pomme, l'un posé aux trois-quarts et l'autre au som- 
met, symbolisant les voyages en Terre Sainte. Il indique 
aussi les fonctions des abbés ou prieurs. 

BOURDONNÉ. — S'applique aux pièces dont l'extrémité se ter- 



210 TRAITÉ d'art héraldique 

mine en boule ou pomme semblable à celle qui surmonte le 
bourdon; cet attribut se nomme aussi "pommeté". 

BOURGUIGNOTTTE.— Espèce de heaume ou casque. 

BOURRELET. — Rouleau de rubans ou de tissus remplis de 
bourre, qui est aux deux principaux émaux de l'écu et qu'on 
plaçait sur le casque pour amortir le coup ou comme orne- 
ment; il sert à relier entre eux les lambrequins placés aux 
deux côtés de Técu. Comme la torque et le tortil, il est ordi- 
nairement à six torsades alternant de métal et couleur, le 
métal commençant à dextre. 

BOURSE. — Escarcelle que portaient les nobles au moyen-âge et 
les pèlerins qui avaient fait vœu d'aller à Rome ou aux lieux 
saints. 

BOUSE.— rEspèce de siphon de bois ou de fer ayant la forme 
d'un M majuscule avec une petite traverse au milieu et des- 
tiné à faciliter l'écoulement des eaux; quelques héraldistes 
la nomme "chantepleure". Elle est plutôt employée en An- 
gleterre sous le nom de "water-bouget"., 

BOUTEROLLE. — Garniture de métal qu'on met au bout du 
fourreau d'une épée pour empêcher qu'il ne se perce. De 
même que la molette d'éperon, c'est un emblème de che- 
valerie. 

BOUTOIR. — Extrémité du groin du sanglier que l'on mentionne 
lorsqu'il est d'émail différent de la hure ou lorsqu'il est 
tourné vers le haut de l'écu. 

BOUTON, BOUTONNÉ.— On désigne ainsi les roses et au- 
tres fleurs qui ont au centre de leurs pétales un bouton d'un 
autre émail que le reste de la fleur. Les fleurs-de-lis de Flo- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 211 

rence laissent voir deux boutons entre les branches de cha- 
que côté et sont pour cette raison dites "boutonnées"- 

Cette expression se dit aussi du rosier qui a des boutons 
épanouis. 

BRANCHE. — Les branches d'arbres ne sont pas d'un usage très 
ancien en armoirie ; elles sont plutôt employées comme orne- 
ments extérieurs. 

On nomme aussi "branches" les deux pièces du chevron. 

BRANCHÉ. — Les feuilles d'arbre sont dites " branchées " lors- 
que le bout ou tige est d'un autre émail; cependant l'ex- 
pression " tige " est préférable et elle s'applique également 
aux fleurs, plantes et arbustes. 

BRAS. — Les bras de l'homme s'emploient assez souvent en ar- 
moirie et sont désignés sous le nom de "dextrochère" ou 
"senestrochère", suivant qu'ils s'appliquent au bras droit ou 
gauche et s'ils comprennent le coude ; nous- renvoyons à ces 
mots pour plus ample indication. Si le bras ne va pas jus- 
qu'au coude, c'est un avant-bras. 

BREBIS. — Symbole de douceur et de bonté, indique la possession 
d'abondants pâturages. Elle est représentée de profil et pais- 
sante, tandis que le mouton est "passant" et a la tête levée; 
quand elle est "passante" ou "saillante", il faut l'indiquer. 

BRETESSES. — Rangées de créneaux sur les deux côtés d'une 
- pièce. 

BRETESSÊ. — Attribut des pièces crénelées sur leurs deux côtés. 
Lorsque les créneaux ne sont qu'à la partie supérieure, on 
dit la pièce "crénelée", et s'ils sont à la partie inférieure, 
on la dit "bastillée". 



212 TRAITÉ d'art héraldique 

BRETESSÉ, CONTRE-BRETESSÉ.— Dans le bretessé, la sail- 
lie est opposée à la saillie et l'échancrure à l'échancrure, 
mais quand l'échancrure d'un côté est opposée à la saillie 
de l'autre, on dit alors la pièce contre-bretessée. 

BRIS-D'HUIS. — Longue pièce de fer à queue pattée qui sert à 
tenir une porte sur ses gonds ; elle est percée d'ouvertures 
rondes qui laissent voir le champ. On lui donne aussi le 
nom de "vertenelle". 

BRISÉ. — Se dit des armoiries des puînés et cadets d'une famille 
où il y a quelques changements par addition, diminution ou 
altération de pièces. 

Se dit aussi des pièces qui sont "rompues", tels que les 
chevrons séparés par le sommet, laissant voir l'émail du 
champ entre leurs parties. 

Se dit aussi d'une lance, d'un bâton ou écot cassés en deux. 

BRISURE. — Diminution, addition ou altération des armoiries de 
la famille pour indiquer une branche cadette, puisnée ou bâ- 
tarde. Les principales pièces qui servent aux brisures sont 
le lambel, la bordure, le bâton et le franc-canton. 

On peut encore "briser" en ajoutant de menues pièces à 
celles qui chargent déjà l'écu, ou en écartelant d'un quartier 
d'alliance ou en changeant les émaux, la situation des figu- 
res, ou les cimiers. 

BROCHANT. — Se dit de toutes pièces qui passent sur d'autres. 
Lorsqu'après avoir blasonné un écu et les pièces qui le char- 
gent, il s'en trouve une autre qui les recouvre, on la dit 
"brochant sur le tout". 

BROCHET. — Poisson dont la tête employée seule comme meu- 
ble se nomme "hure". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 213 

BROSSES- — Elles se posent en forme de faisceaux; employée 
seule, la brosse se pose le manche en bas et les poils en haut. 

BROYE. — Instrument à dents qui sert à broyer le chanvre, mais 
dont la forme altérée a permis à quelques auteurs de la pren- 
dre pour un ornement d'architecture ou pour un mors de 
cheval. (Voir "barnacles" et "morailles".) 

BUFFLE. — Animal sauvage de la famille du bœuf, qu'on repré- 
sente presque toujours "bouclé", c'est-à-dire avec un anneau 
dans le mufle. 

BURÈLE ou BURELLE. — Lorsque les fasces placées sur un écu 
dépassent le nombre de quatre, elles se nomment " burèles " ; 
il faut toujours spécifier leur nombre qui est ordinairement' 
de six ou de huit; elles n'ont qu'un cinquième de la largeur 
des fasces. 

Quelques auteurs enseignent que les burèles doivent être 
en nombre pair, et que si elles sont en nombre impair (soit 
cinq ou sept) elles prennent le nom de "trangles" ; d'autres 
donnent plutôt ce nom à la fasce diminuée à la moitié de la 
largeur ordinaire, de même que la fasce diminuée au tiers 
prend le nom de "divise" et se place seule sur l'écu. 

BURELÉ. — L'écu est "burelé" quand il est couvert de burèles 
de deux émaux alternant au delà de huit jusqu'au nombre 
maximum de douze. Les indications données pour le bande 
s'appliquent au bureîc. 

BUSTE. — Représentation de la figure humaine jusqu'à la poi- 
trine sans les avant-bras ; lorsqu'on voit des parties de bras, 
le buste est dit "aux bras mutilés". Ces figures se représen- 
tent presque toujours habillées, et comme elles peuvent ainsi 



21-i TRAITÉ d'art héraldique 

déroger à la règle de ne point mettre couleur sur couleur, 
elles entrent dans la catégorie des armes à enquerre. 

BUTTE. — Instrument dont se servent les maréchaux pour cou- 
per la corne des chevaux. 

C 

CÂBLÉ. — Attribut d'un pal, d'une fasce, d'une croix ou autre 
pièce faite de cable tortillé. 

CABOCHE. — Tête d'homme ou d'animal coupée verticalement 
ou dans sa partie supérieure. 

CABOCHE. — Attribut d'une tête en caboche. 

CABOT. — Poisson à grosse tête et le corps en pointe qui se place 
en pal. Voir "chabot". 

CABRÉ. — Attribut d'un cheval dressé sur ses pieds de derrière; 
cette expression vaut mieux qu'"acculé" et "effaré". 

CADUCÉE. — Bâton entouré de deux bisses affrontées, à l'extré- 
mité supérieure duquel sont deux ailes éployées. 

CALVAIRE. — Attribut de la croix perronnée. Se dit aussi d'une 
fleur de lis fantaisiste composée de cinq épées plantées sur 
une traverse. 

CAMPAGNE.— (Voir CHAMPAGNE). ' 

CANETTE. — Les canes placées en nombre dans un écu pren- 
nent le nom de "canettes". Elles sont représentées de profil, 
les ailes serrées, et elles diffèrent des merlettes en ce qu'elles 
ont un bec et des pattes. On les dit "becquées", "membrées" 
et "armées" quand leur bec, leurs membres ou leurs pattes 
sont d'émail différent. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 215 

CANNELÉ.— Attribut des bordures, chefs, pals, bandes, fasces, 
croix, etc., qui ont des dents ou pointes en dedans, tandis 
que l'"engrelé" a des pointes en dehors. 

CANNELURE. — Filière cannelée. 

CANON. — Pièce d'artillerie qui s'emploie surtout dans les orne- 
ments extérieurs de certaines charges, comme celle du grand 
maître de l'artillerie. Deux canons adossés sont dits "ac- 
culés". Lorsque le canon tire, il prend l'attribut "tonnant". 

CANTON. — Portion carrée de l'écu égale à son neuvième et qui 
joint l'angle supérieur dextre de l'écu; quand il est en autre 
position, il faut l'indiquer. Le franc-canton est plus grand 
que le canton, mais moins que le quartier, et il occupe tou- 
jours l'angle dextre supérieur. 

CANTONNÉ. — Se dit de la croix ou du sautoir qui sont accom- 
pagnés d'autres pièces dans leurs angles. Certains auteurs 
s'objectent cependant à appliquer le mot "cantonné" au sou- 
• toir et disent qu'on doit désigner cet attribut par le mot 
"accompagné", mais l'opinion contraire semble prévaloir. 

On se sert aussi de ce terme pour indiquer qu'une pièce 
centrale posée en cœur est accompagnée d'autres pièces dis- 
posées aux quatre angles de l'écu. 

CAPE. — Vêtement composé de deux triangles rectangles formés 
par les bords de l'écu couvrant un chevron dont la pointe 
se prolongerait jusqu'au point du chef. On le nomme 
aussi "chape''. Si la pointe du chevron s'arrête plus bas, la 
cape devient un "mantel" ou "maître". 

CAPARAÇONNÉ. — Attribut du cheval qui est couvert d'un 
caparaçon. 

CARNATION. — Couleur de chair. Se dit de toutes les parties 



216 - TRAITÉ d'art héraldique 

nues du corps de l'homme représentées au naturel. Les 
Français n'ont pas de hachures particulières pour représenter 
cet émail, mais les Allemands le représentent par des hachu- 
res en zigzag du chef senestre à la pointe dextre. 

CARREAUX. — Petits carrés posés comme les billettes, mais d'un 
usage peu fréquent. 

CARTOUCHE. — Ornement de fantaisie employé autour de l'écu 
dans la sculpture ou le dessin. 

CASQUE ou HEAUME. — C'est la plus noble pièce de l'armure 
d'un guerrier; il se place sur le haut de l'écu comme prin- 
cipal ornement. Les règles qui fixaient son usage n'ont pas 
toujours été fidèlement observées, mais il ne s'ensuit pas de 
là que l'emploi des diverses espèces de casques soit facul- 
tatif. Nous renvoyons au traité pour les distinctions à éta- 
blir dans ce cas. 

Lorsque le casque figure comme meuble sur l'écu, il doit 
être blasonné comme toute autre pièce. On le dit "morné'^* 
si la visière est entièrement fermée. 

CASTOR. — Animal amphibie, symbole de paix, d'adresse et de 
persévérance. On le donne généralement comme emblème 
au Canada, mais il n'est pas particulier à ce pays ; il est posé 
en bande dans les armes de la Nouvelle Hollande. 

CAUDÉ. — Qui a une queue. Se dit des étoiles ou comètes qui 
ont une queue ou rais plus grand que les autres ou d'un 
autre émail. 

CENTAURE. — Animal chimérique dont la partie supérieure est 
celle d'un homme et la partie inférieure celle d'un cheval ou 
d'un taureau ; dans ce cas, il est armé d'une massue et prend 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 217 

le nom de "minotaure". Dans le premier cas, s'il tire de 
l'arc, il est appelé "sagittaire". 

CEP DE VIGNE. — La vigne n'est guère employée en armoirie 
que comme armes parlantes ; lorsque le cep grimpe à l'écha- 
las, on le dit "accolé" ; s'il porte une grappe de raisin, on le 
dit "fruité", et lorsqu'il n'a pas de racine ni d'échalas, on le 
nomme "pampre". 

CERBÈRE. — Animal chimérique représentant un chien à trois 
têtes, les bouches béantes. 

CERCELÉ. — Attribut d'une croix ou autre pièce dont les bran- 
ches sont tournées sur elles-mêmes à la façon d'un cerceau; 
on dit mieux "recercelé". 

CERCLE. — Attribut d'un tonneau ou baril dont les cercles sont 
d'un émail différent, ou dont on veut en indiquer le nombre. 

CERF. — Cet animal est toujours représenté de profil, et sa posi- 
tion ordinaire est passant, quelquefois courant. Dans cette 
dernière position, on le dit "élancé"; s'il est couché, on le 
dit "reposé" ou "en repos", et dans l'attitude rampant on 
le dit "saillant" ; quand sa ramure est d'un autre émail que 
le corps, il est dit "ramé" ou "chevillé" de tant de "dagues" 
ou "cors". S'il est couché comme mort, on le dit "gisant". 

Lorsque sa tête détachée du corps paraît de front dans 
' l'écu, on la nomme "rencontre de cerf" ; la ramure seule 
attachée à une partie du crâne se nomme "massacre", et 
une demi-ramure se nomme "banne". 

Cet animal rappelle les divertissements de la chasse qui 
étaient exclusivement réservés aux gentilshommes. 

CHABOT. — Poisson de rivière à grosse tête en proportion de 



218 TRAITÉ d'art héraldique 

son corps qui va en diminuant jusqu'à la queue; il se pose 
en pal la tête en haut et montrant le dos. On dit aussi 
"cabot". 

CHAINE. — Les chaînes sont employées soit pour indiquer celles 
que les chevaliers portaient en or autour du corps, et qui 
sont dans ce cas un signe de chevalerie; ou celles qui, au 
moyen-âge, fermaient les portes, les camps, les rues d'une 
ville ou qui garottaient les ennemis vaincus et réduits en cap- 
tivité. Ces dernières sont d'un emploi très commun dans le 
blason espagnol et portugais. La chaîne des armes de Na- 
varre se pose en "marelle". 

CHALSE A L'ANTIQUE.— Espèce de trépied. 

CHAMEAU. — Cet animal est ordinairement représenté "pas- 
sant". 

CHAMP. — Surface de l'écu sur laquelle on pose les pièces. 

Dans le blason français et anglais on doit toujours com- 
mencer par exprimer l'émail du champ avant d'en détailler 
les pièces; c'est le contraire qui se pratique dans le blason 
allemand. 

On se sert de l'expression "du champ" pour éviter la répé- 
tition trop rapprochée d'un même émail. 

CHAMPAGNE. — Pièce héraldique qui occupe les deux septiè- 
mes inférieurs de l'écu, et dont le bord doit toujours être 
uni, ce qui la distingue de la terrasse dont le bord est sinueux. 
Une Champagne diminuée prend le nom de "plaine". 
On dit aussi "campagne" et "barre-basse". 

CHAMPAGNE. — Quelques auteurs donnent improprement ce 
nom aux fasces, bandes, croix, etc., qui sont chargées de pe- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 219 

tites potences enclavées les unes dans les autres. Voir au 
mot "potence". 

CHANDELIER. — Meuble usité dans les armoiries, soit comme 
chandeliers d'église qui ont sur leur partie supérieure une 
fiche pointue, ou comme chandeliers de ménage qui diffè- 
rent des premiers en ce qu'ils ont une bobèche. 

CHANTANT. — Attribut du coq qui a le bec ouvert. 

CHANTEPLEURE. — Meuble employé surtout dans le blason 
anglais et ressemblant assez à un M gothique barré d'un 
trait horizontal. (Voir "bouse"). 

CHAPE— (Voir Cape). 

CHAPE, ou mieux CHAPPÉ. — Attribut d'un chevron plein qui 
remonte jusqu'au chef et qui représente le champ de l'écu 
entouré d'une chape ou manteau d'un autre émail. Ce genre 
d'armoirie est plus usité en Allemagne qu'en France. 

Lorsque la pointe du chevron ne remonte pas jusqu'au 
chef de l'écu, on indique cet attribut par l'expression "man- 
telé". 

La chape renversée, c'est-à-dire la figure qui entoure le 
chevron renversé, se nomme "chaussé", et les deux réunis 
se nomment "vêtu". 

CHAPEAU. — Meuble d'armoirie représenté à bords rabattus qui 
est l'emblème de la liberté, parce qu'on donnait un chapeau 
aux esclaves affranchis. 

En Angleterre, le "chapeau" ou "bonnet antique" con- 
sistant en une calotte de gueules retroussée d'hermine, est 
l'apanage des pairs. 



220 TRAITÉ d'art héraldique 

Les chapeaux à bords droits et ornés de cordons terminés 
par des houppes servent phitôt d'ornement extérieur dans les 
armoiries de cardinaux, archevêques, évêques et abbés ; nous 
renvoyons au traité pour en signaler les distinctions. 

CHAPELET. — Ornement extérieur de l'écu de certaines per- 
sonnes ou communautés, telles que les abbesses, l'ordre de 
Malte, etc. Lorsqu'on l'emploie comme meuble de l'écu, il 
prend le nom de "patenôtre." 

CHAPERON. — Capuchon qui servait aux gens de qualité dans 
les premiers siècles de la monarchie. 

Se dit aussi du capuchon en cuir dont on couvre la tête 
des oiseaux de proie servant à la chasse. 

CHAPERONNÉ. — Se dit des oiseaux de chasse qui ont la tête 
coiffée d'un chaperon, et par analogie de tout autre animal 
ainsi coiffé. 

CHAPPÉ.— (Voir CHAPE et MAÎTRE). 

CHARBONS. — Ces meubles se disent "ardents" lorsque leur 
flamme est de gueules, mais on se sert habituellement du mot 
"allumé" qui s'applique également aux autres émaux. 

CHARDON. — Plante bien connue qui forme, avec la croix de 
Saint-André, l'emblème des Ecossais. L'origine en remonte 
au roi d'Ecosse Achaïus qui, au moment de livrer bataille 
aux Anglo-Saxons, en 8io, vit une croix lumineuse dans la 
forme de celle de Saint-André, entourée de chardons. 

CHARGÉ. — Se dit d'une pièce principale sur laquelle sont pla- 
cées d'autres menues pièces ou meubles. 

CHARGEURE. — Les pièces posées sur une autre s'appellent de 
ce nom. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 221 

CHAT. — Animal domestique choisi comme emblème de la liberté 
et de l'indépendance. Comme le léopard, sa position natu- 
relle est de face et passant; quand il est rampant, on le 
dit "effarouché'' ou "effrayé", et quand il est arrêté, avec 
le dos élevé en rond et le poil hérissé, on le dit "hérissonné" ; 
cette expression s'applique aussi, d'après quelques auteurs, 
lorsqu'il a l'arrière-train plus élevé que la tête. (Voir " ge- 
nette". 

CHATEAU. — Emblème des seigneurs de haute et ancienne no- 
blesse, rappelant la qualité de châtelain qui n'était conférée 
qu'à ceux qui avaient droit de posséder des lieux fortifiés. 
Il est ordinairement formé d'un corps de logis et de deux 
tours couvertes ; s'il a plus de deux tours, il faut l'exprimer. 
Quand la porte est d'un émail différent, on le dit "ouvert"; 
quand ce sont les fenêtres, on le dit "ajouré"; quand ce sont 
les joints des pierres, on le dit "maçonné" ; quand il est sur- 
monté de tourelles ou donjons, on le dit "donjonné"; lors- 
qu'on n'en voit que le haut, il est "fondu" et si le bas dis- 
paraît dans l'eau on le dit "planté". Il peut également être 
"crénelé'", "essoré", "hersé", "grillé", "girouette", "masure" 
"sommé", "rehaussé", "couvert" ou "découvert", etc. (Voir 
ces mots ) . 

Le "château-fort" est une tour ou un château donjonné, 
c'est-à-dire sonmié d'une ou de plusieurs tourelles. 

CHATELÉ. — On nomme ainsi les pièces semées de châteaux. 
Le plus ordinairement, c'est une bordure ou un lambel char- 
ofé de huit ou neuf châteaux. 

CHATONNÉ. — Attribut des pierres précieuses dont la chasse 
est d'un émail particulier. 



222 TRAITÉ d'art HÉRALDIQUK 

CHAUDIÈRE. — Ce meuble s'emploie principalement dans les 
armoiries d'Espagne, de Portugal et de Navarre. C'est la 
marque de haute noblesse correspondant aux chevaliers ban- 
nerets, parce que les seigneurs qui avaient le droit de lever 
des soldats étaient obligés de les nourrir, et ils devaient à cet 
effet posséder une grande fortune. (Ricos hombres de Cal- 
dera y de pendon, hommes riches de chaudière et de ban- 
nière). 

CHAUSSE- — Cape renversée, c'est-à-dire composée de deux 
triangles rectangles formés par les bords de l'écu et recou- 
vrant un croissant renversé dont la pointe se prolongerait 
jusqu'à la pointe de l'écu. 

CHAUSSÉ. — Attribut du chevron plein renversé dont la pointe 
touche la base de l'écu, et qui est conséquemment le con- 
traire du chape. Quelques auteurs le nomment "enchaussé", 
mais cette expression n'est pas exacte. Le chape et le 
chaussé réunis prennent le nom de 'Vêtu". 

CHAUSSE-TRAPE. — Fer à quatre pointes aiguës disposées en 
triangles, de sorte qu'étant jeté à terre, une des pointes se 
trouve toujours debout. On s'en servait pour arrêter la 
marche de la cavalerie sur une route ou dans les brèches 
d'un mur. 

CHAUVE-SOURIS. — Cet animal se pose de front, les ailes 
étendues. 

CHEF. — Pièce honorable placée au haut de l'écu dont elle forme 
deux parties sur sept de la largeur de l'écu. 

Il est dit "abaissé" lorsqu'il ne touche pas le bord supérieur 
de l'écu; "soutenu" lorsqu'il se trouve un filet d'un autre 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 223 

émail entre le chef et le champ, et "surmonté" si cet émail 
différent est entre le bord supérieur de l'écu et le chef; il 
est "retrait" quand il n'a que la moitié de sa hauteur ordi- 
naire, mais un grand nombre d'auteurs lui donnent dans ce 
cas le nom de "comble". Voir au traité l'indication de la 
largeur de ces différentes pièces. 

CHEF-BANDE, CHEF-BARRE, CHEF-PAL— On nomme 
ainsi le chef réuni à la bande, à la barre ou au pal quand ils 
ont le même émail et qu'ils semblent ne former qu'une même 
figure. 

CHÊNE. — Symbole de la force et de la puissance; les couronnes 
de chêne se plaçaient sur la tète de ceux qui avaient sauvé la 
vie à des citoyens et aux gens de guerre qui avaient fait des 
actions éclatantes. 

Les attributs que nous avons indiqués pour les arbres en 
général s'appliquent au chêne avec la remarque particulière 
que quand il porte des glands d'un émail différent, il est 
dit "englanté". 

CHÉRUBIN. — Ange employé comme meuble d'armoirie par 
quelques hauts dignitaires ecclésiastiques comme symbole de 
science religieuse. 

CHEVAL-: — Symbole de la valeur et de l'intrépidité, qui se pré- 
sente de profil dans l'écu. On le dit "gai" quand il est nu, 
sans bride, licol ni harnais; "l>ardé" quand il est revêtu d'une 
armure; "housse" ou "caparaçonné" quand il est couvert 
d'une housse ou d'un caparaçon; "accroupi" quand il est 
assis; "acculé" quand il est assis, mais les pieds de devant 
levés; "cabré" ou "effaré" quand il est levé sur ses pieds de 
derrière; "courant"' ou "lancé" si aucun des quatre pieds ne 



224 TRAITÉ d'art héraldique 

touche au sol; ''animé" quand son œil est d'un autre émail 
que son corps, et "ancorné" si c'est la corne de son pied. 

CHEVALIER. — Le chevalier se représente sur l'écu "armé de 
toutes pièces" et l'on doit indiquer si la visière de son casque 
est levée ou baissée. (Voir "franc-armé"). 

CHEVELÉ. — Attribut d'une tête humaine dont les cheveux sont 
d'un émail différent. 

CHEVILLES. — Branches des bois du cerf quand il a plusieurs 
andouilles. 

CHEVILLÉ. — Attribut qui s'applique à la ramure du cerf pour 
indiquer le nombre de chevilles, dagues ou cors qu'elle porte. 

Cette expression s'emploie aussi pour exprimer que des 
pièces de bois ou de métal sont réunies par des chevilles d'un 
émail différent. 

CHÈVRE. — Femelle du bouc qui se blasonne comme lui et sym- 
bolise les pays montagneux et les rochers inaccessibles. 

CHEVREUIL. — Animal qui se blasonne comme le cerf. 

CHEVRON. — Pièce honorable de la largeur du quart de l'écu, 
soit un module et trois-quarts, composée de deux pièces 
assemblées en pointe partant du milieu du chef sans le tou- 
cher et descendant vers les parties dextre et senestre de la 
pointe en forme de compas. Les deux pièces du chevron 
se nomment branches ou (dans son assiette ordinaire) 
montants. 

Il représente l'éperon du cavalier ou ces étais en bois por- 
tant le nom de chezrotis, destinés à soutenir les travaux des 
fortifications, etc. Il peut se mettre en nombre dans l'écu- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 225 

Le chevron est dit "abaissé" lorsque sa pointe se termine 
vers le centre de Técu; "alésé" lorsque les extrémités de ses 
branches ne touchent pas les angles inférieurs de l'écu ; 
"couché" ou "tourné" si sa pointe est dirigée à dextre, et 
"contourné" si elle est à senestre; "versé" ou "renversé" 
lorsque sa pointe est tournée vers le bas de l'écu; "parti" 
quand ses deux branches sont d'un émail différent; "ployé" 
lorsque ses deux branches sont courbes; "brisé" lorsque la 
pointe séparée en haut paraît fendue sans que les branches 
soient entièrement détachées; "écimé" lorsque la pointe pa- 
raît coupée horizontalement; "failli" ou "rompu" lorsqu'une 
des branches est séparée en deux; "dé joint" lorsque les bran- 
ches ne se touchent que par un angle; "onde" lorsque les 
branches sont en ondulations ; "appointé" lorsque les pointes 
des deux chevrons se touchent, soit dans la position de ren- 
versé et abaissé, ou dans celle de couché à dextre et con- 
tourné à senestre; "enlacé" lorsque les branches de deux ou 
plusieurs chevrons se croisent, etc. 

Les autres attributs qui s'appliquent à différentes pièces, 
tels que le "dentelé", le "componé" etc., s'appliquent égale- 
ment au chevron. 

CHEVRONNÉ. — Se dit d'une pièce ou d'un écu couvert alterna- 
tivement de chevrons de métal et de couleur, de manière 
qu'on ne puisse distinguer quel est le champ et quelles sont 
les pièces. Il faut avoir soin d'indiquer le nombre de 
pièces et les émaux en commençant par la pièce la plus 
rapprochée du chef. Cette disposition s'applique habituel- 
lement à six espaces, et s'ils sont plus nombreux, il faut 
l'indiquer en blasonnant. 

8 7" 



226 TRAITÉ d'art héraldique 

CHEVRONNÉ, CONTRE-CHEVRONNÉ.— Cette expression 
s'emploie lorsque dans le chevronné les pièces sont parties 
d'un trait passant à travers leurs pointes et que l'émail d'un 
côté du trait est opposé à la couleur de l'autre côté. 

CHICOT. — On appelle ainsi un bâton noueux sans feuilles qui 
ne touche pas les bords de l'écu; on emploie cependant plus 
habituellement le mot "écot". 

CHIEN. — Symbole de la fidélité, de la vigilance et de l'affection. 
Le chien le plus fréquemment employé en armoirie est le 
lévrier par allusion aux exercices de la chasse. 

Il est représenté "assis", "passant" ou "courant", ce qu'il 
faut spécifier, "accolé" ou "colleté" quand il a un collier. 
L'attribut "rampant" s'applique au chien quand il est levé 
sur ses pieds de derrière. 

CHIMÈRE. — Animal fantastique ayant le visage et la gorge 
d'une femme, la poitrine et les jambes de devant du lion, le 
corps d'une chèvre, les jambes de derrière d'une aigle et la 
queue d'un serpent. 

CHOU. — Se représente sans tige, à moins qu'on n'indique cet 
accessoire. 

CHOUETTE. — Symbole de vigilance et de sagesse, servant d'at- 
tribut aux hommes de science et d'érudition. Elle se pose 
ordinairement de face et empiétant un écot. 

CIEL. — Peu employé en armoirie. Il faut éviter l'emploi de 
figures qui sont plutôt du domaine de la peinture que du 
blason. 

CIGOGNE. — Symbole de reconnaissance et de piété filiale. Em- 
ployé également par les médecins des rois comme symbole 
de leurs fonctions. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 227 

CIMETERRE. — Sabre large et recourbé, échancré à la pointe. 
Il est dit "aiguisé" lorsque le tranchant est d'un émail dif- 
férent. Pour ses autres attributs, voir au mot "épée". 

CIMIER. — Ornement du casque ainsi appelé parce qu'on le pose 
à la cîmc de l'armoirie. Le cimier n'est pas d'un usage très 
général en France, mais il est de rigueur en Allemagne. 
Nous renvoyons au mot "timbre" et au traité pour plus de 
renseignements à ce sujet. 

CINTRÉ. — Attribut d'une fasce, d'une bande ou d'une barre qui 
bombent vers le chef de l'écu; si elles fléchissent vers la 
pointe, on les dit "ployées". 

Se dit aussi du globe entouré d'un cercle et d'un demi- 
cercle en forme de cintre d'un émail différent, servant sur- 
tout d'attribut impérial. 

CLAIRES-VOIES. — Noms des espaces vides produits par le 
fretté, le treillissé et le papelonné. 

CLAIRON. — Instrument de musique en forme de flûte de Pan, 
composé de plusieurs compartiments ou tubes reliés ensem- 
ble, qui était en usage chez les anciens. Sa forme singu- 
lière a porté quelques auteurs à le prendre pour un gou- 
vernail de navire et d'autres pour un arrêt de lance. 

CLARINE. — Se dit des animaux ou de leurs têtes employées 
seules qui ont des clochettes suspendues au col ; lorsque leur 
émail est différent, il faut l'indiquer. 

CLAVELÉ, — Attribut des pièces, sur lescpelles il paraît quelques 

nœuds ou écots. 
CLÉ, CLEF. — Signe de puissance faisant allusion aux titres de 

seigneurs châtelains ou aux gouverneurs de places fortifiées. 



228 TRAITÉ d'art héraldique 

Elle se pose ordinairement en pal, le panneton en haut et 
tourné à dextre; si elle était dans une autre position, il fau- 
drait l'exprimer. L'anneau se compose ordinairement de 
deux' volutes soudées sur la tige et réunies par un bouton. 

Deux clés se posent odossces, affrontées ou en sautoir. 

ClyÊCHÉ. — S'applique à la croix vidée, dont les extrémités se 
terminent en forme de clé ancienne, faisant paraître trois 
angles rentrant intérieurement et trois angles saillant au 
dehors, terminés par de petits boutons. Si la croix n'est pas 
vidée, c'est-à-dire si l'intérieur ne laisse pas voir l'email du 
champ, ce serait alors une croix "tréflée". 

CL/OCHE. — Meuble en forme de cloche qu'on dit "bataillé" lors- 
que le battant est d'un émail différent. 

La cloche indique généralement une noblesse commencée 
par l'échevinage qu'on appelait autrefois noblesse de cloche, 
parce qu'on mettait les cloches en branle pour célébrer l'élec- 
tion des magistrats municipaux. 

CLOU- — Meuble qui s'emploi sous ce nom dans sa forme ordi- 
naire et qui prend le nom de "clou de la passion" quand il 
est de forme triangulaire, 

CLOUÉ. — Se dit des clous qu'on voit aux fers des chevaux ou 
aux colliers, des animaux lorsqu'ils Sont d'un émail différent. 
Se dit aussi de toute autre pièce garnie de clous, en particu- 
lier des clous qui se trouvent aux intersections du fretté et 
du treillissé. 

CŒUR. — Le cœur est- le centre de l'écusson: nous en avons déjà 
parlé au mot abîme. 

Le cœur humain s'emploie aussi en armoirie et représente 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 229 

la ferveur, le courage, la sincérité et l'amour; il est presque 
toujours de gueules. Lorsqu'il en sort une flamme, il est 
dit "enflammé". 

COLLET. — Branche de métal qui supporte la molette de l'éperon. 

COLLETÉ. — Se dit des animaux qui ont un collier, ce qu'il faut 
toujours indiquer, lors même que le collier serait du même 
émail. Le mot colleté est préférable à celui d'accolé, dont 
quelques auteurs se servent. 

Se dit aussi de la molette de l'éperon quand elle est sou- 
tenue par son collet. 

COLLIER. — Les colliers des ordres de chevalerie se placent au- 
tour de l'écu, l'insigne formant pendentif; on les dit alors 
"accolés" à l'écu. 

COLLINE. — Terrasse étroite et élevée qui se place ordinaire- 
ment en pointe, mais qui peut aussi se placer ailleurs comme 
meuble. 

COLOMBE- — Symbole de la douceur et de l'union. Elle paraît 
dans l'écu de profil et son émail particulier est l'argent. 
Lorsqu'elle soutient dans son bec un rameau d'olivier, elle 
est l'emblème de la paix, et lorsqu'elle a la tête en bas et les 
ailes étendues, elle prend le nom de "Saint-Esprit". 

COLONNE. — Symbole de la solidité et de la fermeté. Sa pro- 
portion dans les armoiries est la colonne toscane de sept 
diamètres de hauteur ; on la pose sur un socle d'un diamètre 
ce qui lui donne en tout huit diamètres de hauteur, maïs s'il 
y a un chef dans l'écu, la colonne ne doit avoir que sept dia- 
mètres, y compris le socle. On ne blasonne le chapiteau, la 
base et le socle c|ue lorsqu'ils sont d'un autre émail que le fût. 



230 TRAITÉ d'art héraldique 

COMBATTANT. — Position de deux lions ou autres animaux 
rampants et affrontés. 

COMBLE. — C'est le chef réduit à une largeur de deux-tiers d'une 
des sept parties de la largeur de l'écu ; quelques auteurs em- 
ploient indifféremment cette expression ou celle de retrait; 
ce n'est pas exact, le retrait a la moitié de la hauteur du chef , 
tandis que le comble est encore plus restreint. 

Cette expression s'applique aussi au chapeau du pavillon. 
(Voir ce mot). Le pavillon avec conible est l'apanage des 
empereurs et rois héréditaires. 

COMÈTE. — Etoile à huit rais ou rayons, dont celui du bas 
s'étend en ondoyant et se termine en pointe, formant une 
queue qui doit avoir trois fois la longueur des autres rais. 
Elle symbolise la renommée acquise par de grands exploits. 

COMÉTË. — Se dit ordinairement du pal mouvant du bord supé- 
rieur de l'écu, ondoyant et se terminant en pointe ; il est dit 
"flambant" lorsqu'il se meut du bas de l'écu. 

Se dit également d'une étoile qui a une queue, et de toutes 
pièces dont les branches ressemblent à la queue des comètes : 
Il est dans ce cas synonyme de "caudé". 

COMPAS. — Instrument qui sert à prendre des mesures; il est 
le symbole de l'équité. On le dit "ouvert" si ses branches 
sont écartées. 

COMPON. — Pièce du componé qui se compose ordinairement 
de plusieurs compons de deux émaux différents et alternés, 
dont il faut donner le nombre en blasonnant. 

COMPONÉ. — Du verbe latin componcre (mettre en ordre). Se 
dit du pal, de la bande ou autre pièce à une seule rangée ou 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 231 

tire de carreaux de deux émaux alternés comme une table 
d'échiquier. Lorsqu'il y a plus d'une tire de compons, on 
dit "échiqueté". 

CONFONDU. — Attribut de deux pièces du même émail se ren- 
contrant dans le même plan et se soudant entre elles sans 
solution de continuité. 

CONNIL. — Nom héraldique du lapin ; se présente toujours "ac- 
croupi". 

CONTOURNÉ. — Se dit des animaux qui, au lieu d'être tournés, 
vers la dextre, comme il est d'usage, sont tournés à senestre. 

Par analogie, cette expression s'applique aussi au crois- 
sant dont les pointes sont à senestre, et au chevron dans 
la même direction. 

Lorsque deux animaux servent de supports aux armoi- 
ries, et que leurs têtes sont tournées dans la direction con- 
traire, on les dit "contournés". Si l'animal contourné a la 
tête tournée à dextre, on la dit "détournée". 

CONTRE-APPAUMÉ. — Attribut de la main qui se montre 
de dos. 

CONTRE-BANDÉ, 

CONTRE-BARRÉ, 

CONTRE-BRETESSÉ, 

CONTRE-BURELÊ, 

CONTRE-CANNELÉ, 

CONTRE-CHEVRONNÉ. 

CONTRE-CRAMPONÉ, 



232 TRAITÉ d'ar'T héraldique 

CONTRE-ÉCARTELÉ, 

CONTRE-ÉCOTÊ, 

CONTRE-FASCÉ, 

CONTRE-FLEURÊ, 

CONTRE-HERMINE, 

CONTRE-PALÉ, 

CONTRE-POSÉ, 

CONTRE-POTENCÊ, 

CONTRE- V AIR, etc. 

Nous renvoyons aux expressions radicales de ces termes 
pour l'indication de cette différence dans leurs attributs. 

CONTRE-PASSANT.— Se dit de deux ou plusieurs animaux 
posés l'un au-dessus de l'autre et passant dans un sens op- 
posé l'un à l'autre. 

CONTRE-POSÉ. — Se dit des flèches, haches d'armes et autres 
pièces de longueur dont les pointes ou le tranchant au lieu 
d'être tournés à dextre sont tournés à senestre ; il se dit éga- 
lement d'un éperon tourné à senestre. 

COQ. — Emblème des combats et de la victoire; il est représenté 
de profil, la tête levée et la queue retroussée, les plumes en 
retombant en ondes circulaires. 

On le dit "crété", "becqué", "barbé", "membre" ou "armé" 
lorsque sa crête, son bec, sa barbe, ses pattes ou ses ongles 
sont d'un émail différent; il est dit "chantant" lorsqu'il a le 
bec ouvert et semble chanter, et "hardi" lorsqu'il a une patte 
levée. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 233 

COOUERELLES. — Noisettes dans leurs gousses jointes ensem- 
ble au nombre de trois, tel qu'on les trouve sur les noisetiers. 
Ce mot vient du vieux gaulois coquerées qui signifie des noi- 
settes toutes vertes. 

COQUILLE. — Meuble fort commun en armoirie représentant 
les croisades et pèlerinages. Elles sont représentées de dos 
et ombrées à gauche ; lorsqu'on en représente l'intérieur, elles 
prennent le nom de vanne ts. 

Lorsque les petites pointes de chaque côté de la coquille 
sont d'un émail différent, on les dit "oreillées". 

Les grandes coquilles portent le nom de Saint-Jacques, 
et les petites celui de Saint-Michel, et font allusion à des 
pèlerinages à l'un ou l'autre de ces endroits. 

COR, COR DE CHASSE. — Instrument qui paraît dans l'écu 
courbé en demi-cercle, le bocal à dextre et le pavillon à 
senestre; il se distingue du huchet en ce qu'il a une attache. 
Voir aussi grêlier. 

On le dit "enguiché", "virole", "pavillonné" ou "lié" 
suivant que l'embouchure ou bocal, les viroles, le pavillon ou 
l'attache sont d'un émail différent. 

"Cor" se dit aussi des dagues de la ramure du cerf. 

CORBEAU. — Emblème du poltron et de l'imposteur; son émail 
est de sable. 

CORBIN. — Synonyme de corbeau (ancien). 

CORDÉ, — Attribut des harpes et autres instruments de musi- 
que dont les cordes sont d'un émail différent. Voir aussi au 
mot câblé. 



234 TRAITÉ d'art héraldique 

CORDELIÈRE. — Cordon entrelacé en forme de tresse dont les 
deux bouts s'étendent en chevron et sont terminés par une 
houppe de chaque côté. 

Les veuves entourent leur écu d'une cordelière de soie 
noire et blanche entrelacée. 

CORNÉ. — Attribut de la licorne dont la corne est d'émail dif- 
férent. Voir "accorné". 

CORNES. — Elles sont l'apanage des quadrupèdes à pied four- 
chu. Marc|ue d'honneur accordée aux chevaliers cjui avaient 
fait leurs preuves en deux occasions. 

CORNET.— Synonyme de huchet. 

CORNIÈRE. — Anse de pot ou de coffre, mais plus proprement 
morceau de métal dont on entoure le coin d'une table pour 
en adoucir l'angle. 

COTICES. — Bandes étroites n'ayant cjue le cinquième de la lar- 
geur ordinaire, en nombre de plus de quatre sur un écu. 

Les cotices conservent aussi ce nom lorsqu'étant au nom- 
bre de deux ou trois, elles sont moins larges que les inter- 
valles qu'elles laissent entre elles. 

Une cotice mise seule est dite bâton, et elle a alors le tiers 
de la largeur de la bande. 

COTICÉ. — Se dit d'un écu divisé en dix espaces égaux ou plus 
et rempli de deux émaux alternés. Ce que nous avons dit 
du bandé s'applique au coticé ; Il faut remarquer que pour 
le bandé, le minimum est de six pièces et le maximum de 
huit. 

On dit aussi qu'une pièce est " coticée " quand elle est 
accostée de deux cotices. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 235 

CÔTOYÉ. — Ce terme a la même signification qu'accoste, mais il 
s'applique surtout aux pals et aux bandes lorsqu'ils sont 
accompagnés de meubles en nombre égal et en position pa- 
reille de chaque côté. 

COTTE, COTTE D'ARMES, COTTE DE MAILLES.— Ar- 
mure de défense couvrant le' corps. 

COUARD. — Attribut du lion et autres animaux de combat qui 
ont la queue retroussée en-dessous entre les jambes. 

COUCHANT. — Attribut du lion et des autres animaux dont le 
corps repose sur la terre, les pieds de derrière sous eux et 
ceux de devant allongés, mais la tête levée et en éveil. 

Se dit aussi du soleil mouvant de l'angle senestre de l'écu. 

COUCHÉ. — Attribut des animaux à quatre pieds cjui ont leurs 
jambes sous le ventre; lorsque celles de devant sont éten- 
dues, on dit "en repos". 

Se dit également du chevron et du croissant dont les poin- 
tes sont du côté dextre de l'écu; on dit aussi "tourné". 

Se dit aussi de quelques pièces de longueur comme les bil- 
lettes, fusées, etc., qui, au lieu d'être debout, sont posées 
horizontalement. 

Dans les tournois antiques, l'écu se "couchait" sur le côté 
dextre, c'est-à-dire qu'il était posé par terre incliné à dextre 
à cause de sa pointe. 

COUCHÉ-CONTOURNÊ.— Se dit du chevron et du croissant 
(juand les pointes sont du côté senestre de l'écu. 

COULEURS. — Emaux employés en armoirie par opposition aux 
métaux. Nous renvoyons au traité pour plus ample expli- 
cation à leur sujet. 



230 Traité d'art héraldique 

COULEUVRE. — Ce reptile ne s'emploie guère que dans les 
armes parlantes; l'exemple le mieux connu est celui de Col- 
bert qui porte "d'azur à la couleuvre d'argent". 

COULISSE, COULISSÉ. — La coulisse est la herse d'un château 
ou d'une tour, et le "coulissé" est l'attribut de ce château ou 
de cette tour lorsque la herse est fermée. 

COUPE. — Gobelet sur pied; si elle a un couvercle on la dit 
"couverte". 

COUPÉ. — L'écu est dit "coupé" lorsqu'il est séparé par moitié 
d'un trait horizontal d'un flanc à l'autre. 

Pour blasonner, il faut alors distinguer si les divisions 
sont peu ou beaucoup chargées de meubles ; si elles le sont 
peu. on commence par blasonner la partie du chef, et après 
l'avoir décrite, on ajoute "coupé de", et l'on passe à la partie 
de la pointe ; si, au contraire, les deux divisions sont char- 
gées, on blasonne alors en disant "coupé, au premier de", 
et l'on blasonne cette première partie, après quoi on passe 
à la seconde en disant "et au second de'', en continuant à 
blasonner cette seconde partie. 

Les animaux et autres pièces qui chargent l'écu peuvent 
aussi être "coupés" quand ils sont de deux émaux distincts, 
ce qu'il faut alors indiquer. 

Le mot "coupé" s'applique encore à la fleur-de-lis quand la 
partie du bas en est enlevée ; on la dit alors "au pied coupé", 
ou encore "au pied nourri". 

"Coupé" se dit aussi des têtes, membres et pattes des ani- 
maux quand ils paraissent séparés du corps nettement, sans 
poil ni plumes. 



dictionnaire; analytique; des termes du beason 237 

COUPEAU. — Pointe de rocher qui symbolise la possession de 
châteaux construits sur des points élevés. C'est un meuble 
communément employé en Italie; il est nécessaire de spéci- 
fier le. nombre des coupeaux dont le rocher ou la montagne 
sont composés. 

COUPLE. — Meuble qui représente un petit bâton avec deux 
liens un peu ondes par les bouts, dont on se sert pour coupler 
les chiens de chasse; on ne fait mention des liens en bla- 
sonnant que lorsqu'ils sont d'un autre émail que le couple. 
On dit aussi "accouple". 

COUPLÉ. — Se dit des lévriers ou autres chiens de chasse qui 
paraissent dans l'écu attachés deux à deux. 

Se dit aussi des fruits ou des fleurs attachées ou liés en- 
semble deux à deux. 

COURANT. — Attribut des animaux à quatre pattes qui sem- 
blent courir, notamment du cerf, du lièvre et du chien. Pour 
le cheval on dit plutôt "lancé". 

COURONNE. — Emblème de souveraineté dont la forme varie 
suivant les époques et suivant le rang. Nous renvoyons au 
traité pour plus amples renseignements sur cette pièce. (Voir 
aussi "antique".) On la dit "ouverte" si elle entoure simple- 
ment la tête sans la couvrir. 

COURONNÉ. — Se dit de tout ce qui est sommé d'une cou- 
ronne, mais principalement du lion et dé l'aigle qui portent 
généralement une couronne à cinq pointes dite "couronne 
antique". 

COURTL — Ancienne pièce héraldique représentant une tête de 
Maure avec un collier d'argent ;. on ne la trouve plus guère 
après le XVIe siècle. 



238 TRAITÉ d'art héraldique 

COURTINES. — Partie du pavillon royal formant le manteau 
sur lequel sont posées les armes. 

COUSU. — Ce terme s'applique aux pièces honorables qui étant 
de métal sont posées sur champ de métal, ou qui étant de 
couleur sont posées sur champ de couleur. 

Comme c'est un cas d'exception, il est nécessaire de se 
servir du mot "cousu" pour faire comprendre qu'il n'y a 
pas de fausseté dans cette disposition et que ce ne sont pas 
des armes à enquerre. On feint que l'écu a été coupé et 
qu'une pièce étrangère a été cousue à la place de la partie 
enlevée; les dessinateurs doivent indiquer cette particularité 
par une accentuation dans le trait, mais pour être plus expli- 
cite, il serait préférable de l'indiquer par un pointillé repré- 
sentant des points de couture. 

Cet attribut n'est cependant pas d'un usage très répandu. 
Il ne s'applique qu'aux pièces honorables ; si les pièces secon- 
daires étaient cousues, elles seraient fausses ou rentreraient 
dans la catégorie des armes à enquerre. 

COUVERT. — Se dit d'une tour ou d'un château qui ont un com- 
ble ou toit pointu; on dit aussi "pavillonné". Si le toit est 
d'un autre émail que le château ou la tour, on le dit "essoré". 

Se dit aussi d'une coupe munie d'un couvercle. 

CRAMPON. — Moitié latérale d'une potence ; il rappelle les fiches 
en métal que les soldats plantaient dans les murailles pour y 
attacher des échelles de cordes et monter à l'escalade. Ce 
meuble est plutôt usité en Allemagne; il indique la valeur 
militaire dans l'assaut d'une ville. 

Le crampon se tourne à dextre: s'il est à senestre, on le 
dit "contourné". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 239 

CRAMPONNÉ. — Attribut d'une pièce dont les extrémités sont 
en forme de crampon. 

CRANCELIN. — Section de couronne à fleurs posée en bande et 
■ qui provient du mot allemand krcnslin, signifiant couronne 
de fleurs ou de feuilles d'ache. 

CRAPAUD. — Reptile dont la position normale est assis et vu de 
dos ; on n'exprime pas l'attribut "assis" excepté s'il se mon- 
tre de face ou de profil. On le distingue de la grenouille 
en ce que ses formes sont plus trapues. 

CRAVATE. — Ornement en forme de rubans ou de glands atta- 
chés au haut de la hampe du drapeau. 

CRÉNEAU. — Espace carré entre deux nierions sur le haut d'un 
château, d'une tour ou d'une muraille. Les créneaux doi- 
vent comprendre à la fois les nierions et les embrasures, 
mais en blason c'est cette dernière partie seulement qu'on 
désigne sous ce nom. Lorsque les créneaux sont d'émail 
différent ,on les dit "ajoutés". 

CRÉNELÉ. — Attribut d'une pièce découpée en forme de cré- 
neaux dirigés vers le chef, et s'applique principalement aux 
tours et châteaux ; c'est le contraire du bastille, dont les cré- 
neaux se dirigent vers la pointe de l'écu ; si les créneaux sont 
en chef et en pointe la pièce est dite "bretessée". 

On doit dire de combien de créneaux la pièce est crénelée ; 
les tours sont ordinairement crénelées de trois, et s'il y en a 
plus ou moins, il faut l'exprimer. 

Cette expression s'applique aussi aux roues d'horloge. 

CRÉOUIER. — Arbre imaginaire représentant un cerisier sau- 



240 TRAITÉ d'art héraldique 

vage, mais ressemblant davantage à un chandelier à sept 
branches qui aurait une tige et des racines. 

CRESTÉ. — Attribut d'un casque dont la crête est d'un émail 
différent. 

CRÉTÊ. — Se dit de la crête du coq, du dauphin ou de tout autre 
animal quand elle est d'un autre émail que celui du corps. 

CRI D'ARMES ou DE GUERRE— Mot ou sentence que lan- 
çait le chevalier ou seigneur dans les tournois ou dans les 
combats pour se faire reconnaître ou pour rallier ses hom- 
mes. Il se place ordinairement sur un listel dans la partie 
supérieure des armoiries, tandis que la devise se place au bas. 

Nous renvoyons au traité pour plus amples renseigne- 
ments à ce sujet. 

CRIBLE. — Espèce de tamis en forme de cylindre employé dans 
quelques armoiries. 

CRINÉ.^Attribut qui se rapporte à la crinière des animaux. 

CROC. — Meuble d'armoirie figurant un fer crochu comme la 
gaffe des mariniers. On le trouve rarement en armoirie; 
la famille de Cambrai porte : de gueules à trois crocs d'or. 

CROISÉ. — Se dit d'un globe surmonté d'une croix, ou du panon- 
ceau de l'Agneau pascal lorsque la croisette qui le charge 
est d'émail différent. 

CROISETTE. — Lorsque les croix sont de petite dimension ou 
qu'elles sont mises en nombre sur un écu, elle? prennent le 
nom de croisettcs et sont nécessairement alésées. 

CROISILLON. — Traverse d'une croix. La croix de Lorraine 
porte deux croisillons, celui du bas étant plus étendu que 
l'autre. 



DICTIONNAIRE ANAI^YTIQUi; DES TERMES DU BEASON 241 

CROISSANT. — Pièce très usitée en armoirie, représentant la 
lune dans les premiers jours de son cours; c'est le symbole 
de l'empire d'Orient, et son origine remonte aux Croisades. 

Le croissant est ordinairement représenté les pointes tour- 
nées vers le chef ; il est inutile dans ce cas de lui ajouter 
l'attribut "montant", car c'est sa position ordinaire; il est 
"renversé" ou "versé" quand ses pointes sont tournées vers 
le bas ; "couché" ou "tourné" quand elles sont vers le flanc 
dextre; "contourné" quand elles sont vers le flanc senestre; 
deux croissants sont "adossés" lorsque leurs parties convexes 
se rapprochent l'une de l'autre, et "affrontés'' lorsque ce sont 
leurs pointes; quatre croissants appointés prennent le nom 
de îuncl. 

CROISSANTE. — Se dit d'une pièce héraldique terminée par des 
croissants ou semée de croissants. 

CROIX. — Pièce honorable formée du pal et de la fasce, occu- 
pant sur l'écu deux des sept parties de sa largeur, et dont les 
branches s'étendent jusqu'au bord ; elle est alors dite "pleine" 
et est toujours mise seule. Elle laisse à chaque coin de 
l'écu un carré vide que l'on appelle canton, et c'est pourquoi 
elle est dite "cantonnée" et non pas accompagnée pour indi- 
quer les meubles posés dans ces espaces. 

Les petites croix se nomment croîsettes. 

On dit "posé en croix" pour exprimer que les meubles 
dont on parle sont suivant cette disposition. 

L'usage des croix remonte aux croisades, et nous avons 
vu dans le traité qu'elles affectent un nombre infini de for- 
mes différentes et d'attributs pour distinguer les différentes 
familles. 



242 Traité d'art héraldique 

Suivant leurs formes, les croix portent divers noms con- 
ventionnels: la croix de Saint-André, ou de Bourgogne, ou 
cV Ecosse est en forme de sautoir; la croix grecque est large 
et alésée à branches égales; la croix gammée est une croix 
grecque terminée par des crampons; la croix latine a une 
tige plus longue, le croisillon étant plus près du sommet que 
dans la croix grecque; la croix de la Passion est une croix 
latine à formes massives, tandis que celle de la Résurrection 
est plus légère ; la croix haute est une croix latine très grêle ; 
la croix de Lorraine est une croix haute portant un second 
croisillon, dont les branches s'étendent un peu plus que celles 
du premier; la croix de Malte est à quatre branches ayant 
chacune deux pointes et gironnantes au centre de l'écu; la 
croix de Jérusalem est potencée et anglée de cjuatre croisettes 
également potencées; la croix russe ou patriarcale est une 
croix latine portant un second croisillon comme celle de Lor- 
raine, mais dont les bouts sont trèfles ; la croix de Saint- 
Antoine ou Tau a la forme de la lettre T; la croix ansée a 
la forme d'un Tau surmonté d'une anse; la croix de Tou- 
louse ou de Languedoc est cléchée, vidée et pommetée de 
douze pièces; la croix de Saint-Jean-Baptiste est une croix 
pascale avec une bandelette portant les mots "Bcce Agnus 
Dei", et la croix de Calvaire est perronnée de trois marches. 

CROIX DE MOULIN.— (Voir FER DE MOULIN). 

CROSSE. — Long bâton de métal recourbé et fleur-pnné en haut 
dans la partie courbe; il rappelle la houlette du pasteur et 
est l'emblème de la juridiction ecclésiastique. 

Les évêques placent la crosse à senestre sur la partie supé- 
rieure de leurs écus, et l'ouverture de la volute tournée en 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 243 

dehors, c'est-à-dire du côté senestre, tandis que les abbés 
et abbesses la tournent en dedans pour marquer que leur 
juridiction n'est que dans le cloître. 

CYCLAMOR. — Espèce d'anneau ou cercle lié comme celui d'un 
tonneau que quelques auteurs nomment orle rond et qui doit 
être seul dans un écu ; lorsqu'il y en a plusieurs, ils prennent 
le nom d'annelets. Quelques auteurs disent "sicamor". 
Cette expression forme parfois l'attribut du serpent. 

CYGNE. — Symbole de la ferveur et de la sincérité; il est habi- 
tuellement représenté "nageant"; comme les autres oiseaux, 
on le dit "becqué", "membre", etc., lorsque son bec ou ses 
membres sont d'un autre émail que le corps. 

D 

DAGUES. — Cors ou chevilles dont les cornes du cerf sont 
ramées. 

DAIM. — Le daim est plus petit que le cerf, a les ramures larges 
et plates, tournées en avant; il paraît de profil et passant 
dans l'écu. 

DARD. — Arme offensive qui se lance à la main et qu'on confond 
parfois avec la flèche, mais à l'encontre de celle-ci, il ne doit 
jamais être "empenné". Il est toujours posé en pal. 

DAUPHIN. — Poisson à grosse tête qui se représente courbé, 
ayant la tête et le bout de la queue tournés du côté dextre de 
l'écu; quand il est autrement, il faut le spécifier. 

On le dit "couché"quand ses extrémités tendent vers la 
pointe de l'écu; "versé" quand elles tendent vers le chef; 
"allumé", "lorré", "barbé", "crété" ou "peautré'' quand son 



244 TRAITÉ d'art héraldique 

œil, ses nageoires, sa barbe, sa crête ou sa queue sont d'un 
émail différent. Il est dit "pâmé" quand il a la gueule ou- 
verte, sans dents ni langue et les yeux fermés semblant près 
d'expirer; "vif" si sa tête et sa queue se courbent à dextre 
et qu'il montre un œil, des dents, barbe, crête et oreille 
d'émail différent du reste du corps ; s'il est courbé à senestre, 
on le dit "contourné". 

Le fils aîné des rois de France prit le titre de -Dauphin à 
la suite de la cession du Dauphiné à la France par Humbert 
II en faveur de Jean, fils de Philippe de Valois, en 1343, et 
pour exprimer cette accession, il écartela les armes du royau- 
me de France de celles de la province du Dauphiné. 

DE. — On se sert de cette abréviation pour exprimer l'émail du 
champ d'un écu ; ainsi l'on doit dire : "De gueules" en sous- 
entendant le mot "champ" qui n'est pas exprimé. 

DÉ. — Cube marqué de points et servant aux jeux de hasard; 
lorsque les points sont d'émail différent, on le dit "marqué". 

DEBOUT. — Attribut des quadrupèdes dressés sur leur pieds 
de derrière. 

DÉCAPITÉ. — Attribut des animaux qui sont représentés sans 
tête. 

DÉCOUPÉ. — Se dit des lambrequins dont les découpures ont la 
forme de feuilles d'acanthe. 

DÉCOUVERT. — Attribut d'un château ou d'une maison qui n'a 
pas de toit. 

DÉDALE. — Meuble d'armoirie formé de trois cercles concen- 
triques, mais rompus, dont les ouvertures ne correspondent 

pas l'une à l'autre. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 245 

DÉFAILLANT. — Attribut d'un objet auquel il manque la moi- 
tié dextre ou senestre. On doit indiquer la moitié défaillante. 

DÉFENDU ou DEFFENDU.— Se dit du sanglier ou de sa hure 
dont la défense ou dent est d'un autre émail que le corps. 

DÉFENSE. — Meuble d'armoirie représentant la dent saillante 
de l'éléphant ou du sanglier. 

"En défense" se dit de la licorne qui a la tête baissée et 
menace de sa corne. 

DÉGRADATION. — Destitution infamante d'un chevalier^ en 
punition d'une félonie. 

DÉJOINT. — Attribut du chevron dont les deux branches sont 
séparées et seulement appointées par leur angles. 

DE L'UN A L'AUTRE.— Se dit de figures semblables placées 
sur chacune des partitions de l'écu, et dont les émaux alter- 
nent avec celles-ci. 

DE L'UN EN L'AUTRE.— Se dit de l'écu divisé en deux émaux 
différents (soit parti, coupé, tranché, taillé ou écartelé) et 
chargé sur le trait d'une pièce des mêmes émaux, mais dont le 
métal est placé sur la couleur de la partition et vice-versâ. 
Il diffère de 'Tun à l'autre" en ce que les meubles ne sont 
pas sur les divisions de l'écu, mais sur la ligne même de ces 
divisions, de telle sorte que des armes peuvent être en même 
temps "de l'un à l'autre", et "de l'un en l'autre". 

DÉGARNIE. — Attribut d'une épée sans garde. 

DELTA. — Triangle évidé représentant la lettre grecque ainsi 
nommée. 

DÉMANCHÉ. — Attribut d'un outil ou d'une arme représenté 
sans le manche qui lui est propre. 



24G TRAITÉ d'art héraldique 

DÉMEMBRÉ. — Attribut des animaux dont les membres sont 
séparés du corps. 

DE MÊME. — Se dit pour éviter la répétition d'un émail que l'on 
vient de nommer. On dit aussi "du même". 

DEMI ou DEM Y. — S'emploie pour exprimer la moitié d'un ani- 
mal ou de toute autre figure. 

DEMI-VOL. — Aile d'oiseau détachée de son corps qui paraît 
posée en pal, le dossier à dextre. la pointe vers le haut de 
l'écu. Il peut y avoir plusieurs demi-vols sur le même écu. 

DENCHÉ. — Se dit des pièces dont les bords ont des petites 
dents pointues, les intervalles étant creusés obliquement à la 
manière des dents de scie. Le denché diffère de Vcngrdé 
en ce que celui-ci a les pointes plus serrées et les ouvertures 
arrondies intérieurement. On dit dentelé lorsque la pièce 
est denchée dés deux côtés. Voir "feuille de scie". 

DENCHURE. — Filet ou listel denché au long du bord supé- 
rieur de l'écu ; on la nomme après les pièces qui se trouvent 
sur le champ. 

DENTÉ. — Attribut des animaux dont les dents sont d'un autre 
émail que la tête. 

DENTELÉ. — Attribut d'une pièce ^lont les deux côtés sont gar- 
nis de dents courtes et menues comme celles d'une scie. 

DENTELURE. — Filière dentelée. Voir ci-dessus au mot denché. 

DENTICULE. — Pièce en forme de mortaise pendante d'un filet 
péri en fasce, avec lequel elle forme un hwihel. 

DENTICULÉ. — Cet attribut se dit des pièces du crénelé for- 
mant bordure à l'intérieur des quatre bords de l'écu. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 247 

DÉPOUILLE— Peau d'un animal. 

DÉSARMÉ. — Se dit de l'aigle ou du lion qui ne montre pas ses 
ongles ou ses griffes. 

DESCENDANT. — Attribut de l'oiseau volant vers la pointe. 

DÉTOURNÉ. — S'applique à la tête d'un animal contourné qui 
regarde en arrière vers la dextre. 

DEUX ET UN. — Disposition la plus usitée pour placer trois 
pièces dont deux sont en chef et une en pointe. Cette posi- 
tion ne s'exprime pas, car elle est sous-entendue, sauf cer- 
tains cas où il est rigoureusement nécessaire de l'indiquer. 
Si, d'un autre côté, trois pièces sont posées une en chef et 
deux en pointe, cette disposition est contraire à l'ordre habi- 
tuel, et on dit alors que les pièces sont "mal ordonnées". 

DEVISE. — Sentence appropriée au caractère ou aux qualités de 
celui qui la choisit. Elle se place au-dessous de l'armoirie, 
dans un listel ondoyant aux couleurs de l'écu, et il ne faut 
pas la confondre avec le cri dont nous avons parlé plus haut; 
si elle se rapporte à quelque meuble de Técu, on la nomme 
"âme". Nous renvoyons au traité pour plus ample indica- 
tion à son sujet. 

DEXTRE. — Côté droit de l'écu, c'est-à-dire celui qui fait face 
à la gauche du lecteur. 

On dit des meubles qu'ils sont "à dextre" ou "adextrés", 
s'ils sont posés du côté droit sur le champ de l'écu. 

DEXTROCHÈRE. — Bras droit représenté nu, armé ou paré, et 
tenant une épée ou toute autre pièce. Dans l'écu, il est mou- 
vant du flanc senestre, ce qui alors ne s'exprime pas, à moins 
qu'il ne meuve d'un des angles, ce qui est très rare; s'il 



248 TRAITÉ d'art héraldique; 

meut de dextre il faut l'indiquer. Quand il est "armé" ou 
"paré", il faut le spécifier en blasonnant. 

Le dextrochère doit toujours montrer le coude : autre- 
ment ce ne serait qu'un avant-bras. 

DIABLE. — Fignre chimérique représentant le mauvais esprit 
avec un corps d'homme, des ailes de chauve-souris, une 
queue et des cornes; il ne s'emploie guère que comme arme 
parlante- 

DIADÈME, DIADÈME.— Attribut de l'aigle dont la tête est 
entourée d'un cercle. 

DIAMANT. — Cette pierre précieuse est représentée en triangle 
ou en losange, et toujours taillée à facettes. Si sa monture 
est d'un émail particulier on le dit "chatonné". 

DIAPRÉ. — Se dit de diverses broderies ou damasquinures figu- 
rées sur le champ de l'écu ou sur une pièce. On dit aussi 
paillé. 

Cette expression s'applique aussi quelquefois aux ailes 
du papillon, mais on emploie de préférence le mot "miraillé". 

DIDELTA. — Etoile à six rais entravaillés, représentant la réu- 
nion de deux deltas grecs entrelacés. C'est l'emblème des 
Hébreux. 

DIFFAMATION. — Suppression ou altération d'une pièce des 
armoiries en punition d'une action honteuse. 

DIFFAMÉ. — Se dit d'un lion qui n'a point de queue ou d'un 
chien sans oreilles et sans queue. Par extension, s'applique 
à tout animal privé de sa queue. 

DIMINUÉ. — Attribut des pièces héraldiques dont la largeur est 
amoindrie. 



DICTIONNAIRE ANAI^YTIQUE DES TERMES DU BLASON 249 

DIVISE — Fasce diminuée au tiers de sa largeur ordinaire; elle 
est ordinairement posée sous le chef qu'elle paraît soutenir. 
Elle est quelquefois placée dans l'écu quoiqu'il n'y ait pas 
de chef, et dans ce cas, on la place à deux parties et demie 
de distance du bord supérieur; si elle est plus haute ou plus 
basse, il faut spécifier sa position. Voir les mots "burèle" 
et "trangle". (Palliot orthographie erronément "devise"). 

DOLOIRE. — Petite hache sans manche dont on se servait à la 
chasse pour dépecer les animaux. Ce mot vient du latin 
dolabra, couteau dont se servaient les sacrificateurs pour dé- 
couper les victimes. 

DONJONNÉ. — Attribut des tours ou châteaux qui sont sur- 
montés de tourelles ou donjons; on doit en exprimer le 
nombre. 

DORMANT. — Se dit d'un lion ou de tout autre animal couché, 
la tête reposant sur les pieds de devant et les yeux fermés, 
dans l'attitude du sommeil. 

DOUBLÉ. — Attribut de la queue des animaux qui se double. 

DOUBLE ORLE. — Nom donné au trcchcur par quelques au- 
teurs, 

DOUBLET. — Petit moucheron montrant ses doubles ailes, mais 
posé de profil, ce qui est contraire à la position ordinaire 
des autres insectes qui sont presque toujours vus de face 
ou de dos. 

DRAGON. — Animal chimérique représenté avec la tête et les 
pattes de l'aigle, le corps et la queue du serpent tournée en 
volute le bout élevé, et les ailes de la chauve-souris, mais 
dont la langue et l'extrémité de la queue sont en forme de 



250 Traité d'art héraldique 

dard; lorsque la langue est d'un émail différent, on le dit 
"langue". 

DRAGONNE. — Attribut du lion ou autre animal dont le corps 
se termine en queue de dragon. 

DRAPEAU. — Ornement extérieur de l'écu qui s'emploie sur- 
tout pour distinguer certaines charges, telles que celle du 
colonel général de l'infanterie de France. Voir aussi 

étendard, enseigne, cornette et guidon. 
rr; 

Les drapeaux se blasonnent comme les écus, leur partie la 

plus honorable étant près de la hampe, c'est-à-dire à dextre. 

DRESSÉ. — Attribut du chevron dans sa position normale, c'est- 
à-dire la pointe tournée vers le haut. S'applique également 
à d'autres pièces dans la même position. 

DU CHAMP. — Expression qu'on emploie afin d'éviter la répé- 
tition lorsqu'une pièce est du même émail cjue le champ. 

DU MÊME ou DE MÊME. — Expression qu'on emploie pour 
éviter la répétition lorsque l'émail d'une pièce est le même 
que celui en dernier lieu nommé. 

DU PREMIER ÉMAIL, DU SECOND ÉMAIL, ETC.— Ex- 
pression qu'on emploie pour éviter la répétition lorsqu'une 
pièce est d'un émail semblable au premier ou au second, etc., 
qu'on a déjà nommé. 

E 

EAU. — L'eau se place naturellement au bas de l'écu et sert le 
plus souvent à supporter un vaisseau ou un animal aquati- 
que; il peut y avoir exception à cette règle lorsque l'eau entre 
dans la formation des armoiries parlantes. Parfois aussi une 



DICTIONNAIRE. ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 251 

rivière peut traverser l'écu en forme de fasce ondée. Lors- 
que l'ombre des vagues est d'un autre émail, on la dit 
"agitée". 

ÉBRANCHÊ. — Attribut d'un arbre dont les branches ont été 
coupées et dont les écots seuls paraissent. Voir "écoté". 

ÉCAILLÉ. — Attribut qui s'emploie pour indiquer la couleur des 
écailles de poisson. 

ÉCART. — Chaque quartier d'un écu écartelé se nomme écart; 
on met au premier et au quatrième les armes principales de 
la maison, au deuxième et au troisième celles des alliances. 

ÉCARTELÉ. — Se dit d'un écu divisé en quatre espaces égaux 
par une ligne verticale et une autre horizontale; c'est la ré- 
partition formée du parti et du coupé. Les quatre espaces 
de l'écartelé se nomment écarts ou quartiers. 

On peut écarteler l'écu d'une autre manière par la réunion 
du taillé et du tranché; c'est ce qu'on nomme "écartelé en 
sautoir". 

En blasonnant l'écartelé, si le premier quartier est sem- 
blable au quatrième, et le deuxième au troisième, on dit sim- 
plement: "de. . . écartelé de. . ."; mais si tous les quartiers 
ou plusieurs sont différents, il est nécessaire de les détailler 
séparément, en réunissant cependant dans une même des- 
cription ceux qui sont identiques. Le premier quartier est 
en chef dextre, le second en chef senestre, le troisième en 
pointe dextre et le quatrième en pointe senestre. Dans 
Vécartclé en sautoir le premier quartier est en chef, le second 
au flanc dextre, le troisième au flanc senestre et le quatrième 
en pointe. 



252 TRAITÉ d'art héraldique 

Lorsque les armoiries sont écartelées par suite d'alliances, 
les armes primitives de la maison occupent le premier et le 
quatrième quartiers, mais si toutes les écartelures sont rem- 
plies d'armes de concession ou d'alliance, celles de la mai- 
son se mettent sur le tout. 

ÉCARTELÊ (CONTRE).— L'écartelé ordinaire est de quatre 
quartiers; lorsque l'un d'eux est à son tour subdivisé en 
quatre, il est dit ''contre-écartelé". 

ÉCARTELURE. — Division de l'écu écartelé; c'est le synonyme 
d'écart ou quartier. 

ÉCHANCRÊ. — Attribut semblable au cannelé. C'est donc un 
"erigrêlé" de grandes dimensions. 

ÉCHEELE. — Il faut indiquer le nombre de ses échelons. 

ÉCHIQUETÊ — Attribut de l'écu ou des pièces composées de 
carrés alternativement de métal et de couleur comme l'échi- 
quier. Les pièces et figures échiquetées se rencontrent plu- 
tôt en Espagne et en Italie. 

L'écu échiqueté compte habituellement trente six car- 
reaux; s'il y en plus ou moins, il faut l'exprimer, mais il doit 
avoir au moins vingt carreaux ; s'il n'en a que quinze, ce qui 
est rare, on dit "quinze points d'échiquier"; s'il n'en a que 
neuf, il est dit "équipollé". 

Les pièces honorables qui sont échiquetées doivent avoir 
au moms deux tires ou traits; si elles en ont moins, elles 
sont dites "componées". 

En blasonnant l'échiqueté, on commence par indiquer 
l'émail du carré qui forme l'angle droit du chef. 

ÉCIMÉ. — Attribut du chevron dont la pointe est coupée. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 253 

ÉCLATÉ. — Se dit des lances, bâtons et chevrons brisés, rnais 
pour cette dernière pièce, le mot "brisé" vaut mieux. 

Se dit aussi d'une figure qui semble rompue par éclats. 

ÉCLOPPÉ. — Se dit du taillé qui est tranché vers le milieu de 
son parcours. 

ÉCORCHÊ. — Se cîit quelquefois des animaux qui sont de l'émail 
gueules, comme si leur peau avait été enlevée; cette expres- 
sion ne se rencontre guère que chez les auteurs anciens. 

ÉCOT. — Tronc, branches ou bâton noueux dont les branches 
ont été coupées, laissant les nœuds seuls; c'est le synonyme 
de chicot. Il faut spécifier sa position, soit en pal, en bande, 
en fasce, etc. 

ÉCOTÉ. — Attribut qui s'applique au tronc dont les branches 
sont coupées ; Vécoté s'applique plus spécialement à une 
branche ou à un tronc d'arbre, tandis que Vébranché s'appli- 
que plutôt à l'arbre lui-même. Uccoté se hérisse vers le 
chef; dans ce cas les pièces sont "dressées", mais comme 
c'est la position normale, on ne l'indique pas. L'écoté 
" versé " présente ses découpures en oblique descendante ; 
"tourné", il les dirige vers la dextre. et "contourné" vers le 
senestre. 

Dans le " contre-écoté '' comme dans le contre-hretessé, 
l'échancrure d'un côté est opposée à la saillie de l'autre. 

ÉCREVISSE. — Les écrevisses se posent en pal, la tête vers le 
haut de l'écu et vues de dos ; s'il en est autrement, il faut le 
spécifier; leur émail est généralement le gueules; elles sym- 
bolisent le droit de propriété sur un cours d'eau. 

ECU. — Arme défensive de la plus haute antiquité qui représente 



254 TRAITÉ d'art héraldique 

en armoirie le bouclier ou champ sur lequel on émaille les 
pièces et figures qui composent les armoiries. Nous ren- 
voyons au traité pour plus amples détails, quant à sa forme, 
ses divisions, etc. 

L'écu s'emploie parfois comme meuble dans les armoi- 
ries; s'il représente l'arme défensive connue sous le nom de 
bouclier, il prend alors ce nom ou celui de "targe". 

S'il représente l'écu armoriai, il est alors dit "écusson"'. 

ÉCUREUIL. — Animal qui se représente "grimpant'' (rampant), 
la queue, relevée sur le dos et plus grosse que le corps. Le 
surintendant Fouquet avait dans ses armes un écureuil avec 
la devise: "Quô non ascendam"? 

ÉCUSSSON. — Nom que prend un petit écu employé comme 
meuble et représentant l'écu armoriai ; c'est presque toujours 
une concession d'un souverain; il figure généralement en 
cœur ou en abîme, et parfois il est mis en nombre. 

Plus souvent encore, on le trouve sur une écartelure, indi- 
quant par là qu'il s'agit d'une alliance ou d'une concession, 
et on le blasonne par l'expression "sur le tout", sans ajouter 
le mot "écusson". 

ÉCUSSON DES ARMES.— Petit écusson porté en cimier, qui 
répète les armoiries. 

EFFARÉ. — Attribut du cheval et de l'âne levés sur leur pieds 
de derrière, mais pour le cheval, l'expression "cabré" est 
préférable. Quelques auteurs se servent mal à' propos du 
mot "forcené". 

EFFAROUCHÉ. — Attribut du taureau, du bœuf ou du chat 
quand ils sont dans la position de "rampant" ; quelques au- 



DICTIONNAIRE ANAI^YTIQUË DES TERMES DU BEASON 255 

teurs se servent des expressions " effrayé " ou " furieux ", 
qui convient mieux au bœuf et au taureau- 

EFFEUILLÉ. — Attribut d'un arbre, rameau ou de toutes plan- 
tes dépouillées de leurs feuilles; l'arbre dans cet état se dit 
aussi "arbre sec". Effeuillé se dit aussi d'un épi dont la tige 
ne porte pas de feuilles. 

EFFRAYÉ.— Synonyme de "effaré", "effarouché" ou "furieux". 

ÉLANCÉ.— Se dit du cerf "courant". Voir "lancé". 

ÉLÉMENTS. — Les quatre éléments (air, terre, feu et eau), sont 
plus généralement employés comme accessoires que comme 
pièces principales de l'écu. Voir ces différentes rubriques 
pour leurs diverses caractéristiques. 

ÉLÉPHANT. — Le plus grand et le plus fort des quadrupèdes; 
il se représente "posé" sur ses quatre pieds; il est l'emblème 
de la piété envers le Créateur parce qu'on prétendait qu'il 
s'inclinait au lever et au coucher du soleil. On le dit "armé" 
ou "défendu" quand ses défenses sont d'un émail différent 
et "ongle" quand ce sont ses pieds. Parfois on emploie 
seules en armoirie les proboscidcs ou trompes d'éléphant. 

ÉMAIL- — Nom qui se donne aux métaux et aux couleurs em- 
ployés en armoirie, parce qu'autrefois on les "émaillait" 
sur les boucliers, cottes d'armes, etc., afin de les rendre inal- 
térables aux intempéries de l'air. 

Nous renvoyons au traité pour plus amples renseigne- 
ments à ce sujet- 

ÉMANCHE. — Pièce héraldique formée de plusieurs pointes 
triangulaires dont les bases se touchent et meuvent de l'un 
des bords ou de l'un des angles de l'écu. Voir au mot "em- 
manche". 



256 Traité d'art héraldique 

ÉMANCHÊ. — Cet attribut se compose de pièces en forme de 
longs triangles s'enclavant les uns dans les autres ; leur dis- 
position régulière est d'affecter un tiers de l'écu à chacune 
de leurs parties pleines, et l'autre tiers, celui du milieu, aux 
parties émanchées. 

Cet attribut se figure coupé, parti, tranché ou taillé; il se 
met en pal, en chef, en pointe, en bande ou en barre. 

Il ne faut pas le confondre avec Vemmanché qui s'appli- 
que au "manche" de certaines pièces, bien que quelques au- 
teurs confondent à tort ces deux expressions. 

EMBELLI. — Attribut d'une épée, sabre ou arme semblable dont 
la poignée est d'émail différent. 

EMBOUCHÉ. — Se dit des embouchures des cors, huchets et 
trompettes qui sont d'un émail différent. On dit également 
enguiché. 

EMBOUCLÉ.— Qui est bouclé. 

EMBOUTÉ.T--Attribut des manches de marteaux, instruments 
de chasse ou de toutes pièces dont les bouts sont garnis de 
cercles d'un émail différent. On dit aussi virole. 

EMBRASSE. — Cape mouvant du flanc de l'écu ; l'embrasse dex- 
tre est ouverte vers le flanc senestre, et l'embrasse senestre 
en sens contraire. 

EMBRASSÉ.— Cet attribut est le "chappé" mouvant de l'un 
des flancs de l'écu, car on a vu que le chappé se meut de la 
pointe. On doit indiquer si l'embrassé est à dextre ou à 
senestre. 

EMMANCHE. — Triangle dont la base repose sur un des bords 
de l'écu, et dont la pointe touche le bord opposé; elle peut se 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 2o < 

répéter jusqu'à quatre fois sur l'écu, et se placer soit en chef, 
en pointe ou sur les côtés. (Voir emmanchure, pile et 
pointe.) 

EMMANCHÉ. — Attribut des manches de hache, faulx, mar- 
teau, etc., qui sont d'un émail différent. 

EMMANCHURE. — Triangle dont la base est sur l'un des Ijords 
de l'écu, et dont la pointe se termine au premier tiers de la 
distance qui le sépare du bord opposé. L'emmanchure ne 
s'élève donc que jusqu'à la hauteur du tiers, tandis que la 
pile s'élève jusqu'aux deux-tiers, et l'emmanche traverse 
toute la distance qui sépare les deux bords de l'écu. 

EMMUSELÉ. — Attribut du mulet, de l'ours, du chameau et 
autre animal qui ont une muselière d'un émail différent de 
leur corps. 

ÉMOUCHET. — Oiseau ayant la forme d'un aigle. 

ÉMOUSSÊ. — Attribut d'un fer de lance ou d'une flèche sans 
pointe. 

EMPENNÉ. — Se dit des plumes d'une flèche ou d'un javelot 
quand ils sont d'un émail différent. 

EMPIÉTANT. — Attribut de l'oiseau qui tient une proie ou autre 
chose dans ses serres. Ainsi l'aigle impériale de France 
empiète un foudre. 

Se dit aussi de l'oiseau arrêté et perché lorsque son per- 
choir est d'émail différent. 

EMPOIGNANT. — Se dit d'une main ou de la patte d'un animal 
qui tient un objet. 

EMPOIGNÉ. — Se dit des flèches, javelots, épées ou autres piè- 
9 



258 TRAITÉ d'art héraldique 

ces de longueur au nombre de trois ou davantage, dont une 
est posée en pal, et les autres en sautoir, et réunies à leur 
centre par un lien. Ce lien n'est indiqué que s'il est d'un 
émail différent. 

Cette expression se dit aussi d'un pal, d'une bande ou 
autre pièce tenue par une main, la patte d'un lion, le mem- 
bre d'un aigle, etc. 

EN CALVAIRE. — Fleur de lis fantaisiste composée de cinq 
glaives plantés sur ime fasce cintrée. 

ENCENSOIR. — Ce meuble se représente en armoirie avec la 
chaîne tombée à senestre. 

enchaîné. — Attribut des animaux qui portent une chaîne 
rivée à leur collier. 

ENCHAUSSÉ. — Se dit de l'écu taillé depuis le milieu d'un de 
ses côtés en tirant vers la pointe du coté opposé. Voir 
aussi chaussé. 

ENCHAUSSURE. — Petite section remplissant l'angle dextre ou 
senestre de la pointe de l'écu ; elle forme un triangle, dont la 
base s'étend du milieu du flanc au milieu de la pointe. 

ENCLAVÉ. — Se dit d'un écu parti, coupé, tranché ou taillé, 
quand l'une des partitions pénètre ou s'enclave dans l'autre 
par une échancrure qui est ordinairement carrée; cet attri- 
but n'est guère usité qu'en Allemagne. 

ENCLOS. — Se dit d'un lion ou autre pièce enfermée dans un 
tresçheur du dans une palissade. S'applique aussi aux meu- 
bles de l'écu qui se trouvent au centre d'une pièce évidée. 

ENCOCHE. — Se dit du javelot ou de la flèche posés sur la 
corde de l'arc, que celle-ci soit tendue ou non. Voir ''ajusté". 



dictionnaire; analytique des termes du beason 259 

EN CŒUR. — Placé au centre de 1 ecu. 

ENCORNÉ.— Voir "ancorné"'. 

EN DÉFENSE. — Attribut de la licorne qui a. la tête baissée et 
menaçant de sa corne. 

ENDENCHÉ.— Voir "denché". 

ENDENTÉ. — Attribut d'une pièce couverte de longues dents 
ou triangles allongés et alternés d'émaux différents. 

ENFILÉ. — Se dit des couronnes, annelets ou autres pièces ron- 
des et vides traversés par une lance, bande, cotice ou autre 
pièce longue. 

ENFLAMMÉ. — Se dit de toutes pièces et principalement des 
cœurs dont il sort une flamme. 

ENFLÉ. — Attribut des voiles de navire quand elles sont gonflées 
et qu'elles se rencontrent seules. 

EN FORME. — Attribut du lièvre qui paraît arrêté et assis sur 
ses pattes de derrière. 

ENGLANTÉ. — Attribut du chêne chargé de glands d'émail 
différent. 

ENGOULANT. — Animal qui dévore une pièce; pour la guivre 
on dit "halissant". 

ENGOULÉ. — Se dit d'un bâton, d'une bande ou autre pièce dont 
les bouts sont dans la gueule de têtes d'animaux mouvant 
des bords de l'écu. 

ENGRÉLÊ. — Attribut des pièces principales dant les bords sont 
armés de petites dents à intervalles creux et arrondis. 

Il diffère du dentelé en ce que celui-ci est à angle comme 



260 ' TRAITÉ d'art héraldique 

les dents de scie, tandis que dans l'engrélé, l'intervalle des 
pointes est arrondi. 

ENGRELURE. — Petit filet ou listel engrélé qui se pose au long 
du bord supérieur de. l'écu. 

ENGRENÉ. — Attribut qui s'applique aux roues d'engrenage. 

ENGUICHÊ. — Indique l'embouchure des cors ou huchets qui 
sont d'un émail différent. Voir "embouché". 

ENHENDÉ. — Pièce héraldique dont le pied est refendu. Il dif- 
fère du "fourché" en ce que celui-ci n'a que deux pointes, 
tandis que l'enhendé étant refendu offre trois pointes. Cet 
attribut s'applique principalement à la croix. 

ENLACÉ. — AttriJDut de deux ou plusieurs pièces courbes qui se 
croisent. 

EN LATIN. — Fleur de lis fantaisiste composée de cinq fleurs 
reliées par une traverse, celles des côtés penchant à l'ex- 
térieur. 

ENLEVÉ.— Se dit de petits triangles isocèles qui remplissent 
l'écu et paraissent avoir été détachés. 

Se dit aussi de diverses figures creusées dans le champ de 
l'écu en points symétriques. 

ENMANCHÉ.— Voir EMMANCHÉ. 

EN PIED. — Attribut employé par quelques auteurs pour "levé". 
S'applique à un animal debout sur ses pieds de derrière. 

EN POUPE. — Attribut des voiles de navires qui sont gonflées. 

ENQUERRE (A). — Exception à la règle en vertu de laquelle 
on ne doit jamais placer métal sur métal ni couleur sur cou- 
leur. Cette expression vient du verbe "enquérir" parce qu'il 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 261 

y a un motif puissant de dérogation à cette règle absolue du 
Ijlason dont il y a lieu de s'enquérir. 

EN REPOS. — Attribut des animaux couchés sur le -ventre avec 
la tête haute. 

ENSANGLANTÉ. — Se dit du pélican ou autres animaux dont 
le sang coule, ou de quelque partie d'animal qui paraisse 
coupée ou arrachée et où l'on voit des gouttes qui imitent le 
sang. Pour le pélican, les gouttes de sang qui tombent de 
sa poitrine se nomment "piété". 

ENTE. — Petite emmanche mouvante de la pointe et s'arrondis- 
sant en côtés concaves. Par extension, l'ente peut quelque- 
fois être ailleurs qu'à la pointe, mais dans ce cas, il faut 
l'indiquer. 

ENTÉ EN POINTE, ou POINTE ENTÉE.— Se dit de l'écu 
qui contient une "ente" ou figure tracée dans sa partie infé- 
rieure par deux traits concaves qui partent du centre pour 
gagner les angles de la pointe ; elle a la forme d'un chevron 
plein dont les côtés seraient recourbés en dedans, et ne doit 
pas dépasser en hauteur le tiers de l'écu. 

ENTÉ-NÊBULÉ.— Attribut des pièces principales d'un écu, 
telles qu'une fasce, un pal, etc., qui sont découpés des deux 
côtés par des entailles formant alternativement une conca- 
vité et une convexité et s'enclavant dans l'émail du champ 
qui revêt la même forme. 

ENTRA VAILLE, — Se dit des oiseaux éployés qui ont un bâton 
passé entre les ailes ou les pattes. 

Se dit aussi du bar, de la bisse, de l'aigle, du griffon, etc., 
qui se trouvent entrelacés dans des fasces, cotices, burelles 
ou autres pièces de longueur. 



262 TRAITÉ d'art héraldique 

Se dit aussi en général de deux pièces honorables entre- 
lacées. Voir ce dernier mot et "entretenu". 

ENTRELACÉ. — Se dit des anneaux, triangles, croissants et au- 
tres meubles passés les uns dans les autres, ou de pièces 
honorables qui se rencontrent deux fois. Voir "entretenu". 

ENTRELACS. — Anneaux entretenus, entravaillés ou entrelacés. 

ENTRETENU. — Se dit de deux ou plusieurs clés dont les an- 
neaux se trouvent entrelacés, ou de pièces liées ensemble !?'•'' 
des anneaux. Voir "entravaillé" et "entrelacé''. 

ENVERSÉ. — Armes renversées en signe de diffamation. 

EOLE. — Synonyme (ïaquilon. 

ÉPANOUL-^Attribut de toutes lés fleurs, mais plus générale- 
ment du lis, dont le fleuron supérieur est ouvert et qui a des 
boutons entre les fleurons des côtés. 

ÊPÉE. — Arme offensive qui se représente ordinairement en pal, 
la pointe en haut; si la pointe est en bas on la dit "ren- 
versée", et si elle est dans ce cas tenue par une main, on la 
dit "abaissée" ; quand elle est seule et la pointe en haut, on 
la dit "épée haute", et on ne doit exprimer sa position que 
si elle est différente; elle peut aussi se poser en fasce, la 
pointe vers le flanc dextre de l'écu, et si la pointe est tournée 
à senestre, elle est dite "contre-posée". Deux épées se pla- 
cent ordinairement en Sautoir, les pointes en haut, mais elles 
peuvent aussi être "aboutées", et trois épées se placent en 
pal ou "appointées". L'épée est presque toujours repré- 
sentée nue; quand elle est "au fourreau'' c'est une déroga- 
tion à la règle ordinaire qu'il faut signaler ; elle a dans l'écu 
une lame, une garde, une poignée et un pommeau; on la dit 



DICTIONNAIRE ANAI.YTIQUE DES TERMES DU BLASON 263 

"garnie" lorsque la garde, la poignée et le pommeau sont 
d'un émail différent et "embellie" s'il s'agit de la poignée 
seulement. L'épée est ordinairement d'argent à garde d'or. 

ÉPERON. — L'éperon du chevalier se représente rarement en 
entier ; on emploie plutôt la molette seule. La partie de l'épe- 
ron qui supporte la molette se nomme "collet". 

Si l'éperon est tourné à senestre, on le dit "contre-posé". 

ÉPERVIER. — Oiseau de proie dont on se servait pour la chas- 
se; on le dit "chaperonné" lorsqu'il est coiffé, "longé" quand 
ses jambes sont liées par une longe, "grilleté" pour les grilles 
ou grelots qui y sont attachés, lorsqu'il sont d'un émail dif- 
férent; il est dit "perché" lorsqu'il repose sur un l)âton. 

ÉPIS. — Les épis ou gerbes symbolisent en armoirie la possession 
de terres fertiles en grains ; ils s'appliquent aux blés, à l'orge 
ou au mil. On les représente debout sur leurs tiges, avec 
une feuille recourbée chaque côté de leurs tiges; lorsque ces 
feuilles manquent, on les dit "effeuillés". 

ÉPIEU. — Espèce de hallebarde dont le bout supérieur est garni 
d'un fer large et pointu et dont on se servait autrefois à la 
chasse du sanglier. 

ÉPLOYÊ. — Attribut des aigles qui sont représentés de front et 
les ailes étendues; lorsqu'il s'agit d'autres oiseaux on dit 
"au vol étendu". Il n'est pas nécessaire d'indiquer cette 
position pour les aigles, aiglettes et alérions parce que c'est 
leur position ordinaire. 

ÉQUERRE.— (Voir Escarre). 

ÉQUIPÉ. — Attribut du vaisseau qui a tous ses agrè? ^'^0'~ 
"habillé". 



204 TRAITÉ d'art héraldique 

ÉQUIPOLÉ. — Attribut indiquant que l'écu est couvert de neuf 
carrés égaux placés en échiquier, les quatre des coins et celui 
du centre étant d'un émail, et les quatre autres d'un autre 
émail. Ces carrés se nomment "points", et Ton peut dire en 
blasonnant l'écu : "neuf points équipolés". 

ESCARBOUCLE (RAIS D').— Espèce de roues sans jantes 
dont le moyeu est une pierre précieuse ou un anneau, et 
dont les rayons, au nombre de huit, sont pommetés au centre 
et fleuronnés ou fleurdelisés aux extrémités. On en rattache 
l'origine aux ornements qu'on plaçait sur les boucliers ou 
"escuts à boucle". 

ESCARGOT.— (Voir LIMAÇON). 

ESCARRE ou ESQUARRE. — Espèce de bordure qui ferme ou 
termine un quartier des deux côtés intérieurs de l'écu; on 
pourrait dire qu'elle est formée par l'évidement du franc- 
quartier; c'est à proprement parler une équerrc. 

ESSONÉ. — Attribut d'une pièce entourée d'un essonier. 

ESSONIER.— (Voir TRÉCHEUR). 

ESSORANT. — Attribut d'un oiseau qui entr'ouvre.les ailes pour 
prendre son essor. 

ESSORÉ. — Attribut des châteaux ou maisons dont le toit est 
d'un émail différent. 

S'applique aussi aux oiseaux en plein vol. 

ESTACADE. — Ouvrage de fortification formé de trois pals réu- 
nis par une traverse horizontale. 

ÉTAGE. — Attribut d'un arljre revêtu de diverses couches de 
feuillage. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 2G5 

ET AI OU ET AIE. — Petit chevron alésé qui n'a que le quart de' 
la largeur du "chevron ordinaire, ou plus exactement deux 
cinquième de module. Il représente les pièces de bois qui 
servent à étayer les édifices. 

ÉTENDU. — Attribut du vol d'un oiseau dont les ailes sont éle- 
vées vers le chef. 

ÉTÊTÉ. — Se dit d'un lion, d'une aigle ou autre animal qui n'a 
point de tête, et aussi d'un arbre dont on a coupé les bran- 
ches du haut. 

ÉTINCELANT. — Se dit des charbons ardents ou des corps lumi- 
neux et enflammés qui semblent jeter du feu et des étincelles 

ÉTINCELÊ.— Semé d'étincelles. 

ÉTOILE. — Astre représenté à cinq pointes que l'on appelle rais, 
un tendant en haut, deux aux côtés et deux en bas ; si l'étoile 
a plus ou moins de cinq rais, il faut le spécifier, mais elle doit 
toujours avoir une pointe en haut pour être dans son assiette 
naturelle; si elle a deux rais en haut elle est dite "renversée", 
si elle est à cinq rais, et "penchée" si elle en a six. Celle 
dont un des rais est plus long et ondoyant est dite "caudée", 
mais si cette étoile est à huit rais et que la queue a trois fois 
la longueur des autres, c'est une comète. Lorsqu'il y a plu- 
sieurs étoiles il faut en indiquer le nombre et la manière 
dont elles sont placées. 

Elles sont "rayonnantes" lorsque les rais sont- ondoyants 
et "hérissées", quand elles ont de petits traits entre les rais 

Les étoiles sont pleines et diffèrent des "molettes d'épe- 
rons" en ce que celles-ci sont percées en rond à leur centre 
et ont ordinairement six rais. 



20G Traité d'art héraldique 

ÉTRIER. — Appui de fer servant au cavalier à monter à cheval. 
Anciennement, les étriers consistaient en cordons de soie ou 
en cordes couvertes d'étoffes précieuses, et se nommaient 
"sautoirs". 

ÉVIDÊ.— Voir "vidé". 

ÉVIRÉ. — Attribut du lion ou autre animal qui n'a pas la mar- 
que du sexe. 

F 

FAILLI. — Ce terme s'applique au chevron, à une bande, etc.. 
dont la longueur se trouve interrompue par un vide carré. 
Il est synonyme de "rompu", mais est moins usité. 

Quelques auteurs qualifient de cet attribut une pièce qui, 
partant d'un bord de l'écu s'arrête à peu de distance du l)ord 
opposé. 

FAISCEAUX. — Assemblage de baguettes entourant une hache 
et liées par des courroies que les licteurs portaient devant les 
consuls et les empereurs romains. Voir "hache consulaire". 

FALOT. — Vase muni d'un manche et rempli de flamme, dont on 
doit indiquer l'émail lorsqu'il est différent. Le falot sans 
manche s'attachait aux créneaux d'une tour. 

FANAL. — Falot haussé sur un échafaudage. 

FANION. — Étendard ou petit drapeau qui s'attache au haut, de 
la lance. 

FANON.' — Manche pendante qu'on portait autrefois près du 
poignet droit pour lui servir d'ornement. (Voir Manipule). 

FASCE. — Pièce honorable posée horizontalement au centre de 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 267 

récu; elle a deux parties de hauteur des sept de la largeur 
de l'écu et représente la ceinture du chevalier. Elle peut être 
"haussée" ou "abaissée". 

Lorsqu'il y a deux ou trois fasces dans un écu, elles dimi- 
nuent de largeur et ont entre elles des espaces égaux à leur 
hauteur. Deux fasces réduites au tiers de leur largeur et 
séparées par un espace égal prennent le nom de "jumelles" ; 
quatre fasces ou plus ,en nombre pair, réduites au cinquième 
de leur largeur ordinaire prennent le nom de "burelles", et 
en nombre impair, elles se nomment trangles". Quelques 
auteurs nomment "trangle" une petite fasce diminuée à la 
moitié de sa largeur ordinaire et "divise" une petite fasce 
réduite au tiers de sa largeur et mise seule sur l'écu. 

Les meubles posés "en fasce" sont disposés dans le sens 
de cette figure. 

FASCÉ. — Attribut de l'écu couvert de fasces, alternant de métal 
et de couleur en nombre égal. Pour blasonner le fascé. on 
indique le nombre de pièces c|ui meublent l'écu, soit six ou 
huit, en commençant par la fasce qui se trouve en chef; 
lorsqu'on n'indique pas le nombre de pièces, le fascé en 
compte six. Au-delà de huit fasces, l'écu sera dit "burelé". 

FASCÉ, CONTRE-FASCÊ.— Lorsque l'écu fascé est "parti" et 
que l'émail des fasces des deux côtés de ce trait est opposé, 
on le dit "fascé, contre-fascé". 11 se blasonne comme le 
fascé ordinaire en commençant par la partie du chef qui est 
placée à dextre. 

FASCE-PAL. — On appelle ainsi la fasce réunie à une moitié de 
pal posée soit en chef, soit en pointe, quand les deux sont 
du même émail et semblent ne faire qu'une seule pièce. La 



2G8 TRAITÉ d'art héraldique 

réunion de la fasce et du pal formant la croix, la fasce-pal 
est donc une croix privée de sa partie inférieure ou supé- 
rieure, et il faut indiquer cette dernière particularité en bla- 
sonnant. 

FAUCON. — Les faucons représentent un attribut seigneurial; 
ils sont reconnaissables à leurs longes, grillets ou grelots, 
chaperons et perches ,et en conséquence ils portent les attri- 
buts de "longé", "grilleté", "chaperonné" ou "perché" si 
l'émail de ces pièces est différent. Ils sont aussi susceptibles 
des attributs des autres oiseaux, tels que "becqué", "mem- 
bre", "armé", etc. 

Ces remarques, s'appliquent également aux autres oi- 
seaux de chasse tels que l'épervier, le gerfaut et à tous les 
oiseaux de leurre ou de poing. 

FAUCILLE. — Lorsqu'on n'indique pas la position de sa pointe, 
la faucille se pose en pal ; si le manche est d'un autre émail 
on la dit "emmanchée". 

FAULX. — Les faulx figurent en armoirie comme armes de 
guerre ou comme symboles du temps; elles se posent en pal,, 
le fer en haut et la pointe tournée à dextre. Si le manche 
est d'un autre email que le fer, on la dit "emmanchée". 
Lorsqu'elle n'a pas de manche, on la nomme "rangier". 

FAUSSES ARMOIRIES.— Les armoiries sont dites "fausses" 
quand elles dérogent à la règle qui défend de mettre métal 
sur métal et couleur sur couleur. Il y a exception pour le 
"cousu" et les "armes à enquerre". 

FAUX-ÉCU. — Orle qui n'a que la dimension d'un écusson en 
cœur. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 269 

FEMME. — La femme en blason ne se représente qu'en "buste" 
et nous renvoyons à cette expression pour autres détails. 
L'emploi que l'on en fait le plus fréquemment consiste dans 
les bustes de reines. Lorsqu'on ne voit que la moitié supé- 
rieure de son corps on se sert de l'expression "demy-femme". 

FER. — Les fers de lance, de dard, de javelot ou de flèche sont 
souvent employés en armoiries; ils doivent toujours avoir la 
pointe en haut, et s'ils sont placés autrement, il faut l'indi- 
quer. On les nomme aussi "bocquets". 

FER À CHEVAL ou À "MULET.— Fers de l'un ou de l'autre 
de ces animaux ; on les pose la pince en bas ; ils ont six trous, 
. et on les dit "cloués" lorscjue ces trous sont remplis de clous 
d'un émail différent. 

FER DE FLÈCHE, DE JAVELOT ou DE LANCE.— Ces 
pièces se représentent en pal, la pointe vers le haut. 

FER DE MOULIN. — C'est la pièce de fer placée au milieu de 
la meule ; elle est formée de deux branches courbes adossées 
et réunies par deux traverses, formant une pièce ajourée 
pour recevoir le pivot. On le nomme aussi '"croix de mou- 
lin". C'est un attribut seigneurial symbolisant la possession 
de moulins où les vassaux étaient obligés de faire moudre 
leur grain. 

Nous avons vu au mot "anille" que quelques auteurs con- 
fondent ces deux pièces; l'anille ne réunit les deux branches 
courbes c|ue par un seul trait de liaison. 

FERMAIL. — Boucle des ceinturons, baudriers, harnais, etc., des 
gens de guerre. Il est ordinairement de forme ronde tirant 
sur l'ovale et garni de son ardillon. Il se pose ordinaire- 



270 Traité d'art héraldique 

■ ment en fasce, la pointe de l'ardillon à dextre, et s'il est posé 
verticalement, on le dit "en pal". Le fcrmail antique est en 
losange; c'était anciennement une marque de dignité. 

Un écu rempli de fermaux se disait autrefois "fermaillé'', 
mais ce terme n'est plus d'usage, et l'on doit plutôt dire 
"semé de fermaux". 

FEU. — L'un des quatre éléments ; se représente surtout en armoi- 
moirie par les flammes des flambeaux, des bûchers, des 
cœurs, etc. 

FEUILLE. — La feuille a généralement la même signification 
que l'arbre dont elle provient; elle se pose ordinairement en 
pal, la pointe en haut; si la queue est en haut, on la dit 
"renversé" ; si les nerfs et fibres sont d'un émail différent, on 
la dit "nervée". La couronne de feuilles de chêne était chez 
les anciens la récompense de ceux qui avaient défendu leur 
patrie. 

FEUILLE. — Attribut d'une fleur ou d'une plante dont la tige 
est garnie de feuilles d'un émail différent. Se dit aussi .des 
fleurs et des fruits qui ont des feuilles à l'encontre de l'or- 
dinaire. 

FEUILLE DE SCIE.— Se dit du pal, de la bande, de la barre 
ou de la fasce qui n'est dentelée que d'un côté; il faut indi- 
quer si la dentelure est en. chef ou en pointe. 

FICHÉ. — Attribut d'un pal, d'une croix ou autre pièce longue 
qui est aiguisée à sa partie inférieure comme pour être en- 
cée en terre, et qu\)n dit alors "au pied fiché". 

FIER. — Attribut du lion ou autre animal dont le poil est hérissé. 

FIERTÉ. — Attribut du poisson et plus particulièrement de la 
baleine dont les dents sont d'un émail particulier. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 271 

FIGURÉ. — Attribut des lunes, croissants, besants et autres piè- 
ces semblables représentant l'image d'une figure humaine. 

FIL. — Traverse du lambel. 

FILET. — Cette expression s'applique aux pièces honorables dont 
la largeur est réduite aux deux cinquièmes d'une des sept 
parties de la largeur de l'écu. On dit alors un filet posé en 
croix, en bande, en fasce, etc. Lorsqu'il s'agit d'une bor- 
dure, elle prend le nom de "filière". Deux filets séparés par 
un espace égal à leur largeur prennent le nom de "jumelles" ; 
trois filets celui de "tierce", et cinq filets se nomment "trin- 
gles". Le filet qui borde une pièce doit être du sixième de 
sa largeur. 

FILIÈRE. — Bordure très étroite n'ayant que la largeur du filet, 
c'est-à-dire égale à deux cinquièmes d'une des sept parties 
de la largeur de l'écu. Quelques auteurs confondent la 
filière avec Vorle; la filière touche le bord de l'écu, tandis 
que l'orle en est séparée par un espace égal à sa largeur. 

La filière cannelée prend le nom de "cannelure", et den- 
telée celui de "dentelure". 

FLAMBANT. — xA.ttribut du pal ou autre pièce ondes et aiguisés 
en forme de flamme ; il est mouvant d^u bas de l'écu et sa 
pointe ondoyante s'élève vers 'le haut. 

S'emploie aussi pour l'expression "allumé". 

FLAMBEAU. — Symbolise la foi et la lumière au milieu dés 
ténèbres; on blasonne l'émail du flambeau et celui du feu 
dont il est allumé ; quand ce dernier émail est le gueules on 
peut dire simplement "ardent". 

FLAMBOYANT.— Attribut d'une pièce longue, ondée et qui 
se termine en angle aigii comme une langue de feu 



272 TRAITÉ d'art héraldique 

Se dit aussi des yeux du sanglier quand ils sont d'un émail 
différent. 

FLAMME. — S'emploie parfois seule comme pièce principale ; 
dans ce cas, sa partie inférieure est arrondie et elle se ter- 
mine en haut par trois pointes ondoyantes; mais elle est 
plus souvent employée comme accessoire sortant d'une pièce, 
tel que nous avons vu aux mots ardent, allumé, enflam- 
mé, etc. 

FLANCS DE L'ECU. — Côtés dextre et senestre. 

FLANCHÉ.— Voir FLANQUÉ. 

FLANCHL — Petit sautoir alésé et diminué de largeur, qui se 
nomme ainsi quand il charge ou accompagne une pièce 
principale.' 

FLANQL^E. — Partie du milieu de l'ancre qu'il faut blasonner 
quand elle est d'émail différent; elle porte plutôt le nom de 
stangne. 

FLANQUÉ ou FLANCHÉ. — Se dit de l'écu dont les côtés ou 
flancs sont divisés du centre par deux demi-ovales adossés 
qui donnent à la partie du milieu la forme d'un pal très 
élargi à ses extrémités. Ce pal, qui forme alors le champ, 
est dit "flanqué", c'est-à-dire garni dans ses flancs. 

Quelques auteurs donnent cet attribut aux châteaux qui 
ont des tours. 

Ce terme est aussi employé pour les pièces posées en pal 
qui ont d'autres figures à leurs flancs ou côtés, mais dans ce 
cas, il vaut mieux se servir du mot "accosté", 

FLANQUL— (Voir FLANCHT). 



dictionnaire; analytique des termes du blason 273 

FLÈCHE. — Meuble qui représente une tige de bois dont une 
extrémité est armée d'un fer pointu en dard et dont l'autre 
extrémité est garnie de deux rangs de plumes, un de cha- 
que côté. 

Elle se pose ordinairement en pal la pointe en haut, et si 
elle est en bas, on la dit "tombante" ou "renversée"; si les 
plumes sont d'un émail différent, on la dit "empennée" ; si 
elle est sur la corde de l'arc, elle est dite "encochée", ou 
" ajustée ", et lorsque le fer n'a point de pointe et paraît 
coupé, elle est dite "émoussée". Les flèches en faisceaux 
sont dites "empoignées". 

FLEUR. — Les fleurs sont dites "tigées" ou "feuillées" lorsque 
la tige ou les feuilles sont d'émail différent, ou lorsque, 
étant représentées d'ordinaire sans feuilles ni tige comme 
la rose, elles se trouvent par exception avoir une tige et des 
feuilles. La tige doit se diriger vers le bas, sauf pour l'an- 
colie. (Voir ce mot). Quand elles sont réunies deux par 
deux on les dit "couplées''. 

On les dit "au naturel" quand elles n'ont pas d'autres cou- 
leurs que celles que la nature leur a données. 

FLEUR DE LIS. — En blason la fleur-de-lis prend une forme 
conventionnelle qui se compose d'un fer de lance et de deux 
crochets adossés, reliés par une traverse ; le dessin en a varié 
suivant les siècles, et dans certains cas (en calvaire, en latin, 
etc.), il s'est considérablement écarté de la forme ordinaire. 
A l'origine les fleurs de lis d'or semées sur champ d'azur 
formaient les armes des rois de France, et cet attribut prend 
en blason le nom "de France ancien"; plus tard elles furent 
réduites à trois et le blason "d'azur à trois fleurs de lis d'or" 



274 TRAITÉ d'art héraldique 

est dit "de France" ; les particuliers ne pouvaient les intro- 
duire dans leurs armoiries que par concession du roi. 

La fleur de lis coupée par le bas de manière que la partie 
supérieure seule apparaît, est dite "au pied nourri" ou encore 
mieux "au pied coupé" ; si elle a des boutons entre les bran- 
ches, on la dit "florencée", et le lis naturel est désigné sous 
le nom de "lis-de-jardin". 

FLEURDELISÉ. — Attribut des croix ou de toute autre pièce 
dont les extrémités se terminent par des fleurs de lis. 

FLEUR DE NÉFLIER. — Fleur en forme d'étoile, à cinq feuil- 
les ondoyantes. Voir "quintefeuille". 

FLEURÉ, FLEURONNÊ, FLEURETÉ ou FLOURÊ.— Bordé 
de fleurs ou terminé en fleurs, mais se dit surtout -des bor- 
dures et des trécheurs dont lés bords sont ornés de fleurs 
de lis, de trèfles ou de fleurons. Le fleuré se dit plus spécia- 
lement d'une figure ornée de fleurs d'ache, tandis que le 
fleuronné exprime l'attribut d'une pièce fleurée aux extré- 
mités. Le contre fleuré indique une pièce dont les deux 
côtés portent des fleurons alternatifs. 

FLEURI. — Attribut du rosier, d'une plante ou d'une fleur qui 
paraît avec des boutons non épanouis. 

Se dit aussi des plantes dont la fleur est d'émail différent. 

Se dit aussi des arl)res ou plantes qui ont des fleurs. 

Se dit encore des arbres qui, par exception, montrent leurs 
fleurs quand leur figuration naturelle est de n'en point avoir. 

FLEUROKNÉ. — Fleuri aux extrémités. (Voir plus haut au 
mot "fleuré"). 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 275 

FLORENCE. — Cette expression se dit de la croix dont les ex- 
trémités se terminent en fienr-de-lis, mais l'expression "fleur- 
delisé" est meilleure. 

Le lis de Florence est celui qui a des boutons entre les 
fleurons. 

FLORENCE. — Se dit d'une fleur-de-lis qui a des boutons entre 
. ses fleurons, comme la fleur-de-lis de Florence. S'emploie 
quelquefois aussi pour l'expression "fleurdelisé", mais ce 
terme n'est pas recommandé. 

FLOTTANT. — Se dit d'un navire, d'un cygne, d'un poisson ou 
autre pièce qui semble flotter sur des ondes d'un autre émail. 

FLOTTÉ. — Attribut d'une pièce ondée en forme de flots. 

FLOURÉ. — Voir plus haut au mot "Fleuré". 

FOL — On appelle ainsi deux mains dextres jointes ensemble et 
posées en fasce ; c'est le symbole de la sincérité, d'une union 
mutuelle, d'une alliance, d'un traité de paix ou d'une récon- 
ciliation. Si la foi est en bande ou en autre position, il faut 
l'exprimer. 

On dit qu'elle est "parée" lorsque les poignets sont cou- 
verts de quelque étoffe d'émail différent. 

FONDU. — Attribut d'une tour ou d'un château dont on ne voit 
que le haut. 

FONTAINE. — Est dite "jaillissante" quand elle a une ou plu- 
sieurs chutes d'eau. 

FORCES. — Espèce de ciseaux carrés par les bouts et fermés, 
pour tondre les moutons. Ils se posent en pal. Si les bouts 
sont pointus ils indiquent des forces à tondre les draps. 



276 Traité d'art héraldique 

FORCENÉ. — Se dit du cheval "effaré" ou "cabré", mais cette 
dernière expression est préférable. Voir ces deux mots. 

FORME (EN). — Attribut du lièvre assis sur ses pattes de 
derrière. 

FOUDRE.— Meuble de l'écu fait en forme de faisceau composé 
de flammes montantes et descendantes, avec quatre dards 
en sautoir dont les manches ou fûts à sinuosités angulaires 
imitent les bandes vivrées. 

Il est dit "ailé" quand ila à ses côtés deux ailes étendues 
en fasce. 

FOUINE. — Cet animal se représente "passant", 

FOURCHÉ. — S'applique à une croix alésée dont les l)ranches 
sont terminées par deux pointes formant un angle rentrant 
en forme de fourche; lorsqu'elle a trois pointes, elle est dite 
"enhendée", comme on l'a vu plus haut. 

Se dit aussi de la queue d'un lion divisée en deux. On 
dit plus ordinairement "fourchu". 

FOURCHETÉ. — Attribut de la croix dont les branches sont 
terminées en fourchette évasée, aux pointes recourbées à 
dextre et à senestre, comme celle qui servait autrefois à sup- 
porter les mousquets. 

FOURCHU. — Se dit de la queue du lion lorsqu'elle est divisée 
en deux ou double à son extrémité. 

FOURMI. — Emblème du travail et de l'économie ; se blasonne 
comme les autres insectes. 

FOURRURES. — Email neutre employé indifféremment comme 
métal ou couleur ; ce sont Vhcrmine et le vair qui se décom- 
posent en outre en conirc-hcrmînc et contrc-vair. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 277 

Les fourrures sont aussi appelées "pannes" par certains 
auteurs. 

FRANC-ARMÉ, — Guerrier bardé de fer, l'épée au poing et 
chevauchant sur un destrier dé guerre ; le tout est d'un seul 
émail, mais parfois le bouclier reproduit lui-même les 
armoiries. 

FRANC-CANTON. — Cette pièce est un peu plus grande que le 
canton et moins que le franc-quartier; ses dimensions sont 
de trois modules de largeur et trois et demi de hauteur. Elle 
se met ordinairement en chef à dextre, et quand elle est 
autrement, il faut le spécifier. Quand l'écu porte deux meu- 
bles en chef, celui de dextre est complètement caché par le 
franc-canton et à demi caché par le canton. 

C'est une marque d'ancienne franchise et parfois aussi 
une concession honorable du souverain. Il sert aussi de 
brisure. Il est presque toujours chargé de figures, 

FRANCE (DE). — Attribut d'un écu d'azur à trois fleurs de lis 
d'or. Autrefois le champ était semé de lis et l'on fait la dis- 
tinction de cette particularité en disant "de France ancien". 

FRANC-QUARTIER.— C'est le premier quartier de l'écu dont 
il occupe le quart dextre supérieur. Il doit être d'un autre 
émail que le champ et peut s'employer pour brisure. 

FRANGÉ. — Attribut des pièces, mais principalement du gon- 
fanon et de la bannière qui ont des franges d'un émail dif- 
férent. 

FRESQUE. — Nom qu'on donne parfois au bourrelet. 

FRETTE. — Meuble d'armoirie fait de quatre ou six petites 
cotices alésées et entrelacées, en nombre égal en bande et 
en barre. 



278 TRAITÉ d'art héraldique 

FRETTÊ.^Attribut d'un écu et quelquefois d'une pièce honora- 
ble chargée de six cotices entrelacées en diagonale, trois en 
bande et trois en barre. Il a presque toujours six pièces, 
mais il ne peut en avoir moins de quatre ni plus de huit ; 
s'il y avait dix ou douze cotices, l'attribut prendrait le nom 
de "treillissé". On doit donc toujours spécifier de combien 
de pièces se compose le fretté. 

Lorsqu'il est réuni par des clous à ses intersections, il est 
dit "cloué". Les espaces vides se nomment "clairevoies". 

FRUIT. — Les fruits sont le symbole de la fécondité ; ils sont 
dits "feuilles" s'ils ont des feuilles à la queue, et "soutenus" 
s'ils pendent à une branche. 

FRUITÉ. — Attribut des arbres représentés avec leurs fruits, 
quand ils sont d'un émail différent. 

FUMÉE. — Meuble de l'écu représentant une fumée qui s'élève 
et imite une volute par son contour supérieur. 

FURIEUX. — Attribut du taureau et de la licorne levés sur leurs 
pieds de derrière. Voir "effarouché". 

FUSEAU. — Pièce longue, arrondie sur les côtés, ajourée au cen- 
tre et pointue aux extrémités, qui représente un fuseau à 
filer. Il se pose en fasce. 

FUSÉE. — Pièce en forme de losange allongée qui a deux parties 
de large sur quatre de hauteur. Les fusées sont presque 
toujours accolées, tandis que les losanges, moins allongées 
qu'elles, se mettent isolées. 

Il faut indiquer si elles sont posées en fasce, en pal, en 
bande ou autrement. 

FUSELÉ. — Chargé de fusées. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 279 

Se dit surtout des liandes.des barres, des fasces, etc., mais 
plus particulièrement de l'écu rempli de fusées sans nom- 
bre alternées de métal et de couleur. 

FUTÉ. — Attribut d'une flèche, d'une lance, d'une pique ou d'un 
étendard dont le fût ou manche est d'un autre émail que le 
fer ; mais cette expression se dit plus spécialement de l'arbre 
dont le fût ou tronc est d'un autre émail que le feuillage. 

G 

GAI. — Se dit du cheval nu, c'est-à-dire celui qui n'a ni harnais, 
ni selle, ni bride ; c'est de cette manière qu'il est le plus sou- 
vent employé en armoirie. 

GALÈRE. — Navire antique dont les voiles sont ferlées. 

GAMBISSON. — Espèce de pourpoint fort long que les anciens 
chevaliers portaient sous le haubert, afin d'amortir les coups. 

OAM AI ADION.— Figure composée de quatre gammas formant 
une croix grecque cramponnée ou croix gammée, mieux con- 
nue de nos jours sous le nom de "swastika". 

GAMMÉ. — Attribut des pièces dont les extrémités se terminent 
en forme de crampons. Ce nom vient de la lettre grecque 
(jânima qui présente cette forme. Cette expression s'appli- 
que plutôt à la croix, les autres pièces prenant l'attribut 
"cramponné". 

GANTELET. — Gros gant de fer dont les doigts étaient cou- 
verts de lames par écailles, et dont les chevaliers se servaient 
en guerre ou dans les tournois pour protéger leurs mains. 

GARNI. — Attrilnit de l'épée ou l)adelaire dont la garde, la poi- 
gnée et le pommeau sont d'un autre émail que la lam,e. 



280 TRAITÉ d'art héraldique 

Se dit aussi des filets d'or ou d'argent qui bordent une 
armure. 

GEAI. — Cet oiseau se pose de profil. 

GEMMES. — Pierres précieuses; elles n'ont pas d'attribut parti- 
culier. 

GÉNÉALOGIE. — Dénombrement d'aïeux dont il fallait faire 
preuve pour être reçu chevalier. Voir "arbre généalogique". 

GENETTE. — Espèce de chat d'Espagne qui se blasonne comme 
le chat. 

GÉNIE.— Tête d'ange. 

GERBE. — Botte de blé ou d'autre grain; on la dit "liée" lors- 
que l'attache qui la serre. est d'émail différent. 

GERFAUT. — Oiseau de proie employé à la chasse; les attributs 
que nous avons indiqués pour le faucon s'y appliquent. 

GIRON. — Figure en fornie de triangle dont la base est de la 
moitié de la largeur de l'écu, et dont la pointe est au centre. 
Lorsqu'il est seul sur l'écu, il faut avoir soin d'indiquer de 
quel canton ou de quel flanc il se meut. C'est à proprement 
parler un des huit quartiers du gironné. 

GIRONNANT. — Giron ou autre pièce pointue qui se tourne en 
spirale vers sa pointe. Lorsque plusieurs girons sont ap- 
, pointes, le gironnant produit l'impression de lignes qui dé- 
chiraient dans un mouvement de rotation autour du point 
de rencontre des pointes. 

GIRONNÉ. — La réunion du parti, du coupé, du tranché et du 
taillé donne le gironné qui est composé de huit pièces ou 
triangles allongés dont les pointes se réunissent au centre 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BI.ASON 281 

et dont les émaux sont alternés. Par exception, le gironné 
est parfois composé de plus ou de moins de huit pièces, et 
dans ce cas, il faut avoir soin de le spécifier. 

On blasonne en commençant par la pointe dextre du chef. 

GIROUETTE. — Ornement qui se place sur le haut des donjons 
de châteaux pour indiquer la direction du vent, et qui sym- 
bolise un droit féodal. Quand elle porte des armoiries 
peintes ou évidées, on la nomme "panonceau". Les sei- 
gneurs permettaient autrefois à leurs vassaux de mettre des 
girouettes sur le faîte de leurs maisons, mais pour leur ar- 
corder ce privilège ils exigeaient d'eux l'hommage et avaient 
droit de leur demander des redevances. 

GIROUETTE. — Attribut d'une tour, d'un château ou autre bâti- 
ment qui porte une ou plusieurs girouettes, 

GISANT. — Attribut du cerf quand il est étendu sur le sol. 

GIVRE ou GUIVRE. — Serpent qui tient dans sa gueule un en- 
fant dont on voit les bras et la tête; cet enfant est ordinai- 
rement d'émail différent, et on le dit "halissant". La guivre 
se pose ordinairement en pal; lorsqu'elle est en fasce, on la 
dit "rampante". 

GIVRÉ. — Se dit des pièces et notamment des croix dont les 
extrémités se terminent par des têtes de serpent ; l'expression 
"gringolé" est plus exacte. 

GLAND. — Se représente en armoirie avec son gobelet ou calotte 
et un petit bout de la tige dirigé vers le haut de l'écu. Si 
la pointe du gland est en haut, il est dit "renversé". On le 
dit "tige et feuille" si la queue est un peu allongée et garnie 
de feuilles. 



282 Traité d'art héraldique 

GLOBE. — Corps sphérique représentant la terre avec lin cintre 
qui l'environne en manière de fasce, et duquel s'élève une 
autre portion cintrée jusqu'à la partie supérieure qui se 
termine par une croisette. On le dit "cintré'' lorsque le 
cintre est d'un autre émail que le globe, et "croisé" lorsque 
c'est la croisette. 

GOBELET. — Calotte du gland de chêne qu'on indique lorsque 
son émail est différent de la noix. 

GONFALON ou mieux GONFANON.— Meuble d'armoirie qui 
imite une bannière d'église avec trois pendants arrondis en 
demi-cercle. Il est dit "frangé'' lorsque la frange est d'un 
autre émail. Il se rattache par trois anneaux à la trabe hori- 
zontale qui le supporte. 

GORGÉ. — Attribut des oiseaux dont l'émail du col est différent 
de celui du corps. 

GOUFFRE.— ^Meuble d'armoirie formé d'un filet enroulé en 
spirale comme un ressort de montre. 

GOUSSET. — Figure héraldique représentant un pairie rempli. 

GOUTTE. — Meuble d'armoirie représentant une petite sphère 
terminée en pointe vers le haut comme une goutte de liquide 
qui tombe. Il ne faut pas la confondre avec la larme qui 
est plus allongée. 

GOUTTÉ. — Chargé de gouttes. 

GRAPPE DE RAISIN. — Meuble d'armoirie qui paraît avec un 
peu de sa tige et deux feuilles, une de chaque côté, le fruit 
pendant, tel qu'on le voit sur la vigne. On l'emploie quel- 
quefois seule, mais le plus souvent attachée au cep; dans ce 
cas, le cep est dit "fruité''. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 283 

On dit d'une grappe de raisin qu'elle est "pamprée" lors- 
que la tige et les feuilles sont d'un autre émail que la grappe, 
ce qui remplace les deux attributs "tige et feuille". 

GRÊLÉ. — Attribut des couronnes chargées de perles reposant 
immédiatement sur le cercle d'or et non sur des pointes 
comme celles des comtes, l'étymologie de ce mot se rappor- 
tant à la grèlc qui serait tombée sur ces couronnes. 

GRÉLIER. — Cor de chasse sans attache et faisant un tour sur 
lui-même. Suivant quelques auteurs, cette expression s'ap- 
plique aussi au canon. 

GRELOTS ou GRILLETS. — Petites sonnettes qui se mettent 
au col des chiens et des mules ou aux pattes des oiseaux de 
chasse. 

Ils sont aussi employés seuls comme meubles d'armoiries 
et se posent dans leur assiette naturelle avec l'anneau d'atta- 
che en haut. 

GRENADE. — Fruit représenté en armoirie avec une petite cou- 
ronne à pointe et une tige en bas sur laquelle sont attachées 
deux feuilles. Elle est généralement représentée avec une 
ouverture oblongue qui laisse voir les grains et elle est dite 
"ouverte" lorsque cette ouverture est d'un émail différent. 
Dans son assiette ordinaire la tige est en bas. 

On trouve aussi quelquefois en blason des grenades d'artil- 
lerie dont on doit désigner l'espèce ; elles sont dites "enflam- 
mées" lorsqu'il en sort une fîamme qui doit les faire éclater. 

GRENOUILLE. — Cet animal aquatique se place assis en pal et 
montrant le dos ; son émail ordinaire est de sinople ; il dési- 
gne la solitude et les lieux aquatiques. S'il se montre de 



284: TRAITÉ d'art héraldique 

face ou de profil, on l'indique par l'attribut "assis". On la 
désigne aussi sous le nom de "raine". On la distingue du 
crapaud en ce que ses formes sont plus élancées. 

GRIFFE. — Ongles crochus et pointus qu'il faut blasonner lors- 
qu'ils sont d'un autre émail que le corps de l'animal; on le 
dit alors "armé de. . ." en spécifiant l'émail. 

GRIFFON. — Animal chimérique dont la partie supérieui-e est de 
l'aigle et la partie inférieure du lion; il se représente tou- 
jours de profil et rampant, ce qui iie s'exprime pas parce 
que c'est sa -position ordinaire. C'est le symbole de la force 
unie à la vitesse. Il a le plus souvent la queue passée entre 
les jambes et il n'est pas nécessaire d'exprimer cet attribut. 

GRILLES. — Barreaux de la visière du casque. 

GRILLÉ. — Attribut indiquant l'émail des barreaux de la visière 
du casque. Se dit aussi d'une tour ou d'un château dont la 
herse est close. 

GRILLET. — Synonyme de grelot et de grillon. (Voir ces mots). 

GRILLETÉ. — Se dit des oiseaux de chasse lorsqu'ils ont des 
grillets ou grelots au col ou aux pattes. 

GRILLON. — Insecte des prés qui pénètre parfois au foyer des 
maisons ; sa couleur habituelle est le sable, et il se représente 
de profil et passant. Quelques auteurs disent aussi "grillet". 

GRIMPANT. — S'emploie pour rampant lorsqu'il s'applique à un 
animal qui, grimpe ou gravit un lieu escarpé, tel que le cerf 
ou l'écureuil. 

GRINGOLÉ. — Attribut de la croix ou de toute pièce dont les 
extrémités se terminent par deux têtes de serpent adossées ; 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 285 

cette expression vaut mieux que givré qui est employée par 
quelques auteurs. 

GROS-VAIR. — Nom qu'on donne parfois au beffroi de vair. 

GRUE. — Oiseau à long bec que l'on représente de profil, la patte 
dextre levée et tenant un caillou qu'on nomme "vigilance" ; 
cet attribut ne s'exprime que lorsqu'il est d'émail différent. 

GUEULES. — Couleur rouge, l'un des émaux de l'écu. Il se re- 
présente dans la gravure par des lignes verticales. Il est 
du genre masculin, et bien qu'il s'écrive toujours avec un "s", 
il est du singulier. On le désignait quelquefois sous le nom 
de "bélic". 

GUIDON. — Espèce de drapeau long, étroit et fendu, ayant deux 
pointes ondoyantes, et attaché à une lance. Il est "emman- 
ché" lorsque le manche est d'émail différent. 

GUIVRE.— Voir GIVRE. 

GUIVRÉ ou VIVRE. — Dentelé à grosses pièces. (Voir vivre). 

GULPE. — Tourteau de couleur pourpre. Ancienne expression, 
peu usitée de nos jours. 

GUMÈNE.— Cable de l'ancré. 

GUSE. — Tourteau de couleur gueules. Ancienne expression peu 
usitée. 

H 

HABILLÉ. — Attribut du vaisseau qui a toutes ses voiles; quand 
elles sont d'un autre émail que celui de la coque, il faut le 
spécifier. Cependant, quelques auteurs enseignent que le 
mot habillé n'est pas exact dans ce sens, et qu'il faut dire 
"équipé". 



28G TRAITÉ d'art héraldique 

Se dit plus proprement d'une figure humaine qui a ses 
vêtements. On doit dans ce cas éviter d'ernployer le mot 
"vêtu", parce que ce terme s'applique à une figure héraldique 
en forme de losange, comme nous le verrons sous ce mot. 
Lorsque les vêtements sont accompagnés d'un insigne 
ou lorsqu'ils consistent en costume de gala, quelques auteurs 
se servent dans ce cas du mot "paré" ; cependant, cette ex- 
pression s'emploie plutôt dans le cas d'un bras recouvert 
d'un parement d'habit, ou d'une foi dont les poignets sont 
garnis d'étoffe d'un émail différent. 

HACHE. — Meuble qui représente une cognée à fendre du bois 
et qui servait dans les armées pour abattre des arbres afin 
d'en faire des retranchements. Dans son assiette ordinaire 
elle se pose en pal, le tranchant à dextre. 

HACHE CONSULAIRE.— Petite hache à long manche envi- 
ronné de faisceaux liés ensemble. Ce nom lui vient de ce 
qu'à Rome les licteurs portaient ces haches devant les consuls. 

HACHE D'ARMES. — Espèce de hache dont les anciens se ser- 
vaient à la guerre quand il avaient brisé leurs lances. Elle 
se pose en pal, le tranchant à dextre et la pointe à senestre; 
lorsque le manche est d'un émail différent, on la dit "em- 
manchée." 

HACHEMENTS. — Découpures des lambrequins. (Voir ce der- 
nier mot). 

HACHURES. — Traits conventionnels ou points au moyen des- 
quels on indique en gravure les émaux du blason. 

En référant au traité, on verra que Vor est indiqué par 
un pointillé; V argent par l'absence de tout trait ou point; le 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 287 

gueules par des traits verticaux; 1' azur par des traits hori- 
zontaux; le sahle par un croisement de traits verticaux et 
horizontaux ; le sinoplc par des traits diagonaux de dextre 
à senestre; le pourpre par des traits diagonaux de senestre 
à dextre; le tanné par des traits verticaux croisés de traits 
diagonaux de dextre à senestre ; la sanguine par un croisé de 
traits diagonaux de dextre à senestre et de senestre à dextre ; 
la carnation par des traits en zigzag de senestre à dextre; 
l'hermine par des mouchetures noires sur fond blanc ; .le 
contre-hermine par des mouchetures blanches sur fond noir ; 
le z'air par des petites cloches d'argent et d'azur alternées, 
et le contre-vair par de semblables cloches aux bases contre- 
posées. 

HAIE. — Palissade de rameaux entrelacés sur des pieux; son 
assiette est toujours horizontale, soit en fasce, en chef ou 
en Champagne. 

HALISSANT. — Cet attribut s'applique uniquement à la givre 
ou guivre, et comme elle ne s'appelle de ce nom que lors- 
qu'elle avale un enfant, (dans les autres poses, elle se nom- 
me bisse), on indique cet attribut en disant qu'elle est "ha- 
lissante de. . .", en indiquant l'émail de l'enfant. L'étymo- 
logie de ce mot se rattache évidemment à l'enfant qui est 
issant, et c'est pourquoi quelques auteurs orthographient "à 
Tissant de . . .". 

HALLEBARDE. — Espèce de pique garnie par le haut d'un fer 
large et pointu traversé par un autre en forme de croissant. 
Elle est dite "futée" lorsque le manche est d'un émail dif- 
férent. 

HAMADE, HAMAÏDE ou HAMÉIDE.— Espèce de fasce aie- 



288 ■ TRAITÉ d'art héraldique; 

sée représentant une pièce de bois dont les extrémités sont 
quelque peu arrondies et creusées de manière à ce que la 
partie inférieure soit un peu plus longue que le haut. Elles 
sont ordinairement au nombre de trois, et quelques auteurs 
enseignent qu'il faut trois de ces pièces pour former une 
hamaïde. 

Les opinions des auteurs sont partagées sur l'origine de 
cette pièce, quelques-uns en faisant une barrière à jour de 
trois pièces comme on en plaçait sur les chemins de péage, 
et d'autres enseignent qu'elle représente les chantiers qui 
soutiennent les tonneaux dans les caves et qui se nomment 
"liâmes" en Flandre. Ce meuble se trouve presque unique- 
ment dans le blason flamand. 

HAMPE.^Long bâton qui supporte un drapeau; une bannière 
est attachée à une trabe qui est supportée par une hampe. 
La partie la plus honorable du drapeau est près de la hampe. 

HANAP. — Coupe munie d'un couvercle. 

HARDL — Attribut du coq qui a la patte levée, le bec ouvert et 
les plumes hérissées. 

HARNACHÉ. — Attribut du cheval couvert de ses harnais. Voir 
aussi les mots "bardé", "caparaçonné" et "housse". 

HARPE. — Instrument de musique d'une haute antiquité, dont 
l'exemple le plus connu forme l'armoirie de l'Irlande. On 
la dit "cordée de. . ." pour désigner l'émail de cordes lors- 
qu'il est différent. Lorsqu'elle est très simplifiée, elle prend 
le nom de luth. 

HARPIE. — Animal chimérique ayant la tête et le buste d'une 
femme et le corps d'un aigle, qui se représente de front et 
les ailes éployées. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 289 

Cette représentation dififère un peu de celle de la fable 
qui donnait à la harpie le visage d'une vieille femme avec 
des mains armées de griflfes et le corps d'un vautour. 

HAUBERT. — Arme défensive consistant en une longue che- 
mise de mailles, couvrant le corps du chevalier depuis la tête 
jusqu'à mi-jambe, et que les nobles seuls avaient le droit de 
porter. 

HAUSSÉ. — Se dit des pièces principales qui sont placées plus 
haut que dans leur position ordinaire, et plus particulière- 
ment de la croix dont la branche d'en bas est plus longue 
que les autres, telle que la croix de Notre Seigneur Jésus- 
Christ qui se nomme ordinairement "croix latine". Cette 
• sorte de croix est alésée et ne touche conséquemment pas les 
bords de l'écu. On la nomme aussi "croix haute". 

HAUTE. — Se dit de Tépée et autres pièces semblables posées 
droites en pal et la pointe haute. 

Quelques auteurs appliquent aussi cette expression à une 
croix longue dont le croisillon ou traverse est élevé. 

HEAUME. — Synonyme de casque. Arme défensive de la tête; 
c'était le prix qu'on donnait dans les tournois à celui qui 
avait le mieux fait du côté des tenants, de même que l'épée 
était le prix de celui qui avait le mieux fait du côté des 
assaillants. 

Ce mot a plusieurs synonymes ; aux XVe et XVIe siècles, 
on le nommait armet ou morion; les Espagnols l'ont appelé 
selada, d'où les Français ont dérivé le mot "salade" qu'ils 
lui ont donné en langage vulgaire; la ressemblance de cette 
anne avec un bassin, un cabas et un pot lui ont aussi quel- 
le 



290 Traité d'art héraldique: 

quefois fait donner les noms de bassinet, de cabanet et de 
pot. Le heaume de forme spéciale à l'usage des bourgui- 
gnons s'appelait bourguignotte. 

Nous renvoyons au traité pour l'indication des divers at- 
tributs de ce meuble. 

HENDÉ. — Ancré en fleur de lis. Son étymologie se rattache au 
mot espagnol hendido qui signifie fendu. Voir enhendé. 

HÉRALDIQUE. — Ce qui regarde l'art ou la science du blason, 

HÉRAUT. — Ancien officier de la guerre et de cérémonie qui 
annonçait les chevaliers dans les tournois en décrivant mi- 
nutieusement leurs armoiries, et qui prenait alors le nom de 
héraut d'armes. Il était également chargé de porter les 
défis, de faire les proclamations, etc. Cette charge a été 
abolie en France en 1830. 

Son étymologie vient de l'allemand lierait qui signifie 
"noble crieur"; les Anglais le nomment herald,' à: on vient 
le mot "heraldry" qui signifie blason, et en français les 
expressions art ou science héraldique. 

Nous renvoyons au traité pour plus amples renseigne- 
ments à ce sujet. 

HÉRISSÉ. — Attribut du soleil ou d'une étoile qui ont des petits 
traits entre les rais. 

Se dit aussi d'une tête dont les cheveux sont dressés. 

Lorsqu'un animal a le poil hérissé, on le dit "fier". 

HÉRISSON. — Petit animal qui a la tête, le dos et les flancs cou- 
verts d'aiguillons. Comme le porc-épic, il se représente de 
profil, passant et le dos. hérissé de manière que tous ses 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 291 

piquants ressortent, mais il diffère du porc-épic en ce que 
ce dernier est plus haut sur ses jambes et a des piquants- 
beaucoup plus longs. C'est le symbole de la prudence. 

HÉRISSONNÊ. — Attribut du hérisson dont les dards sont 
dressés et du chat qui a le dos élevé et le poil hérissé. Quel- 
ques auteurs appliquent également cet attribut au chat qui a 
l'arrière-train plus élevé que la tête, mais cette indication 
n'est pas exacte. 

HERMINAIS.^Quelques auteurs donnent ce nom à l'hermine 
quand le champ est d'or ou lieu d'être d'argent. \ 

HERMINE. — Fourrure ou panne représentée en blason par urr 
champ d'argent semé de mouchetures de sable en forme de 
petites croix terminées par trois pointes c|ui vont en s'élar- 
gissant ; c'est le symbole de la grandeur et de l'autorité. Le 
champ est parfois d'un autre émail que l'argent, ou la mou- 
' cheture d'un autre émail que le sable, et dans ce cas, il faut 
spécifier les émaux; dans le cas ordinaire, on dit simple- 
ment "d'hermine", et lorsque le champ est d'or on emploie 
parfois le mot "herminais". Quand les mouchetures sont 
mêlées de sable et de gueules sur champ d'argent, on nomme 
cette fourrure "herminite". 

Nous avons vu au traité que les fourrures n'étant pas con- 
sidérées comme métal ni couleur, on peut les charger indif- 
féremment de divers émaux sans enfreindre la règle qui dé- 
fend de mettre métal sur métal ou couleur sur couleur. 

Lorsque les mouchetures sont en nombre restreint au lieu 
d'être semées, il faut en indiquer le nombre et la situation, 
car elles sont alors considérées comme meubles de l'écu. 



202 TRAITÉ d'art héraldique 

HERMINE (CONTRE).— Champ de sable semé de mouche- 
tures d'argent; c'est le contraire de l'hermine. 

HERMINE. — Pièce couverte d'hermine. Quelques, auteurs ap- 
pliquent surtout cet attribut à la croix composé de quatre 
mouchetures d'hermine aboutées. 

HERMINITE. — Hermine dont les mouchetures sont mêlées dé 
noir et de rouge. 

HÉRON. — Oiseau aquatique ayant un col, un bec et des jambes 
démesurément longs et une aigrette estimée comme parure. 
Il se place ordinairement "arrêté" dans l'écu. 

HERSE. — Il existe deux sortes de herses dont les emblèmes 

sont différents. 

j '- 

La herse des châteaux, parfois nommée herse sarraaine 
ou coulisse, est une porte en treillis suspendue par le haut 
au moyen d'une corde et qu'on laisse glisser dans des cou- 
lisses pour fermer les portes d'une ville, d'un château ou 
d'une tour; ses attributs sont "levée" lorsqu'elle permet de 
passer, et "abaissée" lorsqu'elle ferme le passage. C'est 
l'emblème de la puissance seigneuriale. 

La herse de labour est formée de six pals alésés et aiguisés 
par le bas, avec cinq traverses posées horizontalement et 
jointes aux intersections par des clous, la traverse supé- 
rieure ayant un anneau pour la traîner sur les pièces de la- 
bour; cet emblème indique la possession de terres en cul- 
ture et de grandes possessions. 

HERSÉ. — Attribut indiquant l'émail de la herse des tours, châ- 
teaux et portes de murs lorsqu'elle est descendue et ferme 
l'entrée. Voir également "coulissé". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 293 

HEURTE.— Tourteau d'azur. 

HIBOU. — Oiseau qui s'emploie comme meuble d'armoirie, sur- 
tout en Bretagne, et se blasonne comme la chouette. 

HIE. — Espèce de fusée allongée et arrondie qui se pose ordinai- 
rement en pal avec deux anneaux saillants vers le quart de 
ses deux extrémités, celui du haut tourné à dextre et celui 
du bas à senestre. 

La hie est un instrument qui sert à enfoncer les pavés ou 
les pieux, mais il est difficile d'indiquer son symbole en 
armoirie. 

HIRONDELLE. — Petit oiseau noir avec quelques taches blan- 
ches dont l'émail ordinaire est le sable; c'est le symbole de 
la tendresse maternelle. Elle est presque toujours de sable 
et "volante". 

HOMME. — Le corps humain est rarement figuré tout entier 
dans les armoiries; le plus souvent, il sert de tenant. Les 
diverses parties du corps se rencontrent plus souvent seules, 
tels que les dextrochères ou senestrochères, les mains, le 
cœur, le buste, les jambes, les yeux, etc. Sa couleur natu- 
relle est la carnation. 

HOMME D'ARMES.— Soldat du XVe siècle, cuirassé et coiffé 
d'un raorion. 

HORIZONTÉ.— Attribut du soleil et de la lune lorsqu'ils sont 
placés sur l'un des bords ou à l'un des angles inférieurs 
de l'écu. 

HOUPPES. — Glands des cordons de chapeaux dont le nombre 
fait connaître la dignité. Voir au traité. 



294 TRAITÉ d'art héraldique 

HOUSSE.— Attribut du cheval couvert de sa housse. 

HOUSSEAU, ROUSSETTE et HOUSSILLE.— Meuble d'ar- 
moirie qui représente une bottine autrefois en usage chez 
les gens de guerre, et parfois aussi des brodequins. Ce mot 
dérive de l'allemand hose qui signifie bottine, et que les An- 
glais ont retenu pour indiquer une chaussette. 

HUCHET. — Petit cor de chasse dont on se servait pour appeler 
les chiens. Ce meuble se représente toujours sans attache, 
ce qui le distingue du cor. 

Il est dit "embouché" ou "enguiché" lorsque l'embou- 
chure est d'un émail différent, "virole" quand ce sont ses 
viroles ou anneaux, et "pavillonné" si c'est le pavillon. 

HURE. — Tête de sanglier qui se place toujours de profil dans 
l'écu. Elle est dite "défendue" quand la dent ou défense 
est d'un autre émail, "allumée", "animée" ou "flamboyante" 
lorsque c'est l'œil. 

Se dit aussi de la tête du dauphin, du saumon ou du bro- 
chet lorsqu'elles sont détachées du corps de ces poissons. 

HYDRE. — Animal chimérique qui se représente de profil avec 
sept têtes et une queue de serpent, la tête la plus basse étant 
coupée et pendant à un seul filament. 

I 

IMMORTALITÉ. — Bûcher du phénix qu'on blasonne lorsqu'il 
est d'un autre émail que l'oiseau. 

INSECTES.-^Ces petits animaux se présentent ordinairement en 
pal la tête levée vers le chef de l'écu et les ailes étendues, à 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 295 

l'exception des sauterelles et des grillons qui se posent de 
profil et passant. 

Nous renvoyons aux noms particuliers de ces insectes pour 
plus amples indications, tels que les abeilles, les doublets, 
les papillons, etc. 

ISALGUE. — Fleur imaginaire en forme de cinq trèfles à queues 
allongées dont les bouts traversent un croissant renversé. 

ISOLÉ. — Attribut des pièces qui étant ordinairement placées en 
pointe sont haussées et ne touchent pas à la pointe de l'écu. 

ISSANT. — Attribut des animaux dont on ne voit que la partie 
antérieure du corps, c'est-à-dire la tête, le bout des pattes et 
une petite partie du corps, semblant issir (vieux mot fran- 
çais qui signifie sortir) d'une des pièces de l'écu ou du cas- 
que posé en cimier. (Voir la remarque au mot halissant). 

Il ne faut pas confondre ce terme avec "naissant" ; ce 
dernier mot s'applique à l'animal posé à mi-corps sur l'écu 
ou en cimier. 

L'expression "issant''' s'applique aussi à un animal qui 
sort d'un bâtiment, d'une forêt, etc., lorsqu'une partie de son 
corps y reste caché; mais lorsqu'il s'agit d'un animal qui 
semble sortir de dei rière l'écu auquel il sert de support, on le 
dit "en baroque". 

J 

JAILLISSANT. — Attribut d'une fontaine qui lance un ou plu- 
sieurs jets d'eau. 

JAMBE. — Partie du corps de l'homme qui se blasonne soit "au 
naturel", soit "armée" ou "vêtue", et suivant la position 



290 Traité d'art héraldique 

dans laquelle elle est représentée. Il faut noter en parti- 
culier la "triquètre" composée de trois jambes jointes par 
les cuisses et qui semblent courir ; c'est le symbole bien connu 
de l'île de Man. 

JARS. — Mâle de l'oie qui se pose de profil et passant. 

JAVELOT. — Arme de guerre dont le fer est garni de son bois, 
ce qui le distingue du "bocquet" dont le fer seul est repré- 
senté. On le dit "futé" ou "empenné" pour indiquer l'émail 
de son manche ou des plumes qui servent à le diriger. 

JOUR. — Découpure dans une pièce laissant voir le champ de 
l'écu. On dit en quelle forme ce jour est "percé". 

JUMELLES. — Fasces ou bandes parallèles rétrécies au tiers de 
leur largeur ordinaire, qui se placent deux ensemble à une 
une distance égale à la largeur de chacune d'elles. Les ju- 
melles et l'espace qui les divise occupent donc ensemble la 
largeur de la fasce. 

Lorsque les jumelles sont posées en fasce, on n'indique 
, pas leur position, mais si elles sont en bande, en sautoir ou 
autrement, il faut indiquer ces particularités, 

JUMELLE. — Se dit du sautoir, de la croix, du chevron, etc., 
formés de deux jumelles. 



LACS D'AMOUR. — Cordons entrelacés circulairement, dont les 
bouts ressortent par le bas, l'un à dextre et l'autre à senes- 
tre, en forme de houppe, formant une cordelière cerclée trois 
fois. Cependant cette règle n'est pas rigide et les artistes 
peuvent eu varier la disposition. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 29.Y 

LAMBEL. — Espèce de fasce très étroite ou tringle ne touchant 
à aucun bord de l'écu et garnie de pendants qui s'élargissent 
par le bas. Ces pendants sont ordinairement au nombre 
de trois, un au milieu et les deux autres aux extrémités; 
dans ce cas, il est inutile d'en spécifier le nombre, mais lors- 
qu'il y a plus ou moins de trois pendants, il faut l'indiquer. 

Le lambel se pose ordinairement en chef horizontalement, 
à une distance d'un huitième de hauteur ou un module du 
bord supérieur de l'écu; il a trois modules de longueur et 
trois-quarts de module de hauteur, dont un quart pour la 
tringle ou filet, et une demi-partie pour les pendants. Lors- 
qu'il est posé au milieu de l'écu, on dit qu'il est "en fasce", 
et l'on doit de même exprimer toute position qu'il occupe 
ailleurs qu'en chef. 

Le lambel est le plus souvent employé comme brisure par 
les puînés, et dans ce cas, il est mis en chef et peut violer 
la règle de ne pas poser métal sur métal, etc., sans être sujet 
à enquerre. 

Lorsqu'il est employé comme meuble de l'écu, on doit ex- 
primer sa position; s'il est seul, il se place en cœur comme 
toute autre pièce. Voir le traité pour étymologie et autres 
renseignements, 

LAMBREQUINS. — Ornements en manière de découpures qui 
accompagnent un casque dans la décoration extérieure de 
l'écu. Ils représentent des morceaux d'étoffes découpés qui 
se plaçaient sur le casque pour le protéger contre les rayons 
du soleil, et doivent être des mêmes émaux que l'écu et les 
pièces qui s'y trouvent, lé côté intérieur prenant l'émail du 
principal métal, et le côté extérieur celui de la principale cou- 



298 TRAITÉ d'art héraldique 

leur. Si leurs découpures sont en forme de feuilles d'acan- 
the, on les dit "découpés''. Nous renvoyons au traité pour 
plus amples renseignements. 

LAMPASSÉ. — Attribut des quadrupèdes dont la langue est d'un 
autre émail que le corps; quand il s'agit des oiseaux, on dit 
plutôt "langue", à l'exception de l'aigle pour laquelle l'usage 
a consacré le mot "lampassé". 

lyAMPE. — Meuble d'armoirie en forme de vase allongé avec un 
pied, un bec et une anse; c'est la lampe antique. On la dit 
"allumée de. . ." lorsque sa lumière est d'un émail différent. 

LANCE. — Arme de guerre et de tournoi dont le fût est plus 
gros que celui de la pique et qui est revêtu, près de la 
poignée, d'un arrêt de lance destiné à protéger la main du 
combattant et à lui servir de" point d'appui. La lance est 
"futée" lorsque le fût est d'émail différent, "brisée" lorsqu'il 
est brisé, et "émoussée" lorsque la pointe du fer est coupée. 
Elle se pose comme l'épée dans l'écu. 

LANCÉ. — Attribut du cheval courant au galop, les jambes 
étendues. 

LANGUE. — Attribut des oiseaux dont la langue est d'un émail 
différent de leur corps, à l'exception de l'aigle qui est assi- 
milée au lion et à qui l'usage a appliqué, pour cette raison, 
l'attribut de "lampassé". 

LAPIN. — Animal qui se représente habituellement de profil et 
"accroupi"; c'est le symbole de la timidité et de la fécon- 
dité. Il prend ordinairement en armoirie la vieille appel- 
lation de "connil". 

LARME. — Meuble de l'écu dont la partie supérieure en pointe 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 299 

ondoyante, s'élargit et se termine en rond par le bas; elle 
se distingue de la goutte en ce que celle-ci est plus hémis- 
phérique. Les larmes sont presque toujours représentées 
d'argent. 

LAURIER, (Feuille de). — Se place dans l'écu la queue dirigée 
vers le bas. L'arbuste se blasonne comme le rosier. 

LÉOPARD. — Lorsque le lion est représenté en armoirie la tête 
de front, c'est-à-dire montrant les deux yeux et les deux, 
oreilles, dans l'attitude passant, la queue retournée sur le 
dos avec le bouquet en dehors, il prend le nom de "léopard", 
tandis que le lion proprement dit se représente de profil, ram- 
pant et le bouquet de la queue tourné en dedans. Nous ren- 
voyons au traité pour la distinction entre ces deux figures, 
de même que pour leurs divers attributs, tels que le léopard 
'iionné", le lion "léopardé", etc. 

En Angleterre, on a discontinué depuis le XlVe siècle à 
donner le nom de "léopard" au lion qui se présente la tête 
de face; on le nomme "lion" dans toutes ses attitudes, et 
c'est plus rationnel, mais dans le blason français, la distinc- 
tion faite ci-dessus a toujours continué de subsister. 

LÉOPARD-LIONNÊ. — Cet attribut s'applique au léopard repré- 
senté rampant, parce qu'alors il se trouve dans l'attitude du 
lion, mais la tête reste de face. 

LÉOPARDÊ. — Attribut du lion dans l'attitude "passant", ayant 
conséquemment la tête de profil et le bouc|uet de la queue 
tourné en dedans. 

LE TOUT. — On emploie cette expression pour éviter la répé- 
tition du nom d'un émail commun à plusieurs pièces dont 



300 TRAITÉ d'art héraldique 

les noms se suivent. Voir également l'expression "sur le 
tout" qui s'applique à un écusson posé en écartelure. 

LETTRE. — Les lettres de l'alphabet ne sont guère employées que 
dans les armes parlantes, et surtout pour les villes. Ainsi 
Alstreim, en Autriche, porte la lettre A; Bertodomi, en Pié- 
mont, a les trois premières lettres de son nom B. E. R. ; 
Meaux, en France, a la lettre M ; Sulmona, au royaume de 
Naples, porte les lettres S. M. P. E., représentant les ini- 
tiales de la strophe d'Ovide: "Suhno miJii patria est", etc. 

LEVANT.- — Attribut du soleil mouvant de l'angle dextre du 
chef. 

LEVÉ. — Attribut de Tours dressé sur ses pattes de derrière, et 
dans la position du lion rampant. 

S'applique aussi à la herse d'un château qui est levée dans 
sa coulisse pour permettre de passer. 

LÉVRIER. — Chien de chasse à hautes jambes et à tête déliée 
c^ui se représente hal^ituellement "courant", ayant un collier 
au col, mais qui est aussi représenté "passant" ou "rampant". 
Deux lévriers sont ordinairement représentés affrontés et 
rampant, et quand il y en a trois et davantage, ils sont l'un 
sur l'autre, passant ou courant, et à distances égales. 

On le dit "colleté" de son collier d'émail différent, "bordé" 
ou "bouclé" des bords ou de la boucle de ce collier, "lam- 
passé", "allumé" ou "armé" de sa langue, de ses yeux et de 
ses griffes qui sont d'un autre émail que son corps. 

LEVRON. — Jeune lévrier qui n'a pas de collier. 

LÉZARD. — Reptile à quatre pieds et une longue queue qui se 

représente ordinairement "montant", c'est-à-dire en pal, la 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 301 

tête en chef et la queue vers le bas de l'écu ; s'il est posé d'une 
autre manière, il faut l'indiquer. 

LICORNE. — Animal imaginaire qu'on dit cependant se trouver 
dans certaines montagnes d'Ethiopie. Elle est représentée 
sous la forme d'un cheval ayant une corne sur le front, une 
barbe de chèvre et les pieds fourchus; sa position ordinaire 
dans l'écu est de profil et "passant", quelquefois "saillant", 
ce qui est pour elle le synonyme de rampant; elle est le 
symbole de l'innocence et de la chasteté. 

On dit la licorne " cornée " de sa corne, " animée " de 
ses yeux, "onglée" de l'ongle de ses pieds lorsqu'ils sont 
d'émail différent; " en défense" lorsqu'elle paraît la tête 
baissée, "accroupie" lorsqu'elle est assise, les deux pieds de 
devant touchant à terre, et "acculée" lorsque dans cette der- 
nière position, les deux pieds de devant sont levés. * 

LIÉ. — Se dit: i° d'une pièce revêtue d'une attache, tel qu'urr 
cor de chasse, une gerbe, etc. ; 2° de plusieurs pièces atta- 
chées ensemble par un ruban ou lien, comme des rinceaux, 
guirlandes, etc. ; 3° des oiseaux de leurre ou de poing quand 
ils ont leurs longes, mais dans ce dernier cas, le mot "longé" 
est préférable. 

LIEN. — Ruban qui sert à lier les rinceaux, guirlandes ou autres 
figures. 

LIÈVRE. — Cet animal se représente de profil et courant; lors- 
qu'il est arrêté et paraît assis sur ses pattes de derrière, on 
le dit "en forme". Les autres indications que nous avons 
mentionnées pour le lapin s'appliquent au lièvre. 

LIMAÇON. — Mollusque qui vit dans une coquille roulée en spi- 



302 TRAITÉ d'art héraldique 

raie; il est toujours représenté la tête hors de cette coquille 
et montrant les cornes ; c'est le symbole de la prévoyance. 

LION. — Animal le plus noble et le plus fréquemment employé 
en armoirie; il symbolise la force et le courage. 

Sa position naturelle est d'être "rampant", c'est-à-dire le 
haut du corps levé vers l'angle dextre supérieur de l'écu, 
portant sur ses pattes de derrière, celles de devant étant à 
l'attaque, la tête de profil, la gueule ouverte, la langue sail- 
lante et recourbée vers le haut et la queue retroussée sur le 
' dos, la houppe en dedans; quand il est dans cette position, 
on n'exprime pas le mot rampant. 

Il est dit "armé" de ses griffes quand elles sont d'un émail 
différent, "lampassé" de sa langue qui doit toujours res- 
sortir, "diffamé" quand il n'a pas de queue, "morné" quand 
il n'a ni langue ni griffes, "dragonne" quand la partie infé- 
rieure de son corps se termine en queue de dragon, "mariné" 
quand elle se termine en queue de poisson, "naissant" quand 
il ne paraît qu'à moitié sur le champ ou en cimier ou mou- 
vant d'une pièce, "issant" quand il paraît sur un chef, sur 
une fasce ou mouvant de la pointe ou de l'un des flancs de 
l'écu ou en cimier et ne montrant que la tête, le cou, le bout 
des pattes de devant et l'extrémité de la queue, "accroupi" 
lorsqu'il est assis sur le derrière, "couchant" ou "couché" 
lorsque son corps repose sur la terre, ses pattes de devant 
étendues, mais la tête levée, et "dormant" si dans cette posi- 
tion il appuie sa tête sur les pattes de devant et a les yeux 
fermés. 

Sa queue est dite "doublée" quand elle est double à partir 
' de sa racine, "fourchue" quand elle se double à partir d'une 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 303 

houppe, "en sautoir" quand les deux branches se croisent, 
et "nouée" quand elle a plusieurs houppes dai^s sa longueur. 

Il est "couronné" quand il a une couronne sur la tête, et 
cet ornement est ordinairement la couronne à pointe dite 
"antique"; si c'est une autre couronne, il faut l'indiquer. 

Le lion peut être "léopardé" s'il est dans la position de 
passant ; il est encore susceptible d'un grand nombre d'attri- 
buts pour la nomenclature desquels nous renvoyons au traité. 

S'il n'est figuré qu'à traits déliés, laissant voir le champ 
de l'écu, cette particularité s'exprime par l'expression "om- 
bre de lion". 

On ne peut mettre plus de deux lions sur un même champ 
et ils doivent être affrontés, adossés, l'un sur l'autre, ou 
contre-passants ; s'il y en a plus de deux ce ne peut être que 
des lionceaux. 

LION-LÉOPARDÊ. — Lion représenté "passant" comme le léo- 
pard, mais ayant la tête de profil. 

LIONCEAU. — Quand il y a trois lions ou un plus grand nom- 
bre sur un écu, ils prennent le nom de "lionceaux". 

On donne également ce nom à un petit lion qui charge ou 
qui accomp^agne une pièce honorable. 

LIONNE. — Femelle du lion rarement employée en armoirie et 
qui se distingue de lui par l'absence de la crinière ; toutes les 
autres indications données pour le lion lui sont applicables. 

LIONNE. — Se dit du "léopard rampant", c'est-à-dire dans la 
position ordinaire du lion. 

LIS. — Meuble d'armoirie qui représente exactement la fleur du 



304 TRAITÉ d'art héraldique 

lis naturel, mais qu'on nomme plus ordinairement "lis de 
; jardin", afin de le distinguer de la "fleur-de-lis" héraldique 
qui est de la forme conventionnelle bien connue. On dit 
également en ce cas que le lis est "au naturel". Il est dit 
"nourri" ou "au pied coupé" lorsque la tige paraît coupée 
en bas; il se blasonne du reste comme toute autre fleur, 

LISERÉ. — Se dit de l'émail des bords d'un casque ou d'une 
armure. 

LISIÈRE FUNÈBRE.— (Voir LITRE). 

LISTEL ou LISTON. — Petite bande de ruban sur laquelle on 
écrit la devise et qui se place ordinairement en-dessous de 
l'écu dont elle prend la principale couleur. 

LITRE ou LISIÈRE FUNÈBRE.— Bande noire qu'on peignait 
autour de l'église à la mort du seigneur châtelain, en signe 
de deuil, et qu'on couvrait de ses armoiries. 

LONGÉ. — Attribut des oiseaux de fauconnerie qui ont des 
longes ou liens aux pattes, lorsqu'ils sont d'un autre émail 
que leur corps. On dit aussi "lié". 

LORÉ ou LORRÊ. — Attribut des poissons dont les nageoires 
sont d'un émail différent. 

LORRAINE (CROIX DE).— Croix à double croisillon ou tra- 
verse dont celui du bas est plus grand que l'autre. Les 
bouts en sont plats et unis; lorsqu'ils sont trèfles, on la 
nomme "croix des patriarches". 

LOSANGE. — Figure plus longue que large, à quatre côtés égaux, 
ayant deux angles aigiis et deux autres obtus, mais moins 
effilée que la fusée. La losange se pose en pal sur un de ses 



dictionnaire; analytique; des termes du bi^ason 305 

angles aigus; lorsqu'elle est seule elle doit avoir en largeur 
deux parties et un tiers des sept de la largeur de l'écu, et en 
hauteur une huitième partie de plus ; si elles sont au nombre 
de deux, elles ne doivent avoir chacune en largeur que deux 
parties des sept de la largeur de l'écu, et un huitième de 
plus en hauteur, et si elles sont au nombre de trois ou davan- 
tage, elles diminuent proportionnellement. Elles peuvent 
se mettre jusqu'à seize sur un écu, mais dépassé ce chiffre 
on dit l'écu "semé de losanges". 

La losange percée d'une ouverture de même forme que 
son contour prend le nom de "mâcle" et celle qui est percée 
d'une ouverture ronde se nomme "ruste". 

La grande losange touche par ses quatre angles le milieu 
des quatre bords de l'écu, dont les quatre angles forment le 
vêtement. 

Nota. — En géométrie ce mot est masculin, mais en blason, 
la plupart des auteurs l'emploient au féminin. 

LOSANGE. — Ecu ou pièce rempli de losanges, de métal et de 
couleur alternés. On blasonne en commençant par l'émail 
de la première losange de l'angle droit du chef. 

Dans le losange, les pièces sont toujours placées en pal 
sur leurs pointes ; si la pointe est inclinée à dextre ou à senes- 
tre, on exprime cette particularité en disant "losange en 
bande" ou "en barre", etc. 

Les autres remarques que nous avons données pour 
Véchiqueté s'appliquent au losange. 

Pour obtenir les proportions exactes du losange, on trace 
une ligne diagonale de l'angle dextre du chef à l'angle 



306 Traité d'art hérai^diquE 

senestre de la pointe, et trois autres parallèles de chaque 
côté à égale distance; on fait la même opération de l'angle 
senestre du chef à l'angle dextre de la pointe et ces quatorze 
diagonales (sept à dextre et sept à senestre) forment le 
losange qui est composé de vingt-quatre losanges et de seize 
demi-losanges. 

LOUCHE. — Espèce de cuiller à servir qui se rencontre quelque- 
fois en armoirie, mais qui est plutôt une marque d'emploi 
ou dignité. 

LOUP. — Le loup est ordinairement représenté "passant", mais 
quelquefois "courant" ; quand il est dans l'attitude rampant, 
cet attribut s'exprime par le mot "ravissant". On le dit 
"armé" de ses griffes et "lampassé" de sa langue quand elles 
sont d'un autre émail que son corps. Il a toujours la queue 
pendante, ce en quoi il diffère du renard. 

LOUP-CERVIER. — Loup à tête de lynx, posée de front, les 
oreilles dressées, le corps d'une panthère et la queue d'un 
chat. 

LOUTRE. — Animal amphibie ressemblant quelque peu à un 
castor, mais moins gros, avec la queue allongée, le bout finis- 
sant en pointe ; c'est le symbole de l'économie et de la pré- 
voyance, et il se blasonne comme le castor. 

LOVÉ. — Attribut du serpent qui s'enroule en spirales. 

LUNE. — Cet astre ne prend ce nom que quand il est représenté 
dans son plein, ce qui est fort rare; on le représente alors 
comme le visage humain; habituellement il est représenté 
sous la forme d'un croissant. (Voir ce mot). Lorsqu'il est 
sur l'un des bords ou à l'un des angles inférieurs de l'écu, 
on le dit "horizonté". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 307 

LUNEL. — On nomme ainsi quatre croissants appointés, repré- 
sentant le contour d'une rose à quatre feuilles. 

L'UN-À-L' AUTRE.— Voir DE L'UN À L'AUTRE. 

L'UN-EN-L' AUTRE.— Voir DE L'UN-EN-L' AUTRE. 

L'UN SUR L'AUTRE.— Se dit de plusieurs animaux "passant" 
et placés l'un au-dessus de l'autre, de même que des pièces 
de longueur comme les épées, les flèches, etc., posées hori- 
zontalement l'une au-dessus de l'autre. 

Ils doivent être posés dans la même direction, vers là 
dextre. Autrement on les dit "contournés, "contre-pas- 
sant" ou "contre-posés", suivant le cas. 

Lorsqu'il n'y a que deux animaux posés Vun sur l'autre, 
on ne l'exprime point, parce que c'est leur position ordi- 
naire; s'ils étaient placés autrement, il faudrait l'exprimer. 

LUTH. — Harpe simplifiée; lorsque les cordes sont d'un autre 
émail que le cadre, on le dit "cordé". 

LYRE. — Instrument de musique à cordes qui, comme la harpe 
et le luth, est dite "cordée" lorsque ses cordes sont d'émail 
différent. 

On nomme quelquefois "lyre de David", les coquilles ap- 
pelées harpes. 

LYS. — Orthographe moins usitée de la fleur-de-lis. (Voir ce 
dernier mot). 

M 

MÂCLE. — Meuble d'armoirie qui a la forme d'une losange, 
mais qui est percée d'une ouverture de même forme, laissant 



308 ' TRAITÉ d'art héraldique 

voir le champ de l'écu; ses dimensions sont les mêmes que 
celles de la losange, et la mesure de sa partie pleine est du 
cinquième de la largeur de son diamètre horizontal. Lors- 
que la losange est percée d'une ouverture ronde, c'est un 
"ruste". 

L'étymologie de mâcle vient du latin macula qui signifie 
"mailles en losanges", et se rapporte aux mailles de la cotte 
d'armes du chevalier. 

MÂCLÉ. — Attribut d'un écu ou d'une pièce couverts de mâcles. 

MAÇONNÉ. — Attribut des tours, châteaux et murailles dont les 
traits de séparation ou joints des pierres sont d'un émail 
différent. 

Cet attribut s'applique aussi à l'écu divisé par des lignes 
ou carreaux imitant la maçonnerie. 

MAILLE. — Boucle ronde qui diffère du fermaîl en ce qu'elle n'a 
pas d'ardillon. C'est aussi le tissu de la cotte du chevalier, 

MAILLET. — Espèce de marteau de bois ou de fer à deux têtes 
qui servait, soit d'arme de combat, ou d'instrument pour en- 
foncer les portes après l'escalade des villes, ou pour enclouer 
les canons, etc. Il se pose ordinairement en pal, mais s'il 
est posé en diagonale on lui donne l'attribut "penché". 

La partie supérieure du maillet est plus longue que l'infé- 
rieure, et le manche à son extrémité est plus gros et arrondi ,* 
il diffère du marteau en ce que l'un des bouts de celui-ci est 
rond ou carré, et l'autre taillé en ciseau et fendu, tandis que 
son manche est plat et plus long que celui du maillet. 

MAIN. — Cette partie du corps humain se pose ordinairement 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 309 

ouverte et en pal, montrant la paume et les bouts des doigts 
en haut; elle est alors dite "appaumée", et si elle se montre 
de dos, on la dit "contre-appaumée" ; si les doigts sont en 
bas, on la dit "renversée' ; quelques auteurs emploient l'ex- 
pression "adossé" au lieu de "contre-appaumé", mais cette 
expression peut prêter à confusion, car elle exprime ordi- 
nairement deux pièces dos à dos. La main représentée seule 
est ordinairement la dextre, et dans ce cas, il est inutile de 
l'indiquer; si c'est la main senestre, on doit l'indiquer. La 
"main bénissante'' a les doigts étendus comme dans l'action 
de bénir, et la " main jurante " a les deux premiers doigts 
levés. 

Deux mains dextres jointes ensemble se nomment une 
"foi". 

MAIN D'AIGLE. — Patte d'aigle à la cuisse de laquelle est atta- 
chée une aile; elle se pose la grifife en bas. 

MAISON. — Une maison se montre ordinairement de face; elle 
est dite "ouverte" ou "ajourée" de sa porte ou de ses fenê- 
tres, et "maçonnée" de ses joints, ou "essorée" de son toit 
lorsqu'ils sont d'un autre émail que le corps du bâtiment. 

MAITRE. — Synonyme de manfcl (peu usité). 

MAL ORDONNÉ. — Se dit de trois pièces qui, au lieu d'être 
posées deux en chef et une en pointe, suivant la disposition 
ordinaire, sont posées une en chef et deux en pointe. 

MAL TAILLÉ. — Figure bizarre qui est supposée représenter 
une manche d'habit taillée d'une forme capricieuse. Elle 
comprend la partie qui recouvre le bras ployé avec une partie 
du justaucorps à une extréiuité et le fanon à l'autre extré- 



810 TRAITÉ d'art héraldique 

mité, représentant ainsi la forme de la lettre M. Cette pièce 
s'emploie plutôt dans le blason anglais ; cependant, on en voit 
quelques exemples ailleurs. 

MANCHE. — La manche d'habit se représente quelquefois en 
blason, mais elle est plus souvent employée comme "manche 
mal taillée". 

Les manches d'armes ou d'instruments se blasonnent lors- 
qu'ils sont d'un émail différent. 

MANDRAGORE.— Plante narcotique dont la feuille est par- 
fois employée en armoirie ; les sorciers l'employaient comme 
talisman. 

MANIPULE. — Ornement sacerdotal en forme de petite étole 
qui se porte au bras gauche. En armoirie, cette expression 
comprend la' main et le bras revêtus de cet ornement; il 
faut alors distinguer s'il s'agit d'un dextrochère ou d'un 
senestrochère. Il a aussi pour synonyme le mot fanon. 

MANTEAU. — Cotte d'armes en forme de jupe volante, ouverte 
sur les côtés, et sur laquelle le chevalier faisait dessiner ses 
armoiries. Plus tard, le manteau entourait les armoiries 
des pairs comme le pavillon entoure celles des souverains. 
(Voir "pavillon"). 

, MANTEL. — Figure, peu employée en armoirie, qui sert à la 
formation du "tiercé en mantel". (Voir cette expression). 
C'est à proprement parler une cape dont le point d'intersec- 
tion serait à un tiers de distance du chef. 

MANTELÉ. — Expression qui s'applique lorsque l'écu ne laisse 
voir qu'un chevron plein, le mantelé s'appliquant à toute la 
partie supérieure de l'écu au-dessus de ce chevron. Il dif- 



DICTIONNAIRE. ANALYTIQUE; DES TERMES DU BEASON 311 

fère du chape en ce que dans ce dernier cas, le chevron re- 
monte jusqu'au chef de l'écu. 

"Mantelé" se dit aussi parfois du lion ou de tout autre 
animal couvert d'une mante ou manteau. 

MANTELET. — Ornement du casque consistant en une pièce 
d'étoffe dont on le recouvrait pour garantir le métal de l'ar- 
deur du soleil et pour amortir les coups. 

MARCHÉ. — Expression qui s'appliquait autrefois à la corne 
du pied des animaux, mais qui n'est plus usitée. On se sert 
aujourd'hui du mot "ancorné". 

AlARELLE. — Jeu d'enfants dont le tracé forme la réunion de 
la croix, du sautoir et de l'orle. Quelques armoiries portent 
des chaînes disposées suivant cette forme. L'exemple le 
plus connu se trouve dans l'écu de Navarre. (Voir au mot 
méreW). 

MARINÉ, — Attribut des animaux qui ont une queue de pois- 
son, et plus particulièrement du lion dont la partie inférieure 
du corps prend cette forme. 

MARMITE. — Ce vase se représente avec deux anses et trois 
pieds. 

MARQUÉ. — Se dit de l'émail des points d'un dé à jouer, et quel- 
quefois des besants ou des tourteaux. 

MARQUETÉ. — S'emploie quelquefois pour " miraillé ", (voir 
ce mot), mais s'applique plutôt au corps qu'aux ailes des 
insectes. 

MARTEAU ou MARTEL.— Instrument dont l'im des bouts 
est rond ou carré, et l'autre bout taillé en ciseau' et fendu. 



312 TRAITÉ d'art héraldique 

Le manche est plat et plus long que celui du maillet. (Voir 
ce dernier mot). On le dit "morné" quand la virole du bout 
est d'un émail différent. 

MASQUÉ. — Attribut employé par quelques auteurs pour un ani- 
mal dont la tête est couverte d'un capuchon. 

MASSACRE. — Crâne du cerf vu de face et portant sa ramure. 
Par extension, cette expression s'applique aux crânes d'au- 
tres animaux, mais il faut alors désigner l'espèce. Lors- 
que la tête n'est pas décharnée elle se nomme rencontre. 

MASSE. — Bâton à tête d'or ou d'argent décorée de six ou huit 
facettes et surmontée d'une fleur de lis ou d'une couronne, 
qu'on porte devant le roi ou devant certains dignitaires dans 
quelques crémonies, et qui, par extension, représente l'auto- 
rité royale dans les parlements. Elle tire son origine des 
masses d'armes qui se portaient suspendues à l'arçon de la 
selle, du côté droit, et qui formaient une arme très effective 
au temps où le corps était protégé par le haubert et le heau- 
me contre les coups de lance et d'épée. 

Elle s'emploie quelquefois comme meuble d'armoirie, mais 
plus souvent comme insigne de dignité. 

MASSUE. — Arme offensive, consistant en un bâton court à 
grosse tête. 

MASURE. — Attribut d'un château, d'une tour, etc., qui tombe 
en ruine. 

MAURE. — L'émail ordinaire de la tête de Maure est le sable, 
mais elle peut aussi être d'un autre émail. Voir "Tête de 
Maure". 

MÉLUSINE. — Sirène qui est représentée dans une cuve et avec 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE) DES TERMES DU BLASON 313 

le bas du corps en queue de serpent au lieu d'être en queue 
de poisson, comme dans les armoiries de la maison de 
Lusignan. 

MEMBRE. — Jambe d'un oiseau détachée du corps de l'animal. 
Il se pose ordinairement en barre avec les serres en bas à 
moins d'indication contraire, et si les griffes sont d'un émail 
différent, on le dit "armé". 

IVIEMBRÉ. — Se dit des membres des aigles et autres oiseaux 
quand ils sont d'un émail différent. 

MÊME (DE ou DU). — On emploie cette expression pour éviter 
la répétition d'un émail qui vient d'être nommé. 

MENU- V AIR. — Fourrure faite de menues pièces en forme de 
cloches renversées, d'argent sur champ d'azur. Elle est 
différente du vair en ce qu'elle est plus serrée, ayant six 
tires ou rangées, tandis que le vair n'en a que quatre; les 
premières, troisième et cinquième tires du menu-vair ont 
chacune six cloches, et les deuxième, quatrième et sixième 
en ont cinq, avec deux demies aux extrémités. Le menu- 
vair peut avoir cinq, sept ou plus de tires, mais dans ce 
cas, il faut l'indiquer. 

MENU-VAIRÉ. — Se dit d'un écu rempli de menu-va:r qui est 
d'autre émail que l'argent et l'azur; on doit évidemment 
indiquer dans ce cas les émaux dont il se compose. 

MER. — Se représente en armoirie par des traits ou lignes cour- 
bes qui figurent les ondes; elle remplit le tiers inférieur de 
l'écu et se distingue des autres eaux par ses grandes vagues, 
elle est généralement d'argent agitée d'azur, ou de sinople- 
agitée de ce même émail plus foncé. 



314 Traité d'art hérai^diquE 

MÉRELÊ, ou MARELLE. — Chaîne mérelée, c'est-à-dire placée 
en forme de croix, de sautoir et d'orle réunis. (Voir au mot 
marelle). 

MERLE. — Oiseau portant le même nom en armoirie que dans 
la nature. Il se pose de profil et il ne faut pas le confondre 
avec la merlette qui n'a ni bec ni pattes. 

MERLETTE. — Petit oiseau représenté de profil sans bec ni 
pieds. De même que les alérwns, les merlettes représentent 
les ennemis désarmés et mis hors de combat; elles signifient 
aussi les voyages d'outre-mer, et sont le plus souvent en nom- 
'bre dans l'écu. 

Il ne faut pas les confondre avec les canettes dont le col 
est plus allongé et recourbé et qui ont toujours un bec et 
des pieds, non plus qu'avec les merles qui sont représentés 
au naturel. 

MERLUSINE. — Corruption du mot mélusine. On prétend ce- 
pendant que ce mot vient d'une dame de Lusignan nommée 
Merlusine qui adressait à ses vassaux des ordres péremptoi- 
res scellés de son cachet représentant une sirène. 

MÉTAUX. — Il existe deux métaux en armoirie : Y or et V argent. 
Le premier est de couleur jaune et se représente en gravure 
par un pointillé; le second est blanc et se représente au natu- 
rel, c'est-à-dire sans hachure ni points. L'or signifie riches- 
se, force et constance ; l'argent signifie innocence et virginité. 

MEUBLE. — On entend par ce mot toute pièce secondaire ou 
objets qui se placent sur le champ de l'écu ou sur les pièces 
principales. Le nombre et la variété de ces pièces sont 
infinis, mais l'usage en a limité l'emploi en blason; la plupart 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 315 

sont tirés des divers règnes de la nature ou représentent des 
objets qui servaient dans la guerre ou dans les tournois, et 
dont l'emploi est un indice d'armoiries anciennes. 

La disposition ordinaire des meubles est comme suit : un 
seul se place au centre du champ de l'écu; deux, l'un sur 
l'autre; trois se placent deux en chef et un en pointe; quatre 
aux quatre cantons; cinq, en sautoir; six, en triangle, soit 
trois, deux et un ; sept, trois, trois et un ; huit, en orle ; neuf 
trois, trois et trois. Si les meubles sont disposés autre- 
ment, il faut désigner leur position et lorsqu'ils sont en 
nombre indéfini on les dit "semés". 

MÉZAIL.-:— Le milieu ou devant du heaume. 

MI-COUPÉ. — Se dit de l'écu coupé en deux émaux dont chacun 
est chargé de la moitié d'une figure. Se dit encore de l'écu 
qui étant parti est coupé seulement dans l'une de ses parties. 

MINOTAURE. — Être chimérique ayant la partie supérieure du 
corps de l'homme, armé d'une massue, et la partie infé- 
rieure du taureau. 

MI-PARTL — Se dit de l'écu parti de deux émaux dont chacun 
est chargé de la moitié d'une figure. Se dit aussi de l'écu 
qui étant coupé est parti seulement dans l'une de ses parties, 
et s'emploie surtout dans ce cas lorsqu'on joint les armoiries 
d'une femme à celles de son mari. 

MIRAILLÉ. — Attribut du papillon dont les ailes ofit des mar- 
ques rondes d'un émail différent, ainsi que des yeux de la 
queue du paon dans le même cas, et du porc-épic dont les 
dards sont semés de taches d'un émail différent. 

Se dit aussi quelquefois de certains oiseaux dont les plu- 



316 TRAITÉ d'art héraldique 

mes paraissent de diverses couleurs qui ne leur sont pas 
naturelles, Quelques auteurs emploient les mots "bigarré'' ou 
"marqueté", mais cette dernière expression s'applique plu- 
tôt au corps qu'aux ailes. 

Se dit également de l'émail des yeux du sanglier. 

MIROIR. — Meuble qui se représente en armoirie de trois for- 
mes différentes : le miroir carré et arrondi par le haut se 
nomme miroir ^dc toilette; le miroir ovale avec manche qui 
fait partie de l'accessoire de la sirène, et le miroir rond qui 
se désigne sous le nom de miroir antique. Lorsque son ca- 
dre est garni de petites boules, on le dit "pommeté". 

MIS EN.— Voir POSÉ EN. 

MITRE. — Coiffure pontificale en forme de bonnet élevé, dont 
le haut finit en pointe, et qui est garni de deux pendants en 
arrière. 

Les évêques posent la mitre sur leur écu en front à dextre 
et la crosse à senestre, tournée en dehors. Les abbés posent 
la mitre de profil à dextre, et la crosse à senestre, mais tour- 
née en dedans pour indiquer que leur juridiction ne s'étend 
qu'à l'intérieur de leur cloître. 

MODULE. — Mesure conventionnelle servant à exprimer les 
dimensions d'une pièce. On dira par exemple que 1 ecu doit 
avoir huit modules de hauteur par sept de largeur, pour 
indiquer les dimensions d'une pièce par rapport à l'écu. 

MOLETTE. — Partie de l'éperon en forme d'étoile avec laquelle 
on pique le cheval. On la représente en blason avec six 
pointes et percée en rond au milieu. Si la molette a plus 
ou moins de six pointes, il faut l'indiquer. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 317 

La branche de métal sur laquelle l'éperon est rivé se nom- 
me collet, et lorsque la molette est accompagnée de cette 
branche, on la dit "colletée". 

On emploie généralement le mot "molette" seul sans y 
ajouter celui d'éperon qui est sous-entendu. L'éperon en 
entier est rarement employé en armoirie. 

MONDE. — Globe terrestre qu'on représente entouré d'un cintre 
et surmonté d'une croisette. Lorsque le cintre est d'un au- 
tre émail que le globe, on le dit "cintré", et lorsque c'est la 
croisette, on le dit "croisé". 

MONSTRE. — Être chimérique composé de différentes parties 
d'animaux ou du corps humain. 

MONSTRUEUX. — Se dit d'un animal qui a la face humaine, 
ou dont quelque partie de son corps n'est point de sa nature. 

MONTAGNE. — Les montagnes sont ordinairement mouvantes 
du bas de l'écu; elles sont généralement composées d'un 
certains nombre de pics qu'on nomme coupeaux, et dont on 
doit indiquer le nombre. Elles sont plus fréquentes dans le 
blason italien que dans tout autre. 

MONTANT. — Attribut de l'oiseau volant vers le chef et du rep- 
tile ou de l'insecte montant dans la même direction. 

Se dit aussi de toute pièce dressée contre le chef de l'écu. 

Quelques auteurs appliquent cette expression au croissant 
dont les pointes se dirigent en haut, mais comme c'est l'as- 
siette ordinaire du croissant, il est inutile de l'indiquer. 

Les degrés du perron ou pignon prennent aussi le nom 
de " montants ", de même que les deux pièces du chevron 
dressé. 



318 TRAITÉ d'art héraldique 

MORAILLE. — Espèce de pince dont on se servait pour serrer 
le nez des chevaux difficiles; elle consiste en deux bran- 
ches de fer jointes par une charnière à l'un des bouts et 
que l'on serre ou lâche du côté opposé autant qu'il est néces- 
saire. Ce meuble est ordinairement représenté tendu en 
fasce, et s'il y en a plusieurs dans l'écu, on les met l'une sur 
l'autre; leur émail est l'or ou l'argent. 

Quelques auteurs prétendent aussi que ce sont les tenail- 
les des ouvriers verriers, et d'autres les confondent avec 
les "broyés", 

MORION. — Nom d'une certaine forme de casque ou heaume. 

MORNÉ. — Attribut du lion, de l'aigle et autres animaux qui 
n'ont ni dents, ni langue, ni griffes, ni queue. 

Se dit aussi du casque dont la visière est entièrement fer- 
mée. Aussi de la virole qui est au bout d'un marteau. 

MORTAISE. — Attribut d'une pièce garnie de figures en forme 
de queues d'hirondelles. 

MORTIER. — Coiffure ronde et plate portée par les chanceliers 
et présidents de parlement. 

MOUCHE. — Insecte qui se représente la tête levée vers le chef, 
les ailes et pattes étendues, et vu de dos. 

MOUCHETÉ. — Attribut des pièces chargées de mouchetures 
d'hermine. 

Se dit aussi du papelonné lorsqu'il est rempli de trèfles 
ou de mouchetures. 

Se dit aussi des taches ou marques rondes qui paraissent 
sur quelques poissons, comme la truite. (Voir "picoté"). 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DKS TERMKS DU BLASON 319 

MOUCHETURE. — Petite pièce de fourrure noire prise à la 
queue de l'hermine et dont les pelletiers parsèment la peau 
de cet animal pour en faire ressortir la blancheur. Son 
émail est le sable, mais elle peut en prendre un autre qu'il 
faut alors indiquer. 

MOULIN-À-VENT. — Cette construction se représente de for- 
me carrée, brochant sur ses quatre ailes et soutenue d'un 
pied maçonné. 

MOULINET. — Meuble d'armoirie dont le haut consiste en une 
petite tringle horizontale et plate, élargie à son extrémité 
dextre, en saillie carrée vers le haut, et à l'extrémité senes- 
tre de même forme, mais renversée, avec un manche sem- 
blable à celui d'un marteau, sur lequel la tringle est sup- 
posée être mobile. Lorsque le manche du moulinet est d'un 
émail différent, on le dit "emmanché de. . ." 

MOUTON. — Cet animal se place ordinairement de profil et 
"passant", ce qui le distingue de la brebis qui est toujours 
"paissante" ; il se distingue aussi du bélier en ce qu'il n'a 
pas de cornes. (Voir brebis et bélier). Le mouton est le 
symbole de la douceur et de la vie champêtre; son émail 
particulier est l'argent, mais il peut s'en trouver d'un autre 
émail. 

MOUTON À PILOTIS. — Grosse poutre carrée munie d'un an- 
neau à sa partie supérieure et destinée à enfoncer les pilo- 
tis. Il se pose en pal. 

MOUVANT. — Se dit d'une pièce ou d'un meuble attenant au 
flanc, aux angles, au chef ou à la pointe de l'écu dont il sem- 
ble sortir, et par analogie de toute pièce ou meuble qui tou- 



320 TRAITÉ d'art héraldique 

che à quelque autre. Il faut avoir soin de bien spécifier la 
position de la pièce. 

MOYEUX DE ROUES. — Ces pièces, employées quelquefois en 
armoirie, doivent être percées d'une ouverture ronde qui laisse 
voir le champ. 

MUR. — On le dit "maçonné" lorsque les joints sont d'un émail 
différent. On doit indiquer s'il est crénelé. 

MUSELÉ. — Attribut d'un animal qui porte une muselière d'un 
émail différent. 

N 

NACELLE. — Petite barque à fond plat et dont les deux bouts 
se relèvent en pointe. Elles se représente presque toujours 
Voguant". 

NAGEANT. — Se dit d'un poisson couché horizontalement ou 
en travers de l'écu; se dit aussi du cygne ou de tout autre 
animal qui flotte sur l'eau. 

NAISSANT. — Se dit d'un animal qui ne montre que la tête, les 
épaules, les pieds et les jambes de devant avec la pointe de 
la queue, le reste du corps étant comme caché sous l'écu du- 
quel il semble sortir ou naître. Il ne faut pas confondre 
cet attribut avec "issant", dans lequel on voit une partie 
moins grande de l'animal et qui se place généralement sur le 
chef, la fasce ou une autre pièce. (Voir au mot issanf). 

NASAL. — Partie supérieure du casque qui couvrait le nez lors- 
qu'on l'abaissait. 

NATTÉ.- — Attribut de la queue du lion et des autres animaux 
lorsqu'elle est fourchée et que ses fourchons se nattent. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 321 

NATUREL ou AU NATUREL.— Se dit des animaux ou végé- 
taux représentés de la couleur que la nature leur a donnée. 
Dans cette condition, ils peuvent paraître enfreindre la règle 
qui défend de mettre métal sur métal ou couleur sur cou- 
leur, mais cette exception est admise. 

NAVETTE. — Instrument en forme de. fusée ajourée, à l'usage 
des tisserands. Contrairement à la fusée, son assiette ordi- 
naire est en fasce. Synonyme de "fuseau". 

NAVIRE. — Le navire peut être représenté en blason sous dif- 
férentes formes qu'il faut indiquer clairement; lorsqu'on 
emploie ce mot isolément, il s'applique à un navire à trois 
mâts avec toutes ses voiles. 

On le dit "équipé" quand il a tous ses agrès; "aux mâts 
désarmés" quand ses mâts sont sans voiles, et "arrêté" quand 
il n'a ni mâts ni voiles; "habillé" quand toutes ses voiles 
sont d'un autre émail que la coque; et "flottant" ou "vo- 
guant" quand il est représenté en marche. 

NÉBULÊ. — Attribut d'un écu ou d'une figure rempli de pièces 
rondes, saillantes et creuses alternativement en forme de pe- 
tites ampoules et qui sont rangées en fasce, en bande, ou 
en autres figures. 

Se dit aussi généralement de toutes pièces qui sont faites 
en forme de nuées. 

On appelle "enté-nébulées" les fasces, bandes et autres 
pièces principales d'un écu qui sont découpées des deux 
côtés par des entailles formant alternativement une saillie 
ronde et une concavité s'enclavant dans l'émail du champ 
qui revêt la même forme. 
II 



322 Traité d'art héraldique 

NEF. — Nom donné à une barque ou autre vaisseau; les armes 
de Paris sont de gueules à une "nef antique" d'argent vo- 
guant sur une onde du même. 

NÉFLIER (fleur de). — Synonyme de quintefeuille. 
NELLÉ.— Voir "nillé". 

NERVÉ. — Se dit des plantes et des feuilles dont les nerfs et 
fibres sont d'un autre émail que celui du reste de la plante. 

NILLE. — Espèce de croix ancrée beaucoup plus étroite que la 
croix ordinaire et qui s'emploie comme meuble. Quelques 
auteurs confondent cette pièce avec Vanille. 

NILLÉ. — Attribut d'une croix ou d'un sautoir dont les extré- 
mités sont recourbées en forme de nille. Quelques auteurs 
disent "nellé". 

NIMBÉ. — Attribut formé d'un diadème plein en forme de besant. 

NOBLE. — Fils légitime ou naturel d'un père noble, ou celui qui 
a obtenu des lettres de noblesse du roi ou qui a acquis une 
charge comportant la noblesse. 

La noblesse militaire a été créée par un édit de Louis XV 
au mois de novembre i7^o. 

NOBLESSE DE NAISSANCE.— Celle qui remonte à un ancê- 
tre anobli. 

NOBLESSE DE RACE.— Celle dont l'origine se perd dans la 

nuit des temps. 
NOMBRIL. — Point de l'écu situé au-dessous du cœur. Se disait 

aussi de la pointe de fer appliquée au milieu du bouclier. 

NOUÉ. — Attribut des pièces de longueur et autres objets qui 
paraissent liés ou entourés d'un cordon. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 323 

Se dit aussi de la queue fourchue des lions quand elle a 
sur sa longueur plusieurs nœuds en forme de houppe. 

Se dit encore de la bisse dont le corps a plusieurs circon- 
volutions entrelacées l'une dans l'autre. 

Parfois on se sert aussi de ce mot pour désigner des piè- 
ces ordinaires et principalement des troncs d'arbres et écots 
dont la régularité est altérée vers le milieu par un nœud 
de forme arrondie; on dit aussi "clavelé". 

NOUEUX. — Attribut d'un bâton dont le bois est hérissé de 
nœuds ou d'écots. 

NOURRI. — Attribut qui s'applique aux arbres ou plantes dont 
le pied est coupé horizontalement et ne montre pas de raci- 
nes, mais il vaut mieux se servir de l'expression " au pied 
coupé ". - r,; 

Lorsque la fleur de lis n'a point de queue, on la dit "au 
pied nourri". 

NU. — Se dit du corps humain sans vêtement, ou de l'épée sortie 
de son fourreau. 

NUAGE ou NUÉE. — Meuble de l'écu qui représente un nuage. 

NUAGE. — Synonyme de nébulé. 

O 

ŒIL. — L'œil de l'homme s'emploie parfois seul comme meuble 
en armoirie ; il se pose de face, et sa position n'est indiquée 
que si elle est différente. 

ŒILLET. — Fleur dont l'émail ordinaire est de gueules, feuillée 
et soutenue de sinople. 



324 TRAITÉ d'art héraldique 

OGŒSSE. — Nom que Ton donnait autrefois aux tourteaux de 
sable. 

OISEAU. — Les oiseaux sont généralement représentés de profil 
ou de flanc, excepté l'aigle, le paon, le hibou et quelques 
autres dont la position différente est indiquée à leurs noms 
respectifs. 

j. Ils sont dits hecqués, langues, membres ou armés lorsque 

le bec, la langue, les pattes ou les griffes sont d'un autre 
émail que le corps. La position des ailes n'est indiquée 
que lorsque le vol est éployé. 

Lorsque l'oiseau n'est pas d'une espèce spécialement indi- 
quée en armoirie, il se blasonne sous son terme générique 
à'oiseau. 

OLIVIER. — On distingue cet arbre du laurier et autres arbres 
semblables par ses feuilles pointues et ses fruits. 

OMBELLE. — Espèce de parasol que le doge de Venise plaçait 
au-dessus de ses armes. 

OMBRE. — Figure tracée simplement au trait, ou image déliée 
à travers laquelle on voit le champ ou les pièces de l'écu. 
(Voir "lion" et "soleil"). 

OMBRÉ. — Attribut des figures qui sont relevées de noir pour 
être mieux distinguées. Se dit aussi des édifices, globes ou 
autres corps à plusieurs facettes dont les côtés opposés à la 
lumière sont d'un émail différent pour marquer l'ombre. 

Se dit aussi des figures tracées en lignes déliées qui lais- 
sent voir le champ et les meubles à- travers. Voir aussi 
"tracé". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 325 

' OMBRE DE SOLEIL. — Image du soleil figuré au trait, sans 
yeiix, ni nez, ni bouche. 

ONDE. — Synonyme d'eau. L'un des quatre éléments; se place 
en pointe dans l'écu. 

ONDE. — Attribut du pal, de la fasce, de la croix et autres piè- 
ces de longueur qui ont des sinuosités curvilignes, alternati- 
vement concaves et convexes. 

ONDOYANT. — Attribut qui s'applique principalement à la 
queue de la comète et au serpent qui forment des sinuosités. 

ONDULÉ. — Attribut formé de petites ondulations imitant les 
vagues. 

ONGLE. — Attribut du cerf, de la biche, du taureau, du bœuf, 
de la vache, de la licorne et autres bêtes aux pieds fourchus, 
dont les ongles sont d'un émail différent. 

S'il s'agit d'animaux dont le pied est à corne ronde, on 
dit "ancorné" et pour les carnassiers "armés". 

OPPOSÉ. — Attribut de deux pièces opposées l'une à l'autre. On 
dit plutôt "adossé". 

OR. — Le premier des métaux, symbole de la foi, de la force et 
de la richesse ; se représente en couleur par le jaune, et en 
gravure par un pointillé diagonal. 

ORANGÉ. — Couleur rougeâtre employée d'ans le blason anglais ; 
il se représente en gravure par un croisement de lignes ver- 
ticales et de lignes diagonales allant de senestre à dextre. 

ORANGER. — Cet arbre est ordinairement représenté avec la 
caisse dans laquelle il est planté. 

ORCEUL. — Poteau rond à socle et couronnement carré. 



326 TRAITÉ d'art héraldique 

OREILLES. — Petites pointes qui se trouvent chaque côté des 
coquilles et des écailles de poissons. 

OREILLE. — Se dit des coquilles et des écailles de poissons dont 
les oreilles sont d'un autre émail. 

Se dit aussi de l'animal dont les oreilles sont d'un autre 
émail que leur corps, mais ce cas est très rare. 

ORIFLAMME. — Bannière de soie rouge, semée de flammes 
d'or (d'où elle tirait son nom) découpée à deux queues, 
frangée de soie verte et attachée au bout de la lance. 

ORLE. — Espèce de filière qui a la moitié de la largeur de la 
bordure et qui est séparée du bord de l'écu d'une distance 
égale à sa largeur; il dififère de la bordure et de la filière 
en ce que celles-ci touchent les bords de l'écu; lorsqu'il n'a 
que la dimension d'un écusson en abîme, on le nomme 
"faux-écu". 

L'ôrle est d'un usage peu général, mais s'emploie plus fré- 
quemment pour la disposition des pièces qu'on dit "mises 
en orle", quand elles sont disposées dans le sens de l'orle. 

Le trécheur ou essonier est une espèce d'orle fleuronné 
dont nous trouverons la description sous ces mots. 

ORLÉ. — Posé en orle. 

ORLE ROND.— Voir "cyclamor". 

ORNEMENT. — Se dit généralement de tout ce qui se place en 
dehors de l'écu, tels que les couronnes, casques, cimiers, 
lambrequins, supports, tenants, devises, ordres de cheva- 
lerie, marque d'emplois et de dignité, etc. 

Nous renvoyons au traité pour plus amples indications 
sur les ornements extérieurs. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 327 

OTELLE. — Meuble d'armoirie ressemblant à une amande pelée ; 
elles sont généralement placées au nombre de quatre, ados- 
sées et posées en sautoir. 

Des auteurs prétendent y voir quatre fers de lance, et 
d'autres croient que ce sont les vides d'une croix pattée très 
large et très arrondie qui laisseraient voir le champ de l'écu 
par ces quatre petites échancrures. Dans ce dernier cas, 
les otelles seraient le champ de l'écu chargé d'une croix 
pattée. 

OURS. — Cet animal est représenté de profil et passant, ne mon- 
trant qu'un œil et qu'une oreille ; lorsqu'il est dans une autre 
position, il faut l'indiquer. On le dit "levé" ou "grimpant" 
au lieu de rampant; "debout" quand il est dans la position 
verticale sur ses deux pieds de derrière ; "accroupi" lorsqu'il 
est assis, les deux pattes de devant posées à terre; "allumé", 
" lampassé " ou " armé " lorsque son œil, sa langue ou ses 
griffes sont d'un émail différent. 

Il est le symbole de la prévoyance. 

OUVERT. — Attribut d'un château, d'une tour, d'une maison 
dont la porte est d'émail différent ; lorsqu'il s'agit des fenê- 
tres ou autres ouvertures, on emploie le mot ajouré. 

"Ouvert" se dit encore d'un compas ou autre instrument 
à charnière qui est ouvert, et des ailes d'oiseau qui s'éloi- 
gnent du corps. 

Se dit aussi d'une grenade dont l'ouverture par laquelle 
elle montre ses graines est d'un émail différent. 

S'applique encore à la couronne qui entoure simplement 
la tête sans la couvrir. 



328 Traité d'art héraldique 



PAILLÉ. — Synonyme de diapré. Voir ce mot. 

PAIRLE. — Pal mouvant de la pointe de l'écu et divisé au centre 
en deux branches égales qui s'étendent aux angles dextre 
et senestre du chef, ce qui lui donne la forme de la lettre Y. 
Il peut être "renversé", c'est-à-dire mouvoir du chef et se 
diriger vers les angles de la pointe. 

Suivant quelques auteurs,, k pairie représente l'éperon du 
chevalier ; d'autres croient que ce mot vient du latin pergula, 
pièce de bois fourchue dont on se servait dans les églises 
pour suspendre les lampes et les habits, et dans les vignes 
pour soutenir les treillis. 

PAISSANT. — -Attribut qui s'applique aux animaux et princi- 
palement aux vaches et brebis qui, étant sur une terrasse, 
ont la tête baissée et semblent y paître. 

PAIX. — Se dit de la colombe portant dans son bec un rameau 
d'olivier. 

PAL. — Pièce honorable posée verticalement du chef à la pointe 
de l'écu et occupant en largeur deux parties sur sept, lors- 
qu'il est seul ; s'il y a deux pals, l'écu se divise en cinq espa- 
ces égaux, chaque pal ayant une partie et deux cinquièmes 
de largeur, et les trois vides de même proportion formant 
le champ ; s'il y en a trois, le partage de l'écu se fait en sept 
espaces, dont les pals ont chacun une partie en largeur; 
quand il y a plus de trois pals sur un écu, on les nomme 
"vergettes". Cette pièce représente la lance du cavalier ou, 
suivant quelques auteurs, le poteau qu'en signe de juridiction 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 329 

le châtelain faisait dresser devant le pont-levis de son ma- 
noir pour y suspendre son panonceau. 

Lorsque le pal est combiné avec une autre pièce, il forme 
une figure nouvelle qui se nomme de ce nom composé, tel 
que pal-chevron, paî-fasce, etc. 

Le pal peut être chargé et accompagné, mais quand les 
pièces qui l'accompagnent sont semblables en forme, en nom- 
bre et en position, on se sert du mot "accosté". 

L'expression "en pal'' se dit de meubles au nombre de 
plus de deux qui sont placés l'un au-dessus de l'autre, à l'ex- 
ception des animaux pour lesquels on conserve l'expression 
"l'un sur l'autre", et non "en pal". Cette expression s'ap- 
plique aussi aux meubles de longueur qui sont posés droits 
au lieu d'être en fasce contrairement à leur position ordi- 
naire. 

Le pal est susceptile de la plupart des attributs de la 
croix; il peut en outre être "cometé" ou "flambant", etc. 
(Voir ces expressions). 

PALE. — L'écu est dit "paie" quand il est rempli de pals alter- 
nant de métal et de couleur; il faut spécifier le nombre des 
pièces qui doit être de six ou huit; quand il y en a plus de 
huit, l'écu est dit "vergetté". Pour blasonner, on commence 
par désigner l'émail de la première pièce à dextre de l'écu. 

PAL-CHEVRON. — Pièce formée de la partie supérieure d'un 
pal terminé par un chevron. C'est un pairie renversé. 

PALE, CONTRE-PALÊ. — Si les pièces qui composent le paie 
sont coupées, taillées ou tranchées de manière à ce que le 
métal d'un côté de ce trait soit opposé à la couleur du pal 



330 TRAITÉ d'art héraldique 

de l'autre côté, on dit que l'écu est "paie, contre-palé". C'est 
ce qui a déjà été indiqué pour le bandé, le barré, le fascé, etc. 

PAL-FASCE. — Pièce formée de la moitié en hauteur d'un pal et 
d'une fasce. 

PALISSADE. — Frette formée de pals et de fasces et ayant par 
conséquent la forme de croix au lieu de sautoir. 

Se dit aussi de plusieurs pals appointis par le haut et reliés 
ensemble comme les anciens forts de pieux. 

PALISSÉ.— Se dit d'une fasce ou autre pièce formée de plu- 
sieurs pieux appointis en haut et placés près les uns des 
autres, imitant les palissades pour la défense des places de 
guerre. 

Se dit aussi de l'attribut des pièces en forme de palissade. 

PALME. — Rameaux ou branches de palmier qui signifient vic- 
toire ou avantage soit à la guerre ou soit dans une discus- 
sion littéraire. Les palmes sont "hées" lorsqu'elles sont 
jointes ensemble et attachées d'un lien. 

PALMIER. — Arbre habituellement représenté de sinople. 

PÂMÉ. — Attribut du dauphin ou autre poisson qui a la bou- 
che ouverte, sans dents ni langue, les yeux fermés, et sem- 
ble près d'expirer. 

Quelques auteurs emploient aussi cette expression pour 
l'aigle sans langue dont le bec paraît fort crochu et l'œil 
fermé et qui semble rendre le dernier soupir. L'origine 
s'en rattache à la croyance que le bec de cet oiseau, qui vit 
plus d'un siècle, devient tellement crochu sur la fin de ses 
jours qu'il ne peut plus prendre de nourriture et meurt 
d'inanition. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 331 

PAMPRE. — Rameau de vigne orné de ses feuilles; il diffère 
du cep de vigne en ce qu'il n'a point, comme celui-ci, de 
racine ni d'échalas. 

PAMPRE. — Attribut d'un pampre dont le fruit est d'un émail 
différent. Se dit aussi des feuilles et de la tige d'une grappe 
de raisin lorsqu'elles sont d'un émail différent. Dans ce 
cas l'expression "pampre" remplace les mots tige et feuille 
dont on se sert pour les fleurs. 

PANACHE. — Bouquet de plumes d'autruche haut sur sa tige, 
aplati et arrondi à son extrémité supérieure qui est penchée 
en avant et imite par son contour la feuille d'acanthe. C'est 
l'ornement que portaient les chevaliers sur leur casque à la 
guerre et dans les tournois. 

PANACHÉ. — Orné de panaches. 

PANELLES.— Feuilles de peuplier. 

PANNES ou PENNES. — Synonyme de fourrure ou doublure. 

PANNETON. — Partie de la clef qui entre dans la serrure. 

PANNON GÉNÉALOGIQUE.— Ecu parti de plusieurs traits 
et coupé d'un certain nombre qui comprend les armoiries 
des alliances paternelle et maternelle, et peut être de liuit, 
seize ou trente-deux quartiers. Dans ce cas, les armes de la 
famille se mettent au centre sur un écusson désigné par 
l'expression "sur le tout". 

PANONCEAU. — Petite bannière en forme de guidon, chargée 
d'une croisette et attachée à une croix longue, qui sert d'at- 
tribut à r Agneau pascal. Le panonceau est "croisé" lors- 
que la croisette est d'émail différent. 



332 Traité d'art héraldique 

Le panonceau est aussi un écusson d'armoirie attaché à 
un poteau devant le pont-levis d'un château, dans un carre- 
four, sur une place, ou sur un grand chemin pour marquer 
de juridiction d'un seigneur ou justicier. 

C'est encore une girouette chargée d'armoiries au haut 
d'une tour ou sur le faîte d'un château ou maison noble. 

PAON. — Oiseau qui se distingue dans l'écu par trois plumes 
en aigrette sur la tête et par sa longue queue. Il se pose 
ordinairement de front et "rouant", c'est-à-dire étalant sa 
queue en forme de roue; quelquefois cependant il est repré- 
senté de profil et la queue traînante. C'est l'hiéroglyphe de 
la vanité, et celui qui le portait dans ses armes indiquait 
qu'il avait vaincu un ennemi fier et orgueilleux. 

Lorsque les yeux de sa queue sont d'un émail différent, 
il est dit "miraillé". 

PAPEGAL — Nom héraldique du perroquet. Il se pose de profil 
et son émail ordinaire est le sinople, 

PAPELONNÉ.^ — Se dit de l'écu ou des pièces remplies de traits 
circulaires ou de cercles allongés, rangés les uns près des 
autres comme les écailles d'un poisson ou les tuiles d'un 
toit; le vide ou intérieur de ces cercles se nomme "claires- 
voies" et forme le champ; la convexité est dirigée vers la 
pointe. 

PAPILLON. — Insecte qui se représente de front et les ailes 
étendues. Il est dit "miraillé" lorsque les marques ou taches 
des ailes sont d'un autre émail que son corps, et "marqueté" 
quand c'est le corps. Lorsque le papillon est de profil on 
le nomme "doublet". (Voir ce mot). 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 383 

PARÉ. — Se dit d'un bras qui est d'un autre émail que la main, 
et d'une foi dont les poignets sont habillés d'un émail diffé- 
rent. C'est un cas assez rare, car le bras est ordinairement 
"armé" ou "vêtu". 

Cette expression s'applique aussi au corps humain revêtu 
d'ornements, principalement lorsqu'il est employé comme 
tenant. 

Se dit aussi d'une épée dont la poignée, la garde et le 
pommeau sont d'émail différent. (Voir "embelli"). 

PARTI. — Division de l'écu partagé en deux parties égales par 
une ligne verticale allant du chef à la pointe. L'écu peut 
être parti de plusieurs traits, et dans ce cas, les divisions, 
verticales sont égales entre elles. ■ 

Cette expression s'applique aussi aux animaux ou autres 
meubles de l'écu lorsqu'ils sont divisés par une ligne verti- 
cale et qu'ils se composent de deux émaux différents. 

En blasonnant l'écu parti, si les deux partitions sont peu 
ou point chargées, on blasonnera d'abord la partie dextre 
avec ses meubles, puis on ajoutera "parti de", et l'on bla- 
sonnera ensuite la partie senestre. Si, au contraire, les 
divisions sont chargées, on dira d'abord "parti", puis on 
prendra la description de la première partie, pour passer 
ensuite à la seconde. Ainsi, dans le premier cas, on dira 
"d'argent à la croix de gueules, parti d'azur à une étoile 
d'or", et dans le second cas, on blasonnera "parti, au premier 
d'argent, chargé d'une croix de, gueules, cantonnée de quatre 
alérions d'azur, et au second de sinople au chevron d'or ac- 
compagné de trois étoiles de même". 



334 TRAITÉ d'art héraldique 

PARTIES DU CORPS HUMAIN.— Sauf lorsqu'il est em- 
ployé comme tenant d'un écu, l'homme ne figure presque 
jamais en entier dans les armoiries. Pour les diverses par- 
ties du corps humain, voir les mots bras, buste, carnation, 
cœur, jambe, main, tête, yeux, etc. 

PARTITIONS. — On nomme ainsi les divisions qui partagent le 
champ de l'écu en plusieurs parties. Nous avons vu dans 
le traité qu'elles sont au nombre de quatre: le "parti", le 
"coupé", le "tranché" et le "taillé", et qu'elles servent à en 
former d'autres nommées répartitions qui sont le "tiercé", 
r"écartelé" et le "gironné". Ces répartitions peuvent se 
subdiviser à l'infini, mais la plus grande quantité qui est 
admise dans un écu est de trente-deux qui est formé du 
parti de sept et coupé de trois. 

Les répartitions sont destinées à placer les quartiers d'al- 
liance; on peut mettre les armes de la famille au premier 
quartier, mais il vaut mieux les placer distinctement dans 
un écusson sur le tout; quant aux autres quartiers, il faut 
suivre dans leur classement l'ordre chronologique de la for- 
mation des alliances. 

Les partitions et répartitions peuvent revêter des formes 
très capricieuses; on peut consulter avec profit sur cette 
question l'ouvrage de Vulson de la Colombière : "La science 
héroïque". 

PASSANT. — Attribut des animaux qui semblent marcher, à 
l'exception du lion qui, dans cette attitude, est dit "léopardé". 
Presque tous les animaux, sauf l'écureuil, le lapin et le liè- 
vre, prennent cette position, et s'ils sont autrement, il faut 
le spécifier. Lorsque deux ou plusieurs animaux placés l'un 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE) DES TERMES DU BEASON 335 

au-dessus de l'autre passent dans des directions opposées, 
ils sont dit "contre-passants". 

PASSÉ EN.... — Ce mot s'applique à deux pièces longues, 
telles que flèches, lances, épées, etc., lorsqu'elles se croisent en 
forme de croix ou de sautoir; on dit alors "passé en sau- 
toir" ou "en croix", suivant le cas. 

Cette expression s'applique aussi à deux lions ou autres 
animaux rampants, dont l'un est contourné sur le champ de 
l'écu; dans ce cas, le second animal broche sur le premier. 

L'expression "passé en sautoir" se dit encore de la queue 
fourchée du lion dont les deux parties divisées se croisent, 
si les pièces se rencontrent deux fois, on les dira "passées 
et repassées", ou, dans le cas de pièces honorables on dit 
encore mieux "entrelacées" ou "entravaillées". 

PATENÔTRE. — Meuble de l'écu qui représente un chapelet. 

PATIENCE. — Brasier ardent sur lequel se place la salamandre. 

PATRIARCALE. — Se dit d'une croix haute à deux traverses, 
dont la première est moins longue que la seconde; elle dif- 
fère de la croix de Lorraine en ce que les bouts en sont 
trèfles. 

PATTE. — Se dit de la croix dont les branches s'élargissent à 
mesure qu'elles partent du cœur, les extrémités étant trois 
fois aussi larges que la racine. La croix pattée touche gé- 
néralement au bord de l'écu, mais elle peut aussi être alésée, 
et quelquefois elle se met en nombre^ 

PATTES. — Les pattes des animaux se placent ordinairement 
en barre sur l'écu. et dans ce cas, il n'est pas besoin de spé- 
cifier leur assiette, mais lorsqu'elles sont placée's autrement, 



336 TRAITÉ d'art héraldique 

il faut le mentionner. L'usage de ce meuble provient de 
l'habitude d'offrir à la personne la plus considérée la patte 
de l'animal tué à la chasse; c'est une marque honorifiquie en 
armoirie. 

PAVILLON ET MANTEAU.— Espèce de lambrequin agrandi 
et relevé de chaque côté de l'écu, affecté spécialement aux 
maisons royales ou princières, et sous lequel se placent leurs 
armes. Le pavillon est composé de deux parties : le comble 
qui est son chapeau et les courtines qui sont le manteau. Les 
rois électifs ou ceux qui relèvent d'un empereur, de même 
que les ducs, n'ont droit qu'aux courtines, tandis que les 
empereurs et autres rois qui ne relèvent que de Dieu, ont 
en outre droit au comble. 

Vers la fin du XVIIe siècle, les présidents mirent aussi 
un manteau autour de leurs armoiries, et en France, les 
cardinaux-princes l'ont également adopté. 

PAVILLONNÉ. — Attribut de la tour ou du château qui ont 
un toit pointu; si le toit est d'un émail différent, on dit 
alors "essoré". 

Se dit aussi d'un cor dont le pavillon est d'un émail difé- 
férent. 

S'applique encore aux armes d'un souverain qui sont re- 
couvertes d'un baldaquin, 

PEAUTRÉ. — Attribut des poissons dont la queue est d'un 
émail différent de celui du corps; cette expression vient du 
mot gaulois peautre qui signifie le gouvernail d'un navire. 

PÉGASE. — Cheval ailé et volant que les poètes ont fait naître 
de la tête de Méduse quand Persée l'eût coupée. Il s'em- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 337 

ploie comme meuble d'armoirie au nombre des animaux chi- 
mériques. 
PEIGNE. — Instrument servant à lisser le poil des animaux et 
qui se voit dans quelques écus . Il est ordinairement double, 
c'est-à-dire denté des deux côtés, et posé en pal. 

PÉLICAN. — Oiseau représenté de profil sur son aire, les ailes 
étendues comme s'il prenait l'essor, et se becquetant la poi- 
trine pour nourrir ses petits qui sont au nombre de trois. 
Les gouttes de sang qui semblent sortir de sa poitrine se 
nomment "piété", et il faut les blasonner lorsqu'elles sont 
d'un autre émail que son corps. 

PENCHÉ. — Attribut d'une étoile à six ou huit rais dont deux se 
dressent vers le chef. 

Se dit aussi du maillet posé en diagonale. 

PENDANTS. — Pièces en forme de clochettes élargies par le 
bas, qui pendent sous la tringle du lambel. Ils sont ordi- 
nairement au nombre de trois, mais ils peuvent aussi être 
au nombre de deux, quatre, cinq, six et même plus, et dans 
ce cas, on doit exprimer leur nombre. 

PENNACHE ou PENNE. — Plume d'oiseau portée par les gen- 
tilshommes, sur leur chapeau, comme ornement. 

PENNON. — Étendard à longue queue que faisait porter un che- 
valier qui avait sous lui vingt hommes d'armes. 

PENNON GÉNÉALOGIQUE.— (Voir PANNON). 

PENNETON.— (Voir PANNETON). 

PENTALPHA. — Etoile à cinq pointes formée d'un filet entra- 
vaillé et représentant la réunion de cinq A, d'où elle tire 
son nom. 



338 Traité d'art héraldique 

PERCÉ. — Se dit des pièces ayant une ouverture qui est généra- 
lement ronde (si elle est d'une autre forme il faut l'indi- 
quer) et laisse voir le champ de l'écu. Les fers de che- 
vaux, moyeux de roues, molettes d'éperon, mâcles, fuseaux, 
rais d'escarboucles, rustes et bris-d'huis sont toujours percés, 
ce qui ne s'exprime pas, mais lorsque les autres pièces sont 
percées, il faut l'indiquer. L'expression "ajouré" est syno- 
nyme de "percé", mais si l'ouverture suit le contour de la 
pièce il vaut mieux dire "vidé". 

PERCHE. — Cornes de cerf, de daim ou autres animaux de 
même nature. 

PERCHÉ. — Se dit des oiseaux qui sont posés sur une branche 
d'arbre ou sur un bâton. 

PERDRIX. — Cet oiseau se trouve rarement en armoirie. C'est 
le symbole de la lasciveté. 

PÉRL — Se dit des bandes, barres et bâtons de très petite dimen- 
. sion, alésés et posés au centre de l'écu. 

Se dit aussi d'un meuble d'une très petite proportion, 
placé également au centre de l'écu et qui n'est blasonné 
qu'après les pièces qui se trouvent sur le champ. 

On emploie encore cette expression pour désigner les me- 
nues pièces dont la moitié se perd dans la bordure de l'écu. 

Le "bâton péri en bande" s'emploie ordinairement com- 
me brisure, et le "bâton péri en barre" comme signe de bâ- 
tardise. 

PERRON. — Construction en gradins dont les degrés prennent 
le nom de "montants". 



DICTIONNAIRE ANAI^YTIQUE DES TERMES DU BEASON 339 

PERRONNÉ. — Terminé en forme de perron ou de marche d'es- 
calier. On dit aussi "pignonné". La croix est "perronnée" 
lorsqu'elle est placée sur un perron qui se compose ordinai- 
rement de trois marches; elle prend dans ce cas le nom de 
croix de calvaire. 

PERROQUET. — Oiseau qui se place de profil et arrêté ; son 
émail est de sinople. On le nomme plutôt papegai en lan- 
gage héraldique. 

PÉTALE.^— Attribut d'une fleur dont les pétales sont d'émail 
différent. 

PHENIX. — Oiseau fantastique représenté de front mais la tête 
de profil et les ailes étendues, sur un bûcher qui se nomme 
"immortalité", et dont il faut blasonner l'émail s'il est diffé- 
rent. C'est le symbole de l'immortalité ou d'une gloire im- 
périssable et d'une réputation sans tache. 

PHÉON. — Fer de flèche, de lance ou de dard aigu et barbelé à 
l'intérieur des barbillons, qui se pose la pointe en haut. 

PICOTÉ. — S'emploie quelquefois pour "moucheté" lorsque les 
mouchetures sont très petites, comme chez la truite. 

PIE. — Oiseau à longue queue qui est placé de profil dans l'écu 
et arrêté sur ses jambes. La pie "au naturel" a la gorge et 
le ventre blancs, la tête, les ailes et la queue noires, l'œil de 
gueules et quelques mélanges dans ses plumes. Son nom 
héraldique est "agace". 

PIÈCES HONORABLES. — Ces pièces sont ainsi nommées 
parce qu'elles ont été les premières en usage dans la science 
du blason, et qu'elles occupent les premières places dans 
l'écu. Lorsqu'elles sont employées sans charge, elles occu- 



340 TRAITÉ d'art HÉRAI^DIQUK 

pent deux parties sur sept de la largeur de l'écu, et lors- 
qu'elles sont chargées d'autres pièces, leur largeur peut s'éten- 
dre à un tiers de celle de l'écu. Elles se divisent en "ordi- 
naires" qui sont les plus fréquemment employées, et en 
"secondaires" qui sont de création moins ancienne et moins 
simple. 

Les pièces honorables ordinaires sont le chef, la fascc, le 
pal, la bande, la barre, la croix, le sautoir et le chevron, et 
les pièces honorables secondaires sont la bordure, le franc- 
quartier, Vécu^son en cœur, la Champagne , le pairie, le franc- 
canton, Vorle, le trécheur, la pointe, la pile, le lambel, et le 
giron. 

Dans un ordre inférieur, on compte encore : les billettes, 
les carreaux, les losanges, les fusées, les mâcles, les rustes, 
les besants, les tourteaux, etc. 

Nous renvoyons au traité et à chacun de ces mots dans le 
dictionnaire pour l'étude de leurs caractéristiques. 

PIED (EN). — Synonyme "d'arrêté" ou de "posé". Se dit de 
l'animal debout sur ses quatre pieds, mais non de celui qui 
est debout sur ses deux pattes de derrière. 

PIED COUPÉ. — Se dit des plantes et principalement des fleurs 
de lis dont la partie supérieure seule est apparente. La fleur 
de lis au pied coupé ne laisse voir que les trois fleurons et 
le lien qui les retient. On dit aussi "pied perdu" et "pied 
nourri". 

PIED FICHÉ. — Pièce dont le pied est pointu, comme pour être 
fiché en terre. 

PIED NOURRI. — Synonyme de pied coupé. (Voir plus haut). 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 341 

PIED PERDU.— Voir "pied coupé". 

PIERRES PRÉCIEUSES. — Ces pierres sont peu usitées com- 
me meubles en armoirie, sauf l'escarboucle. (Voir ce mot). 
Lorsque leur châsse est d'un émail particulier, on les dit 
"chatonnées". 

Nous avons vu dans le traité que certains auteurs ensei- 
gnent qu'on doit se servir des noms- de pierres précieuses 
au lieu des émaux conventionnels pour blasonner les armoi- 
ries royales. 

PIÉTÉ. — Gouttes de sang qui coulent de la poitrine du pélican 
et qu'on doit blasonner lorsqu'elles sont d'un autre émail 
que son corps. Quelques auteurs disent "pitié". 

PIGEON. — Cet oiseau est presque toujours représenté d'argent. 

PIGNATE. — Aiguière de petite dimension ayant une anse sur 
le côté. 

PIGNON. — Pyramide à degrés formant des marches qui se nom- 
ment montants. 

PIGNONNÉ. — Se dit d'un château, d'une maison, d'un mur ou 
de toute autre figure de forme pyramidale qui se termine 
en pignon ou degrés comme les marches d'un perron. 

PILE. — Espèce de pal aiguisé en forme de long triangle ou d'obé- 
lisque renversé dont la base est mouvante du bord supé- 
rieur de l'écu; elle en couvre les deux-tiers et la pointe en 
descend jusqu'à la pointe de l'écu. Elle peut se mettre en 
nombre, et dans ce cas elle diminue de largeur. (Voir 
"pointe"). 



342 Traité d'art héraldique 

D'autres auteurs enseignent que la pile est un triangle 
dont la base peut reposer soit en chef, en pointe ou sur l'un 
des côtés, et dont le sommet s'arrête aux deux-tiers de l'es- 
pace qui le sépare du côté opposé, mais la première défini- 
tion qui la fait toujours mouvoir du chef et descendre jus- 
qu'à la pointe de l'écu est plus généralement acceptée. 

PIN. — Arbre qui se distingue par sa tige droite, ses branches 
écartées et sa fleur désignée sous le nom de pomme de pin, 
qui se représente la queue en haut. 

PIQUE. — Bâton long, dont le bout supérieur est terminé par 
un fer plat et pointu qui se nomme "bocquet". C'est une 
arme offensive que les officiers d'infanterie portaient à la 
tête de leur corps. 

PITIÉ. — Cette expression est employée par quelques auteurs 
pour indiquer les gouttes de sang qui tombent de la poitrine 
du pélican. Le véritable mot est "piété". 

PLAIN.— Voir "plein". 

PLAINE. — Champagne réduite au tiers de sa largeur, soit deux- 
tiers de partie des sept de la largeur de l'écu. Son bord supé- 
rieur doit être de niveau ou en ligne horizontale; s'il est 
sinueux, la plaine prend le nom de "terrasse". Dans le cas 
d'une plaine très basse, soutenant des pièces qui occupent 
tout le haut de l'écu, on dit parfois "sous le tout". (Voir 
ce mot). 

PLANTE. — Herbe ou fleur qui tient à la terre par sa racine; on 
doit y ajouter le nom particulier de cette plante. 

PLANTÉ. — Attribut d'une tour ou d'un château dont le bas dis- 
paraît dans l'eau. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE) DKS TKRMES DU BLASON 343 

PLATE. — Ancien mot servant à désigner le besant d'argent et 
qui vient du mot espagnol "plata" signifiant argent; les 
Anglais en ont fait dériver le mot "plate" qui signifie 
argenterie. 

PLEIN, (ou mieux PLAIN). — Se dit du champ d'un écu con- 
sistant en un seul émail et qui n'est chargé d'aucun meuble 
ou pièce. 

Se dit aussi d'une pièce héraldique qui n'est afifectée par 
aucun attribut, et des armoiries primitives sans brisures. 

PLIÉ. — Se dit des fasces, bandes, chevrons ou autre pièces lon- 
gues qui fléchissent vers la pointe en décrivant une légère 
courbe. 

Se dit aussi des oiseaux qui n'étendent pas tout-à-fait leurs 
ailes; le "vol plié" tient le milieu entre le vol abaissé et le 
vol étendu ou éployé. 

PLIÉ EN ROND. — Attribut d'un serpent qui forme un cercle 
en se mordant la queue. 

PLOYÉ. — Cintré vers la pointe. Si la ligne supérieure seule est 
ployée tandis que la ligne inférieure reste droite on dit 
"anché". 

PLUMAIL. — Touffe de plumes que les chevaliers mettaient sur 
leurs casques comme ornement. 

PLUMETÉ. — Couvert de bouts de plumes, alternativement de 
métal et de couleur, rangés les uns à côté des autres. 

Se dit aussi d'un écu moucheté ressemblant quelque peu à 
l'hermine. 

POINT. — Figure carrée qui s'emploie au nombre de neuf ou de 
quinze, formant un autre carré. Dans la figure de neuf 



344 TRAITÉ d'art héraldique 

points, cinq sont d'un émail, et les quatre autres d'un autre, 
et dans celle de quinze points, huit sont d'un émail et sept 
d'un autre. (Voir les mots équipolé et échiqueté). 

POINT D'HONNEUR.— Partie de l'écu, située entre le point 
du chef et le cœur. 

POINT DU CHEF. — Partie centrale supérieure de l'écu. 

POINTE. — Partie la plus basse de l'écu, ainsi nommée parce 
qu'ordinairement tout écu doit se terminer en pointe. La 
partie extrême de la pointe est quelquefois séparée du reste 
de l'écu, ce qu'on indique par l'expression "entée en pointe". 

Comme pièce ou meuble de l'écu, la pointe est une pièce 
longue triangulaire montant de la pointe vers le chef, et dont 
la base n'occupe que les deux-tiers de la largeur de l'écu; 
si elle en occupe toute la largeur, c'est une "emmanche". 
Elle peut se mettre en nombre, et peut également se poser 
en bande, en barre ou en fasce, mais dans ces derniers cas, 
il faut avoir soin d'en déterminer la position en indiquant 
de quel flanc la pointe se meut. 

Lorsque la pointe est renversée, c'est-à-dire lorsque sa 
base part du chef de l'écu, elle prend le nom de pile. 

Suivant quelques auteurs le sommet de la pointe doit s'ar- 
rêter aux deux-tiers de l'écu et dans ce cas elle tient le 
milieu entre l'emmanchure et l'emmanche, cette dernière 
figure traversant entièrement l'écu, tandis que l'emmanchure 
s'arrête au premier tiers. 

POINTÉ. — Attribut d'un écu chargé de pointes. 

Se dit aussi d'un écu couvert de pointures ou piqûres. | 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 345 

Se dit encore de la rose lorsque les pointes de ses sépales 
se voient entre ses pétales épanouis, et qu'elles sont d'un 
émail différent. 

S'applique aussi aux pièces aiguës dont les pointes se 
menacent et qu'on dit alors "contre-pointes" tel que deux 
chevrons adossés. 

POINTE COUPÉE. — Petite pointe occupant la pointe de l'écu 
et ne s'élevant qu'à deux modules de hauteur. Elle s'em- 
ploie comme marque de bâtardise. 

POINTE ENTÉE.— (Voir ENTÉ EN POINTE). 

POINTS ÉQUIPOLÉS.— Points an nombre de neuf, dont cinq 
disposés en sautoir, sont d'un émail, et quatre, disposés en 
croix rompue, sont d'un autre; on blasonne les cinq points 
en sautoir en y ajoutant le mot "équipolé'-, et ensuite les 
quatre autres. 

Quelquefois les points équipolés sont en plus grand nom- 
bre ; on les blasonne alors en suivant les mêmes règles, c'est- 
à-dire en commençant par ceux qui sont plus nombreux. 

POIRE. — Fruit dont l'assiette naturelle est " versée ", c'est-à- 
dire la queue vers le chef. 

POISSON. — Les poissons indiquent en armoirie la suzeraineté 
d'un cours d'eau, ou symbolisent les voyages sur mer. En 
blasonnant, on nomme tout implement "poissons" ceux dont 
on ne peut distinguer l'espèce; dans ce cas, leur assiette 
ordinaire est d'être posés en fasce comme s'ils nageaient; 
ils peuvent aussi être mis en pal ou en bande, mais il faut 
indiquer cette position; on peut les placer dans l'écu jus- 
qu'au nombre de seize. Les poissons nommément- employés 



846 TRAITÉ d'art héraldique 

le plus ordinairement en armoirie sont le dauphin, le chabot, 
le bar, le saumon et l'écre visse. 

Ils sont dits barbelés, crêtes, lorés, oreilles ou peautrés 
lorsque leurs barbes, leurs crêtes, leurs nageoires, leurs ouïes 
ou leur queue sont d'un émail différent. 

Nous renvoyons à ces divers mots pour plus ample des- 
cription. 

POMME. — Fruit du pommier qui se pose la tige en haut. 

On désigne aussi sous ce nom le tourteau de sinople. Voir 
"tourteau". 

POMMÉ.— Voir "pommeté". 

POMME DE PIN. — Fleur de l'arbre nommé pin; elle se com- 
pose de plusieurs écailles et est représentée par des lignes 
diagonales qui s'entre-croisent en petits losanges, et se pose 
la queue en haut; si elle est dans une autre position, il faut 
l'indiquer, et on la dit alors "versée" ou "renversée". 

POMMETTE. — Boule unie qui orne les extrémités de certaines 
pièces et qui leur donne l'attribut "pommeté", 

POMMETÉ. — Attribut des rais d'escarboucle, croix et autres 
pièces dont les extrémités se terminent par des pommettes 
ou petites boules rondes. 

S'applique également aux cadres des miroirs garnis de 
ces boules. 

PONT. — Construction de pierre au-dessus d'une rivière ou d'un 
fossé, qui est employée comme signe de féodalité ou de puis- 
sance seigneuriale. Il doit occuper toute la largeur de l'écu, 
et à moins qu'il n'ait qu'une arche, il faut en indiquer le 
nombre dont il est formé. 



dictionnaire; analytique des termes du blason 347 

PORC. — Cet animal qui ne s'emploie guère que dans les armoi- 
ries parlantes est représenté "passant" ; sa couleur est le 
sable, et il se distingue du sanglier par l'absence de défenses. 

PORC-ÉPIC. — Espèce de gros hérisson armé de longs aiguil- 
lons, qui se blasonne "passant" dans Técu et le dos hérissé, 
Lorsque ses aiguillons sont semés de taches d'un émail dif- 
férent, on le dit "miraillé". 

PORTAL. — Porte maîtresse d'un bâtiment ou d'un grand édi- 
fice ; s'emploie surtout dans les armoiries parlantes. On doit 
indiquer si elle a deux battants. Lorsque son émail est dif- 
férent de celui de l'édifice, cet attribut se nomme "portillé". 

PORTÉ. — S'emploie comme attribut d'une croix penchée dans 
l'écu comme le Sauveur la portait en marchant au supplice. 

PORTER.— Expression qui s'applique à la désignation des ar- 
moiries. On dit qu'une famille "porte" (et l'on fait suivre 
la description de ses armoiries). 

PORTILLÉ. — Attribut qui indique l'émail de la porte d'un 
édifice. 

POSÉ. — Se dit d'un animal debout sur ses quatre pieds. On 
dit aussi "arrêté" ou "en pied". 

POSÉ EN. . . — On se sert de cette expression pour indiquer de 
quelle manière sont disposés sur un écu les menues pièces 
ou meubles dont l'arrangement figure des pièces honorables 
ou usuelles ; on dira "posé en croix'', "en sautoir", "en fasce", 
"en pal", "en bande", "en chevron", "en orle", "en bordure", 
etc., et l'on indique le nombre de pièces ainsi posées. On se 
sert aussi de l'expression "mis en" ou "rangé en". 



348 TRAITÉ d'art héraldique 

Deux pièces posées l'une au-dessus de l'autre dans un 
sens dififérent sont dites "contre-posées". On se sert de la 
même expression lorsqu'une pièce habituellement tournée 
vers la dextre (v. g. un éperon) est tournée à senestre. 

POT. — Vase de diverses formes et servant à divers usages. Le 
plus ordinairement employé est le "pot à l'eau" qui se pose 
de profil avec l'anse tournée à senestre ; ils sont "affrontés" 
lorsque les anses se trouvent opposés, et "adossés" lors- 
qu'elles sont l'une près de l'autre. 

POTEAU DE LA MER.— Synonyme de hic. 

POTENCE. — Croix dont on a supprimé la tête et qui affecte 
conséquemment la forme d'un T. Lorsqu'elle est pattée, 
on lui donne le nom de tau ou taf. 

POTENCE. — Se dit particulièrement de la croix terminée en 
potence ou dans la forme de la lettre T. 

Une pièce est " contre-potencée " quand elle est remplie 
dans son intérieur de petites potences enclavées les unes dans 
les autres. Les armes des comtes de Champagne portaient 
une bande composée d'un potcncc-contrc-potencé, et c'est ce 
ce qui a donné lieu à l'expression "champagné" qui est par- 
fois employée pour exprimer cette particularité, mais elle 
ne devrait pas être acceptée. 

Le contre-potcncc se dit aussi de petites potences, alter- 
nant chaque côté d'une pièce, et des potences dont les extré- 
mités sont elles-mêmes potencées. Voir "champagné". 

POURPRE. — Couleur d'un rouge foncé tirant sur le violet qui 
s'obtient par un mélange du bleu d'azur avec le carmin et 
se représente en gravure par des lignes diagonales se diri- 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 349 

géant de l'angle senestre du chef à l'angle dextre de la 
pointe. 

Cet émail est mixte, c'est-à-dire qu'il participe à la fois 
du métal et de la couleur, de sorte qu'on peut l'employer sans 
fausseté sur l'un ou sur l'autre. 

POURSUIVANT D'ARMES.— Troisième officier d'armes dé- 
pendant du héraut qui lui-même était sous la juridiction du 
roi d'armes. 

PRASINE. — Synonyme de sinople, employé par quelques au- 
teurs anciens. 

PROBOSCIDE. — Trompe d'éléphant qui se rencontre assez 
souvent en cimier dans le blason allemand ; quelques auteurs 
croient que ce sont simplement des cornes dont la pointe a 
été coupée. 

Lorsqu'on blasonne "à deux proboscides de tel et tel émail", 
on indique en premier lieu l'émail du prolx)scide dextre. 

PUITS. — Emblème de certains droits féodaux; il faut indiquer 
si la margelle est maçonnée et si l'orifice est d'un autre 
émail. Il est généralement de forme circulaire. 

PYRAMIDE. — Meuble employé fréquemment dans les blasons 
de l'Empire par ceux qui ont pris part à la campagne 
d'Egypte. 

Q 

QUARTEFEUILLE. — Fleur imaginaire à quatre feuilles qui 
n'est pas pointée ni tigée; si elle n'a pas de bouton et si elle 
est percée au milieu, on la dit "angemmée". On nomme 
"quartefeuilles doubles" celles qui ont huit feuilles. 



350 TRAITÉ d'art héraldique 

La quartefeuille angemmée se nomme plus simplement "an- 
gemme", tandis que les tiercefeuilles, quintefeuilles, etc., qui 
ont cette particularité doivent ajouter à leurs noms l'attri- 
but "angemmé". 

QUARTIER. — Quatrième partie de l'écu écartelé. Par exten- 
sion, ce nom s'applique aussi aux divisions d'un écu en plus 
grand nombre de parties rectangulaires égales entre elles, 
de sorte qu'on peut dire d'un écu qu'il est divisé en seize ou 
trente-deux quartiers. On donne encore ce nom aux espa- 
ces triangulaires formés de l'écartelé en sautoir. 

On blasonne d'abord les quartiers du haut, ensuite les 
quartiers qui sont au-dessous, et l'on finit par ceux du bas. 
en commençant toujours à dextre. Dans l'écartelé en sau- 
toir, le premier quartier est en haut, le second à dextre, le 
troisième à senestre et le quatrième en pointe. 

La multiplicité des quartiers dans une armoirie est attri- 
buable à diverses causes dont les principales sont : i°. les 
alliances et les mariages; 2°. La multiplicité des fiefs ; 
3°. les dignités; 4°. les prétentions; 5°, les alliances et les 
substitutions; 6°. les concessions; 7°, le patronage; 8°. les 
brisures. 

Le mot quartier s'emploie aussi en généalogie pour indi- 
quer chaque degré des descendants d'une même ligne dans 
un arbre généalogique lorsqu'il est appuyé des actes qui éta- 
blissent la filiation. Cette expression vient de ce qu'on met- 
tait autrefois sur les quatre angles d'un tombeau les écus- 
sons du père, de la mère, et des aïeuls du défunt. Il y avait 
des chapitres nobles qui exigeaient des preuves de noblesse 
de seize et même de trente-deux quartiers. 



DICTIONNAIRE ANAI.YTIQUE DES TERMES DU BLASON 351 

QUEUE. — On doit observer certaines particularités au sujet de 
la queue des animaux employés en armoirie. 

La queue du lion remonte le long de son dos avec le bou- 
quet tourné en dedans, tandis que le bouquet de la queue 
du léopard est tourné en dehors; la queue du lion est par- 
fois "nouée", c'est-à-dire qu'elle porte des houppes de poil 
sur sa longueur; parfois aussi elle est "fourchue", c'est-à- 
dire qu'elle se divise en deux branches, et si ces deux bran- 
ches sont croisées, elles sont dites "en sautoir" ; si les four- 
chons se nattent elle est dite "nattée" et si elle est fourchée 
dès sa racine, elle est plutôt dite "doublée". Le taureau a 
la queue relevée, tandis que celle du bœuf est tramante, et 
celle de la vache est tournée sur son flanc. 

Lorsque la queue de l'animal passe entre ses jambes, il 
est dit "couard", et si la queue est coupée près de son corps, 
il est "diffamé". 

QUINTAINE. — Poteau couvert d'un haubert et d'un écu que 
le chevalier nouvellement créé s'exerçait à transpercer de sa 
lance en s'élançant au galop de son cheval ; le quintain était 
la dernière épreuve de la réception d'un chevalier. 

QUINTEFEUILLE. — Fleur à cinq pétales pointus, sans sépales 
ni tige, mais avec un bouton; mais si le centre est percé en 
rond, laissant voir le champ de l'écu, on la dit "angemmée". 
On la nomme aussi fleur de néflier. 

R 

RABAT. — Collerette d'habit d'une figure d'homme employée 
comme meuble d'armoirie. 



352 TRAITÉ d'art héraldique 

RACCOURCI.- — De même qu'alésé, se dit des pièces honorables 
qui ne touchent pas les bords de l'écu. 

RADIÉ. — Expression qui s'applique aux couronnes antiques 
parce qu'elles ont des rais ou rayons comme les étoiles. 

RAINE. — Grenouille dont la position normale, comme le cra- 
paud, est assise et vue de dos; on n'exprime pas l'attribut 
"assis" excepté si elle se montre de face. 

RAIS. — Pointes ou rayons du soleil ou des étoiles dont on ne 
spécifie le nombre que lorsqu'il y en a plus de seize pour le 
soleil, et de cinq pour les étoiles. 

Cette expression s'applique aussi aux bâtons qui forment 
les ,rayons de l'escarboucle et qui sont au nombre de huit, 
posés quatre en croix et quatre en sautoir, et réunis au mi- 
lieu par une espèce d'anneau. Les ra'is d'escarboucle sont 
souvent bourdonnes (ornés de boules) au milieu et aux 
extrémités, ou fleurdelisés; lorsqu'ils ont plus de huit bran- 
ches, il faut le spécifier. 

RxA.ISIN. — Voir cep de vigne ou grappe de raisin. 

RAME.— Voir "ramure". 

RAMÉ. — S'emploie pour désigner les bois du cerf, du daim, etc., 
lorsqu'ils sont d'un autre émail que l'animal. On indique 
le nombre de chevilles ou dagues par l'expression "chevillé". 

RAMEAU. — Meuble qui représente une petite branche d'arbre 
ou d'arbrisseau! 

En terme de généalogie cette expression se dit aussi d'une 
branche qui n'a donné que quelques degrés de filiation et se 
trouve éteinte par défaut de postérité. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 353 

RAMPANT. — Cette expression s'applique au lion et autres ani- 
maux de proie qui se dressent comme lui sur leurs pattes de 
derrière, en ayant la partie supérieure du corps élevée vers 
l'angle dextre du chef. 

Lorsque le lion et le griffon sont représentés dans cette 
position, il n'est pas nécessaire de l'exprimer, et le léopard 
(lion dont on voit les deux yeux) dans la même attitude 
n'est pas dit "rampant"* mais "lionne". Le loup dans la 
même attitude est dit "ravissant" ; le taureau, la vache et le 
bœuf sont "effarouchés" ou "furieux" ; la chèvre et le bouc 
"saillants"; le cheval "cabré"; Te chat "effrayé"; l'écureuil 
"grimpant", etc. 

Lorsque deux animaux sont affrontés dans cette attitude, 
on les dit "contre-rampants". 

L'expression "rampant" s'applique aussi à la bisse posée 
en fasce, mais elle est peu usitée. 

RAMURE ou RAMES. — Meuble d'armoirie qui représente les 
cornes du cerf ayant six dagues de chaque côté; lorsqu'il y 
en a moins ou plus de six, on l'exprime en blasonnant par 
le mot "chevillé de tant de pièces". 

La demi-ramure est un côté seul du bois, et le massacre 
est la ramure jointe au crâne décharné, tandis que si elle 
est jointe à la tête complète on se sert de l'expression "ren- 
contre". 

RANCHIER. — (Voir Rangier et Renchier). 

RANGÉ EN. . . — Se dit de plusieurs pièces mises sur une même 
ligne, soit en fasce, en pal, en bande, etc. On dit aussi "mis 
en" ou "passé en", mais ces expressions s'appliquent princi- 

12 



354 TRAITÉ d'art héraldique 

paiement aux pièces qui sont disposées en croix, en sautoir 
ou en orle. 

RANGIER. — Fer d'une faux représentée sans manche. Cer- 
tains auteurs orthographient cette expression "ranchier" ; il 
ne faut pas la confondre avec rcnchier qui est un animal. 

RÂTEAU. — Instrument servant à ramasser le foin, qui est em- 
ployé dans les armoiries pour indiquer la possession de do- 
maines agriculturaux ; il se pose en pal, la tête en haut. On 
le dit "emmanché" lorsque son manche est d'émail différent, 
et lorsqu'il n'a pas de manche, mais seulement la traverse 
qui porte les dents, on le dit "démanché". Cette traverse 
est percée d'un trou rond, et les dents en sont dirigées vers 
' le bas. 

RAVISSANT.— Cette expression s'applique au loup, à la louve 
et au renard dafis l'attitude "rampant". Quelques auteurs 
appliquent à tort ce mot au loup qui emporte sa proie. 

RAYONNANT. — Se dit des étoiles, comètes et autres astres 
qui ont entre leurs rais des petites lignes ou rayons pour les 
rendre plus luminuex. 

REBATTEMENT. — Combinaison de diverses pièces qui se répè- 
tent en alternant leurs émaux de manière à couvrir entière- 
ment le champ de l'écu, tels que le pale, le fascc, le bandé, 
■ le chevronné, etc. Nous renvoyons au traité pour plus am- 
ples renseignements à ce sujet. 

Cet attribut se nomme aussi "sécante-partition". 

REBRAS. — Doublure ou envers d'un vêtement. 

REBRASSÉ ou REBRUSCÊ.— Attribut qui indique l'émail de 
la doublure ou envers d'un vêtement. Voir "retroussé". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 355 

RECERCELÉ. — Attribut d'une croix ancrée dont les crochets 
se retournent en deux volutes en forme de cerceaux. 

Cette expression s'applique aussi à la queue des porcs et 
des lévriers, lorsqu'elle est nouée. 

Ne pas confondre avec rcsarcelé. (Voir ce mot). 

RECOUPÉ. — Attribut d'un écu déjà coupé et dont l'une des 
partitions est coupée de nouveau un peu plus bas. 

RECROISETTÉ. — Attribut d'une croix dont chaque branche 
est traversée vers son extrémité d'une autre branche for- 
mant une petite croix. 

REDORTE. — Branche d'arbre croisée deux fois en sautoir et 
représentant deux anneaux l'un sur l'autre, avec les deux 
bouts au-dessus; elle peut être avec ou sans feuilles. 

REFENTE. — Espace entre les feuilles du trèfie, d'une quarte- 
feuille, etc. 

REGARDANT.— Attribut de l'animal dont le corps est tourné 
vers la dextre, mais qui tourne la tête à senestre pour regar- 
der en arrière. L'inverse est "détourné". 

Se dit aussi d'un animal qui fixe les yeux sur une étoile 
ou autre objet. 

Palliot applique également cette expression aux animaux 
qui ne montrent que la tête et quelques parties du corps mou- 
vant d'une division de l'écu; mais on a vu que cet attribut 
est plutôt exprimé par l'expression "issant". 

RÈGNE.— Nom sous lequel on désigne parfois la tiare papale. 

REHAUSSÉ.— Attribut d'une tour qui en surmonte une autre 
et qui est sommée d'une troisième. 



356 TRAITÉ d'art héraldique 

REMPLI. — Attribut d'une pièce honorable dont l'intérieur porte 
un autre émail que les bords; c'est l'inverse de l'attribut 
"bordé". 

Se dit aussi d'une pièce vidée ou percée dont le vide est 
rempli d'un autre émail que celui du champ. 

RENARD. — Cet animal se place ordinairement de profil et soit 
"passant" ou "rampant" ; sa queue est levée et le bout tend 
vers le haut de l'écu, ce en quoi il diffère du loup dont la 
queue est toujours pendante. Comme ce dernier il prend 
aussi l'attribut "ravissant" au lieu de "rampant". 

RENCHIER. — Espèce de cerf ou de renne de grande taille, dont 
les cornes sont larges et plates et couchées en arrière. Son 
attitude naturelle est "passant". 

RENCONTRE.— Tête de cerf, de buffle, de bélier ou de tout 
autre animal habituellement représenté de profil, mais qui 
paraît dans l'écu de front, c'est-à-dire montrant les deux 
yeux. Il n'y a que la tête de l'homme ainsi c|ue celle des 
oiseaux, du léopard et du chat qui ne prennent pas le nom 
de rencontre. Lorsque la tête est décharnée, elle prend le 
nom de "massacre". (Il faut observer que rencontre dans 
cette signification est du genre masculin). 

On nomme aussi " rencontre " deux têtes d'animaux po- 
sées front à front. 

RENVERSÉ. — Attribut du chevron dont la pointe est dirigée 
vers le bas, d'un croissant dont les cornes sont dirigées vers 
la pointe; de l'étoile qui dresse deux rais vers le chef; d'une 
main dont les doigts sont en bas; ou de tout autre meuble 
ou pièce mis dans une position contraire à celle où il est 
ordinairement représenté. Voir "versé". 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 357 

REPARTI. — Attribut du parti dont une partition est séparée 
de nouveau en deux par un trait vertical. 

REPARTITION. — Subdivision des partitions. (Voir ce mot). 

Ce sont Vccartclé, Vccartclé en sautoir, le tiercé et le gironné. 

Les repartitions formées par le parti et le coupé peuvent 
se subdiviser jusqu'à trente-deux quartiers "parti de sept, 
coupé de trois" , mais pas au-delà. 

REPOS (EN). — Attribut du cerf ou d'autres animaux couchés 
sur leur jambes, celles de devant étant étendues, mais la 
tête étant droite ; si leurs jambes sont sous leur corps, on 
les dit "couchés". 

REPOSÉ. — Quelques auteurs emploient cette expression pour 
l'attitude "en repos". 

REPOTENCÉ. — Attribut de la pièce potencée dont les extré- 
mités sont terminées par d'autres potences. 

REPTILE. — Se représente ordinairement en pal, tel que les bis- 
ses, les couleuvres, les lézards, etc. ' 

RESARCELÊ. — Expression qui s'applique à la croix, bande ou 
autre pièce qui porte dans l'intérieur de chaque côté un filet 
du même émail que le champ et qui est séparé du bord de 
la pièce d'un espace égal à sa largeur. 

Il ne faut pas confondre cette expression avec le " re- 
cercelé". 

RÉSEAU. — Ornement formé de lignes diagonales à dextre et à 
senestre qui forment des claires-voies en forme de losanges ; 
c'est un treillissé en simples traits qui occupe toute la sur- 
face de l'écu ou de la pièce et qui tire son nom du tissu dont 
les femmes se servent pour retenir leur chevelure. 



358 TRAITÉ d'art héraldique 

RETAILLÉ. — Repartition du taillé qui est divisé en deux par 
une ligne parallèle au plus grand côté de son triangle. 

RETIERCÉ. — Répartition du tiercé qui est tiercé lui-même. 

RETRAIT. — Attribut des pals, fasces ou bandes qui ne tou- 
chent l'écu que d'un côté, et s'arrêtent au premier tiers de 
la distance qui les sépare de l'autre côté, tandis que les piè- 
ces alésées n'y touchent d'aucun côté; cette expression s'ap- 
plique plus particulièrement au pal et à la vergette mou- 
vant du bord supérieur de l'écu, ou au-dessous du chef, et 
qui ne s'étendent point jusqu'au bas. 

Se dit aussi du chef qui n'a que la moitié de sa largeur 
ordinaire. 

RETRANCHÉ. — Attribut de la croix terminée à chacune de 
ses extrémités par un triangle rectangle, dont les deux an- 
gles aigus font saillie sur la croix, par allusion aux travaux 
de retranchement des forteresses. 

RETROUSSÉ. — Attribut indiquant l'émail du bord relevé d'un 
chapeau, toque, ou autre coiffure. Voir "rebrassé". 

RETS. — Tissu entrelacé qui s'emploie dans la chasse aux oiseaux, 
etc., et qui consiste en mailles à simples traits couvrant l'écu, 
ou une pièce qui s'y trouve; on se sert indifféremment de 
cette expression ou de celle de "réseau" indiquée ci-dessus. 

RINCEAUX. — Branches chargées de feuilles croisées et enla- 
cées. Ils diffèrent de la redorte en ce que celle-ci est for- 
mée d'une seule branche, tandis que les rinceaux se com- 
posent de deux branches réunies en forme de couronne et 
ordinairement liées par le bas. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 359 

RIVIÈRE. — Pièce qui est ordinairement figurée par une Cham- 
pagne au bas de l'écu ou par une fasce, une bande ou une 
barre ondée; on la distingue par des traits curvilignes qui 
marquent les flots ; elle a habituellement deux parties de lar- 
geur sur les huit de hauteur de l'écu. 

ROC ou ROQUET. — Fer de lance recourbé en deux sur les 
côtés, représentant un bout de sceptre à trois pointes. 

ROC D'ÉCHIQUIER.— Meuble d'armoirie représentant la pièce 
du jeu d'échecs nommée tour; c'est un petit pal alésé, dont 
la partie supérieure se divise en deux branches recourbées 
en forme de croix ancrée et dont la partie inférieure est 
chargée d'une traverse. 

ROCHER. — Se représente au naturel rude et raboteux, large 
par le bas et pointu au sommet. Voir "coupeau". 

ROI D'ARMES. — Premier officier d'armes. (Voir au traité 
le chapitre des hérauts d'armes). 

ROMPU. — Attribut du chevron dont une des branches présente 
une solution de continuité qui laisse voir l'émail du champ. 
Par extension, on l'applique aussi à d'autres pièces hono- 
rables. 

ROQUET.— (Voir Roc). 

ROSE. — Lorsqu'on ne qualifie pas la rose d'attributs particu- 
liers, elle se présente en armoirie sans queue, la fleur ou- 
verte et épanouie, se composant de cinq pétales avec un bou- 
ton au milieu, et cinq pointes de sépales entre les pétales; 
cependant on en rencontre parfois qui ont plus ou moins de 
cinq feuilles. On la dit "boutonnée" quand le cœur est d'un 
autre émail que la fleur. Son émail particulier est le gueu- 



360 Traité d'art héraldique 

les, mais il y en a de divers émaux. Si elle a mie tige, on 
la dit "soutenue" ou "tigée", et si la tige a des feuilles, on 
la dit "feuillée". Lorsque les pointes des sépales sont d'un 
émail différent, on la dit "pointée", ou "barbée", mais habi- 
tuellement, cette particularité n'existe pas. 

Le bouton est parfois entouré de cinq petits pétales for- 
mant calice au centre de la fleur. 

La rose des jardins soutenue d'une tige avec ou sans 
feuilles se nomme "rose naturelle". 

ROSIER. — Cet arbuste se dit "boutonné" lorsqu'il porte des 
boutons épanouis. 

ROUANT. — Attribut du paon qui déploie se queue en cercle. 

ROUE. — En" armoirie ce meuble se représente avec quatre va- 
riantes : 

1°. La roue de chariot qui est la plus usitée est semblable 
à celle du char de triomphe des .anciens Romains ; elle a 
ordinairement six ou huit raies, et quand elle en a plus ou 
moins, il faut l'exprimer. 

2°. La roue dite de Sainte-Catherine est brisée d'un côté 
et sa jante est armée de pic|ues, de fers tranchants ou de 
crochets de torture, rappelant le martyre de cette sainte. 

3°. La roue d'horlogerie ou d'engrenage qui a quatre 
raies réunies sur une pièce carrée et vidée, et dont le con- 
tour extérieur est garni de seize dents d'engrenage, 

4°. La roue de moulin qui a la même disposition, mais 
dont le pourtour est muni de douze ou seize augets, aubes 
ou palettes, au lieu de dents. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 361 

RUBAN. — Petite bande réduite au huitième de sa largeur ordi- 
naire, soit un quart de module. 

RUCHE. — Meuble en forme de cône qui représente les paniers 
où les abeilles font leur miel. 

RUSTE ou RUSTRE. — Losange percé au centre d'un trou rond, 
laissant voir l'émail du champ. Il diffère de la mâcle en ce 
que l'ouverture de celle-ci est en forme de losange. 



SABLE. — Couleur noire qui se représente en gravure par des 
hachures verticales et horizontales croisées. 

SABRE. — Lorsque le tranchant est d'un émail diiïérent, on le 
dit "aiguisé". Pour ses autres attributs, voir au mot "épée". 

SAFFRE. — Aiglette de mer qui se représente de profil, les ailes 
levées. 

SAGITTAIRE.— Être chimérique ayant la partie supérieure du 
corps de l'homme, armé d'un arc et d'une flèche, et la partie 
inférieure du cheval. (Voir "centaure"). 

SAILLANT. — Attitude du cerf, de la licorne et du chevreuil 
dans la position "rampant". Quelques auteurs donnent aussi 
cet attribut au bélier, au bouc et à la chèvre, mais on dit 
plutôt "sautant". 

Lorsque deux animaux saillants sont adossés, on les dit 
"contre-saillants". 

SAINT-ESPRIT. — Colombe posée en pal, la tête en bas et les 
ailes étendues. 



302 TRAITÉ d'art héraldique 

SALADE. — Espèce de heaume ou casque antique dont l'étymo- 
logie se rattache au verbe latin cclarc (cacher). 

SALAMANDRE.^Animal chimérique représenté sous forme 
d'un gros lézard ayant le dos arrondi, un long col, la tête 
contournée, la langue terminée en pointe de dard, avec qua- 
tre pattes semblables à celles du griffon, et la queue levée 
sur le dos; elle se place de profil au milieu d'un feu ardent 
qui prend le nom de "patience" et dont l'émail ne se blasonne 
que s'il est différent de celui de l'animal. 

SANGLÉ. — Attribut du cheval et autres animaux qui ont au 
milieu du corps une ceinture d'un autre émail. 

.SANGLIER." — Porc, sauvage qui est représenté passant et de 
profil, ne montrant qu'un œil et une oreille, la queue recer- 
celée. On le dit "défendu" lorsque ses défenses sont d'un 
autre émail, et "allumé", "animé" ou "flamboyant" quand 
ce sont ses yeux; son nez porte le nom de boutoir, et on 
l'indique lorsqu'il est d'un émail différent ou s'il est tourné 
vers le haut de l'écu. La hure est la tête détachée du san- 
glier; elle se pose toujours de profil et peut être "défendue", 
"allumée", etc. 

Le sanglier est presque toujours représenté de sable et 
est l'emblème du courage; son nom vient du mot latin sin- 
gularis parce que dès qu'il atteint l'âge de deux ans, il mar- 
che seul jusqu'à la fin de ses jours. 

SANGUINE. — Email peu souvent employé et qui participe à 
la fois du métal et de la couleur; elle se figure par des ha- 
chures diagonales de dextre à senestre croisées par d'autres 
de senestre à dextre. 



DICTIOXNAÎRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 363 

SAUMON. — Poisson qu'on dit " tacheté " pour indiquer ses 
mouchetures qui sont de gueules, et dont la tête se nomme 
hure comme celle du sanglier. 

SAUTANT. — Attribut du bélier, de la chèvre et du bouc dans 
l'attitude "rampant". 

SAUTERELLE. — Cet insecte se représente ordinairement de 
profil et passant, tandis que la plupart des autres se posent 
en pal et montant vers le chef. 

SAUTOIR. — Pièce honorable formée de la réunion de la bande 
et de la barre, dont les branches s'étendent aux quatre an- 
gles de l'écu, et dont la largeur est de deux parties sur sept 
ou d'un tiers de la largeur de l'écu, suivant qu'il est sim- 
ple ou chargé d'autre pièces. Son étymologie provient du 
fait qu'il consistait autrefois en un cordon de soie ou de 
chanvre attaché à la selle du cheval et servait d'étrier pour 
sauter à cheval, ce qui lui a fait donner ce nom de "sautoir". 

Les petits sautoirs au nombre de deux ou plus prennent 
le nom de flanchis. 

L'expression "en sautoir" s'applicjue aux meubles qui sont 
disposés sur l'écu en croix de Saint-André et qui doivent 
être au nombre d'au moins cinq; elle s'applique aussi à 
récartelé fait en cette forme, à la queue fourchée et croisée 
du lion, et aux pièces de longueur ou animaux qui sont ainsi 
croisés, l'un brochant sur l'autre. 

SAUVAGE. — Homme primitif que l'on représente ordinaire- 
ment nu et velu, ou ceint de feuillage et appuyé sur une 
massue; lorsque cette massue est levée ou d'un émail diffé- 
rent, on doit l'exprimer. Les pièces de monnaie saxonne 
qui portent cette figure sont bien connues des numismates. 



364 TRAITÉ d'art héraldique 

Bien que les sauvages soient employés comme meubles 
dans quelques armoiries, on les trouve plus souvent comme 
tenants de l'écu. 

SCIE. — Voir (Feuille de scie). 

SÉANT. — Attribut d'un lion ou autre animal assis sur son 
arrière-train, les deux pieds de devant reposant droit sur 
le sol. 

SEC. — Attribut des rameaux sans feuilles. 

SÉCANTES-PARTITIONS.— Cette expression, synonyme de 
rebatfements, est aujourd'hui beaucoup moins usitée que ce 
dernier mot auquel nous renvoyons pour plus amples ren- 
seignements. 

SELLÉ. — Attribut du cheval qui a sur le dos une selle d'un émail 
particulier, 

SEMÉ. — Attribut de l'écu dont le champ est couvert de menues 
pièces en nombre indéterminé, rangées avec ordre et symé- 
trie, et dont la caractéristique essentielle est que quelques- 
unes sont coupées par le bord de l'écu et ne paraissent qu'à 
moitié sur le champ. On les pose alternativement par rangs, 
le premier contenant trois, quatre ou cinq pièces, le deuxiè- 
me une pièce de moins avec deux demies sur les côtés, et 
ainsi de suite. Quelques auteurs se servent de l'expression 
"sans nombre", mais il vaut mieux employer le mot "semé". 

Les pièces les plus ordinairement usitées dans le semé sont 
les fleurs de lis, les billettes, les bésants, les tourteaux, les 
étoiles, les molettes, les croissants, les trèfles, les roses, les 
abeilles, etc. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 365 

L'ancien écu de France était "d'azur, semé de fleurs de 
lis d'or", et ce blason classique s'exprime parfois simple- 
ment par l'expression "de France ancien". Sous Charles 
V, le nombre des fleurs de lis de cet écu a été réduit à trois, 
avec l'expression "de France". 

SEMESTRE. — Côté gauche de l'écu, faisant face à la droite du 
lecteur. 

SENESTRÉ. — Se dit d'une pièce principale accompagnée d'un 
meuble à senestre; il faut indiquer si cette pièce est ainsi 
senestrée en chef, en flanc ou en pointe. 

SENESTROCHÈRE. — Bras gauche mouvant ordinairement du 
flanc dextre de l'écu. Les indications données au mot dex- 
trachèrc s'appliquent niutatis mutandis au senestrochère. 

SÉRAPHIN. — Tête d'enfant ailée de six ailes. 

SERPENT. — Ces reptiles sont dits " arrondis " ou " plies en 
rond" ou "en cyclamor" lorsqu'ils forment un cercle et se 
mordent la queue; ils sont "ondoyants" lorsqu'ils présen- 
tent des sinuosités; "lovés" lorsqu'ils s'enroulent en spirales; 
"accolés" s'ils s'enroulent sur une colonne, etc. Pour leurs 
autres attributs voir aux mots bisse, giiivre et reptile; voir 
aussi aux mots couleuvre, amphiptère et amphishène. ^ '. 

SIC AMOR.— (Voir CYCLAMOR). 

SINOPLE. — Couleur verte qui se représente en gravure par des 
lignes diagonales se dirigeant de l'angle dextre du chef à 
l'angle senestre de la pointe. L'étymologie de cette couleur 
se rattache à la ville de Sinope qui se remarquait au loin 
par ses terrasses vertes. Quelques auteurs anciens nom- 
ment cette couleur prasine. 



3G6 TRAITÉ d'art HÉRAIvDIQUE 

SIRÈNE. — Animal chimérique qu'on représente avec la tête, le 
sein, les bras et le corps d'une femme jusqu'au nombril; le 
reste du corps se terminant en queue de poisson; elle tient 
d'une main un miroir ovale et de l'autre un peigne; parfois 
elle a deux queues, et dans ce cas elle en tient une de cha- 
que main. La sirène est ordinairement posée sur une mer, 
mais il faut en faire mention; lorsqu'elle parait dans une 
cuve, elle prend le nom de Mélusinc. 

. Les sirènes servent plus souvent de tenants pour l'écu. 

SOC DE CHARRUE. — Ce meuble se pose de face ou de pro- 
fil ; lorsqu'il est posé de face il ressemble au fer d'une bêche ; 
de profil il a la forme d'un couteau. 

SOLEIL. — Meuble qui se représente par une face humaine dans 
un cercle parfait, avec deux yeux, un nez et une bouche, 
entourée de seize rayons, dont huit droits, et huit ondoyants 
posés alternativement ; il peut cependant avoir plus ou moins 
de ces rayons, mais dans ce cas, il faut l'indiquer. Pour le 
rendre plus lumineux, on ajoute parfois trois traits droits 
entre chacun de ses rayons, ce qui lui donne l'attribut "hé- 
rissé". Son émail particulier est l'or, mais il peut être 
d'émaux différents. 

Il est dit "levant" quand il meut de l'angle dextre du chef, 
et "couchant" quand il meut du senestre; "soleil du midi" 
quand il est posé en chef au milieu de l'écu, ses rayons supé- 
rieurs mouvant de la ligne qui termine le haut de l'écu. 
Lorsqu'il paraît à un autre angle ou au bord de l'écu, il est 
dit "mouvant" ou "horizonté". 

Lorsque le soleil est représenté sans yeux ni nez ni bou- 
che et qu'il est du même émail que le fond, n'étant dessiné 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 367 

qu'au trait, on le nomme "ombre de soleil", de même que 
s'il est d'un autre émail que le fond de l'écu, mais que les 
yeux, le nez et la bouche ne sont pas apparents. 

SOMMANT. — Attribut d'une pièce placée sur une autre. 

SOMMÉ. — Attribut d'un château ou d'une tour terminée par un 
ou plusieurs donjons. 

Se dit aussi des ornements supérieurs de l'écu, tels que 
couronne, mitre, crosse, chapeau de prélat, etc. 

Se dit aussi de l'attribut d'une pièce qui en supporte une 
autre en contact avec la pièce supportée, mais dans ce cas, 
il ne faut pas le confondre avec "surmonté" qui indique 
une pièce placée au-dessus d'une autre dont elle est séparée 
par un espace. 

SOUCI. — Meuble qui représente la fleur de ce nom, avec une 
tige et deux feuilles. 

SOUS LE TOUT. — Cette expression s'emploie assez rarement;' 
elle désigne une espèce de plaine très basse commençant au 
point de courbure de la pointe de l'écu et traversant toute sa 
largeur, les pièces principales occupant au-dessus tout le 
haut de l'écu. 

Lorsqu'au lieu d'occuper toute la largeur de l'écu, cette 
disposition n'en occupe que la pointe, on l'indique par l'ex- 
pression "entée en pointe". 

SOUTENANT. — Se dit d'une pièce qui semble en supporter 
une autre placée immédiatement au-dessus d'elle. 

Se dit également d'un ou de deux animaux qui paraissent 
supporter quelque pièce ou meuble. 



368 TRAITÉ d'art héraldique 

SOUTENU. — Se dit d'une pièce qui semble posée sur une autre 
qui se trouve au-dessous d'elle, cette dernière étant "som- 
mée" de telle pièce ou la "soutenant". Ainsi la rose est 
soutenue de sa tige ; le chef est soutenu d'une divise ou filet 
d'un autre émail; le cep de la vigne est soutenu de son écha- 
las, etc. 

SOUTIEN. — Figure inanimée servant de support à l'écu, l'ex- 
pression "support" étant réservé pour les animaux, et "te- 
nant" pour les êtres qui ont des mains. Si le soutien d'un 
"côté de l'écu a pour pendant un tenant ou un support, les 
• deux sont désignés sous le nom de tenants ou supports, sui- 
vant le cas, le plus noble l'emportant sur l'autre. 

SPHYNX. — Animal chimérique qui la tête et le sein d'une fem- 
me, les pattes, les griffes et le reste du corps d'un lion. Il 
est toujours représenté "couché" et la tête posée en face. 
Il s'emploie surtout dans les armoiries modernes depuis 
l'expédition d'Egypte. 

STANGUE ou STRANGUE.— Tige de fer d'une ancre de na- 
vire traversée dans sa partie supérieure par une pièce de 
bois qu'on nomme trahe. Elle ne s'exprime que lorsque son 
émail est différent du reste de l'ancre. Son étymologie 
vient du mot allemand stangc qui signifie un pieu posé 
debout. On la nomme aussi "flanque". 

SUPERPOSÉ.— Posé au-dessus. 

SUPPORTANT. — Se dit des pièces qui. en supportent une au- 
tre, et plus particulièrement de la fasce lorsqu'elle semble 
supporter un animal qui charge le chef de l'écu. Cette ex- 
pression s'applique également à une jumelle, à une bande, 
à un croissant ou autre pièce qui en supporte une autre. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 369 

SUPPORTÉ. — Synonyme de soutenu. L'expression "supporté" 
s'entend principalement du chef composé de deux émaux 
dont la partie supérieure occupe les deux-tiers qu'on dit alors 
"supportée" de l'autre tiers. 

SUPPORTS. — Ornements extérieurs de l'écu consistant prin- 
cipalement en animaux placés chaque côté de l'écu qu'ils 
semblent supporter ou garder. Quand les supports sont des 
êtres humains on les nomme "tenants" et quand ce sont des 
êtres inanimés ils prennent le nom de "soutiens" ; quand 
l'écu est tenu d'un côté par une figure humaine et supporté 
de l'autre côté par un animal, les deux ensemble sont dési- 
gnés sous le nom de "tenants", de même que s'il est supporté 
d'un côté par un animal et soutenu de l'autre par un être 
inanimé, les deux ensemble prennent le nom de "supports". 

Nous renvoyons au traité pour plus amples développe- 
ments à ce sujet. 

SURBRISER. — Briser de nouveau en ajoutant une nouvelle 
brisure à la première. 

SURCHARGÉ. — Attribut d'une pièce qui en charge une autre 
et qui en porte elle-même une troisième. 

SUR LE TOUT. — Se dit de l'écusson posé en cœur sur un 
écartelé; il doit avoir trois parties en hauteur et deux en 
largeur des sept parties de la largeur de l'écu. 

Cet écusson est destiné aux armes propres de la famille, 
tandis que les quartiers sont destinés aux armes des allian- 
ces. On commence par blasonner les quartiers de l'écartelé, 
et on finit par l'écusson "sur le tout". 

Les fasces, pals, bandes, etc., se mettent aussi sur le tout, 
mais dans ce cas, on doit plutôt dire "brochant sur le tout". 



370 TRAITÉ d'art héraldique 

SUR LE TOUT DU TOUT.— Se dit d'un écusson posé sur 
l'écartelure d'un autre écusson qui est déjà sur le tout. 

La proportion de l'écusson "sur le tout du tout" est un 
' peu plus large que celle de l'écusson posé sur le tout, soit 
deux parties et demie de largeur et trois parties de hauteur 
des sept parties de la largeur de cet écusson. 

SURMONTÉ. — x\ttribut d'une pièce qui en a une ou plusieurs 
autres au-dessus d'elle, mais qui ne la touchent pas, tandis 
que dans le "sommé" les deux pièces sont en contact. 

Se dit aussi du chef quand un filet d'un émail différent 
se trouve entre lui et le bord supérieur de l'écu. 

Se dit également d'une fasce qui supporte quelques pièces 
mises en chef de l'écu, mais il vaut mieux employer dans 
ce cas l'expression "supportant". 

SWASTIKA.— Voir "gammadion". 



TABLE D'ATTENTE.— Ecu d'un seul émail qui n'est chargé 
d'aucune figure et semble attendre les pièces qui doivent lui 
donner le caractère d'une armoirie. 

TACHETÉ. — Attribut du saumon dont les mouchetures sont 
rouges; quelques auteurs donnent aussi cet attribut au pa- 
pillon miraillé de gueules. Il a pour synonyme moucheté, 
picoté, tavelé, etc. 

TAF. — Croix pattée et alésée ayant la forme d'un T. On em- 
ploie plus habituellement l'expression tau. Voir ce dernier 
mot. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 871 

TAILLÉ. — Attribut de 1 ecii partagé en deux parties égales par 
une ligne diagonale se dirigeant de l'angle senestre du chef 
à l'angle dextre de la pointe. On blasonne d'abord la partie 
dextre. Si le taillé est tranché vers le milieu de son par- 
cours, on le dit "écloppé". 

TAILLÉ-TRANCHÉ.— Se dit quand, au milieu de la taille, il 
y a une petite tranche ou retrait au bout duquel la taille 
reprend ; de même, on dit "tranché-taillé" quand sur la tran- 
che il y a une petite taille où entaille. 

TANNÉ. — Couleur synonyme d'orangé qui est indiquée en gra- 
vure par des hachures diagonales de senestre à dextre, croi- 
sées par des lignes horizontales. 

TARÉ. — Expression qui s'emploie pour désigner la position du 
casque sur l'écu. On dit "taré" de front, de trois-quarts, 
de profil, etc., pour indiquer qu'il est placé dans l'une ou 
l'autre de ces positions. 

TARGE. — Bouclier employé comme meuble d'armoirie. 

TASSETTE. — Pièce d'une armure placée au bas ou défaut de 
la cuirasse. 

TAU ou CROIX DE SAINT-ANTOINE.— Croix pattée et 
alésée qui n'a que trois branches, celles des deux côtés et 
celle du bas. Elle est donc en forme de T, et c'est de là que 
lui vient le nom de ton qui est celui que. porte cette lettre 
dans l'alphaljet grec. On dit aussi "taf", "croix de Saint- 
Antoine", ou "béquille de Saint-Antoine". 

TAUPE. — Cet animal se pose en pal, la tête en haut et mon- 
trant le dos; son émail ordinaire est le sable. 



372 TRAITÉ d'art héraldique 

TAUREAU. — En blason, le taureau se distingue du bœuf par 
la queue qui est retroussée sur son dos, le bouquet tourné à 
senestre, tandis que le bœuf la laisse tomber entre ses jam- 
bes. Dans l'attitude "rampant" il est dit "furieux"; pour 
les autres attributs, voir le mot bœuf. 

TAVELÉ.— Synonyme de "moucheté". 

TENANT. — Se dit d'un dextrochère ou senestrochère qui sem- 
ble tenir quelque meuble. 

Se dit aussi des hommes, anges et autres figures qui ont 
des mains et semble tenir l'écu. (Voir soutien et support). 

Lorsque l'écu est soutenu par une figure humaine et par 
un animal, on les désigne ensemble sous le seul nom de 
"tenants". 

TERMINÉ EN... — Attribut d'une pièce dont l'extrémité se 
termine par une forme qui n'a pas de nom particulier en 
blason. 

TERRASSE. — Plaine aux contours ondulés, ayant environ le 
tiers de la largeur de la campagne, et qui supporte habi- 
tuellement un meuble de l'ordre végétal. Quand la terrasse 
est séparée de la base de l'écu par un vide, on la dit "isolée". 
(Voir "plaine" et "tertre"). 

TERRASSÉ. — Attribut d'un arbre ou plante qui paraît planté 
dans la terre. 

TERRE. — (Voir clément, monde). 

TERTRE. — Petite terrasse ayant moins de largeur et plus de 
hauteur que la terrasse ordinaire sans avoir cependant l'élé- 
vation d'une colline. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 373 

TÊTE. — Représentation de la tête de l'homme ou des animaux. 

La tête humaine se pose indifïéremment de profil ou de 
face, mais il faut en indiquer la position, de même que les 
particularités si c'est une tête d'homme, de femme ou d'en- 
fant, etc. Lorsqu'elle est représentée de couleur naturelle, 
elle est dite "de carnation". Elle est "chevelée" ou "barbée" 
lorsque les cheveux ou la barbe sont d'un autre émail, et 
"hérissée" lorsque les cheveux sont dressés. Si les yeux 
sont couverts d'un bandeau, on la dit "bandée". 

Une tête d'ange se nomme "génie" ou "d'ange", mais on 
ne doit pas dire une tête de chérubin. 

Les têtes d'animaux sont habituellement posées de profil, 
mais lorsqu'elles sont mises de face, elles prennent le nom 
de "rencontre", soit qu'elles aient des cornes ou non, sauf 
celles du léopard et du chat qui conservent le nom de "tête", 
Lorsque la tête d'un animal est coupée au cou d'un trait net, 
elle est dite "coupée", mais lorsqu'elle est représentée avec 
des lambeaux de peau ou de poil, on la dit "arrachée". 

Les têtes de sanglier, de saumon ou de brochet se nom- 
ment "hures". 

Lorsque deux têtes sont affrontées ou contournées, il faut 
le spécifier. Les têtes d'animaux pédestres dont la langue 
est d'un autre émail sont dites "lampassées", tandis que celles 
des reptiles et des oiseaux sont dites "languées", à l'excep- 
tion de l'aigle qui prend, par analogie avec le lion, l'attribut 
"lampassé". 

TÊTE D'ARGUS.— Tête d'homme posée de face et toute cou- 
verte d'yeux. 



374 TRAITÉ d'art héraldique 

T-ÊTE DE MAURE ou DE NÈGRE.— Ces têtes sont repré- 
sentées le plus souvent de profil, ceintes d'une espèce de 
diadème ou bande nouée par derrière, avec les bouts pen- 
dants, et qui se nomme "tortil". Elles sont toujours de 
sable, et le tortil est ordinairement d'argent; quand il est 
d'un autre émail, on dit que la tête est "tortillée" de cet 
émail. La tête de Maure ornée d'un collier d'argent se nom- 
me "courti''. 

Les têtes de Maures représentent en armoirie les prison- 
niers infidèles réduits en esclavage. 

TÊTE DE MÉDUSE.— Tête de femme posée de face, ayant 
pour chevelure des serpents tortillants. 

TÊTE DE MIDAS.— Tête d'homme ayant des oreilles d'âne. 

TIARE. — Couronne du pape formée d'un haut bonnet de toile 
d'or, garni de trois couronnes à fleurons, l'une au-dessus 
de l'autre, et terminé par un petit globe surmonté d'une 
croisette, le tout d'or enrichi de pierres précieuses. 

La tiare prend aussi le nom de "règne" et désigne le rang 
du Saint Père, les trois couronnes indiquant la triple royau- 
té de l'église souffrante, militante et triomphante, et les clés 
qui se placent en sautoir derrière l'écu indiquent sa juri- 
diction. 

Sous le pape Jean XXH, la tiare avait originiarement une 
seule couronne; Boniface IX en ajouta une seconde vers l'an 
1405, et Benoit XIII, élu Souverain Pontife en i724, y 
ajouta la troisième couronne. 

TIERCES. — Les tierces sont des figures héraldiques composées 
de petites fasces ou filets qui se mettent trois à trois et occu- 



DICTI0NN*\IRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 3(5 

pent ensemble avec les vides qui les séparent deux parties 
des sept de la largeur de l'écu, ces deux parties étant divi- 
sées horizontalement en cinq espaces égaux, dont trois pour 
les tierces et deux pour les vides entre elles. 

Deux tierces dans l'écu se placent comme deux fasces, le 
champ se divise alors en cinq espaces égaux par quatre 
lignes horizontales, les trois divisions du haut, du milieu et 
du bas étant pour le champ, et chacune des deux autres 
divisions est partagée horizontalement en cinq espaces 
égaux, dont trois pour les tierces et deux pour les vides. 

Quand il y a plusieurs tierces sur un écu, il faut avoir 
soin de les disposer de manière à ce qu'il n'y ait pas de con- 
fusion ; à cet effet, il faut que l'intervalle qui les sépare soit 
égal à la largeur des trois pièces qui composent la tierce. 

Les tierces peuvent aussi se mettre en bande, en croix, en 
sautoir, etc., ce qu'il faut avoir soin d'indiquer; à défaut 
d'indication contraire, elles sont en fasce. 

TIERCÉ. — Cet attribut s'applique à l'écu divisé en trois parties 
égales, soit en pal, en fasce, en bande ou en barre, lorsque 
les émaux de ces trois parties sont différents. 

TIERCÉ EN MANTEL.— Dans ce tiercé, l'écu est divisé en 
trois parties, mais elles ne sont pas égales. Il se compose 
d'un "parti" qui s'arrêterait vers le milieu de l'écu et qui 
se diviserait de là en deux branches ondulant vers les deux 
angles de la pointe, dans la forme d'un pairie renversé, dont 
les deux branches auraient la forme d'une accolade. 

TIERCEFEUILLE. — Fleur à trois feuilles pointues avec un 
bouton au centre, mais sans sépales ni queue. Elle se 



87C) TRAITÉ d'art héraldique 

place une feuille en haut et les deux autres aux côtés. On 
nomme "refente", l'espace compris entre chacune de ces 
feuilles. Si elle est percée au centre d'une ouverture d'un 
autre émail au lieu d'avoir un bouton on la dit "angemmée", 

TIGE. — Attribut des fleurs représentées avec leurs tiges d'un 
émail différent. 

Se dit aussi d'une fleur qui est représentée avec une tige, 
contrairement à l'usage ordinaire. 

TIMBRE. — Cette expression comprend tout ce qui se met au- 
dessus de reçu, c'est-à-dire le heaume, le cimier, la couronne, 
le bourrelet, les lambrequins, en un mot tout ce qui sert 
d'ornement supérieur aux armoiries. 

Le timbre était la marque distinctive de la noblesse; les 
roturiers avaient le droit d'adopter des armoiries moyen- 
nant finance, mais non de les timbrer. 

C'est de là que vient l'expression "timbrer les armoiries", 
c'est-à-dire leur donner leur caractère de noblesse en indi- 
quant le rang de celui qui les porte par la représentation des 
ornements extérieurs qu'il a droit de porter. 

La plupart des auteurs anglais enseignent que toutes ar- 
moiries doivent être timbrées d'un casque, sur lequel on 
place les couronnes et cimiers pour ceux qui ont droit d'en 
porter; aussi ces auteurs répugnent-ils à placer le cimier 
sans l'intermédiaire d'un casque au-dessus des armoiries, 
bien qu'ils l'admettent seul en le faisant reposer sur un bour- 
relet, mais sans être accompagné des armoiries, comme re- 
présentant le nom ou la signature de celui qui le possède. 
En France, on enseigne plutôt que le casque ou heaume ne 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 377 

peut être placé que sur les armoiries des nobles ou des che- 
valiers ; on plaçait autrefois la couronne sur ce casque, mais 
plus tard, on en est venu à placer la couronne, immédiate- 
ment sur l'écu. On voit aussi des écus timbrés uniquement 
d'un cimier, même en Angleterre. 

TIRES. — Cette expression indique les traits ou rangées de vair 
ou d'échiqueté sur une pièce honorable. Le beffroi de vair 
se compose de trois tires, le vair ordinaire, de quatre tires, 
et le menu-vair de six tires ; dans ces -conditions, il n'est pas 
nécessaire d'indiquer le nombre de ces tires. Mais si le bef- 
froi n'a que deux tires, et le menu-vair cinq, sept ou plus, 
il faut en indiquer le nombre. 

TOISON. — Peau de mouton garnie de sa laine. Ce meuble 
s'emploie rarement en armoirie; on en trouve quelques 
exemples dans les temps bibliques. Il est plutôt connu par 
l'ordre de la Toison d'Or fondé à Bruges par Philippe le 
Bon, duc de Bourgogne, en 143 1. La grande maîtrise en 
passa plus tard dans la maison d'Autriche, puis dans celle 
d'Espagne, et ces deux maisons ont conservé le droit de le 
conférer. 

TONNANT. — Attribut d'un canon ou autre arme à feu qui est 
accompagné de feu et de fumée. 

TONNEAU. — Cette pièce porte plutôt en blason le nom de 
"baril" et s'ils sont au nombre de plus de deux, celui de 
"barillets". On le dit "cerclé" pour indiquer l'émail ou le 
nombre de ses cercles. 

TOQUE. — Espèce de bonnet surmonté d'une toufife de plumes 
dont le nombre indiquait la dignité de celui qui le portait. 
Cet ornement avait été créé par Napoléon 1er pour rem- 



378 TRAITÉ d'art héraldique 

placer les couronnes des nobles titrés; voir au traité pour 
plus amples détails. 

TORQUE. — Bourrelet d'étoffe tortillée, comme le bandeau des 
têtes de Maure, qui se plaçait sur le heaume pour amortir 
les coups et qui servait de point d'attache aux lambrequins. 
Elle est à six torsades d'émaux alternés, le métal commen- 
çant à dextre. 

TORTIL. — Espèce de diadème ou bandeau en torsade, tel qu'on 
le voit sur la tête des Maures, les deux bouts étant noués et 
ondoyants derrière la tête ; comme pour la torque, les émaux 
alternent. 

C'est encore un chapelet de petites perles qui se place en 
spirale sur une couronne de baron. 

TORTILANT. — Attribut de la givre ou de la bisse entourant un 
objet en spirale. 

TORTILLÉ. — Se dit de la tête de Maure lorsqu'il est nécessaire 
de spécifier l'émail de son bandeau. 

TOULOUSE, (CROIX DE).— Croix alésée, vidée, cléchée et 
pommetée qui est portée par les comtes de Toulouse depuis 
Raymond de Saint-Gilles, l'un des chefs de la première 
croisade contre les infidèles. 

TOUR. — Meuble d'armoirie qui, comme les châteaux, indique 
la haute puissance. Lorsqu'on n'indique pas sa forme, elle 
est ronde et crénelée ; si elle n'est pas crénelée, il faut le dire. 
Lorsqu'elle est donjonnée, c'est-à-dire surmontée d'une ou 
plusieurs tourelles ou donjons dont il faut indiquer le nom- 
bre, elle signifie un château fort. Si la tour est haute et 
grêle elle se nomme "tournel". Elle est ordinairement à 
trois créneaux ; si elle en a plus ou moins, il faut l'indiquer. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 379 

On dit la tour "hersée" ou "grillée" si elle a une herse, 
"ouverte" pour indiquer l'émail de sa porte, "ajourée" pour 
les fenêtres, "maçonnée" pour les joints des pierres, "cou- 
verte" si elle a un toit, "essorée" si le toit est d'un émail 
différent, "girouettée" si elle a une girouette, "sommée" si 
elle en porte une autre, " rehaussée" ou "donjonnée" si celle- 
ci en porte une troisième, "fondue" si on n'en voit que le 
haut, et "plantée" si le bas disparaît dans l'eau. 

TOURELLE. — Extrémité supérieure d'une tour prise comme 
meuble et comprenant les créneaux et les mâchicoulis. 

TOURNÉ. — Attribut qui s'applique au croissant, au fer à che- 
val, et au chevron dont les pointes se dirigent veres le flanc 
dextre de l'écu, et "contourné" lorsqu'elles sont dirigées vers 
le flanc senestre. L'expression "couché" est parfois usitée 
au lieu de tourné, mais cette dernière vaut mieux. 

Se dit aussi des pièces penchées en bande ou en barre. 

TOURNEL.— Tour haute et grêle. 

TOURTEAU. — Meuble d'armoirie rond et plat sans ouverture 
(autrement ce serait un cercle ou un anneau) qui diffère du 
besant en ce qu'il est de couleur ou de fourrure, tandis que 
le besant est toujours de métal. Son étymologie vient du 
mot latin torta dont on nommait les gâteaux offerts dans 
les sacrifices. 

On donnait autrefois divers noms aux tourteaux suivant 
leur couleur; les tourteaux de gueules se nommaient guses, 
ceux d'azur, heurtes, ceux de sinople, pommes ou volets, 
ceux de sable, ogœsses, et ceux de pourpre, guipes. Mais 
aujourd'hui ces expressions s'emploient rarement, et l'on 



380 Traité d'art héraldique 

se sert de l'expression générale de tourteaux en indiquant 
leur couleur. 

TOURTEAU-BESANT.— Cette figure est moitié de couleur et 
moitié de métal, mais elle se place sur un champ de métal. 
(Lorsqu'elle est placée sur un champ de couleur, elle prend 
le nom de besant-tourteau). Lorsque le tourteau-besant est 
sur la partition d'un écu parti, coupé, taillé ou tranché, sa 
partie supérieure ou de dextre doit être de couleur, autre- 
ment, ce serait encore un besant-tourteau. 

TOURTELÊ. — Semé de tourteaux. 

TOUT (LE). — On se sert quelquefois de ce mot pour éviter la 
répétition de l'émail de plusieurs pièces en disant après leur 
énumération "le tout de. . . .". 

Voir aussi les expressions "sur le tout", et "sur le tout 
du tout". 

TRABE. — Traverse de l'ancre à la partie supérieure de la stan- 
gue. On ne la blasonne que si elle est d'un émail différent. 

Cette expression s'applique aussi au bâton qui traverse 
la hampe et supporte l'enseigne ou la bannière. 

TRACÉ. — Expression qui s'emploie quelquefois comme syno- 
nyme de "ombré". 

TRAÎNÉE. — Pièce formée d'un long trait onde qui représente 
une traînée de poudre à canon, servant à porter le feu à 
l'amorce. 

TRAIT. — Synonyme de tire. Rangée de vair ou de carrés 
d'échiquier. 

Les traits sont aussi les lignes verticales, horizontales ou 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 381 

diagonales dont on forme le parti, le coupé, le tranché et le 
taillé, et qui servent à former diverses partitions et reparti- 
tions. Les traits conventionnels dont on se sert pour indi- 
quer les couleurs se nomment hachures. 

TRANCHÉ. — Se dit d'un écu divisé en deux parties égales par 
une ligne diagonale se dirigeant de l'angle dextre du chef à 
l'angle senestre de la pointe. Pour blasonner le tranché, on 
suit les mêmes règles que pour les autres traits, c'est-à-dire 
qu'on commence par le chef et par le dextre. 

TRANCHÉ-CRÉNELÉ. — Attribut qui s'emploie quand la divi- 
sion du tranché est faite en forme de créneaux. 

TRANCHÉ-ENDENTÉ.— S'applique lorsque l'écu étant divisé 
dans le sens du tranché, les deux parties sont dentelées et 
entrent l'une dans l'autre. 

TRANCHÉ-NUAGÉ ou NÊBULÉ.— Attribut du tranché en 
forme d'ondulations. 

TRANCHÉ-RETRANCHÉ.— Attribut d'un écu qui est d'abord 
tranché dans sa partie supérieure, puis taillé, et enfin retran- 
ché de nouveau vers la pointe. 

TRANCHÉ-TAILLÉ. — Cette expression s'applique lorsque la 
ligne du tranché est brisée vers le milieu par un petit taillé 
formant une sorte de gradin, après quoi le tranché reprend 
sa direction vers l'angle senestre de la pointe. 

TRANGLE. — Fasce diminuée à la moitié de la fasce ordinaire. 
Quelques auteurs lui donnent cependant la largeur de la 
burèle et font avec elle cette seule distinction que les tran- 
gles sont habituellement au nonibre de cinq ensemble, et 
quelquefois de trois ou de sept, tandis que les burèles sont 



382 TRAITÉ d'art héraldique 

au nombre de six ou de huit, les trangles étant toujours en 
nombre impair, et les burèles en nombre pair. 

TRAVERSE. — Espèce de filet n'ayant que la moitié de la lar- 
geur du bâton, et se plaçant dans la position de la barre, 
pour indiquer une brisure dans les armes des bâtards. 

TRAVERSÉ. — Attribut des pièces enfilées par d'autres. 

TRÉCHEUR, TRESCHEUR ou TRESCCEUR.— Cette figure 
ressemble à l'orle, mais n'a que la moitié de sa largeur, c'est- 
à-dire qu'elle n'a que le quart de la septième partie de l'écu, 
et elle est distante du bord de l'écu d'une partie des sept de 
sa largeur. 

Il y en a de simples, de doubles, de triples, de fleuronnés, 
de contre-fleuronnés et de fleurdelisés. Le double trécheur 
se compose d'un trécheur enclos dans un autre, avec un vide 
entre les deux de la largeur des deux trécheurs ensemble. 
L'exemple le plus connu est le double trécheur fleurdelisé de 
gueules, entourant le lion du même, dans les armoiries 
d'Ecosse. 

Le trécheur se nommait autrefois essonier. 

TRÈFLE. — Cette figure, qu'il ne faut pas confondre avec la 
tiercefeiiille, est composée de trois feuilles arrondies réunies 
ensemble avec une petite queue légèrement recourbée. Les 
trèfles se posent un par un en armoirie et jamais par bou- 
quets. Son étymologie vient du latin trifolium, plante à 
trois feuilles. Lorsque le trèfle n'a pas de tige, il faut 
l'exprimer. 

TRÉFLÊ. — Attribut d'une croix, d'un sautoir ou autre pièce de 
l'écu, dont les extrémités se terminent par un trèfle. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 383 

TREILLE. — Cep de vigne qui n'est guère employé que dans les 
armoiries parlantes. (Voir au mot "cep"), 

TREILLIS. — Frette alésée portant des clous à ses intersections. 

TREILLISSÉ. — Cet attribut désigne une espèce de "fretté", 
mais plus serré et moins large, étant composé de dix ou 
douze cotices entrelacées. Le fretté se place sur l'écu plein, 
tandis que le treillissé ne figure habituellement que sur les 
pièces honorables. Lorsqu'il a des clous à ses intersections, 
il est dit "cloué". Les espaces vides portent le nom de 
"claires-voies". 

TRIANGLE. — Figure géométricjue bien connue qui se place 
horizontalement sur sa base, mais qui est dit "versé" ou "ren- 
versé" si cette base regarde le chef ; si elle regarde l'un ou 
l'autre des côtés, il est dit "couché" ou "tourné" à dextre 
et "contourné" à senestre, de même que pour le croissant. 

Le triangle est ordinairement représenté plein ; s'il est 
évidé, il faut l'indiquer. 

TRIANGLE. — Rebattement composé de lignes horizontales et 
verticales coupées d'autres diagonales formant une série de 
triangles qui couvrent toute la surface de l'écu. 

TRINGLES. — Fasces très rétrécies qui se placent au nombre de 
cinq, séparées par quatre vides' égaux et occupant ensemble 
la largeur de la fasce ordinaire. Les tringles peuvent aussi 
se poser en pal, en bande ou en barre, mais dans ce cas il 
faut l'indiquer. 

TRIOUÈTRE. — Meuble d'armoirie formé de trois jambes pliées 
aux genoux et jointes par les cuisses. 



;]84 TRAITÉ d'art héraldique 

TROIS, DEUX et UN. — Se dit de six pièces posées trois en 
chef, deux en fasce et une en pointe, c'est-à-dire en forme 
de triangle renversé. C'est la position la plus ordinaire des 
pièces au nombre de six. 

TROMPE. — Cor de chasse ou huchet. (Voir ces mots). Elle 
se représente toujours tortillée en rond. 

TïjLOMPE D'ÉLÉPHANT.— (Voir proboscides). 

TROMPETTE. — Instrument servant aux hérauts pour annoncer 
les proclamations, aussi en usage pour animer les soldats 
dans les combats, etc. Elle diffère de la trompe en ce 
qu'elle est très longue et droite. On en trouve quelques 
exemples comme meubles d'armoirie. 

TRONC. — Courte tige d'un arbre coupé avec quelques racines, 
mais sans aucune branche. Si l'arbre est coupé aux deux 
bouts, sans racine ni branche, il est dit "tronqué". 

TRONÇONNÉ. — Se dit de la croix ou autre pièce honorable 
ou des animaux coupés par tronçons gu morceaux qui sont 
séparés l'un de l'autre par l'émail du champ, mais dont la 
disposition indique encore la forme de la pièce ou de 
l'animal. 

TRONQUÉ. — Se dit d'un tronc d'arbre coupé aux deux bouts, 
sans racine ni branches. 

TRUITE. — Les mouchetures de ce poisson lui donnent l'attri- 
but "moucheté" ou "picoté". 

u 

UN-A-L' AUTRE, UN-EN-L'AUTRE, UN-SUR-L' AUTRE. 

— (Voir de l'un à l'autre, de l'un en l'autre, l'un sur l'autre). 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BEASON 385 

USTENSILE. — Les ustensiles de ménage, outils et autres pièces 
d'usage habituel et roturier ne se trouvent généralement pas 
dans les anciennes armoiries françaises, sauf lorsqu'ils sont 
employés comme armoiries parlantes, tels que le compas pour 
Le Compasseur, un peigne pour Le Peigné, un râteau pour 
Rathel, une corbeille pour Corbigny, une bourse pour Bour- 
sault, etc. Par contre on les trouve souvent dans les armoi- 
ries des corporations de métiers. 

Nous avons cependant vu dans le traité que les chaudières 
étaient un signe de haute noblesse dans les armoiries espa- 
gnoles, parce qu'elles étaient données au seigneur banneret 
tenu de nourrir les troupes qu'il avait droit de prélever pour 
les conduire à la guerre. 

V 

VACHE. — Comme le bœuf, cet animal est représenté de profil 
et passant dans l'écu, mais il se distingue de l'autre par son 
pis et par sa queue qui est étendue le long de son fîanc. 

Elle est dite "accornée" de ses cornes, "onglée" de ses sa- 
bots, "colletée" de son collier, et "clarinée" de la sonnette 
qu'elle porte quand ces choses sont d'un émail différent ; elle 
est "couronnée" lorsqu'elle porte une couronne sur la tête. 

VAIR. — Fourrure formée de petites cloches de jardin alternées 
d'argent et d'azur; il se compose de quatre tires formées 
de quatre pièces ou cloches dans la première et la troisième 
tire, et de trois et deux demies dans la deuxième et la qua- 
trième, chaque tire ayant une hauteur de deux parties sur 
les huit de la hauteur de l'écu. Le vair étant une fourrure 
13 



386 TRAiTç d'art héraldique 

ou panne participe à la fois du métal et de la couleur et 
peut se mettre indiiïéremment sur l'un ou l'autre. 

Le menu-vair se distingue du vair en ce qu'il a six tires, 
les première, troisième et cinquième ayant chacune six pièces, 
et les deuxième, quatrième et sixième en ayant cinq et deux 
demies, chaque tire du menu-vair ayant une partie et un 
quart des huit de la hauteur de l'écu. Il peut aussi avoir 
cinq ou sept tires ou plus, mais alors il faut en indiquer le 
nombre. 

Le beffroi de vair se compose de trois tires, et parfois de 
deux, mais dans ce dernier cas, il faut en indiquer le nombre. 
Le beffroi de vair se nomme aussi gros vair. 

Dans le contre-vair, les pointes des cloches de la première 
tire sont appointées avec celles de la seconde, et ainsi de suite 
pour les autres tires. 

VAIR AFFRONTÉ. — Cet attribut s'applique aux cloches de 
vair dont les pointes sont dirigées vers le cœur de l'écu. 

VAIR ANTIQUE. — Forme ancienne du vair dont les cloches 
ressemblaient plutôt aux pièces de l'enté. 

VAIR-APPOINTÉ. — Cet attribut s'applique lorsque les pointes 
des cloches du vair d'une tire sont opposées aux bases des 
cloches de la tire suivante. 

VAIR-CONTRE- VAIR.— Cet attribut indique que le métal des 
cloches d'une tire est opposé au métal des cloches de la tire 
suivante. 

VAIRÉ. — Attribut d'un écu ou d'une pièce couvert de figures 
en forme de vair d'un autre émail qu'argent et azur; on 



dictionnaire; analytique des termes du blason 387 

indique alors les émaux en commençant par celui qui est le 
plus rapproché de l'angle dextre du chef. 

VAIRÉ-CONTRE-VAIRÊ.— Si les deux émaux du vair-contre- 
vair sont autres qu'argent et azur, l'écu est dit vairé-contre- 
vairé, et l'on indique la nature des émaux. 

VAIR EN BANDE ou EN BARRE.— Les tires du vair peu- 
vent parfois être diagonales au lieu d'être horizontales ; 
dans ce cas, les pointes des pièces regardent les angles de 
l'écu, et l'on se sert de l'expression "vair en bande" ou "en 
barre", suivant le cas. 

VAIR EN PAL. — Le vair prend ce nom lorsque les cloches de 
même émail sont rangées en pal, l'une au-dessus de l'autre.. 

VAIR ONDE. — Lorsque dans le deuxième rang du vair les clo- 
ches d'azur sont renversées et touchent celles du premier 
rang, il en résulte une disposition qui fait l'effet d'une ondu- 
lation et qui prend alors le nom de vair-ondé. 

VAISSEAU. — Meuble qui représente un navire propre aux 
combats de mer. Comme le navire il est ordinairement à 
trois mâts et muni de ses voiles. On le dit "équipé" lors- 
qu'il a tous ses agrès, et "flottant" lorsqu'il paraît sur des 
ondes. 

VAN NET. — Coquille dont on voit le creux au lieu de la repré- 
senter de dos. L'étymologie de ce mot vient du "van", ins- 
trument qui sert à vanner le grain et auquel le vannet res- 
semble. 

VASE. — Vaisseau orné de deux anses et servant à mettre des 
fleurs. Il est représenté avec un pied, un bocal arrondi, une 



388 TRAITÉ d'art héraldique 

encolure et deux anses en forme d'arabesque soudées par 
le haut à l'orifice et par le bas au renflement du bocal. 

VENT AIL. — Partie inférieure du casque, par où le chevalier pre- 
nait son vent (l'air pour respirer). 

VERGETÉ. — L'écu est "vergeté" lorsqu'il est rempli de dix ou 
douze pals d'émaux alternés, car ces pals sont alors des ver- 
gettes. S'il n'y en a que dix, on n'en indique point le nom- 
bre, mais s'il y en a douze, on dit "vergeté de douze pièces". 

VERGETTE. — Pal rétréci au tiers ou plus exactement aux deux 
cinquièmes de sa largeur ordinaire quand il se trouve seul 
et moins quand il y en a plusieurs. 

La vergette "retraite" est celle qui, mouvant du haut de 
l'écu, ne s'étend pas jusqu'en bas. 

VERSÉ. — Attribut qui se dit des croissants et chevrons dont les 
pointes regardent le bas de l'écu. Il s'applique aux glands 
et aux pommes de pin lorsque la queue qui y est adhérente 
est dirigée vers la pointe, ce qui est contraire à la position 
ordinaire de ces pièces; aux épis de blé dont la tige est en 
haut; et généralement aux étoiles, trèfles, quintefeuilles et 
autres meubles qui sont dans une position opposée à celle 
qui leur est propre. 

On dit également "renversé". 

VERTENELLE. — Longue tige de fer qui sert à tenir une 
porte sur ses gonds; il faut spécifier si elle est placée en 
fasce, en bande, en pal, en barre, etc. 

On dit aussi bris d'huis. 

VÊTEMENT. — Réunion des quatre triangles entourant la gran- 
de losange et couvrant conséquemment tout le reste de l'écu. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DKS TERMES DU BLASON 389 

VÊTU. — Lorsque l'écu est couvert de la grande losange dont 
les angles touchent les quatre bords de l'écu, les parties qui 
restent entre les côtés de cette losange et les angles de l'écu 
lui donnent l'attribut de vêtu, la losange en formant le 
champ. Le vêtu réunit donc les quatre angles de l'écu, tan- 
dis que le chape ne réunit que les deux angles supérieurs, et 
le chaussé les deux angles inférieurs, le chape représentant 
une chape qui couvrirait un chevron par le haut, et le chaus- 
sé représentant un haut-de-chausse qui couvrirait le bas d'un 
chevron renversé. 

Lorsque les angles latéraux du vêtement sont arrondis, 
on dit "vêtu en ovale". 

VIDÉ. — Se dit de toutes pièces, mais plus particulièrement des 
croix dont on n'a gardé que le contour, laissant voir à Tinté - 
rieur le champ de l'écu. L'ouverture doit suivre parallèle- 
ment le contour. 

VIF. — Attribut du dauphin dont la tête et la queue se courbent à 
dextre et dont l'œil, les dents, barbe, crête et oreille sont 
d'émail différent du corps. 

S'il est courbé à senestre, on le dit "contourné". 

VIGILANCE. — Caillou que la grue tient dans sa patte dextre 
levée, et qu'on nomme lorsqu'il est d'un émail différent. 
Nous avons indiqué au traité la légende qui a donné nais- 
sance à cette expression. 

VIGNE. — (Voir cep de vigne, treille, etc.) 

VILENÉ. — Attribut qui s'applique au lion et aux autres ani- 
maux dont les organes du sexe sont d'un émail différent. 

VILENIE. — Organe viril dont l'indication d'un émail différent 



390 TRAITÉ d'art héraldique 

s'exprime par l'attribut "vilené" et dont la suppression est 
indiquée par le mot ''éviré". 

VILLE.^Meuble d'armoirie représentant une ville dont on voit 
les maisons, les églises, etc., et qui est entourée de murailles 
et de tours. Les armoiries du royaume de Valence sont 
"de gueules à une ville close de murs et tours crénelés d'ar- 
gent et maçonnés de sable". 

VIRES. — Anneaux ou cercles concentriques mis l'un dans l'au- 
tre au nombre de deux, trois ou quatre. Les plus usuelles 
sont de trois cercles. 

VIROLE. — Cercle qui termine le pavillon d'un cor de chasse, 
trompe ou huchet, ou le manche d'un marteau, couteau ou 
autre outil. 

VIROLE. — Attribut du cor ou huchet dont la virole est d'un 
émail différent. 

S'il s'agit de la virole d'un marteau ou d'un autre outil, 
on dit "morné". 

VIVRE. — Synonyme de guivre, serpent tortueux. 

VIVRE. — Cet attribut s'applique aux bandes, fasces, pals et au- 
tres pièces à grosses sinuosités angulaires ou ondées qui 
forment des angles saillants et rentrants. On dit aussi 
guivré. 

VOGUANT. — Attribut qui s'applique aux navires qui semblent 
glisser sur l'eau, soit à l'aide de leurs voiles étendues ou par 
leurs rames. 

S'applique aussi aux oiseaux aquatiques qui tendent leurs 
ailes, et notamment à l'alcyon dont le nid est mis en mouve- 
ment par les vagues. 



DICTIONNAIRE ANALYTIQUE DES TERMES DU BLASON 391 

VOILE. — La voile de navire se représente ordinairement gon- 
flée et attachée à une antenne posée en fasce. Lorsqu'elles 
se rencontrent seules elles sont "enflées" ou "en poupe". 

VOL. — Meuble d'armoirie formé de deux ailes d'oiseau jointes 
ensemble, dont les bouts s'étendent vers le haut de l'écu, 
l'un à dextre, l'autre à senestre. 

Le demi-vol représente une aile seule posée en pal, le dos- 
sier à dextre et la pointe en chef; lorsque le dossier est à 
senestre, le demi-vol est dit "contourné"; deux demi-vols 
qui se touchent du dossier sont dits "adossés". 

On peut mettre plusieurs vols ou demi-vols dans l'écu; 
lorsqu'on dit qu'un vol est de deux émaux on doit com- 
prendre que l'aile dextre est du premier émail nommé et 
la senestre de l'autre. 

Le vol est "abaissé" lorsque les bouts des ailes tendent 
vers la pointe au lieu de se diriger vers le chef. On appli- 
que aussi cet attribut aux aigles et autres oiseaux dont les 
ailes sont pendantes. 

Le vol "étendu" est au contraire celui dans lequel les ailes 
sont élevées vers le chef de l'écu. 

Le vol "plié" tient le milieu entre le vol abaissé et le vol 
étendu. 

Le vol est dit "à l'antique" lorsqu'une des ailes couvre en 
partie l'autre. 

Voir aussi "vol-banneret". 

VOLANT. — Se dit des oiseaux et insectes ailés dont les ailes 
sont étendues et qui semblent voler. 



392 TRAITÉ d'art héraldique 

VOL BANNERET. — Vol qui se place en cimier et dont le bout 
des ailes est coupé horizontalement comme l'écu en bannière. 

VOLET. — Large ruban attaché au bourrelet, pendant par der- 
rière et voletant au gré du vent lorsque le chevalier lançait 
son coursier. C'est ce qui a donné origine au lambrecjuin. 

Le volet désignait aussi autrefois un tourteau de sinople, 
mais nous avons dit plus haut que cette expression n'est 
plus usitée. Voir "tourteau". 

VOÛTÉ. — Attribut d'une fasce, d'une bande ou d'une barre cour- 
bée vers le chef de l'écu. C'est le contraire d'affaissé. 

Y 

YEUX. — Les yeux sont souvent employés en armoirie ; ils sont 
toujours posés de face, et leur position ne s'exprime que si 
elle est difïérente. On ne se sert pas de l'expression ''car- 
nation" pour les yeux représentés avec leurs couleurs natu- 
relles; on se sert des mots "au naturel". 

Lorsque les yeux d'un animal sont d'un émail différent de 
sa tête on les dit "allumés" sauf ceux du cheval et de la 
licorne qui sont dits "animés", et ceux du sanglier qu'on 
dit "flamboyants". 



-o®o- 



CINQUIEME PARTIE: - BIBLIOGRAPHIE. 



OUVRAGES A CONSULTER. 



Nous croyons être utile à ceux qui voudraient poursuivre l'étude 
de la science héraldique en leur indiquant un certain nombre 
d'auteurs, surtout parmi les anciens, où ils pourront trouver les 
développements que le cadre de cette étude ne nous permet pas 
de leur fournir. 

Les ouvrages que nous indiquons ne forment pas une biblio- 
graphie complète du blason, il s'en faut de beaucoup, mais leur 
mérite et leur diversité les recommandent au lecteur désireux 
d'acquérir une plus grande maîtrise de cette science. Nous 
n'avons pas cru nécessaire d'y inclure les armoriaux des pays 
ou provinces, afin de conserver à cet ouvrage un caractère 
purement didactique. Nous nous sommes borné à en indiquer 
quelques-uns des principaux (d'Hozier pour la France, Burke 
pour l'Angleterre, Rietstap pour les Pays-Bas, Massicotte et 
Roy pour le Canada, etc.,) qui pourront servir de point de départ 
à ceux qui voudraient poursuivre leurs recherches dans cette voie. 



394 TRAITÉ d'art héraldique 

Lorsque plusieurs éditions d'un même ouvrage ont été publiées, 
nous indiquons celle qui nous semble la plus utile à consulter. 

AUTEURS FRANÇAIS. 

1 Anselme;, le Père (Pierre Guibourg). — Explication 

des armoiries . 1644 

2 Anselme, le Père. — Histoire généalogique et chro- 

nologique de la Maion Royale de France, 9 vols, 
in-folio i726-i733 

3 Anselme, le Père. — Le Palais de l'Honneur. . . . 1686 

4 Bara, HiérosmE de. — Le Blason des armoiries. . 15 11 

5 Baron Jules. — U Art Héraldique 168 1 

6 Boisseau, Jean. — Promptuaire armoriai et géné- 

ral 1658 

7 Bouton, Victor. — Nouveau traité de blason.. 1863 

8 Bulletin Héraldique et Généalogique de France .... 

9 Chassant et Taussin. — Dictionnaire des devises 

historiques et héraldiques i878 

10 Chazot de Montigny, Louis. — Dictionnaire hé- 

raldique 1748 

11 DiagrE. Al. — Armoriai général et universel, 3 

vols 1907-12 

12 DuHoux d'Argicourt, L.-A. — Alphabet et figures 

de fous les termes du blason 1899 

13 Dupuy-Demportes. — Traité du Blason i754 



OUVRAGES À CONSULTER 395 

14 EysEnbach, g. — Histoire du blason et science des 

armoiries 1848 

15 Favin, André. — Le Théâtre d'honneur et de che- 

valerie, 2 vols 1620 

16. Foras, eE comte A. de. — Le Blason; dictionnaire 

et remarques, 4 vols 1883 

i7 Foulques, DelEnos. — Manuel héraldique 1816 

18 G. D. L. T. (GasteliEr de La Tour). — Diction- 

naire héraldique .* . . i77/\. 

19 Geliot, Lowan. — Indice Armoriai 1635 

20 Gheusi, p. B. (Norb. Lorédan). — Le blason hé- 

raldique 1892 

21 GouRDOisr de Genouillac, //. — L'Art Héraldique. 

22 Gourdon de Genouillac, h. — Dictionnaire his- 

_ torique des Ordres de Chevalerie 1860 

23 Gourdon de Genouillac, H. — Grammaire héral- 

dique 1853 

24 Grandmaison. — Dictionnaire héraldique 1852 

25 Grandpré, César de. — Le César Armoriai 1645 

26 Guigard, Joannis. — Bibliothèque héraldique de 

la France 1861 

2? Hauterive, BorEl d'. — Annuaire de la noblesse 

de France.. '. 1843 et suiv. 

28 Hauterive, Borel d'. — Manuel du Blason 1840 

29 d'Hozier, Charles. — Grand Armoriai général de 

France, (manuscrit de 34 volumes de texte et 35 



396 TRAITÉ d'art héraldique 

volumes d'armoiries, déposé à la Bibliothèque Na- 
tionale de France; imprimé de 1/38 à i768 par 
L. P. d'Hozier et d'Hozier de Serigny, avec sup- 
pléments et table en 10 volumes, in-folio, dont un 
index a été publié par Louis Paris en 1866) .... 

30 Jouffroy d'Eschavannes, m. — Armoriai uni- 

versel 1844 

31 Joueeroy d'Eschavannes, m. — Traité complet 

de la science du blason 

32 La Chesnaye des Bois et Badier. — Dictionnaire . 

de la Noblesse 1865 

33 La Perrière (H. de, et du Roure de Pauein.) 

— Tenants, Supports et Soutiens 1910 

34 La Porte, A. de. — Trésor héraldique 1864 

35 LauleE, Jean. — Le Jardin d'Armoiries. 156? 

36 Le Laboureur, Claude. — Discours de l'origine 

des Armoiries 1658 

3? L. F. D. — Manuel héraldique 1816 

38 Magny, Le Marquis de. — Le Livre d'Or de la No- 

blesse 1844-1852 

39 Magny, Le Marquis de. — Noiiî'eau traité historique 

et archéologique de la vraie et parfaite science des 
armoiries 1846 

40 Magny, Le vicomte Ludovic de. — La Science du 

blason 1860 

41 Magny, Le vicomte Ludovic de. — Nobiliaire univer- 
sel de France 1877-1885 



OUVRAGES À CONSULTER 397 

42 Maigne. — Abrégé méthodique de la science des ar- 

moiries 

43 Maiehol, D. de. — Dictionnaire de la noblesse fran- 

çaise •. 1896 

44 Mailhol, D. de. — Vocabulaire du blason . . . . 

45 ]\Ienestrier, le Père C. F. — Discours sur l'origine 

des armes 

46 Menestrier, le Père C. F. — La nouvelle méthode 

du blason 1696 

4? Menestrier, le Père C. F. — Le véritable art du 

blason 1658 

48 Menestrier, le Père C. F. — Abrégé méthodique des 

principes héraldiques 1661 

49 Menestrier, le Pè re C. F. — Origine des ornements 

des armoiries 

50 Menestrier, le Père C. F. — La Science de la no- 

blesse 1691 

51 MiEEEviLLE, Henry-J.-G. de. — Armoriai historique 

de la noblesse de France 1846 

52 MoNET, le Père Philibert. — Origine et pratique 

des armoiries à la Gauloise 1845 

53 Moreau, Philippe. — Tableau des armoiries de 

France 1630 

54 Moreau, Philippe. — Les principes du blason 

(Réédition et augmentation par Courcillon de 
Dangeau) i7i5 



398 TRAITÉ d'art héraldique 

55 Palliot^ Pierre. — La vraye et parfaictc science 

des armoiries {réédition augmentée de l'Indice 
Armoriai de Geliot) 1660 

56 Pautet. — Nouveau manuel complet du blason. . . . 1845 

, 5? Petra-Sancta, SylvEstro (Le Père Pierre-Sain- 
te). — Tesserœ gentilitiœ 

58 Playgné. — Réédition de l'Art Héraldique du baron 

Jules 1697-1705 

59 PoPLiMONT. — La France Héraldique 1873-1875 

60 Renesse, Comte Théodore de. — Dictionnaire des 

figures héraldiques, 7 vols 1894- 1903 

61 RouRE DE Paulin (Baron du). — Le juge d'armes. 1908 

62 Sainte Marthe, ScevoeE et Louis de. — Histoire 

généalogique de la Maison de France 

63 Segoing, C. — Armoriai universel, contenant les ar- 

mes des principales Maisons, Bstatz et Dignités. i67g 

64 Segoing, C. — Le Mercure Armoriai 1648 

65 Segoing, C. — Trésor héraldique 1657 

66 Sturm, J.-J, — Thèse des principes du blason 1690 

67 Thibault-Cadot. — Le blason de France 1697 

68 Trudon; — Nouveau traité de la science du blason. . 1689 

69 TuRGis, L. — Bléments généraux du blason et armoi- 

ries des principales puissances du globe 1860 

70 ViTON de Saint-Aelais. — Nobiliaire universel de 

France 1 875 



OUVRAGES À CONSULTER 399 

7i VuLSON DE LA CoLOMBiÈRE^ Marc. — Office des 
Roys d'Armes 

72 VuLSON DE LA Colombière^ Marc. — Recueîl de 

pièces et figures d'armoiries 1639 

73 VuLSON DE LA Colombière^ Marc. — La Science 

héroïque. . 1644 

74 VuLSON DE LA CoLOMBiÈRE^ Marc. — Théâtre 

d'honneur et de chevalerie 

75 Waroquier DE Combles. — Btat de la noblesse ... . i782 

AUTEURS ANGLAIS. 

76 AvELiNG, s. T. — Heraldry ancient and modem. . . . 1892 

77 BoLTON, Edmund. — The Blemcnts of Armories. . 1610 

78 Boutell, Charles. — Bnglish heraldry 1902 

79 BuRKE, John. — Encyclopedia of Heraldry 1844 

80 BuRKE, John. — A genealogical and heraldic diction- 

nary 1849 

81 BurkE^ John, — A genealogical and heraldic Histo- 

ry of the Commoners, 4 vols 1833-1838 

82 Burke, John. — The General armory of Bngland, 

Scotland, Ireland and Wales 1884 

83 BuRKE, John. — Peerage, Baronetage and Knight- 

age revised annually. 

84 CoLLiNS, A. — The Peerage of Bngland, 7 vols. . . . i768 



400 TRAITÉ d'art héraldique 

85 DebrETTs. — Peerage, Baronetage, Knightage and 

Conipanionage revised annually. 

86 Drummond, h. — Historiés of Noble British Fami- 

lies, 2 vols 1842-1846 

87 Edmondson, Joseph. — A complète body of Herald- 

ry, 2 vols 1 78o 

88 Elvin^ C. N. — A dictionary of Heraldry 1889 

89 Ferne, John. — The Blazon of Gentrie 1586 

90 Fox-Davies, a. C. — Armoriai families 1895 

" — The Art of Heraldry 1904 

" — The Book of Public Amis. . . 19 15 

" — A complète guide to Heraldry. 1909 

" — Heraldry explained 190? 

John. — A diplay of heraldrie. . . . 1660 or 1/24 

96 HoPE, W. H. St. John. — Heraldry for craftsmen 

and designers 19 13 

g? Howard, J. J. — Miscellanea Genealogica et Her- 

aldica, 1 1 vols , . 1874-1898 

98 Jenkins, Robert C, — Heraldry, english and 

foreign 1886 

99 Morgan, Sylvanus. — The Sphère of Gentry.... 1661 

100 Moule, Thomas. — Bibliotheca Heraldica Magnœ 

Britanniœ ; . . . , 1822 

loi Newton, William. — A display of heraldry 1846 



91 


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92 


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93 


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94 


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95 


GUILLIM, 



OUVRAGES À CONSUI^TER 401 

102 Papworth, J-ohn W. — An alphabetical dktionary 

of Coats of Arms i874 

103 Pkdrick, Gale. — A manual of hcraldry 1911 

104 Planché, James R. — The pursuivant of arms . . . . 1859 

105 PoRNY, M. A. (Pyron du Martre, Antoine). — The 

Eléments of Heraldry 1795 

106 Renton, E. h. — Heraldry in Bngland. 1880 

io7 RoBSON, Thomas. — The History of Heraldry. . . . 1830 

108 WooDWARD, John. — A treatise on heraldry, British 

and Foreign, 2 vols 1896 

109 WooDWARD, John. — A treatise on Bcclesiastical 

Heraldry 1894 

AUTRES AUTEURS EUROPEENS. 

1 10 Almanach de Gotha Annuel 

111 Ammirato, Scipion. — Histoire de la noblesse de 

N aptes 

1 12 Calendario d'Oro Annuel 

113 Campanile, Filiberto. — Varmigero insigne de 

Nohili 

1 14 Castaneda y AlcovEr, V. — Indice sumario de los 

manuscritos castellanos de genealogia, heraldica 

y ordenes militares 191 7 

115 Gatterer, J. C. — Handbuch der Neuesten Généa- 

logie und Heraldik . . » ,..»*.*..*..*. 1 76 1 

14 



402 TRAITÉ d'art héraldique 

ii6 Grûnenberg, Konrad, — Wappencodex zu Miin- 

chen 1483 

ii7 Haro, Alphonso LopEz de. — Nobiliaro gencalo- 
gico de los Reycs y titulos de Bspana 

118 Le Boucq de Ternas. — Noblesse des Pays-Bas. . 1884 

119. Libro d'oro délia Nobillita Italiana, Collegio Aral- 

dico, Roma 1910 

120 LiTTA. — Famiglie Italiane 

121 Peerage of Japan. — Japan Gazette Co 19 12 

122 RiETsTAP, J. B. (ou ReEstop). — Wapenbœk van 

den Nederlandschen (Armoriai général des Pays- 
Bas), 2 vols ï88o-i887 

123 SiBMACHEN, Jean. — Neiuen IVapenbuck 

124 Strôhe, h. g. — Heraldisher Atlas 

125 VisiANO dE HoovE. — Nobiliaire des Pays-Bas. . . . 

126 VoRSTERMAN VAN Oyen, A. A. — Statupeft Wapen- 

bœk, 3 vols. . ; 1885-1890 



AUTEURS AMERICAINS ET CANADIENS. 



~] 



12? Chadwick, E. m. — Ontarian Families, 2 vols., 

Toronto 1894-1898 

128 Chadwick, E. m. — The Ontarian genealogist and 

family historian. 1898-1901 

129 Chadwick, e. m. — Heraldry in brief 1906 



OUVRAGES À CONSUIvTÊR 403 

130 Lannoy, Mortimer de. — Heraldic Assembly of 

America, New- York 1905 

131 .Massicotte, E. Z. et Régis Roy. — Armoriai du Ca- 

nada Français, (2 vols,), Montréal 1915-1917 

132 ToDD, George. — Armory and limages of Canada, 

New- York Annuel 

^ZZ Vermont, E. de V. — America Heraldica, New- 
York 1886 

134 Whitmore, W. h. — The Eléments of Heraldry, 

Boston 1866 

135 ZiEBER, Eugène. — Heraldry in America 1895 



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TABLE DES MATIERES 

Pages 

Introduction g 

PREMIERE PARTIE: — HISTORIQUE 

Chapitre I — Origine et évolution des armoiries 15 

DEUXIEME PARTIE: — DESCRIPTION 

Chapitre II — Définition de termes. 2? 

III — Parties constitutives des armoiries 31 

IV — L'Ecu 35 

Article ler — Le Champ 39 

" 2e — Les Emaux 41 

3e — Les Figures, Pièces et Meubles 49 

§ ler " " héraldiques 51 

(a) '' " " honorables 52 

(b) " " " ordinaires 62 

>î 2e " " naturelles 64 

(a) *' " " les quadrupèdes. ... 64 

(b) " " " les oiseaux 7o 

(c) " " " les poissons 7^ 

(d) " " " les reptiles.. 74 

(e) " " " les végétaux 7$ 

(f) " " " les astres .. 78 

(g) " " " le corps humain .. . 80 

§ 3e " " artificielles 82 

§ 4e '' " chimériques 87 



406 TRAITÉ d'art héraldique; 

Chapitre V — Attributs des pièces 95 

Article ler — Rebattements ou sécantes partitions... 96 

" 2e — Forme et position 9? 

" 3e — Charges et accompagnements 103 

" 4e — Brisures 106 

Chapitre VI — Ornements extérieurs 109 

Article ler — Casques, couronnes, chapeaux et mor- 
tiers no 

" 2e — Cimiers, bourrelets, lambrequins et man- 
teaux 1 17 

" 3e — Tenants, supports et soutiens. 12*3 

" 4e — Cris et devises 12/ 

" 5e — Emblèmes de charges et professions. . . 133 

" 6e — Insignes et décorations 13? 

TROISIEME PARTIE: — BLASONNEMENT 

Chapitre VII — Règles du blason. 141 

- Article ler — Observation des partitions 144 

" 2e — Indication des émaux 146 

" 3e — Situation et disposition des pièces 150 

" 4e — Différences du blason dans divers pays. 154 

Chapitre VIII — Hérauts et Collèges 8' Armes 159 

" IX — Application des principes i67 

" X — Armoiries du Canada. i73 

Conclusion ; 180 

QUATRIEME PARTIE: — GLOSSAIRE 

Dictionnaire analytique des termes du blason 183 



TABLE DES MATIÈRES 407 

CINQUIEME PARTIE: — BIBLIOGRAPHIE 

Ouvrages à consulter 393 

SIXIEME PARTIE: — ILLUSTRATION 

Planche I — Ecus 34 

II — Figures 48 

III — Attributs 94 

" IV — Ornements 108 

V — Blasons. , . . , 166 



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ERRATA ET CORRIGENDA 



l'âge 65 — L'indication " (pi. III, fig. 2)" à la fin du deuxième alinéa doit 
être portée dans la dernière ligne, après le mot " passant ". 

73 — ligne 10, lire " peautré " au lieu de " plautré". 

152 — ligne 19, lire "de trois léopards" au lieu de "d'un léopard". 

216 — dernière ligne, remplacer "d'un taureau; dans ce cas" par "si la 
partie inférieure de son corps est celle d'un taureau". 

222 — ligne 11, au lieu de "croissant", lire "chevron". 

250 — ligne 25, au lieu de "animal", lire "oiseau". 

270 — lignes 25 et 26, au lieu de "en-cée", lire "enfoncée". 

288 — ligne 2. retrancher les mots "à ce". 

;il5- — ^ les lignes 22 et 23 doivent suivre la )5e ligne et non la 21e. 

.329 — ligne 27, retrancher les mots "à ce". 

346 — ligne 14, au lieu de "et" lire "elle". 

.351 — ligne 22, après "bouton" retrancher "mais". 

357 — ligne 24, au lieu de "formé" lire "composé" et ligne 25, au lieu 
de "qui forment" lire "laissant". 

370 — première ligne, après le mot "d'un" ajouter "petit". 

372 — ligne 10, au lieu de "semble", lire "semblent". 

375 — ligne 25, au lieu de "dans la forme d'un" lire "comme un". 

376 — ligne 17, au lieu de "leur caractère" lire "le caractère"; et ligne 
19, remplacer "qu'il a droit de porter" par "auxquels il a droit". 

.378 — ligne 14, au lieu de "Tortilant" lire "Tortillant". 

384 — ligne 6, au lieu de "tortillée" lire "tournée". 

;590 — ligne 13, ajouter "Les viroles sont parfois disposées le long de 
l'instrument". 

Mota. — Il se trouve en outre quelques fautes de typographie que le lecteur 
pourra facilement rectifier par la simple lecture. 



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